mar 28 2008
Archive for mars, 2008
mar 27 2008
Cat Island, Little San Salvador, Eleuthera – Du 12 au 25 mars
Lors de notre trajet vers Rum Cay, nous avons croisé à nouveau la ligne du tropique du Cancer, ce qui veut dire que notre route est maintenant résolument enclenchée vers le nord, soit en direction du retour. Nous voilà revenus en eaux plus tempérées après un séjour de moins d’une semaine en eaux tropicales!
Les deux petites îles de Rum Cay et de Conception ont un intérêt certain, l’une par sa petite communauté très accueillante de moins de 60 personnes, et l’autre, inhabitée, mais offrant une variété de sites naturels intéressants à explorer. Nous décidons de prendre une place à la marina de Rum Cay, car nous voulons avoir accès à une table de dépeçage pour fileter notre dorade et nous espérons aussi avoir accès à des douches. La petite marina est très accueillante et aménagée joliment, mais c’est peine perdue pour la douche car il n’y en a pas. Par contre, nous sommes bien installés pour dépecer la dorade. Guy est maintenant devenu très habile à cette tâche. Nous réservons notre soirée pour profiter de la connexion Internet, puis le lendemain, avant de repartir, nous allons faire un tour au village. Les quelques personnes que nous rencontrons sont très amicales, nous invitant même chez eux. Cependant, malgré la beauté des lieux, nous avons l’impression d’être ici vraiment isolés. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il n’y a plus de terre à l’horizon qui nous sépare de l’Afrique, sauf, la petite île de San Salvador un peu plus au nord-est.
Plus tard, lorsque nous partons pour l’île de Conception, c’est en direction nord-ouest, donc franchement vers le continent américain. Cette île inhabitée vaut le détour parce qu’il s’y trouve tout près des formations de coraux très inhabituels, le Southampton Reef, où les têtes de coraux ressemblent à des arbres et s’élèvent à plus de
Puis, durant le trajet de retour, nous pouvons observer ces petits oiseaux tropicaux blancs aux flancs bleutés et aux très longues queues qui rappellent celles de cerfs-volants. Ils sont nombreux dans ce sanctuaire protégé et sont vraiment magnifiques à voir évoluer. Deux dauphins viennent nager près de notre zodiac puis s’éloignent après avoir exécuté leur saut caractéristique hors de l’eau. Mais la magie de ce lieu est défigurée par la présence humaine très évidente ici, comme dans les autres îles: des détritus de toute sorte apportés par les courants marins, surtout du plastique, jonchent les plages désertes. Que c’est désolant! Le soir, avant de m’endormir, je songe à notre isolement et aux difficultés auxquelles nous serions confrontées si nous avions une urgence quelconque… Demain, notre trajet vers Cat Island représente huit heures de navigation. Nous serons alors à proximité d’un petit aéroport et d’une communauté plus ou moins organisée avec les services de base.
Samedi, le 15 mars, c’est le départ pour Cat Island, où nous attendent Christian et Caro de Maya
Nous restons à cet ancrage pendant quelques jours à cause d’un autre front froid qui amène des vents de plus de 20 nœuds. Les bahamiens sont super gentils et nous informent des services limités qu’ils peuvent nous offrir. La petite épicerie ressemble à un dépanneur où nous pouvons acheter de l’eau et quelques denrées. L’approvisionnement en produits frais redevient une préoccupation. Nous pouvons faire le plein en carburant, et nous pouvons acheter du pain frais chez une dame qui habite tout près.
