Archive for février, 2008

fév 27 2008

Saint-Valentin – du 14 au 25 février

Publié par Guy sous Le voyage

Dinghy Drift L'Atlantique, vue du haut de la colline de Stocking Island Kerguelen, vue du haut de la colline Dinghy Drift Guy attrape un hogfish au harpon! Nous quittons la marina Exuma Docking, en face de George Town, pour nous mettre à l’ancre de l’autre côté d’Élizabeth Harbour, soit en face de Volleyball Beach, situé sur l’île Stocking Island. Avant de partir, nous participons au dîner de

la St-Valentin organisé par Lucie de Marie Gallante afin de regrouper les francophones présents en ville. Elle réserve 30 places au resto Peace & Plenty (édifice historique où avait lieu la traite d’esclaves), mais il y a plus de 60 personnes qui s’y présentent! Il y règne une atmosphère de fête où les gens font connaissance et racontent leurs aventures. Par hasard, nous sommes assis à côté d’un couple qui voyage sur un cruiser, le Gizmo!! Ils sont de St-Paul de l’Île-aux-noix et partagent volontiers leurs expériences. Ils nous font bien rire alors qu’ils nous expliquent qu’ils n’ont pas été chanceux depuis leur départ pour se trouver des amis. Leur voyage a été très solitaire, donc, madame s’est beaucoup ennuyée. Ils racontent que beaucoup de cruisers ne se rendent pas aux Exhumas, mais préfèrent les îles Abacos qui sont plus faciles à visiter pour cette sorte de bateau parce qu’elles sont moins loin. Ils nous racontent que le voyage leur coûtera environ $8000 à $10 000 en essence depuis leur départ du Québec. Ils roulent à environ 6 nœuds pour justement épargner les coûts, mais ils peuvent faire 14 nœuds s’ils le veulent. Ce couple est récemment à la retraite. Ils ont tout vendu au Québec incluant leurs deux commerces, puis, ils sont partis pour un an. A leur retour cet été, ils évalueront comment ils voudront poursuivre, à savoir rester sur leur bateau, s’établir au Québec ou une variation, genre, laisser leur bateau aux Bahamas pour y revenir une partie de l’année.

Il y a un resto-bar sur la plage de volleyball Beach, le Chat and Chill où a lieu une dance de la Saint-Valentin. Une centaine de personnes sont au rendez-vous des amoureux, jeunes, moins jeunes et enfants inclus! Cette dance est une disco de musique américaine, une activité organisée par le Comité des équipages de bateaux. Encore une fois, l’atmosphère est à la fête! Nous y retrouvons toutes les équipages que nous côtoyons régulièrement depuis que nous voyageons dans les Exumas, tant francophones qu’anglophones. Cependant, il y a quelques équipages qui se distinguent un peu des autres et font bande à part: plusieurs sugar daddys, soit des hommes d’un âge certain, sur de beaux gros bateaux,  accompagnés de jeunes femmes délurées; l’une d’entre elles se fait remarquée par son geste un peu coquin : elle acquiesce volontiers lorsqu’on lui lance le défi de baisser son corsage… et recommence de bonne grâce suite aux applaudissements de la galerie!

 

Durant le reste de la semaine, nous faisons plus ample connaissance avec plusieurs équipages. La majorité des gens que nous rencontrons ont fait comme l’équipage de Gizmo, c’est-à-dire, qu’ils ont tout vendus pour partir en voyage, parfois pour un temps indéterminé. Le groupe que nous côtoyons présentement est relativement jeune, dans la trentaine et début quarantaine. Dans ce groupe, plusieurs ont des enfants à bord. L’équipage de Marguerita voyage avec un jeune bébé de moins d’un an. Malgré leur jeunesse, ces deux équipiers sont très compétents, ayant fait de la voile depuis un très jeune âge. Leur bébé est adorable, du haut de sont perchoir sur le dos de son père, ou debout dans le zodiac, se tenant aux cordages des boudins, ou encore flottant dans les vagues de l’Atlantique dans sa marchette, version marine avec auvent intégré pour le protéger du soleil.  Deux autres bateaux ont des adolescents à bord : Beau Fixe et Victoria’s Secret. Un couple d’Australie, voyage avec un ado à bord de leur catamaran de 38 pieds, Meander. Ils vont poursuivre leur route en traversant l’Atlantique, la Méditerranée, l’Océan Indien, puis la traversée vers l’Australie! Les  enfants de Stéphane et Mylène s’en donnent à cœur joie avec tous ces camarades de jeux! Pas facile de faire leurs deux heures d’école tous les matins avant d’aller rejoindre le groupe.

 

Nous explorons une partie de l’île avec nos nouveaux amis: Maya X, Fière Allure, Victoria’s Secret et  Marguerita. Nous traversons l’île et découvrons la merveilleuse plage de l’autre côté, où les vagues de l’Atlantique déferlent à perte de vue. Nous partons à la recherche de coquillages. Puis, un autre jour, nous découvrons un autre site, plus aménagé, où nous pouvons faire un pique-nique aux hot-dogs. Plus loin, nous apercevons les gens de la plage des nudistes! Avant de partir, lorsqu’il ne reste plus personne, nous allons faire un tour pour voir les installations de cette plage.  Nous apprenons que chaque plage, chaque coin aménagé, est entretenu par des équipages bénévoles désignés qui ajoutent de l’équipement accessible à tous et surtout s’assurent chaque jour de la propreté des lieux. Toujours, nous découvrons des endroits forts agréables sous l’ombre d’énormes arbres, bordés de plages de fin sable blanc comme de la farine.

