Archive for avril, 2008

avr 23 2008

Le retour aux États-Unis – du 16 au 23 avril

Publié par Guy sous Le voyage

Dernier Happy Hour sur Great Sale Cay Dîner à Cap Canaveral La traversée du Golfe Stream Dernier Happy Hour Ã�toile de mer Ancrage à Great Sale Cay Coucher du soleil, en route vers Cap Canaveral Lur la voie du retour Dans L'Intra-costal Moi Départ de Great Sale Cay Coucher du soleil la veille de notre départ Il y a de ces journées déprimantes où tout semble foutu pour ce qui a trait aux plans préétablis. Nous voulons profiter de la bonne fenêtre météo pour traverser le Golfe Stream autour du 20 avril, profitant de la pleine lune pour éclairer notre route. Mais voilà : il faut d’abord passer le Whale Cay Passage, cette sortie sur l’Atlantique de deux milles environs. Le but est de contourner des hauts fonds sur le banc en passant par l’Atlantique, puis de rentrer à nouveau dans la mer des Abacos avant de poursuivre vers  Great Sale Cay, notre point final de départ vers Cap Canaveral au nord de

la Floride. Cette passe est la plus traître de tous les Abacos, car il peut s’y créer des conditions de « rage », soit de la très grosse vague déferlante et tumultueuse, même en situation de beau temps. Le matin, nous écoutons la météo qui n’est pas encourageante pour cette passe. Puis, nous communiquons avec un bateau de 50 pieds qui décide de s’engager dans la passe. Il nous confirme que ça brasse beaucoup et que les vagues brisent.

Guy développe alors ce regard déterminé et très concentré qu’il a lorsqu’une situation le contrarie vraiment. Il veut traverser le vingt avril et il cherche un moyen. Nous avons tous le goût de profiter de la fenêtre météo qui s’annonce pour la traversée vers

la Floride en fin de semaine, d’autant plus que nous aurons la pleine lune pour nous éclairer. Il propose alors à notre flottille de sortir aujourd’hui de Treasure Cay, à marée haute, comme l’exige notre six pieds de tirant d’eau, puis d’aller se positionner dans une baie tout près de la passe, soit près de Great Guana Cay, pour attendre un moment propice.  L’idée est acceptée à l’unanimité.  Il fait beau sur le banc, et nous avons vite fait de parcourir les cinq milles qui nous séparent de cette petite baie. Nous avons des nouvelles d’un bateau français qui vient, lui aussi de traverser. Les nouvelles sont meilleures. Nous décidons donc d’attendre au moment juste avant l’étale pour tenter notre chance, et ainsi profiter de la force de la marée  pour sortir à Loggerhead Channel, et ensuite, après l’étale, profiter de la force de marée descendante pour rentrer sur le banc, soit à Whale Cay Channel. Notre départ est donc à une heure de l’après-midi.

Nous voilà lancés dans la passe de Loggerhead, entre les deux îles, Great Guana Cay et Whale Cay. Puis, que voyons-nous par tribord? Un petit voilier de 22 pieds,  propulsé par un moteur hors bord, toutes voiles dehors, et ayant à son bord un jeune voyageur solitaire! Nous l’avions laissé derrière nous à Royal Harbour, juste avant de traverser aux Abacos. Et voilà qu’il nous a rejoint et qui s’engage en même temps que nous dans cette passe traîtresse! Ça nous donne du courage. Très bientôt, le calme du banc fait place à une longue houle que nous attaquons par le travers bâbord. Nous avons, nous aussi toutes voiles dehors pour stabiliser le bateau dans la vague. Le vent fait à peine dix nœuds. De chaque côté de la passe nous apercevons les vagues qui se brisent sur les hauts fonds et sur la plage des deux îles entre lesquelles nous devons nous faufiler. La passe n’est pas très large. Et ça commence à brasser. D’abord la houle se forme de plus en plus : deux pieds, quatre pieds, huit pieds, neuf pieds! Le bateau est littéralement propulsé par la  force vertigineuse de la vague de surf! Le moteur et les voiles n’ont presque plus d’effet. Nous avons un petit répit lorsque nous longeons les deux milles près de la côte avant de revenir sur le banc. Puis, c’est la traversée de Whale Cay Channel. Cette fois, c’est franchement du sport. Le bateau se met à planer, d’une vague à l’autre, alors que la houle nous frappe par trois quart arrière. Je suis à la barre et au début j’adore la poussée d’adrénaline que procure cette sensation très forte de surf. Whoo hoo! Mais, bientôt, je deviens bouche bée lorsque je me sens littéralement propulsée contre la barre par une vague monstrueuse et que j’ai peine à ramener le bateau sur sa trajectoire. Je cède ma place à Guy pour les prochaines minutes. Les autres bateaux défilent devant nous dans la vague : parfois je les vois, parfois je ne vois que leurs mâts! Le vaillant petit voilier de 22 pieds suit toujours le groupe! Je crois que nous vivons là le moment le plus fort de notre voyage! Je descends en vitesse dans le bateau chercher la caméra. Je réussis à filmer la progression de Maya X, puis, celle de Coxily. Ça m’occupe un peu et je parviens à rester plus calme.

Puis, au bout d’une heure environ, c’est fini. Nous sommes passés de l’autre côté et plus rien ne nous empêche maintenant de parcourir les 60 milles qui nous séparent de notre point de départ vers

la Floride. Quelle joie! Nous sommes vraiment très fiers de notre exploit.

La poussée d’adrénaline nous anime pendant le reste de la journée. Les gars badinent sur

la VHF. L’atmosphère est à la fête pendant tout le reste de l’après-midi. Nous convenons de nous arrêter à Spanish Cay, une petite île privée où nous pourrons faire le plein pour la dernière fois. Le lendemain, nous coucherons à Great Sale Cay, mais cette île est inhabitée, donc aucun service n’y est disponible, si ce n’est de permettre à Christian d’y amener son chien à terre une dernière fois avant de repartir vers

la Floride. 

Vers six heures, nous sommes les derniers à nous ancrer et nous nous dirigeons vers la marina, inquiets, en pensant que nous serons trop tard pour faire le plein. Si c’est le cas, nous devrons attendre l’ouverture des lieux demain et partir à une heure plus tardive que prévue. Les autres ont réussit à  faire le plein et sont déjà revenus à leur bateau.

Il y a de ces moments de grâce parfois que l’on n’attend plus. Malgré l’heure tardive, j’insiste pour aller avec Guy afin de pouvoir prendre au moins quelques photos. Arrivés au quai, nous avons la chance de rejoindre les responsables de la marina avant qu’ils ne ferment boutique pour la journée. Quelle chance! Les gens sont très sympas et acceptent de nous dépanner.