Nous sommes donc plusieurs bateaux à l’abri dans cette baie qui s’appelle The Bight. L’accès à terre est facile sur une large plage bordée de ces énormes conifères qui ressemblent à nos pins, les cajuarinas. Lorsque le vent se lève, ces arbres sifflent une musique un peu lugubre. Nous remarquons aussi un autre arbre qui est recouvert de longues cosses brunes remplies de graines. C’est un Poinciana. J’en cueille quelques unes espérant qu’elles ne seront pas trop fragiles à conserver. Il y a un autre arbre qui attire notre attention : c’est le Banyan, cet arbre aux nombreuses ramifications torsadées dans le tronc qui peut devenir énorme. Nous en avons vu un dont le tronc immense faisait plus de vingt pieds de diamètre, les branches s’étendant sur la presque totalité d’un quartier, et dont certaines branches étaient si massives qu’elles étaient soutenues par un tronc secondaire à plusieurs mètres du tronc principal. L’âge de cet arbre était indiqué comme étant 180 ans. Mais, le point d’intérêt de cet endroit est sans contredit l’ermitage du père Jérome. Situé à quinze minutes de marche de la plage, sur la plus haute montagne des Bahamas, soit à plus de
Dans l’ancrage, nous faisons connaissance avec l’équipage de Coxili, un bateau de
Nous profitons du temps libre que nous avons pour faire un peu d’exploration sur le pouce. Accompagnés de Caro, nous allons faire un tour au centre de villégiature, Fernandez Bay Village, situé à environ cinq milles plus au nord. www.fernandezbayvillage.com. Christian reste à bord de Maya 10 pour soigner son dos qui le fait souffrir. Faire du pouce, ici, est un mode de transport courant. Le premier véhicule qui passe, arrête pour nous prendre à son bord… sauf que c’est un camion et que nous devons voyager debout dans la boîte, en nous agrippant aux rebords du toit! Nous avons le fou rire et je manœuvre pour prendre une photo de ce trajet mémorable! Il faut savoir que la limite de vitesse sur les routes des îles est de vint milles à l’heure. Arrivés à destination, nous découvrons une magnifique baie en forme de croissant de lune, où loge un club privé avec plusieurs petits chalets de location. Dans l’édifice principal, il y a un restaurant et une boutique de souvenirs. Nous en profitons pour dîner avant de repartir. Comme ce sera notre anniversaire de mariage demain, nous projetons venir jeter l’ancre dans cette baie pour ensuite revenir au resto pour un souper romantique avec vue sur les palmiers et sur cette baie magnifique digne d’une carte postale!!
Le lendemain, nous levons l’ancre en prévision de nous trouver un ancrage plus protégé des vents du sud, sud-ouest, possiblement à Fernandez Bay. Cependant, d’un commun accord, nous décidons de continuer notre route vers le nord où se situe un meilleur ancrage près de Bennett’s Harbour. Adieu souper romantique… Notre sortie à plus de cinq milles au large nous fait découvrir une mer formée, avec des vagues courtes de plus quatre pieds. Stéphane de Fière Allure perd son annexe lorsque le cordage qui la retient au bateau se brise. Il fait demi-tour et réussit à la rattraper, mais l’effort lui vaudra un mal de dos qui le limitera pour quelques jours. Quant à nous, Guy fait lui aussi une manœuvre risquée qui heureusement n’a pas eu de conséquences : lorsqu’il remarque qu’une rame de l’annexe s’est détachée et risque de se perdre, il décide d’aller la replacer, ce qui exige qu’il descende dans l’annexe en cours de route. Il réussit la manœuvre en faisant quelques pas rapides sur les boudins de l’annexe, puis en se laissant rouler en petite boule au fond du bateau. Il replace la rame, mais il faut qu’il revienne à bord, alors que l’annexe bouge comme dans une montagne russe derrière le bateau! Je n’ai pas le goût de pratiquer la procédure de l’homme à la mer dans les conditions que nous connaissons présentement!! Enfin, il s’en tire avec un bon avertissement que la prudence est de rigueur, et au diable la rame la prochaine fois. Il est peut-être capitaine du bateau et ses décisions font loi, mais moi j’en suis l’amirale et gare quand je parle!!
Après quatre heures de navigation, nous voilà donc à l’abri, heureux d’avoir fait le trajet. Nous découvrons un petit resto bahamien très sympathique, le Pompey Rock Restaurant, où nous donnons rendez-vous à toute la flottille pour notre souper d’anniversaire. Nous nous retrouvons donc treize, quatre enfants, une ado de 18 ans et huit adultes. La soirée se déroule très chaleureusement et nous sommes très touchés par la générosité de nos amis qui nous ont offert cette soirée des plus agréable. Merci encore, la gang!