 

En fin d’après-midi, nous participons à une coutume ici, lorsqu’on veut réunir plusieurs équipages pour le Happy Hour. Il s’agit de se réunir dans les petits bateaux zodiaques rattachés l’un à l’autre et de se laisser dériver au milieu de l’ancrage! Ce sont des «dinghy drifts». Une façon ma fois géniale de se regrouper!! Il y a plus d’une trentaine d’annexes ainsi rattachées comme un îlot. Les gens font circuler des amuse-gueules aux gens autour d’eux. L’organisateur de l’activité invite les gens à se présenter à tour de rôle, puis demande des volontaires pour divertir le groupe avec leurs anecdotes. Ça se termine au couché du soleil vers six heures. 

De retour chez nous, nous décrétons que c’est une petite soirée cinéma à bord : nous déballons notre télé-série, Heros, achetée en août dernier. Nous n’avons pas senti le besoin de regarder un film depuis notre départ!! Enfin, ici, nous constatons que nous nous reposons beaucoup et que le besoin de nous coucher tôt est moins pressant. Donc, c’est un départ pour cette série, qui s’annonce divertissante selon les premiers épisodes.

 

Le lendemain, nous allons flâner dans les rues de George Town, activité que nous ferons à quelques reprises durant notre séjour ici. Nous y découvrons la cuisine bahamienne chez Eddie’s Edgewater Restaurant et au Town Cafe Restaurant, où nous dégustons des côtes levées très épicées et un pain de viande succulent.  Nous passons chez le coiffeur, où le service est expéditif, mais pas très satisfaisant;  nous faisons une pause Internet au café du coin. Nous trouvons finalement une boutique d’équipement de plongé où nous faisons l’acquisition tous les deux d’un habit de plongé.  Pour $110, Guy s’équipe d’un habit pleine longueur, tandis que j’opte pour un «shorty» qui m’en coûte $75. Ces prix nous semblent beaucoup plus raisonnables, par rapport aux prix d’autres marchandises.  Plus loin, nous trouvons un genre de Canadian Tire, où nous dénichons un élément chauffant électrique à $30. C’est une trouvaille très utile, car il y a présentement une pénurie de propane sur l’île. Il n’y a pas de propane disponible depuis deux semaines, et les nouvelles prédisent qu’il n’y en aura pas pour une autre semaine encore. Nos deux petits réservoirs de 5 livres sont vides depuis notre arrivée. Nous nous débrouillons avec notre BBQ qui est muni d’une petite bonbonne dont nous avons encore quelques exemplaires de rechange et avec notre petit bruleur à fondue. Notre nouveau gadget fonctionnera avec l’aide de notre génératrice Honda. Et voilà!  Après une semaine de ce fonctionnement, je crois que nous allons apprécier le retour à notre système au propane.

 

Puis, les gars s’organisent pour une sortie de pêche en mer. Comme l’accès à la mer est assez éloigné d’Élizabeth Harbour, c’est une randonnée d’envergure qui se prépare minutieusement d’avance.  Les gars ont décidé de partir avant six heures du matin, chacun dans son zodiac, sauf pour Guy qui embarque avec Michel qui possède un moteur de 15 forces sur son zodiac. C’est plus d’une demi-heure de route, donc les gars veulent se rendre rapidement, alors que les langoustes ne sont pas encore cachées sous les roches. (Notre petit moteur de 4 forces ne fait pas la cote!) Guy se retrouve beaucoup mieux équipé avec son nouvel habit de plongé et sa ceinture avec poids. Il peut donc rester dans l’eau les trois heures que dure l’activité, et revient avec quelques petites prises et deux belles prises à son actif : sa première langouste et un hogfish de deux pieds de longueur, dont la chair est évaluée, selon nos livres de référence, comme étant «outstanding», soit hors du commun. Nous préparons ce poisson pour le cuisiner entier dans du papier d’aluminium. Christian prépare une bouillabaisse. Les autres équipages préparent les langoustes et d’autres plats d’accompagnement, soit, riz et légumes. Nous voilà prêts pour un feu de plage avec repas gastronomique sous la pleine lune et les étoiles! Vers neuf heures, les annexes quittent la plage dans la pénombre et se dirigent vers les bateaux sur une mer d’huile qui laisse filtrer les rayons de la lune jusqu’au fond de l’eau.

 

Le mercredi, 20 février, il y a une conférence sur la plage, présentée par l’un des auteurs des cartes de navigation Explorer, Monty Lewis. Cette présentation est suivie d’un dîner, puis d’un autre conférencier qui explique les avantages de la radio amateur. Nous apprenons qu’il est possible d’écrire l’examen de certification pour obtenir une licence américaine de radio amateur. Nous décidons de nous présenter à cet examen qui a lieu le vendredi matin! Nous achetons notre copie du manuel et nous passons la journée du jeudi à étudier systématiquement les 68 pages de questions dont seront issues les 35 questions de l’examen. C’est assez ardu comme processus, car il faut faire appel à des notions de mathématiques et de physique qui sont assez loin dans ma mémoire. Guy m’explique beaucoup de choses qui lui sont assez familières de par sa formation en électronique. Enfin, je fais la différence entre les ohms, les volts, les ampères, les résistances, les formules, E=RI et P=EI, en plus des notions relatives au fonctionnement de l’appareil et de ses codes d’usage. Je suis ravie de faire cet exercice qui nous vaut une excellente note de passage lors de l’examen, soit 34/35! Nous sommes donc tous les deux certifiés pour utiliser une radio amateur. Celle que nous avons à bord du bateau n’est pas équipée de la fonction d’émetteur. Cependant, nous avons l’intention de changer cet équipement lors de notre retour aux États-Unis. Non seulement nous serons alors beaucoup mieux équipés pour établir une communication même en régions plus isolées lors de voyages subséquents, mais nous pourrons aussi maintenir une communication avec les équipages qui continuent leur voyage autour du monde, après notre retour au Québec.