Ils nous expliquent qu’il n’y a pas autre chose sur cette île que ce centre de villégiature. Seulement environ 10 personnes y habitent en permanence. On peut y accédé par bateau, mais aussi par avion, via la petite piste d’atterrissage située à l’ouest de l’île. Il s’y trouve seulement quelques maisons qui sont de luxueuses résidences secondaires. C’est un site offrant des services haut de gamme que nous découvrons, nous rappelant un peu Emerald Bay et Abaco Resort Marina.

Non seulement nous réussissons à avoir du diesel, mais aussi à avoir accès à un vaste magasin général. Puis, comble de chance, nous découvrons un resto bar où nous décidons de faire notre dernière sortie aux Bahamas. Les deux autres équipages décident de rester à bord de leur bateau. C’est donc en tête-à tête que nous finissons cette journée mémorable. Encore une fois, nous ne sommes pas déçus, car c’est un repas 5 étoiles qu’on nous sert, soit le meilleur que nous ayons dégusté dans ce pays. Nous commençons par un potage à la langouste, suivi d’une assiette de Nassau Grouper, ce poisson très prisé que les gars ont vainement essayé d’attraper depuis le début de la saison de pêche qui est ouverte depuis le 1 avril. Pour dessert, un morceau de tarte à la lime, spécialité des Bahamas. Quel festin! Avant de partir, je réussis à capter quelques photos du coucher de soleil sur notre ancrage. C’est vraiment en beauté que nous mettons fin à cette journée et, du coup, à notre périple aux Bahamas. Demain, c’est notre avant-dernière journée de voile sur le banc avant de quitter définitivement en direction de  

la Floride.

Donc, tôt  le matin, nous levons l’ancre et nous faisons route vers Great Sale Cay. Nous rejoignons Fière Allure, Mer et Monde II et Victoria’s Secret une dernière fois par radio VHF pour leur souhaiter une belle traversée. Ils ont créé une autre flottille depuis qu’ils se sont rejoints à Treasure Cay et vont tenter de faire une traversé de trois jours qui les amènera à Beaufort, en Caroline du Sud. Cette flottille est très compatible car il y a des enfants sensiblement du même âge sur deux des bateaux. Ils ont beaucoup d’intérêt à faire route ensemble. Nous leur souhaitons une traversée sans problème et beaucoup de moments agréables ensemble. Nous continuerons à communiquer avec eux via Skype. Au revoir, Stéphane, Mylène, Catherine et Camille! Nous, nous reverrons peut-être en route, mais très certainement à Châteauguay!

Quant à nous, c’est une mer d’huile que nous naviguons pour les prochaines huit heures. Notre ancrage près de Great Sale Cay est confortable. Nous y sommes bientôt sept bateaux. Nous profitons des dernières heures d’ensoleillement pour aller à terre une dernière fois pour un quatre à six sur la plage. Nous échangeons nos projets pour le trajet aux États-Unis. Il semble que Maya X et Coxily soient pressés de rentrer au Québec. Ils commencent déjà à penser à leurs projets lorsqu’ils seront de retour. Christian veut profiter de la saison estivale pour donner un coup de main à son frère qui gère une compagnie de recouvrement d’édifices. Caro réfléchit à son avenir professionnel. Elle ne semble pas encore fixée sur des projets définis. Quant à Martin et Chantale, ils veulent s’installer de nouveau avec maison, autos, boulot possiblement dans la région de Sherbrooke, et définir plus tard ce que sera leur prochain défi. Pour l’instant, leur bateau est à vendre. Roxanne s’inscrira au Cégep, Jonathan commencera son secondaire II et Lily Mai commencera en maternelle à l’automne. Quant à nous, et bien ce sont surtout des échéanciers familiaux qui nous incitent à accélérer la cadence. Par ailleurs, nous désirons séjourner quelques jours à Cap Canaveral afin de voir nos amis, avant de poursuivre notre route. Cependant, si une bonne fenêtre météo s’annonce, nous serons très tentés d’en profiter pour faire un autre bout en mer. Il s’agit pour nous aussi de ne pas trop s’attarder. Comme dit l’expression commune, si l’on laisse aller le cheval, il rentrera au galop à l’écurie!!

De retour sur le bateau, nous soupons sur le pont et nous avons droit à un coucher de soleil magnifique. Au petit matin, Guy fait un dernier tour à terre pour brûler un petit sac de vidange et aussi, préparer deux noix de coco pour la route. Nous offrons celles qui nous restent à nos deux partenaires, histoire de ne pas avoir à les déclarer aux douanes. Puis, il faut remonter le moteur hors bord sur le balcon arrière du bateau et remonter l’annexe sur le pont avant. Nous sommes maintenant prêts à partir. Il est 9h :20 et c’est parti!

Il fait un temps magnifique. Les prévisions météo en provenance du Réseau du capitaine indiquent toujours des vents faibles et variables de moins de 10 nœuds. Il n’y a pas un nuage sur le firmament. Bientôt, nous ne voyons plus que cette mer bleu émeraude à perte de vue à l’horizon. Notre direction est 292 degrés, nord-ouest jusqu’au way point de Matanilla Shoal, c’est-à-dire pour une distance d’environ 55 milles. Nous naviguons sur le banc toute la journée, jusqu’à 7h :00 le soir. Notre vitesse sur le fond est d’environ 6.3 nœuds. Nous installons le pilote automatique et profitons de la journée.

Nous sommes progressivement distancés par nos deux partenaires qui sont plus rapides que nous. Nous restons cependant en contact radio. Notre réserve de carburant est d’environ 72 litres de diesel, ce qui devrait être suffisant, car cela représente 36 heures de fonctionnement. Nous estimons faire une traversé d’entre 24 a 28 heures.  Nous naviguons toutes voiles dehors, avec le moteur toujours en marche.

Comment se sent-on lorsque l’on quitte un petit coin du paradis?  Nous sommes un peu nostalgiques, mais c’est surtout un sentiment de satisfaction qui nous habite. Satisfaction d’avoir fait ce voyage, satisfaction d’avoir relevé le défi que représentait pour nous cette navigation exigeante, satisfaction, aussi, d’avoir vécu un soupçon de ce que sera pour nous la vie de retraités. Ce voyage était pour nous une occasion de nous retrouver en situation de vie commune, jour après jour, après des années de vie presque parallèle, de par les exigences de nos carrières respectives. Nous avons beaucoup appris sur nous-mêmes, nos besoins et ceux de l’un, l’autre. Nous avons acquis de l’assurance et beaucoup de sérénité face à nos projets d’avenir. Ceux-ci ne sont pas définis, mais nos horizons sont tellement plus vastes. Nous connaissons mieux aussi, maintenant, les limites du bateau et nos propres limites.