Le lendemain, c’est un départ pour Little San Salvadore, une petite randonnée en mer de vint milles. Trois autres bateaux québécois suivent sensiblement le même trajet que nous et nous suivent à l’ancrage de Half Moon Bay. Il s’agit de Beau Fixe, ayant à son bord une petite famille de quatre, White Whisper et Sea Misty que nous connaissons moins, ayant, eux aussi respectivement, deux et trois enfants à bord. Comme cette île est entièrement une propriété privée de la compagnie Holland America Line-Westours, nous n’allons pas à terre. Ce soir, il n’y a pas de bateau de croisière dans la baie, mais c’est souvent le cas. Il faut alors être très discret et ne pas déranger les vacanciers qui débarquent du bateau pour s’adonner à toutes sortes de sports marins dans la baie, genre, moto-marine, vole à voile, kayak, randonnée de pêche, etc. Les installations terrestres sont à la disposition de ces vacanciers qui y séjournent en moyenne seulement pour la journée avant de retourner à bord poursuivre leur croisière. Nous restons à l’ancre pour la nuit, puis nous poursuivons notre route vers la grande île d’Éleuthera.
Notre route nous amène devant une passe sur l’Atlantique entre les deux îles. Malgré les vents faibles de dix nœuds environs, nous devons manœuvrer dans de longues vagues croisées de plus de six pieds. Nous perdons de vue Fière Allure entre deux vagues; il reste seulement leur mât pour indiquer leur position! Puis, en passant la pointe sud de l’île, nous apercevons un magnifique bateau de croisière à l’ancre. C’est le Queen Mary II! Je décide de le saluer sur la radio VHF, mais je n’ai pas de réponse. Jennifer, de Beau Fixe, a plus de chance. Mais l’officier de garde, dans son message très bref, lui rappelle qu’il est interdit de s’approcher de leur bateau à plus de cent mètres. Pas très «friendly» les brits!
Puis, nous arrivons à l’ancrage de Rock Sound, situé au sud de l’île d’Eleuthera. Rapidement, nous avons l’impression que l’atmosphère a changé. Depuis le temps que nous avions le projet de nous y rendre, je m’étais imaginé une vision exotique de cette île au nom énigmatique. Petite parenthèse : il y a des noms comme ça qui suscitent la curiosité car ils inspirent une histoire, un passé passionnant. Un peu comme ce navigateur que j’avais rencontré à Staniel Cay, dont le bateau se nomme Zingaara II. Intriguée par le nom de son bateau, je m’informe sur son origine. Il m’a alors raconté qu’il avait fait ce même voyage dans les Bahamas avec sa première femme il y a plus de vingt ans avec un bateau semblable qu’ils avaient nommé Zingara, du nom d’une tzigane célèbre dans un opéra italien. Il voulait maintenant refaire le voyage en mémoire de cette première expérience.
Donc notre arrivée à Eleuthera, c’est comme si nous arrivions dans un autre pays, tant les bâtiments que nous apercevons sont plus nombreux et semblent être mieux entretenus. Plusieurs autos circulent le long de la route principale. D’abord, il faut savoir qu’Eleuthera et plus au nord, les îles Abacos sont beaucoup plus peuplés par des blancs. Ces bahamiens ont l’air plus prospères et la petite municipalité semble avoir une vie plus organisée avec plusieurs services. Comme un autre front froid s’annonce pour les prochains jours, nous prévoyons séjourner ici possiblement pour la semaine. Comme pour nous souhaiter la bienvenue, nous entendons une musique de fanfare en provenance de la plage municipale. Après notre manœuvre d’ancrage, comme nous sommes Samedi Saint, nous allons rapidement faire un tour à terre pour tenter de nous ravitailler sommairement avant le congé de Pâques. C’est avec soulagement que nous trouvons à proximité tout ce dont nous avons besoin. Puis, nous apprenons que se déroule présentement une fête annuelle, le Home Coming. Il s’agit de fêter une fois dans l’année les gens qui reviennent dans leur village natal. Cette fête est un peu comme notre Saint Jean Baptiste, mais avec plus d’envergure puisqu’elle dure trois jours! Cinq milles personnes se sont déplacées pour participer à cette fête foraine qui se terminera le lundi de Pâques dans ce village. La date de cette fête varie d’une localité à l’autre. Donc, à l’affiche ce soir, nombreux kiosques offrant nourriture bahamienne, spectacle de talents locaux, parade Junkanoo, spectacle de deux chanteurs qui sont ici des célébrités, et finalement, une danse dans la rue. Christian nous accompagne à cette fête jusqu’en fin de soirée, tandis que les autres équipages en profite pour se coucher plus tôt après notre longue journée de navigation. J’en profite pour prendre quelques photos des costumes magnifiques. Nous quittons les lieux à une heure du matin.