 

Nous avons tous les deux apprécié nous retrouver en situation de défi intellectuel et d’apprentissage. Je dois avouer que notre vie ici est surtout axée sur l’amusement, ce qui laisse un vide après un certain temps. Nous avons hâte de repartir à la découverte d’autres lieux. Ce qui nous retient c’est l’attente pour le propane et aussi l’attente que nos amis soit prêts après le départ de leurs visiteurs. En attendant, nous prévoyons participer à une autre conférence, celle très attendue de Chris Parker, un expert en météo. Puis, nous irons faire un tour à l’ancrage d’Emerald Bay, située à quelques milles d’ici, afin d’y être à l’abri d’un autre front froid qui s’annonce vers la fin de la semaine. Peut-être louerons-nous un petit scooter pour visiter les alentours de George Town.

 

Pour fêter la réussite de notre examen, nous faisons un petit souper à bord et nous invitons Christian et Caro de Maya X et Stéphane et sa famille. Au menu, il y a des filets de porcs cuisinés au BBQ, pommes de terre au gratin, brocoli, suivi d’un gâteau au rhum de chez Mom’s Bakery! Une soirée très agréable passée en bonne compagnie! Pour l’occasion, nous déballons pour la première fois les CDs que notre fille, Tammie, nous avait préparés afin d’avoir une musique d’ambiance pour nos invités. Encore une fois, nous n’avions pas encore senti le besoin de nous divertir en écoutant de la musique, sauf Radio Canada le matin en déjeunant, et parfois le jour lorsque nous sommes à bord. Nous découvrons donc Kaïn et James Blunt qui sont aussi appréciés par nos invités.

Puis le lendemain, c’est la partie de pêche pour Guy… Je me demande s’il y aura du poisson pour souper?!  

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fév 14 2008

Arrivée à George Town - Du 2 février au 14 février

Publié par Guy sous Le voyage

Georgetown to Stocking Island Kerguelen durant un cold front Little Farmer's Cay Kerguelen en route vers George Town Coucher de soleil sur Kerguelen Notre première prise de taille! La journée du 3 février, nous sommes partis de Little Farmer’s Cay pour revenir à Staniel Cay. Quelle belle journée de voile par vents portants. Les vents dominants sont du sud, sud-est, donc nous avons un aperçu du style de voile que nous aurons lorsque nous entamerons notre périple de retour. Jusqu’à date, il faut dire que nous avons eu beaucoup de vents de face ce qui ne nous a pas permis de maximiser l’usage de nos voiles. Notre bateau ne performe pas très bien au près. Mais, cette fois, toutes voiles dehors, nous avons fait une très belle performance à une vitesse de plus de 6 nœuds sur le fond. Ma fois, c’était bien agréable.

De retour à l’ancrage de Big Major en face de Staniel Cay, c’est la soirée du Super Bowl au bar local. L’atmosphère y est à la fête; les paris vont bon train. Et quel revirement lors des dernières minutes du match! J’en profite pour surfer sur le net et appeler mon gendre préféré pour le déranger un peu durant le match. Il faut savoir que le football est pour lui une passion. Je ne peux le faire trop longtemps car il y a trop de bruit dans le bar. Puis, les deux jours suivants se déroulent à faire la visite de l’île, revoir Thunderball.  

C’est ici que nous devons dire au revoir à nos amis de Whisper et Windigo. Ils ont comme projet de retourner passer quelque temps plus au nord et  y rejoindre d’autres bateaux amis. C’est avec le cœur gros que nous nous séparons. Vic nous a beaucoup fait rire avec ses histoires de voile. Il a été très patient avec moi pour m’entraîner à la nage en apnée durant les premiers jours. Voici donc quelques anecdotes qu’il nous a racontées.

Chez lui à Terre-Neuve, il habite une banlieue de la capital, Saint-John’s. Tous les jours avant d’aller travailler, il a comme habitude de passer devant le port pour s’arrêter saluer les nouveaux bateaux qui y font escale. Un jour, il a ainsi rencontré une vieille dame de 80 ans qui avait acheté un voilier de 36 pieds et lui annonce qu’elle a comme projet de traverser l’Atlantique en solitaire avant de mourir. Lors d’une bonne fenêtre météo, elle part, mais au bout de quelques jours elle est remorquée au port. C’est qu’elle est tombée et s’est fracturé la hanche! Alors, elle laisse son voilier au port et retourne au Centre d’Accueil pour subir une opération de remplacement de la hanche. L’année suivante, la voilà de retour pour entreprendre son périple! Cette fois, elle s’est bien rendue en Écosse. Puis, quelques temps après, Vic reçoit un courriel d’elle où elle lui annonce qu’il va être très déçu de sa décision : elle a finalement décidé de s’acheter un cruiser car la voile est devenue trop exigeante pour elle!!