BREAK! BREAK!

Alors que j’écris ces lignes, il y a un appel radio VHF:

SECURITY, SECURITY, SECURITY

Le voilier, Ten X, fait un appel à tous pour faire le relais aux autorités bahamiennes. Il vient de rescaper trois bahamiens des eaux du banc! Ces bahamiens étaient a la dérive depuis trois jours après que leur bateau ait coulé près de Freeport.  Le ton de ce message est très urgent, mais la personne insiste pour confirmer que ce n’est pas un appel May Day. Il confirme que les personnes sont saines et sauves et que son appel a pour but de rassurer les familles. Les trois bahamiens sont sains et sauf à bord du voilier.

Nous sommes ahuris! Nous suivons la conversation avec le garde côte américain et un autre voilier qui fait le relais.

Ce voilier était au même ancrage que nous hier soir. Il est parti ce matin en direction de Fort Pierce. D’après sa position annoncée, il est à quelques milles de nous.

N : 27.13.74  

O : 79.08.78

Wow!

Par la suite, nous obtenons l’information que les trois rescapés sont exténués et en grand besoin d’eau, de nourriture et de repos. Pour une raison que nous ne connaissons pas, le voilier a décidé de faire demi-tour pour les ramener chez-eux plutôt que de continuer sa route. Nous sommes assez surpris que personne ne  soit venu les chercher, ou, à la limite, ils auraient pu prendre l’avion pour retourner chez eux à partir de Fort Pierce. Mystère.

Je disais donc… Nous aurons eu notre lot d’aventures durant ce voyage! Les moments fort, à date, auront été nos deux traversées du Golfe Stream, la passe de Whale Cay Channel, celle de Gun Cay, à notre arrivée en décembre,  la pêche à la sling pour Guy, la pêche à la ligne sur le bateau et surtout nos magnifiques prises! La visite de la caverne sous-marine de Thunderball avec palmes, masque, tuba nous a émerveillés. La visite de la caverne terrestre à Cat Cay, et celle du célèbre Blue Hole ont été aussi des moments inoubliables. Nous aurons été éblouis par les couchers et les lever du soleil et de la lune. Nous aurons été charmés par les gens qui nous ont prêté main forte en cours de route. La simplicité et la générosité des bahamiens nous aura surpris à mainte reprise. Mais surtout, nous aurons été accaparés, sollicités sans relâche par la vie de tous les jours. Malgré le fait que nous ayons un peu ralenti le rythme durant nos quatre mois aux Bahamas, il n’en reste pas moins que nous changions constamment d’environnement avec ce que cela comportait d’exigences nouvelles.  Et que dire des nouvelles rencontres, des précieuses amitiés que nous avons développées au fil des jours. Ce voyage nous aura permis de vivre en communauté beaucoup plus que nous ne l’avions soupçonné.  Cette convivialité, cette possibilité de partage aura ajouté une joie de vivre, un rythme beaucoup plus intense à notre expérience. Nous avons été sur le party presque sans arrêt, même que nous soupçonnons tous avoir des symptômes de sevrage lors de notre retour au Québec!! Toute farce à part, nos souvenirs de notre vie au Bahamas resteront gravés dans notre mémoire comme étant des plus vifs et des plus colorés.

Il est maintenant, 10h :00 du matin et c’est aujourd’hui notre deuxième journée à Cap Canaveral. Nous sommes arrivés le 21 avril, vers deux heures, exténués. La nuit a été houleuse, beaucoup plus que prévu, car les vents sont tournés à l’ouest, nord-ouest autour de 20 nœuds! C’était vent de face avec comme résultat que le bateau tapait dans la houle comme un tambour! On a donc pris un cap plus au nord, pour avoir un trajet plus confortable. Avec le courant du Golfe Stream qui nous ajoutait 3 nœuds de vitesse, nous faisions presque 9 nœuds, toutes voiles dehors! Belle voile! Mais il a bien fallu revenir sur notre cap, et finalement, rentré au port. Notre drapeau bahamien a tenu le coup mais il est très amoché. Il a finalement cédé sa place au drapeau jaune, le temps de passer aux douanes, ce qui a été une courte formalité. Maintenant,  nous avons un drapeau américain tout neuf et nous voilà revenus sur le continent!

 

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avr 16 2008

Treasure Cay – du 12 avril au 16 avril

Publié par Guy sous Le voyage

Ma fête sur Kerguelen Ã�toile de mer à Man-O-War Cay La méthode bahamienne de voyager en zodiac Un des dix plages les plus belles au monde! Un passe-temps favori sur la plage Session Internet au bar de Treasure Cay Notre petite visite à Man-O-War aura été de courte durée, mais cette petite île nous a charmés par ces plages magnifiques, son ancrage peu achalandé. Nous n’avons pas le temps d’aller voir le village car nous choisissons de faire une sortie en mer en zodiac du côté de l’Atlantique pour tenter de voir l’épave du U.S.S. Adirondack. C’était un gros bateau à voile et à vapeur tout neuf qui s’est échoué par douze pieds d’eau près de cette île en 1862. Il pourchassait un bateau confédéré durant la guerre de sécession américaine. Cependant, après avoir contourné l’île, nous découvrons des vagues de plus de dix pieds le long du banc de corail qui nous empêchent d’aller plus loin. Nous restons un moment pour observer un groupe de surfer qui s’amusent sur ces vagues avec leur planche. Quelle poussé d’adrénaline doit provoquer ce sport!

De retour sur le bateau, nous constatons qu’il est trop tard pour aller au village. Dommage. Nous devons partir maintenant pour arriver à marée haute à Treasure Cay, où le chenal d’entrée fait à peine six pieds à marée basse. Une fois à l’intérieur du port, la protection est presque totale pour passer les quelques jours de grands vents qui sont annoncés, provoqués par la rencontre d’un zone de haute pression et d’une zone de basse pression.