Le lendemain, c’est Pâques et nous passons une petite journée tranquille à visiter un peu ce village, maintenant très tranquille puisque tout est fermé pour les prochains deux jours. En soirée, nous invitons Maya X et Fière Allure à bord pour venir déguster désert, thé, café, Irish Cream, et quelques cocos de Pâques. Au menu, tarte à la noix de coco, décorée de guimauves que les enfants découpent pour former un lapin. Je n’ai pas oublié cette petite tradition familiale.
mar 12 2008
Du 6 mars au 11 mars – Long Island
A voir d’autres photos sur le site de Flickr, code hacdes55
Finalement, le front froid nous aura obligés à passer non pas cinq, mais bien six jours à
Lorsque nous partons, jeudi matin, nous nous séparons de l’équipage d’Epsilon, Michel et Josée, qui poursuivent leur route vers Cuba. Caro et Christian de Maya X restent à la marina encore quelques jours, histoire de finaliser la réparation de leur moteur. Nous avons déjà dit au revoir à Mark et Millie de Windigo et à Preston et Cheeny de Wy East. Nous poursuivons maintenant notre route avec nos amis de la première heure, Stéphane et Mylène de Fière Allure. Nous pensons, par ailleurs, rencontrer à nouveau plusieurs de ces équipages quelque part sur notre trajet de retour, soit dans les îles Abacos, soit dans l’Intra-costal. Pour Caro et Christian, c’est plutôt un rendez-vous!
A peine sortis de la passe au sud de George Town, nous constatons en examinant les cartes que nous croisons le tropique du Cancer, ce parallèle situé au nord de l’Équateur qui démarque officiellement la frontière nord des régions tropicales. Nous pouvons maintenant dire que nous naviguons les mers du sud. Dans le cas présent, en route vers Long Island, c’est sur le banc que nous naviguons, sur des eaux d’un bleu éblouissant d’une profondeur de 12 à
A notre arrivée dans cette vaste baie, nous en profitons pour jeter un coup d’œil au premier trou bleu, Salt Pond Blue Hole, que nous rencontrons. Il s’agit d’une formation géologique que l’on retrouve à quelques endroits dans les Bahamas qui est en fait un long tunnel vertical, ou plutôt un trou dont la profondeur est parfois inconnue. Celui-ci a un diamètre d’environ vingt pieds. Nous pouvons distinguer les parois rocheuses lorsque nous passons à quelques reprises au-dessus. Les amateurs de plongé sous-marine aiment bien explorer ces trous énigmatiques, mais ils peuvent être traitres avec des courants inattendus. En fait, pendant notre séjour à George Town, un plongeur est décédé en tentant d’explorer un tel trou. Nous en avons été témoin sur la voie d’appels de détresse du VHF, au moment où on a essayé de trouver un médecin parmi les équipages à l’ancre. Par chance, il y avait un anesthésiste qui s’est porté volontaire. Malgré des efforts concertés pour aller le chercher rapidement par zodiac, le plongeur était mort à son arrivée sur place. Enfin, le lendemain, nous avons eu un peu de détails sur ce cas, entre autres qu’il n’avait pas été assez prudent lors des manœuvres avec son partenaire de plongé.
Lors de notre première visite à terre, le lendemain de notre arrivée à Thompson Bay, nous explorons la petite communauté de Salt Pond. Nous sentons ici un changement dans la mentalité des bahamiens. Ils sont plus curieux de nous voir et semblent être moins blasés par la présence de touristes. Cela s’explique par le fait qu’ici, nous commençons la partie de notre voyage dans les «Out Islands», situées au sud-est des Exumas, plus loin dans l’Atlantique. Comme ces îles sont plus isolées, il y a beaucoup moins d’équipages qui s’y rendent. Durant notre randonnée, plusieurs autos s’arrêtent pour nous offrir de nous conduire à destination car c’est une journée torride.