Une autre fois, il a rencontré un jeune écossais qui est venu à Saint John’s pour tenter de battre le record de vitesse pour une traverser de l’Atlantique en bateau à rames. Il communique avec Vic par Internet durant son voyage, donc il suit les difficultés qu’il éprouve. Il  manque son coup par quelques heures seulement! Vic est convaincu qu’il reprendra son défi un de ces jours!!

Finalement, une dernière histoire qui lui est arrivée personnellement durant les premières semaines de son voyage. Alors qu’il naviguait en direction de

la Nouvelle-Écosse, il a été pris dans de forts vents de plus de 50 nœuds. Lors de la manœuvre de réduction des voiles, son génois s’est pris dans son enrouleur! Le voilà donc à l’avant du bateau avec un couteau essayant de baisser cette voile à la main, mais par le fait même ruinant la voile. Au premier port venu, il rencontre un marin sur le guai et lui raconte son histoire. Alors, celui-ci lui dit que son bateau est hors de l’eau pour la saison et que ça lui fait plaisir de lui prêter sa voile pour qu’il puisse continuer son voyage. En un temps deux mouvements, c’est ce qui a été fait, et à ce jour, Vic navigue avec cette voile d’emprunt! Comme quoi l’hospitalité légendaire des maritimes n’est pas une fallacie! Donc, Vic et Marilyn nous quittent, mais nous avons de nouveaux partenaires : Michel et Josée d’Epsilon.

Le 6 février, c’est un départ pour Black Point afin de  faire le tout de l’île à pied, refaire le plein de provisions, d’eau et de carburant.

 Le matin du 8 février, c’est une flottille de quatre bateaux qui de dirige vers Dotham Cut, l’ouverture sur l’Atlantique près de Black Point, pour une première journée de navigation qui nous amènera vers Rat Cut, et lendemain, vers George Town. Il y a Fière Allure, Maya X, Epsilon et nous-mêmes. Il nous faut maintenant naviguer du côté Atlantique des Exhumas parce qu’il n’y a pas assez d’eau sur le banc. Quelle expérience un peu traumatisante pour moi que cette traversée de Dotham Cut! Ça dure environ 15 minutes, le temps de passer dans cet étroit passage entre deux îles, où un courant puissant accompagné de vagues croisées se précipite en provenance de l’Atlantique lors de la marée montante. Nous sommes les deuxièmes à nous engager dans ce passage après Epsilon. C’est comme si le bateau passe dans une laveuse à linge! Il balance d’avant à l’arrière afin de sauter les vagues. Il ne faut pas que le moteur manque à ce moment stratégique. Ouf nous sommes passés et nous regardons à l’arrière Fière Allure et Maya X exécuter la manœuvre. Les filles sur Fière Allure adorent leur expérience de montagnes russes! Quel départ abrupt! Le reste de la journée, soit pendant six heures trente minutes,  se fera au moteur car nous avons des vents de face. Mais le défi est lancé : $2.00 au premier équipage qui attrapera un poisson! Ici, par plus de six cents pieds de profondeur, nous lançons nos lignes. Nous espérons tous une dorade          ( mahé-mahé). Donc, notre équipement sommaire est installé autour d’un cabestan, avec élastique pour absorber le contrecoup si nous avons une prise. A l’autre bout de nos trois cents cinquante pieds de ligne, il y a un leurre de 8 pouces de long avec un hameçon de deux pouces de long par un pouce de large. Puis, il y a un petit gadget cylindrique pour faire plonger l’hameçon entre deux eaux. Eh voilà. Le pari est lancé. C’est Stéphane qui crie dorade le premier. Il a attrapé une dorade de trois pieds de long! Les enfants et les parents sont très excités. Il procède à la mise à mort, soit lui couper le cou dans un seau d’eau de mer afin de le saigner sans faire trop de dégâts sur le pont. Puis il obtient deux beaux filets qu’il place dans la glacière. Mais avant tout cela, c’est le moment de filmer et de prendre des photos.

Puis, juste avant d’arriver à Rat Cut en fin de journée, c’est notre tour! Nous attrapons un thon de deux pieds de long. C’est parfait pour nous. Quelle belle prise. À voir la belle photo! Une fois dans le cockpit, il se débat beaucoup pendant de longues minutes. C’est comme s’il voulait nous poursuivre! Je me mets rapidement hors d’atteinte! Puis, c’est le moment de la technique de mise à mort dans le seau d’eau. Quel mauvais moment à passer!! Guy obtient plus de neuf belles darnes en plus des bajoues! Le soir, nous partageons notre prise avec les équipages des deux bateaux qui n’ont rien pris et il nous en reste assez pour deux bon repas. Quel délice!

 

Le lendemain, nous rentrons à George Town vers midi trente. Le samedi, 9 février, nous sommes rendus à destination. Nous voilà à l’ancre devant Volleyball Beach, situé sur une île en face de George Town. C’est sur cette île qu’ont lieu tous les jours une foule d’activités organisées par les équipages de bateaux. Nous allons à terre pour voir la rive où circulent des dizaines de personnes. Nous rencontrons plusieurs équipages que nous avions croisées plus tôt avec lesquelles nous engageons la conversation. À l’ombre de grands arbres sont installés d’énormes tables de pique-nique où les équipages de bateau bénévoles offrent des cours de fabrication de paniers, ou de masques ou autre artisanat, ou encore, pour jouer au bridge. Il y a bien sûr, la cour de ballon panier où se déroule une joute à l’amiable entre équipiers de tous âges. Il y a des hamacs suspendus pour qui veut s’y reposer et des chaises de parterre installées en cercle pour regrouper les gens. Beaucoup d’enfants s’en donnent à cœur joie soit sur la plage à nager, à courir ou à jouer avec les cordes de tarzan suspendues aux branches de ces immenses arbres. Il règne ici une atmosphère très conviviale, où s’organise spontanément beaucoup d’activités. Ici, il y a plus deux cents bateaux à l’ancre dans ce port d’Élizabeth Harbour. Les bateaux y font escale pour plusieurs semaines, voir même des mois. Ça peut ressembler au camping Sainte Madeleine par l’organisation des activités. Il y a un poste VHF, le 68, pour rejoindre d’autres bateaux et pour les annonces tous les matins. Ça commence par la météo, puis par la présentation des nouveaux bateaux et ensuite, par la description des activités, suivi d’un moment de marché aux puces et d’annonces diverses.  