Les quatre heures de navigation pour nous rendre à Treasure Cay se déroulent par vents portants à voile seulement. Nous prenons grand plaisir à nous déplacer ainsi sans bruit autre que celui du bateau qui fend la vague par cette belle journée ensoleillée. Nous voilà donc à l’abri une autre fois. Stéphane de Fière Allure nous rejoint par radio VHF. Il est maintenant en compagnie de deux autres équipages : Mer et Monde II et Victoria’s Secret, à quelques milles de notre port. Ils ont traversé la passe en mer pour aller se réfugier à Turtle Cay, où ils sont installés à la marina. Il semble que le mouillage de cet endroit n’est pas sécuritaire. Semper Vivens a continué sa route et est maintenant rendu aux États-Unis, car ils  doivent être revenus à Halifax au début de juin. Ils ont le bateau pour faire de la route sérieuse. Bon voyage, Steve et Judy! Quant à Stéphane et les deux autres équipages, ils ont comme projet de faire une longue sortie en mer de trois jours pour la traversée du Golfe Stream, ce qui les rendrait possiblement à Charleston en Caroline du sud. Pour ce qui est de notre groupe, nous confirmons notre désir de nous rendre au nord de

la Floride seulement, ce qui exige une traversé de moins de vingt-quatre heures. C’est le maximum que peuvent faire Christian et Caro à cause des besoins de leur chien. Nous privilégions aussi ce trajet parce que nous avons donné rendez-vous à nos amis, Lise et Daniel, qui sont là en vacance. Possiblement aussi, nous pensons voir nos voisins de Châteauguay, Louis et Suzanne,  qui sont en vacance dans ces parages.

Nous ressentons l’urgence de profiter de ces quelques jours qui restent à passer aux Bahamas. Les Abacos se révèlent être un magnifique terrain de jeu, invitant les visiteurs à profiter d’un environnement de vacanciers. Les quelques jours que nous passons à chaque ancrage nous permettent de découvrir des villages aussi pittoresques l’un que l’autre. La navigation protégée dans la mer des Abacos, qui est en fait un banc, permet des sorties confortables, même par temps moins clément. Nous comprenons maintenant pourquoi certains bateau, surtout des cruisers, décident de passer ici la totalité de la période hivernale.  Ici, beaucoup plus qu’ailleurs, nous nous sentons en vacance. Ailleurs, c’était plus la découverte d’un pays exotique, plus isolé avec beaucoup moins de services. Aux Abacos, nous retrouvons des installations confortables, faciles d’accès, où vit une population mieux organisée.

Et que dire de notre environnement?  Nous passons du temps sur des plages magnifiques, digne de figurer parmi les plus belles au monde. Nous faisons la recherche de coquillages. Nous faisons de grandes marches sur le sable blanc et fin comme de la poudre. L’eau de la mer est chaude et propre. Nous y apercevons des animaux marins de toute beauté, comme ces grosses étoiles de mer d’un ton rougeâtre, ou ces tortues qui viennent nous voir autour du voilier. Il fait presque toujours une brise qui nous rafraichit, soit lors de nos randonnés pédestres, soit en soirée, lorsque nous sommes à l’ancre. L’aération du bateau est excellente et nous permet de dormir confortablement. Parfois, nous sortons notre carte des étoiles et nous essayons d’identifier les constellations dans le ciel étoilé qui nous accompagne depuis notre départ. Nous reconnaissons facilement,

la Grande Ourse,

la Petite Ourse, l’étoile Polaire, et Orion. Les autres sont plus difficiles, et nous ne sommes pas toujours certains de les identifier, comme Pégase et les signes du zodiaque. Nous sommes très conscients de notre bien-être total et de cette chance inouïe de pouvoir vivre de tels moments qui n’en finissent pas. Mais, une petite voie commence à se faire entendre qui nous explique que notre temps est maintenant compté et que le vrai voyage du retour s’amorcera bientôt.

Nous sommes toujours en excellente compagnie, avec Martin et Chantale et leurs trois enfants, et Caro et Christian. Nous passons des cinq à sept des plus agréables, comme notre soirée pizza, chez Coxily, où tout le monde apporte une garniture préférée pour agrémenter chaque pizza. Je pense que jamais dans notre vie nous aurons partagé notre quotidien en compagnie de gens avec qui nous aurons tant rigolé.   À titre d’exemple, voici une conversation entre Stéphane, Guy et Christian. Un matin, avant de partir de notre ancrage, Guy et Stéphane se rejoignent sur la radio VHF après avoir essayer leur équipement radar pour fin de localisation d’un orage. Il faut dire que cet équipement ne sert pas trop souvent, même que le nôtre ne fonctionnait pas bien. Guy venait de le réinstaller et il voulait vérifier s’il interprétait bien ce qu’il voyait à l’écran.

Guy : Est-ce que tu vois les trois barres à tribord et en avant? Sur bâbord, je vois aussi de quoi de foncé qui se déplace.

Stéphane : Moi, je ne vois pas les trois barres, seulement le nuage en avant et à bâbord.

C’est peut-être l’amplification qui est ajusté trop haut. Je vais ajuster la mienne aussi.

….

Guy : Bonne idée, je vais l’ajuster…

Stéphane : Je ne vois toujours pas autre chose.

Guy : Il me semble que mon amplification est bonne, mais je vois toujours les trois barres à tribord.

Stéphane : Écoute, je ne vois toujours rien. Peut-être que mon radar ne fonctionne pas comme il faut. Es-tu sûr que ce n’est pas la terre que tu vois?

Guy : Sapristi… c’est ça! Me semblait aussi que les barres ne bougeaient pas!

Christian : Break, Break, lâchez le radar les gars. Moi, je regarde dehors, et je le vois le grain. Il est rendu presqu’au dessus de nous!

Et les trois gars, de pouffer de rire!!

Et les quatre équipages de pouffer de rire en écho derrière eux!! Nous avions tous suivi un peu d’une oreille distraite la conversation de Guy et de Stéphane, chacun dans notre bateau. Cette conversation ressemblait un peu à la conversation de deux jeunes avec un nouveau jouet. Puis, l’intervention de Christian…

C’est avec humour aussi que nous dédramatisons beaucoup de situations. Par exemple, chaque couple a vécu l’expérience des sorties en zodiac dans des conditions de mer un peu agitée, ce qui cause des vagues qui aspergent les occupants du zodiac, mais surtout les passagers. Le conducteur a souvent le réflexe de voir venir la vague et de manœuvrer pour qu’elle ne l’atteigne pas trop. Alors, souvent ce sont les autres passagers qui écopent la vague, et qui sont parfois aspergés des pieds à la tête. C’est très insultant de recevoir une vague d’eau salée dans la face lorsqu’on s’en va à terre prendre un verre au bar… Alors, il va sans dire que les conducteurs coupables se font rabroués vertement! Je pensais que j’étais la seule à m’être emportée de la sorte jusqu’à ce qu’une conversation sur le sujet vienne à découvrir que chaque couple a vécu cette épisode avec les mêmes réactions plus ou moins vives des partenaires maltraités!! Rigolade… J’ai maintenant réglé cette situation en me promenant toujours debout dans le zodiac. Comme ça, je n’ai que les jambes de mouillées.