La première excursion qui nous intéresse est la visite de la caverne terrestre de Salt Pond située tout près de notre ancrage. L’accès est située près de la plage sur un terrain privé tout près d’une villa. Les propriétaires ont aménagé un petit sentier dont l’entrée est identifiée par un le mot, «Cave», gravé sur un panneau rudimentaire. L’endroit est laissé en friche et les visiteurs doivent être prêts à évoluer sur un terrain rocailleux, parsemé de racines et parfois très glissant. Des coquerelles et des chauves-souris y ont élu domicile. Une légende raconte qu’un couple serait mort en tentant d’explorer ces cavernes et que depuis ce temps, leurs fantômes errent sur les lieux. Les bahamiens qui nous informent sur la l’emplacement de cette caverne n’y sont pas allés eux-mêmes, malgré qu’ils soient natifs de l’île! La superstition les empêche, jeunes et plus vieux, de découvrir ce qui s’y trouve. Armée de la caméra et de lampes frontales, nous nous introduisons avec prudence sur les lieux, après en avoir demandé la permission aux propriétaires. Je ne suis pas très brave, mais je suis séduite par la beauté de la première salle qui est illuminée par un puis de lumière situé au plafond. Elle est vaste et sa forme est très irrégulière. Ses parois sont parsemées de stalagmites et de stalactites qui diminuent progressivement en hauteur sur les côtés. De longues racines jonchent le plafond et descendent jusqu’au sol de la caverne. L’air y est humide et chaud. Le sol est très accidenté et rocailleux recouvert d’une poussière fine, le guano, excréments de chauve-souris! Plus loin, la pénombre diminue progressivement jusqu’à ce qu’il y fasse une obscurité totale. Le silence est palpable et nous impressionne. Nous distinguons vaguement un tunnel vers la gauche. Je refuse d’aller plus loin, car je ne veux pas perdre de vue la petite luminosité derrière nous qui indique la sortie! Nos lampes frontales pourraient faire défaut et alors ce serait la panique si je n’apercevais pas par où revenir!!! Je propose donc à Guy de faire le relais en restant sur place tandis qu’il poursuit seul vers la dernière chambre, la plus spectaculaire! Je vois la lumière de sa lampe frontale diminuer d’intensité au fil de sa progression. Par intervalles, je l’appel pour vérifier que tout va bien. Puis il termine son trajet dans une grande salle voutée qui fait plus de quarante pieds de hauteur et autant de largeur. C’est là que nichent trois différentes sortes de chauve-souris suspendues aux aspérités de la voute. Après quelques minutes d’observation, il revient vers moi et je peux alors aller découvrir sur place ce milieu pour le moins inhabituel. Je prends quelques photos, puis, nous revenons tranquillement vers la sortie. Ces cavernes sont spectaculaires et méritent bien le détour. Ailleurs, dans un endroit plus fréquenté, ces cavernes seraient aménagées en site touristiques. Présentement, elles semblent être assez bien conservées, sans traces du passage humain, protégées par la superstition et par le respect, jusqu’à date, des quelques équipages de bateaux qui laissent ce lieu comme ils l’ont trouvé.
Le lendemain, nous décidons de louer une Dodge Caravan pour une journée afin d’explorer l’île. Stéphane et Mylène sont de la partie et c’est avec bonne humeur que nous démarrons vers midi sur
Plus nous avançons vers le sud, plus les habitations témoignent d’une pauvreté accablante. Chaque hameau a cependant sa petite église. Nous nous arrêtons pour visiter deux d’entre elles qui datent de l’époque de père Jérôme, ce religieux qui était architecte dans sa jeunesse avant de devenir ministre anglican, converti plus tard à la religion catholique. Il a construit ces deux églises aux doubles clochers, l’une plus ancienne, anglicane, et l’autre catholique. Ces églises sont encore très bien entretenues et semblent accueillir une clientèle dévouée et activement impliquée. Le père Jérôme serait mort à l’âge de 80 ans, tard durant les années 1950.
Puis, nous arrivons Scrub Hill où est situé Dean’s Blue Hole, le trou bleu le plus profond au monde, soit plus de six cents pieds. Il doit faire entre 50 et
Sommes toutes, cette visite terrestre aura été un peu décevante par le fait que nous n’avons pas réussi à trouver plusieurs des sites intéressants, comme les centres de culture d’ananas et les ruines d’anciennes plantations. Par contre, le célèbre Blue Hole et le monument de Cap Santa Maria auront à eux seuls ont valu la peine de faire cette tournée. Nous retournons au bateau vers midi; puis nous faisons le plein de carburant et d’eau et quelques emplettes en vue de notre départ demain pour l’ancrage de Calabash Bay, situé au nord de l’île. Par la suite, notre destination sera Rhum Cay et Conception Island.