Je crois que je vais me plaire ici pour quelques semaines. L’artisanat et les randonnés pédestres m’intéressent. Guy s’intéresse aux cours de météo et de manipulation de voiles avancée. C’est certain qu’il participera à des sorties de pêche avec la gang de chum! Maya X doit rester trois semaines autour de George Town parce qu’ils ont de la visite. Fière Allure doit rester un moment aussi pour la même raison. Epsilon nous quittera probablement dans quelques semaines pour poursuivre sa route vers Cuba. Alors, pour l’instant, nous allons profiter des installations et voir plus tard quels seront nos projets. C’est donc avec un peu de nostalgie que nous constatons avoir atteint notre but. Cependant, pour le retour, nous considérons passer par les îles extérieures, Long Island, Cat Island, Eleuthera,  afin de faire un circuit jusqu’aux îles Abacos avant de repasser le Golf Stream en avril. 

Nous décidons, avec Maya X, de prendre un emplacement à la marina située en face de cette île, donc à George Town, pour passer les quatre prochains jours de front froid. Nous y serons à l’abri et nous aurons accès à la ville. Ce front froid atteint des proportions assez fortes pour mériter le titre du pire vu depuis deux ans. Un front froid est un phénomène de météo caractérisé par une période d’intense chaleur et d’humidité pendant quelques jours avant le début du front froid. Puis, les vents s’amènent souvent très fort avec rafales. Par la suite, le temps est plus frais et moins humide. Cette fois les vents durent quatre jours et changent de direction. Il y a des périodes de rafales à plus de 25 ou 30 nœuds. Il y a aussi beaucoup de pluie. Par la suite, une fraicheur s’installe et les vents de 10 à 15 nœuds s’installent. Durant cette période, Guy ne dort pas bien. Il veille souvent dans le cockpit, vérifie les cordages et les mouvements du bateau, même à quai. Dans notre chambre à coucher, je roule parfois d’un côté à l’autre. Une fois, durant un tel front froid, à Chub Cay, je me suis couchée de travers dans le lit pour bouger moins! C’est durant ces moments, durant la nuit, que les équipages craignent que leur ancre se mette à chasser. Notre chaîne s’était étirée sur le fond à Chub Cay, nous rapprochant ainsi trop près d’une bouée d’entrée du port. Il a fallu alors lever l’ancre et nous replacer, manœuvre toujours délicate à faire durant un vent fort la nuit.

 

Durant les quatre jours au quai, nous en profitons pour refaire les provisions à l’épicerie qui offre beaucoup de produits. George Town n’est pas une très grosse ville. C’est comme un gros village. Il y a des promoteurs immobiliers qui construisent des banlieues de condos. Nous marchons à travers la ville, où se trouvent ici, comme à Nassau, des taudis où vivent les bahamiens. C’est étonnant de voir les enfants revenir de l’école habillés en costumes!! Quelques autos mal entretenues roulent à gauche, comme en Angleterre, sur une vieille route asphaltée, sans trottoirs. Puis, après quelques kilomètre sur une route étroite bordée d’arbres rabougris, aux bordures parsemées de détritus sur une font de terre brulé par le soleil, nous arrivons à une barrière avec un garde à l’entrée dans un poste de surveillance. Ici, ce sont les beaux palmiers, l’herbe coupée et les bosquets de fleurs arrosés régulièrement. Nous nous engageons sur cette route, le garde étant absent. Nous cherchons un magasin de plongé où il y aurait peut-être de l’équipement à vendre. Nous arrivons finalement au bord de la mer, où se trouvent les condos neufs, bâtis autour d’un bassin avec végétation luxuriante et entretenue. Finalement, le magasin ne fait que de la location d’équipement. Sur le chemin du retour, une jeep s’arrête pour nous offrir un lift vers George Town. Ce fut agréable d’accepter ce lift d’un homme blanc avec son fils adulte en visite de la Californie. L’homme nous dit qu’il partage son temps entre son condo ici et une autre habitation en Californie. Décidément, c’est une société de contrastes! 