Nous restons à l’ancre dans le port de Treasure Cay pendant plus d’une semaine. Il n’y a pas grand-chose à faire, sauf profiter de la plage et des installations confortables de la marina : douches, piscine, bar avec chanteur bahamien qui présente son répertoire de musique calypso ou autre, presque tous les soirs.  Quelle vie, quelle vie!!

Mais, ce soir, la veille de ma fête, le vent annoncé se lève, avec des rafales de plus 45 nœuds. C’est le plus que nous eu à date. Le vent siffle dans le gréement. Nous sommes frileux, car la température est tombée à environ 15, 17C. Guy a même froid aux genoux!! Puis, vers 10h, l’alarme du GPS sonne, ce qui veut dire que le bateau bouge! Le temps de monter dans le cockpit, et nous confirmons que le bateau chasse! En quelques minutes, nous touchons presque le bateau derrière nous; il faut mettre une défense entre nous et Guy pousse sur l’autre bateau pour nous éloigner. Nous partons le moteur et, tant bien que mal, nous nous éloignons en trainant notre ancre jusqu’à un endroit plus sécuritaire. Nous nous ré-ancrons, et cette fois, nous laissons filer plus de 110 pieds de chaine. Pous le reste de la nuit, c’est la veille, en alternant aux deux heures. Je prends la période de 2h à 4h :30 du matin que je choisis de faire dehors avec le moteur en marche, pendant que Guy sommeille un peu. Le reste de la nuit est sans histoires, puis, au matin, c’est ma fête!! Nous avons invité Coxily et Maya X pour souper. Au menu : un gros jambon au sirop d’érable, des patates au gratin, une purée bahamienne de patate sucrée, crème et autres bonnes choses. Pour dessert… un gâteau, spécialité de Guy! Une autre belle soirée en perspective, pendant, que dehors le vent se calme un peu autour du 20 nœuds.

Nous pensons donc naviguer la passe de

Whale Cay Cut vendredi matin, lorsque les conditions sur l’Atlantique auront diminué d’intensité. Puis, il nous restera à parcourir 60 milles vers Great Sale Cay, d’où nous quitterons pour traverser le Golfe Stream quelque temps la semaine prochaine.

Les prévisions météo nous annonce une très belle semaine!

  

  

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avr 11 2008

Les Abacos – du 5 avril au 11 avril

Publié par Guy sous Le voyage

La piscine de l'Abaco Resort and Boat Harbour Marina Dans les rues de Hope Town Une rue de Hope Town Vue sur la mer à partir du bar à Hope Town Marsh Harbour Le mouillage vu du phare de Hope Town Une rue dans Hope Town Paysage de Hope Town Kerguelen et le phare de Hope Town La famille de Coxily Une rue de Hope Town L'ancrage de Hope Town Deux dorades en une journée!! Sans trop nous en rendre compte sur le moment,  lorsque nous quittons Royal Island le samedi, 5 avril, c’est une période très intense de notre voyage qui commence.

La veille, les prévisions météo indiquaient des vents de 15 à 20 nœuds avec une houle de 5 à 6 pieds sur l’Atlantique. A cela s’ajoutait 50 %  de chances de quelques grains «squalls», soit des orages avec pluie intense et éclairs qui durent quelques minutes puis se calment. La direction prévue du vent était sud-est, ce qui veut dire que nous aurions du vent arrière ou trois-quarts arrière. Avec un départ vers 7h du matin, notre heure probable d’arrivée à Little Harbour aux Abacos, était estimée entre 16h :30 et 17h :30. Donc, pour cette traversée de 55 milles sur l’Atlantique, nous pouvions nous attendre à un mouvement de roulis assez inconfortable, surtout pour ceux qui ont tendance à avoir le mal de mer. De plus, cette amure exigerait un travail constant de la part du barreur afin de ramener le bateau sur sa trajectoire après chaque vague.  

Lors d’une rencontre cinq à sept organisée à la dernière minute sur Coxily, nous avons fait un tour de table pour savoir si c’était prudent de partir. Il y avait de la réticence chez les femmes, mais les hommes étaient unanimes à voter pour un départ.

Il est maintenant cinq heures trente du matin et il fait encore nuit. Le vent siffle dans les cordages, malgré notre situation protégée dans cet ancrage. Je suis un peu anxieuse. Il y a de la lumière sur Maya X, alors Guy appelle Christian pour savoir quelle est la vitesse du vent sur son anémomètre : 15 à 18 nœuds, comme prévu. Puis, Coxily décide de faire un appel à toutes les stations pour avoir un rapport météo du matin. Cette information nous vient alors de l’équipage du bateau, Another Adventure, qui nous lit le rapport météo qu’il vient d’obtenir par fax : rien de nouveau à signaler, les prévisions n’ont pas changées. Chaque bateau dans notre flottille exprime alors à tour de rôle s’il est prêt à partir. Oui, oui, oui, oui, oui, et oui! C’est donc un départ!!

Lorsque nous négocions la passe pour sortir sur le banc, nous découvrons une mer assez formée, qui nous secoue car nous devons garder une amure plutôt ouest pour quelques milles, le temps de traverser la passe vers l’Atlantique. Puis, nous voilà traversés et nous réglons le cap direction nord-ouest pour les prochains 55 milles, soit vers le way point de Little Harbour. Ce sont bien les conditions météo prévues qui nous attendent du côté de l’océan. Des vents de 15 nœuds environs, qui vont en diminuant un peu vers l’après-midi, et un roulis de 5 à 6 pieds aux 10 secondes. Nous naviguons au moteur avec génois seulement. Sur le VHF, nous badinons avec les autres équipages. Nous sommes en grande forme! Cependant, quelques membres d’équipage développent le mal de mer et commencent à trouver l’expérience un peu pénible. Je constate que j’ai vraiment pris du métier, car ce trajet ne me cause pas l’anxiété que j’avais anticipée. Au contraire, nous y prenons tous les deux beaucoup de plaisir.

Puis, vers midi, le voilier Ariel nous communique un message météo qui nous avertis qu’un grain s’est développé à l’ouest et se dirige droit vers nous à la vitesse de 32 milles à l’heure. Il nous rejoindra vers 2h :00 cette après-midi. Nous préparons les vêtements de pluie et les harnais de sécurité. Nous observons le ciel qui s’assombrit graduellement et le grain nous frappe à l’heure prévue. C’est une pluie intense qui  s’abat sur nous avec vents plus accentués. Nous réduisons le génois à la grandeur d’une voile de tempête afin de mieux assoir le bateau. Ça ne dure pas longtemps, puis c’est fini. Une heure plus tard, un deuxième grain nous rejoint, cette fois un peu moins intense. J’en profite pour filmer l’océan autour de nous.