Nous continuons notre route allègrement au gré de bons vents portants. Notre premier arrêt est à l’ancrage de Calabash Bay en vue de nous positionner pour notre sortie sur l’Atlantique en direction de Rhum Cay. Ce trajet dure environ neuf heures par allure au près bon plein, ce qui veut dire que nous avançons rapidement à plus de 6 nœuds. La mer est calme avec un roulis de trois pieds environ. Nous en profitons pour lancer notre ligne à pêche. Vers deux heures de l’après-midi, ça y est! Nous avons une prise! Guy ramène lentement la ligne au bateau, mais il sent des réticences. Puis nous apercevons le poisson qui se débat vigoureusement. C’est une magnifique prise de quatre pieds de long, couleur bleu ciel, avec une bordure jaune aux flancs. Son aileron dorsal fait toute la longueur du poisson. Nous reconnaissons immédiatement une dorade ou Mahé-Mahé, une variété de poisson très prisée ici. En fait, c’est la prise que tous rêvent de capturer!! Enfin, la voilà dans le cockpit. Cette fois, nous améliorons notre technique d’abattage : il s’agit de lui mettre un linge sur les yeux pour le calmer et ensuite de lui verser du rhum dans les ouïes, ce qui lui porte un coup mortel. Puis, avec un couteau tranchant, c’est le dépeçage. Nous sommes enchantés de cette prise qui nous permettra de faire assez de filets pour trois repas et autant pour la famille de Stéphane, avec qui, bien sur, nous partageons notre butin.
Notre journée se termine à la marina de Rhum Cay, où nous avons finalement accès à Internet. Notre périple dans les îles plus éloignées des Bahamas ne nous déçoit pas!
mar 03 2008
Du 25 février au 3 mars – Départ de George Town
Alors que Stéphane et sa famille s’occupent de leur invité, le père de Stéphane, et que Caro et Christian s’occupent de leurs trois visiteurs, nous en profitons pour rejoindre nos amis anglophones, Marc et Millie de Windigo, qui viennent d’arriver à George Town, et Preston et Sheeny de Wy East, qui suivent sensiblement le même itinéraire que nous. Nous assistons ensemble, à la conférence de Chris Parker, sur les principes scientifiques de la météo. Parker est le Gourou de la météo dans les Bahamas et les Caraïbes, Il transmet sur radio-amateur les prévisions météo à compter de 06 :30h le matin sur 4045 MZ. Tous les vacanciers ici écoutent Parker pour savoir s’il est sécuritaire de voyager. Si Parker dit que ce n’est pas sécuritaire, on va se recoucher pour quelques heures sachant que ce sera à nouveau une journée de fainéantise. La vie est dure dans les Bahamas. Il faut reconnaître que nous sommes plus prudents que la plupart des automobilistes qui prennent la route en temps de verglas. Nous sommes ici en vacances et il n’y a pas de raisons de se faire la vie dure dans les vagues ou les grains.
J’assiste à la première partie, durant la matinée. J’ai beaucoup de difficulté à garder une bonne concentration, malgré les talents de présentateur du conférencier. Je peux apprécier la nécessité de varier les méthodes d’enseignement afin de permettre aux participants de bouger et d’avoir une participation concrète. Je crois que je me découvre des tendances à avoir moi-même des difficultés d’apprentissage, genre ADD!! (Attention Deficit Disorder). Peut-être aurais-je été une élève Ritalin!! Enfin, comme solution, je laisse Guy écouter seul la présentation de l’après-midi, et je décide de suivre Millie et Sheeny dans une virée de magasinage, sans les hommes!!!
Les trois boutiques de la ville offrent une belle sélection pour des clientes en manque de magasinage. C’est que ni l’une ni l’autre n’a eu vraiment l’occasion, ni l’intérêt pour le magasinage depuis notre départ en septembre dernier, de sorte que nous n’avons presque rien acheté en route. Nous faisons de belles trouvailles : robes, sandales, bijoux, jeans, maquillage, livres, etc. Il s’agit entre autre, d’avoir une nouveauté à étrenner pour la danse de ce soir au bar du Chat and Chill. Nous retrouvons toutes les trois la joyeuse camaraderie d’une sortie entre copines où les fous rires vont bon train. Puis, vers quatre heures, lorsque la conférence se termine, nous rejoignons les hommes pour le retour au bateau. Le cœur à la fête, il va sans dire que nous avons passé une très agréable soirée!