« Vaut mieux être aux Bahamas et rêver d’une douche chaude, que d’être sous une douche chaude au Québec et rêver d’être aux Bahamas »

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fév 07 2008

Du 26 au 2 février – Sampson Cay, Staniel Cay et Black Point et Farmer’s Cay

Publié par Guy sous Le voyage

Staniel Cay Les trois langoustes! Cook-out sur la plage de Sampson Cay Les voiliers bahamiens, classe C Staniel Cay 

C’est vendredi matin, le 1 février et nous sommes présentement toute voile dehors, au près serré par vents de 10 à 15 nœuds est, sud-est, en route vers Little Farmer’s Cay, où se déroule un festival annuel de deux  jours. Chaque année, le premier vendredi et samedi de février, les bahamiens se retrouvent à cet endroit pour participer à des régates de voiliers bahamiens. Cette année, ce sont les classes C qui seront à l’honneur, ces petits voiliers plats d’environ 18 pieds de long avec une énorme voile et un boom démesurément long. Ils sont contrebalancés par une longue perche de rappel sur laquelle s’alignent trois, quatre membres de l’équipage, parfois plus. C’est vraiment un sport qui demande beaucoup d’habileté et nous avons hâte de les voir à l’œuvre. Il y aura toutes sortes d’autres activités, comme des concours de plus belles jambes, de T-shirt mouillés, de courses de poulets, etc.!! En soirée, il y a des kiosques de produits d’artisanat et surtout de la bouffe bahamienne. Puis une danse clôturera la soirée du vendredi soir. C’est un pow-wow auquel sont conviés toutes la population locale et aussi les voiliers de passage.

Il s’en passe des aventures depuis notre départ de Warderick Wells Park, le 26 janvier. D’abord, nous restons à l’ancre deux jours à Sampson Cay pour passer le front froid. Nous sommes ancrés dans une belle petite baie presque privée. Il n’y a pas d’autres bateaux à l’ancre. Tout au fond, il y a une belle marina où sont amarrés quelques yachts de plus de 100 pieds de long. Comme à l’habitude, nous ne rencontrons pas leurs équipages.  L’île au complet est privée, mais, les équipages de bateaux peuvent aller à terre pour se promener sur les sentiers pédestres tout autour de l’île. Il y a ici une volonté de garder ce petit coin de paradis intact comme un parc. Donc, nous en profitons pour marcher pendant quelques heures, le temps de découvrir petites plages cachées, sentiers tortueux, mais très bien entretenus le long du littoral et à travers la végétation de l’île. Belle randonnée où nous ne rencontrons aucune âme qui vive.  Ce court séjour de deux jours nous a permis de mieux connaître les équipages de Tourelou et de Maya X. Les quatre gars sont allés pêcher et ont pris trois langoustes! C’est un prétexte pour faire un party sur la plage. Nous apportons de la salade, Caro apporte le riz et les gars mettent les langoustes en commun. Il y en a pour tout le monde. Nous sommes dix autour d’un feu de camp, sous un ciel étoilé. Cette soirée est magique! Notre premier vrai cook-out, comme disent les gens du milieu, est un vrai régal. 

Puis, le lundi, 28 janvier, lorsque le front froid est passé, nous levons l’ancre pour nous diriger vers Staniel Cay, une étape importante dans les Exumas. Nous passons seulement deux jours à Staniel Cay avant de nous rendre à Black Point, pour un autre court séjour avant de nous diriger vers Little Farmer’s Cay, pour le festival annuel. Staniel Cay est le village le plus réputé des Exumas parce qu’il s’y trouvent un aéroport, plusieurs petites épiceries et surtout la célèbre caverne sous-marine, Thunderball. Nous faisons le tour des trois épiceries, toutes assez pittoresques, et offrant des produits un peu différents l’une de l’autre. Ainsi, le jour de l’arrivage des produits frais par bateau, nous faisons le tour pour trouver ce dont nous avons besoin. Par exemple, l’une des épiceries offre des hot-dogs, mais c’est à l’autre épicerie que nous trouvons les pains! L’après-midi, les gars se regroupent pour une session de pêche, pendant que les filles font de l’exploration en apnée. C’est une belle après-midi! Je fais une bonne pratique avec mon équipement que je n’avais pas utilisé depuis quelques jours et surtout ça me prépare pour le lendemain matin lorsque nous irons visiter la caverne Thunderball!! Lorsque les gars reviennent de leur expédition de pêche, Guy est fier de ses prises. Pour souper, nous dégustons notre premier repas de poissons pêchés par Guy : du bigeye et du grunt. Délicieux!

Le lendemain, mercredi, 30 janvier, quelle expérience inoubliable que cette visite de la caverne! D’abord, nous devons nous y rendre au moment de l’étale, c’est-à-dire, au moment où la marée change. Il n’y a presque pas de courant pendant environ une demi-heure. Nous enfilons nos habits de plongé. J’utilise un habit que Mylène m’a prêté pour le reste du voyage. Stéphane et sa famille passent au bateau pour s’assurer que nous les suivons. Puis, nous nous assurons d’avoir avec nous masque, tuba, palmes et c’est un départ en zodiac pour une petite randonnée matinale d’environ 15 minutes. Il est huit heures du matin et c’est un peu frisquet. C’était un peu difficile de se motiver, car nous avons à peine avalé notre déjeuner. Mais leur enthousiasme est contagieux. Nous passons voir Caro et Christian sur Maya X. Au début, ils ne veulent pas nous suivre, mais ils changent d’idée et nous voilà tous en route! Ce n’est pas un temps idéal parce que c’est nuageux et la luminosité ne sera pas à son meilleure dans les puits de lumière de la caverne. Qu’à cela ne tienne. Nous débarquons dans environ 15 pieds d’eau après avoir amarré nos annexes à un tangon près de l’ouverture de la caverne. Je ne suis pas trop brave, mais l’excitation du groupe est contagieuse. Guy reste tout près de moi et nous voilà tous dans la caverne après quelques minutes de nage. C’est magnifique! Elle fait à peu près trente pieds de diamètre au centre. On peut y accéder par plusieurs tunnels. Au dessus de nous, au centre, il y a des puits de lumière à environ quarante pieds du niveau de l’eau. Sous l’eau, se déroule un merveilleux monde aquatique sur fond de corail. Des poissons tropicaux de toutes couleurs semblent s’y être donné rendez-vous. Et pour cause, il y a interdiction de pêcher à cet endroit. On dirait que les poissons le savent. Ils nagent tout autour de nous. Nous pouvons même les toucher de la main! Des poissons de toutes tailles, mais surtout, grands comme la main et plus gros, mais multicolores, rayés, avec des formes géométriques variés. Nous leur donnons du pain apporté dans un sac. A un moment donné, je tiens le sac et j’ajuste mon masque avec cette même main. Les poissons suivent mon geste et sautent tout autour de ma figure sans se soucier de me toucher! Ils sautent même hors de l’eau. Ça me chatouille et je ris tellement que Guy vient à ma rescousse et prend le sac, mais lui se fait mordre la main par une minuscule petite bouche avec dents acérées… Je n’aurais pas aimé que ça m’arrive dans la face! Enfin, quelle joie que ces si jolis petits poissons presqu’apprivoisés! Le fond n’est pas seulement sablonneux, mais parfois, très escarpé et parsemé de gros rochers. Les parois de la caverne sont faciles à agripper pour se reposer un moment avant de retourner explorer. Des exclamations fusent de toutes parts pour attirer l’attention sur tel ou tel poisson. Quelle expérience inoubliable! Au bout d’une demi-heure, nous nous dirigeons vers nos annexes pour retourner au voilier. D’un commun accord, nous sommes déterminés d’y retourner lorsque l’étale sera à une heure plus propice afin que le soleil puisse éclairer l’intérieur de la caverne jusqu’au fond de l’eau.