L’équipage de Coxily nous annonce, les premiers, que durant ce grain un poisson a mordu à leur ligne : c’est un beau maquereau de 34 pouces. Ils sont fiers, pas à peu près! Nous leur devons donc $4 pour avoir gagné le pari du premier poisson comestible pris durant cette traversé. Mais ce n’est pas tout, nous remarquons que l’élastique de notre ligne bouge pas mal. Guy ramène la ligne et voilà : c’est une belle dorade de 33 pouces qu’il hisse à bord! Il procède à l’abattage selon les règles de l’art et nous la laissons reposer la tête dans un seau d’eau de mer dans le fond du cockpit. Nous remettons la ligne à l’eau, car cette dorade ne suffit pas pour partager avec les autres équipages. Puis, comble de chance, notre élastique se remet à bouger. Lorsque Guy tente de ramener la ligne, il constate que cette fois, c’est beaucoup plus difficile. Il décide alors d’enrouler la ligne sur le cabestan pour faciliter la tâche. Puis, au loin, il identifie notre prise : une autre énorme dorade! J’annonce cette nouvelle aux autres équipages qui suivent les événements, minute par minute. Guy devient vite fatigué et arrête d’enrouler la ligne. C’est une bonne idée de fatiguer le poisson. Puis, il reprend la manœuvre de l’approche finale du poisson près du bateau. La dorade se débat vaillamment. Nous décidons qu’elle est trop grosse pour tenter de la ramener à bord au bout du fil de pêche. Elle est trop lourde et pourrait s’échapper. Alors, c’est avec la gaffe que Guy la saisie par une branchie. Ça fonctionne! La voilà dans le cockpit qui se débat violemment. Elle donne un coup de queue qui produit longue éraflure sur le mollet de Guy. Mais nous devons la laisser de côté pour un moment, car, par mégarde, Guy a laissé tomber la gaffe à l’eau, puis ses lunettes! Pour les récupérer, il saute dans l’annexe pendant que je tente de faire ralentir et tourner le bateau. Ceci se passe dans le roulis que j’ai décrit plus haut. Après presque une demi-heure plus tard, nous récupérons la gaffe et les lunettes! Ouff! Ouff!!

Maintenant, c’est le temps de s’occuper de notre monstrueuse dorade qui se débat encore dans le cockpit. Voici donc les étapes selon les règles de l’art :

  1. Linge sur les yeux pour la calmer.
  2. Alcool dans les branchies pour l’intoxiquer mortellement
  3. Sectionner la colonne vertébrale sur les deux côtés à partir d’un point mou situé juste au dessus des branchies. Cette manœuvre se fait avec un couteau coupant d’un mouvement sec et rapide vers le haut. Cela provoque le saignement du poisson et confirme l’abattage final.

Rendus à cette étape, Guy est épuisé… et moi aussi! Cette dorade mesure 56 pouces et pèse environ 45 livres!! Nous reprenons notre route vers l’ancrage où nous attendent Maya X, Semper Vivens et Coxily. À peine arrivés, les voilà qui viennent voir en zodiac les prises magnifiques que nous exhibons fièrement. Guy décide de remettre la plus petite dorade à Christian. Avec l’aide de Martin, il termine le travail de filetage et les deux se les partagent  par la suite. Guy s’installe sur le pont et procède méthodiquement au filetage de la plus grosse dorade. C’est vers 10h :00 le soir qu’il termine ce travail et nettoie le pont. Nous avons assez de filets pour partager avec toutes les équipages au mouillage, incluant Ariel et Another Adventure, qui nous avaient donnés l’information météo en cours de route. Quelle palpitante journée!! Et que nous sommes fatigués! 

Ce soir-là, nous soupons vers 10h :00. Au menu : des filets de dorade, une salade et du riz. Puis c’est dodo….nous sommes morts…

Pendant la nuit, nous sommes tous les deux trop surexcités pour bien nous reposer. Un moment donné, je me réveille en riant! C’est que je fais un rêve tellement loufoque que je me dis que je dois le raconter aux autres le matin venu. Le lendemain, les autres ont bien rigolé lorsque je partage avec eux mon drôle de rêve :  je voyais Christian qui expérimentait une nouvelle méthode de pêche. N’aller pas imaginer un rêve érotique, comme nos compagnons de voyage l’ont fait!! Non, je disais donc, qu’il expérimentait une nouvelle méthode de pêche. Il marchait à grande enjambées sur le fond de la mer, sans aucun équipement autre qu’une gaffe. Il attrape alors un énorme hogfish rouge avec sa gaffe et se le place sous le bras, puis, avec un large sourire il s’en revient vers le bateau, toujours avec de grandes enjambées sur le fond marin avec sa prise sous le bras. Quelle vision rocambolesque. Les autres se roulent de rire…

Ce n’est que deux jours plus tard que nous sommes remis de nos émotions. Stéphane et sa famille, par ailleurs, ont eu eux aussi une fin de traversée spéciale.  Ils ont eu droit à un spectacle de dauphins d’une demi-heure environ, qui sautaient hors de l’eau autour de leur bateau. Puis, c’est une énorme tortue de mer qu’ils aperçoivent nageant non loin d’eux. En fait, Stéphane pense pendant un instant que c’est plutôt un homme à la mer! L’énorme bête de plus de 300 livres ressemble un peu à un humain avec ses pattes avant qui nagent et sa petite tête qui sort de l’eau.

Notre prochain arrêt ce jour-là, est Marsh Harbour. Nous découvrons une grande surface d’ancrage très peu profonde, mais elle est déjà remplie à capacité. Les autres bateaux de notre flottille y trouvent une place, mais nous ne prenons pas de chance. Avec nos 6 pieds de tirant d’eau, nous décidons de nous installer à la marina, Abaco Beach Resort & Boat Harbour.

http://www.vfmii.com/exc/aspquery?command=invoke&ipid=1060217&ids=40435

 

A trois dollars du pied, nous découvrons une marina cinq étoiles, avec encore plus de services qu’à Emerald Bay. C’est donc dans le luxe que nous passons le deux prochains jours. La petite ville, qui est la troisième en importance aux Bahamas, nous impressionne parce que nous voilà revenus dans la civilisation nord américaine. Fini le tiers-monde. C’est un choc lorsque nous arrivons à l’épicerie avec un choix de denrées comme le Maxi chez nous. Nous flânons dans les petites boutiques et finalement, en fin de journée,  nous nous retrouvons tous autour de la piscine à notre marina, un verre à la main. Quelles installations luxueuses et quel bonheur d’en faire profiter nos amis, car nous avons le

droit d’avoir des invités. ( neuf, en tout!) Après ce happy hour relaxant, tout le monde passe aux douches, chaudes et super propres. Ce sera un au revoir pour les visiteurs de Christian, car ils partent le lendemain. Céline et Richard auront été des vacanciers bien sympathiques qui se sont bien intégrés à notre groupe. Merci, Céline, pour la super recette de Dorade Fingers dont nous nous sommes tous régalés la veille sur Maya X.