Puis, le lendemain, c’est le départ pour Emerald Bay situé à 12 milles au nord de George Town, soit trois heures de voiles par vents de travers. C’est très agréable de nous retrouver en mer. Fière Allure, Maya X, Allégoria, Epsilon ont aussi décidé de s’installer à Emerald Bay Marina pour passer le front froid qui commence ce soir. Nous y serons très à l’abri, à prix abordable. Mais attention, cette fois, nous nous retrouvons dans une marina cinq étoiles, aux installations haut de gammes dont la construction toute récente n’est pas encore parachevée. Elle est située au sein d’un complexe hôtelier Four Seasons. A notre arrivée, le préposé vient nous aider à nous amarrer; puis il dépose un tapis sur le quai pour notre descente de bateau. Ici, tous les services sont gratuits, incluant Internet, la buanderie, une navette pour les destinations environnantes et, comble de luxe, café/thé gourmets toujours prêts à servir à la réception. Et que dire des locaux de la salle de bain! Six salles spacieuses avec céramique neuve, petite table de produits variés, shampoing, savon à main, rince-bouche, crème à rasage, séchoir à cheveux… C’est comme être installé à un hôtel de luxe, sauf que nous fournissons les draps et les serviettes et qu’il nous en coûte $55 par jour. Comme ce front froid risque de durer plusieurs jours, nous n’aurons pas la possibilité de continuer notre route avant que la météo ne s’annonce plus clémente. Lorsque nous observons les quelques bateaux à moteur qui s’aventurent dans les vagues redoutables du chenal d’accès à la marina, nous constatons que notre séjour ici pourrait être plus long que prévu. Oh well… nous pourrions être retenus dans un endroit pas mal moins confortable.
Nous passons les quelques jours suivants à redécouvrir un confort presqu’oublié. Le personnel est très serviable et s’efforce de rendre notre séjour des plus agréable. Alors que les rafales soufflent de 20 à 30 nœuds, nous apprécions le calme serein à l’abri du brise-lame de la marina. Nous nous retrouvons à quelques reprises autour d’une table de pool dans la salle communautaire pour de joyeux Cinq-à-sept. Le jour, nous explorons le complexe hôtelier Four Seasons, qui rivalise de luxe avec Paradise Island de Nassau. La plage en face du complexe hôtelier est superbe. Lorsqu’on s’y promène, des préposés nous offrent de nous installer sur les chaises longues qu’ils s’empressent de recouvrir de belles serviettes de plage. Ou encore, ils nous offrent de nous vaporiser la figure d’une bruine d’eau rafraichissante. Ou encore, ils nous offrent palmes, masque, tuba pour aller explorer le banc de corail situé à proximité. Pour les amateurs de golfe, le complexe hôtelier est entouré de beaux terrains avec équipement super sophistiqués. Pour l’instant, nous profitons de ces installations de luxe, mais il est clair que celles-ci n’ont pas été aménagées pour les petits voiliers de
http://www.emeraldbayresort.com/
http://powerandmotoryacht.com/megayachts/megayacht-great-exuma-emerald-bay-marina/
Nous passons plus de cinq jours à cette marina. Nous passons beaucoup de temps à lire, à faire des randonnées pédestres, à profiter de la très bonne connection wifi. Durant cette période, Christian, de Maya X, découvre que son moteur est en panne lorsqu’il le part pour régénérer ses batteries. Comme son bateau est neuf, il appelle de concessionnaire Bénéteau au Québec pour enclencher le processus de garantie. On lui répond qu’il doit faire faire les réparations nécessaires et leur faire parvenir la facture. C’est rassurant, mais quand même, un bateau flambant neuf depuis l’automne dernier. Il est un peu déçu…
Michel et Josée d’Epsilon commencent à être un peu nerveux car ils ont encore beaucoup de route à faire pour se rendre à
Nous profitons de notre séjour terrestre pour étudier les cartes pour notre trajet de retour. Nous constatons que nous n’avons pas beaucoup de temps pour boucler la boucle aux Bahamas. Il nous faudra faire des choix en cours de route et surtout composer avec la météo.

