Puis, c’est une longue flottille qui lève l’ancre et c’est un départ pour Black Point. Nous naviguons les 10 milles qui nous séparent de notre destination. Il fait un soleil radieux et nous sommes tous en grande forme. A notre arrivée en fin d’après-midi, la priorité est de faire le lavage, car nous retrouvons ici la seule buanderie accessible dans les Exumas avant d’arriver à George Town. Et quelle buanderie! C’est grand et c’est propre. Il y a plusieurs machines neuves qui fonctionnent à merveille. Quel luxe!! Par la suite, nous avons à peine le temps de faire un petit tour au village, qu’il fait noir et nous retournons au bateau. Nous restons à peine deux jours à Black Point, mais notre visite nous a convaincus qu’il faudra y revenir passer un peu plus de temps. Les gens y sont si sympathiques. Ce village est propre et il y règne une atmosphère de convivialité qui nous charme. Nous avons eu le temps de faire le plein d’eau potable et de faire le lavage          ( $27!!!). Ce village est aussi notre coup de cœur pour les Exumas, comme dirait Catherine de Mer et Monde II.

Puis, le 31 janvier, c’est la fête de Mylène, sur Fière Allure et Stéphane organise un party sur son bateau. Nous nous sommes retrouvés dix pour le souper et pour faire la fête : apéros copieusement arrosés de bière froide, souper au poulet, et pour finir, gâteau de fête. Ça se termine vers minuit. Il y a Éric et Catherine, de Mer et Monde II, Christian et Caroline de Maya X, nos hôtes et nous-mêmes. Quelle belle gang!

Le matin du 31 janvier, donc, le matin de la fête de Mylène, je l’appelle pour lui dire qu’elle a congé aujourd’hui et que des suppléants vont passer prendre les enfants pour la journée. Les deux filles, Catherine et Camille, accompagnent Guy sur notre bateau avec leurs livres de classe, mais j’ai prévu une sortie pédagogique! La veille, je suis allée rencontrer la directrice de l’école locale pour lui demander la permission de visiter l’école pendant la matinée et de passer du temps dans la classe de 5ième  et 6ième année. Mme Roberta McKenzie m’a accueillie très chaleureusement et le rendez-vous a été fixé. Les filles ont le temps de préparer des questions pour les élèves et ainsi pratiquer leur anglais. Il faut ici comprendre le défi que cela représente pour ces deux brillantes petites filles. Elles ne parlaient pas l’anglais avant de partir en voyage, et maintenant, Catherine, la plus vielle, se débrouille très bien! Donc, les filles présentent leurs questions à la classe, puis les élèves de la classe posent leurs propres questions. Par la suite, nous présentons notre drapeau canadien, nous identifions sur le globe terrestre la position de nos pays respectifs et finalement, nous partageons avec les 17 élèves une collation canadienne que j’ai apportée : du sirop d’érable servi en trempette sur du pain aux noix bahamien. Quel régal! L’échange se poursuivi pour une heure environ. Puis c’est la photo de groupe suivi du partage d’adresses courriel entre les enfants.

L’enseignante est très dynamique et sa classe jumelée est très éveillée et intéressée par la présentation des filles. Nous sommes sortis de là vraiment charmés par nos hôtes et impressionnés par la leurs installations, sommes toutes très potables, pour une petite école de seulement 36 élèves en tout de la maternelle à la 9ième année. Je peux dire que j’ai eu l’occasion de «maîtresser», comme dirait mon frère, Laurier! Je me suis vraiment beaucoup amusée et je ressors de cette expérience avec en main les coordonnés de l’école, l’adresse courriel de la directrice et de cette merveilleuse enseignante de 5ième et 6ième année. Il y aura sûrement des suites à ce contact pour les années à venir! Pour clore notre visite, nous retournons voir la directrice afin de lui remettre un don pour la bibliothèque de l’école : notre copie du dernier Harry Potter, le livre numéro 7. Désolée, Natasha! Je sais que tu me l’avais prêtée, mais j’ai pensé que tu approuverais ce geste, quitte à  remplacer le livre à mon retour…D’accord?