Stéphane et sa famille décident de partir avec l’équipage de Semper Vivens pour vivre des activités en famille avec leurs enfants. C’est donc un au revoir pour eux aussi. C’est un peu un deuil que nous vivons lorsqu’ils nous annoncent leur décision. Bonne chance, nos amis de la première heure!

Nous restons donc trois équipages, soit, Maya X et Coxily avec nous. Nous poursuivons notre route vers Hope Town, qui se révèle être incontestablement un coup de cœur. Quelle belle petite ville! L’ancrage ressemble à un petit lac entouré de maisonnettes de couleurs pastelles entassées sur des petites collines autour du lac. C’est une ville sans autos, donc les rues sont étroites et ombragées d’une verdure luxuriante. Nous avons l’impression d’évoluer dans une scène de tableau colorée. L’ancrage d’un côté, l’Atlantique de l’autre. Nous découvrons plusieurs petites boutiques, puis, nous nous rencontrons au bar où les enfants peuvent passer du temps dans la piscine où à la plage en face pendant que nous sirotons un pina colada! Quelle vie! Quelle vie! En soirée, nous allons assister à l’allumage de la lampe du phare par le gardien. C’est l’un des trois derniers phares au monde qui est allumé au gaz manuellement tous les soirs par un gardien. Il brille comme 325 milles chandelles et se voit à 17 milles au large. Il est 120 pieds au-dessus de l’eau et l’on accède à sa lumière par 101 marches. Donc, petite visite très intéressante et accueil chaleureux du gardien bahamien qui fait ce travail depuis quatre ans et dont le père a fait le même travail pendant 36 ans avant lui.

Nous quittons Hope Town pour nous rendre à Man-o-War Cay vers midi le lendemain, soit le 11 avril.

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avr 04 2008

Du 24 mars au 4 avril – Eleuthera et Spanish Wells

Publié par Guy sous Le voyage

Governor's Harbour Spanish Wells La plage rose d'Eleuthera Les vagues qui refoulent dans des trous dans le roc sur la plage rose Un plage rose d'Eleuthera à Governors Harbor Governors Harbor Un BBQ au parc à Spanish Wells Les bateaux de pêche dans le port de Spanish Wells Un bananier dans la cour d'une maison à Spanish Wells Les jardins fleuris de Spanish Wells Un cocotien à Spanish Wells Une rue à Spanish Wells  Eleuthera est bordée sur son littoral est par des plages rosées qui sont particulières à cet endroit. Cette couleur serait due au broyage de coquillages en sable fin, action produite par la puissance des vagues qui déferlent sur les côtes. Nous allons voir ce phénomène à Rock Sound et aussi à Governors Harbour. Nous y découvrons effectivement des plages roses désertes où les vagues viennent se briser avec beaucoup de violence. Elles valent notre longue marche pour s’y rendre sous un soleil torride. Heureusement, un bahamien s’arrête et nous offre d’embarquer dans la boîte de son camion pour le trajet du retour. Ce n’est pas de refus.

 

Finalement, l’équipage de Coxili et celles de Beau Fixe, Sea Mysty, et White Whisper décident de bifurquer leur route vers les Exumas afin d’y refaire des îles qu’ils ont manquées lors de leur voyage vers George Town. Stéphane et Mylène ont aussi le goût de les suivre, car ils craignent d’avoir trop de difficultés d’approvisionnement dans les îles Abacos. Nous persistons dans notre décision de poursuivre notre route vers le nord et l’équipage de Maya X décide aussi de continuer vers cette destination. Après mûre réflexion, Stéphane et Mylène décident de continuer avec nous. Nous  sommes enchantés de constater que nos amis vont poursuivre encore un bout de chemin avec nous, car c’est très agréable de voyager en flottille  avec eux. Notre prochaine étape est Governors Harbour où nous rejoignons l’équipage de

Wy’ East, Preston et Sheenie. Nous y resterons seulement une journée avant de poursuivre notre route vers Spanish Wells, où nous réservons une place à la marina, Spanish Wells Yacht Haven, pour les prochains trois jours. Il s’agit de se mettre encore une fois à l’abri d’un système de basse pression particulièrement intense qui s’annonce avec des vents de 30 à 40 nœuds. Ça nous prend plus de dix heures de navigation sur une mer d’huile pour nous rendre à destination. Il n’y a pas de vent et il fait une chaleur écrasante qui nous oblige à faire une pause baignade pour nous rafraichir en cours de route. Puis, en arrivant dans la passe du port, nous apercevons des tortues de mer qui détalent sous le bateau. Il y en a une énorme de plus d’un mètre de diamètre.

 

Spanish Wells est vraiment très différents des autres villages parce qu’il est très propre, fleuri et surtout parce qu’il est peuplé de bahamiens blancs. Les gens ont l’air beaucoup plus prospère. Beaucoup de jeunes familles habitent ici et le travail ne semble pas manquer. On nous dit que c’est le plus gros port de pêche des Bahamas. Nous assistons au retour des chalutiers qui reviennent après plus de six semaines au large. Le 1 avril, c’est la fin de la saison de pêche aux langoustes. Nous avons un peu l’impression d’être dans un village côtier américain, ou même, à la limite, dans un village de la Gaspésie. Fait un peu curieux, les gens nous informent que cette petite ville s’est votée une loi qui interdit l’alcool. Alors, il faut s’en tenir à nos réserves de bord. Ces bahamiens blancs sont descendants d’anglais qui se sont établis ici parce qu’ils fuyaient la persécution religieuse.  Alors,  il n’y a aucun commerce d’ouvert le dimanche, mais les nombreuses églises sont occupées.

 

Le soir de notre arrivée, nous allons tous au resto. Au menu, je remarque que c’est un plat à la tortue qui offert en tout premier lieu. Curieuse, je décide de l’essayer. La tortue est servie panée et frite, avec les accompagnements traditionnels bahamiens, soit,  riz frit aux pois et salade de chou, que Guy affectionne particulièrement. J’en offre une bouchée à tout le monde et nous déclarons que le goût ressemble un peu au poulet. Cependant, j’exprime ma réticence à manger ce mets, car je suis persuadée que la tortue est un animal en danger de disparition. Par contre, le fait que nous en ayons vues plusieurs à notre arrivée, me fait penser que peut-être il  existe une variété ici qui est plus commune. Mais, je me sens un peu coupable, surtout lorsque Christian me fait remarquer que si j’en ai vues quatre ou cinq en arrivant,  maintenant que j’en ai mangée une, il en reste donc trois ou quatre… Humm. Je vais essayer d’en savoir plus à ce sujet.

 

Pendant les prochains jours, nous explorons cette petite localité qui est d’abord une île d’environ quatre milles de circonférence. Les routes sont pavées et les gens circulent principalement à bord de voiturettes de golfe. Les services offerts par la marina sont complets, donc nous sommes installés très confortablement pour $30 par jour. Au fil des jours, d’autres équipages viennent nous y rejoindre : l’équipage de Coxili a changé d’idée et ont rejoint notre petite flottille pour poursuivre leur route vers les Abacos. Puis, c’est Judy et Steve et leurs deux filles sur Semper Vivens qui nous rejoignent. Comme ce bateau d’Halifax se déplace très rapidement, nous les avions perdus de vue à Nassau. Ce sont donc de joyeuses retrouvailles, particulièrement pour les filles qui retrouvent leurs amies de Fière Allure. Ce soir-là, nous avons organisé un BBQ au parc près de la plage. Au menu, il y a hamburgers et steaks, selon les goûts de chacun. Le parc est aménagé avec des installations pour BBQ, l’eau courante, des salles bains publiques très propres. Nous y sommes dix-neuf! Nous sommes maintenant cinq, possiblement six bateaux dans notre flottille! Une bande de joyeux lurons.

 

Comme nous sommes amarrés un peu à l’écart des autres bateaux canadiens, nous passons du temps avec deux autres équipages, américaines celles-là : Wy’ East et Mary T. Nous passons une soirée avec Amy et Kenny à bord de leur bateau pour appéros, puis pour un souper. Amy est une photographe professionnelle qui a pris une année sabbatique, tandis que Kenny, un libraire au service d’une université d’Annapolis, a pris sa retraite cette année. Amy parle couramment le français qu’elle a appris en France, puis en Afrique.  Puis, un autre soir, nous invitons Preston et Chennie et leur invité, John, pour un café et digestif à bord de notre bateau. Nous les avons côtoyés à de nombreuses occasions au cours de notre voyage, mais l’occasion n’était jamais propice pour les connaître mieux. Ce sont des gens de l’Orégon qui ont acheté leur bateau, un Tartan 37, à New York pour faire ce voyage qui devait durer indéfiniment. Ils ont 49 ans, sont mariés depuis cinq ans et ont quitté leur emploi, loué leur condo pour partir à l’aventure. Cependant, depuis quelques temps, Cheenie  a le goût de retourner chez elle. C’est qu’ils sont devenus grands-parents depuis quelques mois et elle a le goût de revoir ses enfants. Fait un peu inusité, au moment de leur mariage, leurs enfants se sont rencontrés et la fille de l’un et le garçon de l’autre sont par la suite devenus un couple! Donc, Preston et Chennie sont vraiment grands-parents, tout les deux! Cette soirée était malheureusement une soirée d’adieu, car la veille, ils avaient pris la décision de suivre une autre route, plus expéditive vers les États-Unis. Donc, le lendemain, nous les avons salués, alors que leur bateau est passé près du nôtre se dirigeant vers la sortie du port, pour ensuite se diriger vers Nassau, les îles Berries et finalement, les É-U. Pour la rondelette somme de $7000, ils feront remorquer leur bateau chez eux, sur la côte ouest américaine. Ce couple aura été l’une des très belles rencontres de ce voyage.

 

Les gars se donnent rendez-vous pour aller à la pêche parmi les coraux au large. Pendant ce temps, j’accompagne Chantal et ses deux filles, Amy et Céline pour une visite au musée. Cette visite n’est pas bien longue et rappelle les faits saillants qui ont marqués l’histoire de l’île. Puis, la dame bénévole nous invite chez elle pour consulter son livre d’oiseau. Effectivement, les oiseaux que nous avions vus sur l’île de Conception sont bien des Long-Tailed Tropicbirds : http://www.encyclopedia.mu/Nature/Fauna/Birds/Oceanic/PailleEnQueue.htm

 

Cette dame nous parle de sa vie sur l’île, nous fait même visiter sa maison qui est presqu’à l’état original et qui date de plus de 120 ans. Puis elle nous offre de gouter à sa crème glacée à la noix de coco, faite maison. Mmmm. Lorsque nous quittons cette demeure, sur notre trajet de retour, nous nous arrêtons à une autre maison où est annoncée la vente de coquillages. Nous découvrons effectivement une très grande collection de coquillages dans le garage d’une dame qui nous explique que son fils est pêcheur et qu’il lui apporte ces spécimens. Entre autres, elle vend des carapaces et des têtes de tortue! Je suis horrifiée! Elle me précise que ce sont bien des « green turtles» et qu’il vend ses prises aux restos de l’île. Amy croit savoir qu’il y a une controverse ici à ce sujet et qu’un groupe d’environnementalistes essaie de faire interdire la pêche des tortues de mer.

http://www.bahamas.gov.bs/BahamasWeb/VisitingTheBahamas.nsf/Subjects/Endangered+Species+&+Ec0

A mon retour au bateau, j’entreprends de faire la lessive et le grand ménage du bateau. Il pleut une bonne partie de l’après-midi; le vent est tombé et je dois installer les filets sur les écoutilles et devant la porte, car nous serons bientôt envahis par les «no-see-em», ces moustiques désagréables qui piquent, mais qui sont si minuscules qu’ils sont presqu’invisibles. Guy revient peu après, bredouille de sa  matinée de pêche, mais heureux de cette sortie avec les gars. Finalement, Christian est le seul qui a réussit une prise : un Hogfish, comme celui que Guy avait pris, mais un peu plus petit.

 

Il semble que demain nous pourrons partir vers Royal Island, à une heure de navigation d’ici, pour ainsi être prêts à partir le  lendemain pour faire notre traversée vers les îles Abacos. Notre petite flottille est composée de six bateaux, soit Coxily, Maya X, Fière Allure, Mary T, Semper Vivens, et nous-mêmes. A suivre….

      

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