De retour sur le bateau, nous préparons des hot-dogs sur le barbecue pour les filles, puis c’est la fabrication du gâteau de fête par les filles sous la supervision de Guy, qui n’a pas perdu la main à ce niveau. Nous réussissons un très beau gâteau blanc cuisiné à partir d’une recette mémorisée, et recouvert d’un beau glaçage rose et de chandelles dénichées à prix d’or sur l’île! Décidément, Guy et les filles peuvent être fiers de leur exploit! Il nous reste à finaliser les cartes de fête en faisant le tour des bateaux pour y faire ajouter les vœux de tous ceux que nous connaissons. Puis, nous voilà partis pour rejoindre Stéphane et Mylène sur Fière Allure, et participer au party qui nous attend. Nous sommes ravis de notre belle journée passée avec les filles et les parents ont, je crois, apprécié notre cadeau de fête!

Malgré que c’est un lendemain de veille, le 1 février nous devons quitter Black Point pour nous rendre à Little Farmer’s Cay afin de participer au festival. Alors, c’est un autre départ, et cette fois la flottille est plus importante! Whisper, Windigo et Wy East nous avaient rejoint à Staniel Cay et suivi à Black Point. Donc, sur Whisper, il y a Marilyn et Vic, les gens si sympathiques de Terre Neuve qui nous accompagnent maintenant depuis un bout de temps. Sur Windigo, un Hunter neuf de 26 pieds, il y a Millie et Marc, qui habitent maintenant la région de Toronto. Millie vient de Terre-Neuve et Marc de Verner, Ontario. Ils sont super sympathiques et sont une source d’information toujours appréciée car c’est le quatrième voyage de Marc. Il connait donc le milieu. Puis, il y a Sheenie et Preston sur Wy East, ces deux américains de l’Orégon, super sympathiques qui font partie de notre joyeux groupe. Donc, nous voilà en route vers Little Farmer’s Cay.

Nous arrivons en fin de journée le vendredi. Rapidement, après un ancrage facile, nous nous préparons pour une visite à terre afin de participer aux activités qui se déroulent sur plus d’un site sur l’île. Dès le début, nous remarquons un manque d’organisation un peu décevante. Nous apprenons que les deux frères responsables de ce festival sont en chicane et rivalisent l’un avec l’autre plutôt que de coordonner leurs efforts. Il s’en suit une désorganisation qui aurait été néfaste n’eu été de l’implication bénévole de quelques équipages de passage. Les courses ont lieu comme prévu et cette partie du festival est un succès. Nous pouvons admirer ces belles embarcations qui défilent dans la baie comme de joyeux papillons. Le lendemain, les gars des équipages du Québec organisent une expédition de pêche organisée par les jeunes du voilier Born Free. Ils se  révèlent des experts en la matière et le groupe revient avec plus de 10 langoustes, et plusieurs crabes. Ce succès  mène à l’organisation d’un party québécois de l’autre côté de l’île pour déguster ces prises autour d’un feu de camp. Ils s’y retrouvent donc presque vingt personnes pour faire la fête. Entre autres, nous y faisons connaissance de deux équipages spéciales: un couple de notre âge sur leur bateau, Apothéose, et leur fille accompagnée de son copain sur un autre bateau, Soluna. Encore une fois, c’est un party  magique et quel festin!

Entre temps, pendant l’absence des gars à la chasse, j’accompagne Mylène et les filles pour une matinée sur le site du festival pour participer à une chasse au trésor organisée pour les enfants. Ce sont les mamans de quelques équipages de bateaux qui se sont portées volontaires pour cette organisation :  Chris et ses trois enfants du voilier, Sanity, July et son fils ado du catamaran, Meander, et Gail du voilier, Alocius. Ces jeunes femmes dynamiques font un travail exceptionnel d’organisation et d’animation. Nous passons quelques heures à participer et à échanger ensemble. J’espère les revoir car ce sont des équipages intéressantes de par leurs expériences, leur conversation animée, leur attitude de participation à la vie des îles. Leurs conjoints ont eu la grande chance d’être invités à bord des bateaux de régate et sont donc absents pour l’instant. En fin d’après-midi, Guy et moi rejoignons ce groupe en plus des trois équipages anglophones qui sont devenus nos amis sur le site des fameux concours de T-shirt mouillés pour les femmes et jambes et fesses, pour les hommes. (legs and buns) Les volontaires ne sont pas nombreux, mais participent avec beaucoup d’entrain! C’est le moment pour des photos mémorables! Sheenie gagne le concours du T-shirt et Mathew, le conjoint de Gail, celui des belles jambes masculines! Puis, après les concours, les gens se dispersent et nous allons rejoindre le groupe de québécois sur la plage devant notre ancrage. Tous les chasseurs sont fiers de leurs prises et c’est le moment pour d’autres photos mémorables. Accompagné d’un riz et de légumes en conserves, c’est une réelle dégustation qui s’en suit. Vers neuf heures, tout est terminé et les équipages retournent à leur bateau en annexe. J’apprécie ce moment de la soirée sous un ciel étoilé lorsque les annexes font leur trajet de retour aux voiliers.   

Malgré l’organisation déficiente de la part de nos hôtes bahamiens, nous avons eu beaucoup de plaisir durant ce festival. Cependant, à part les régates, le succès des activités est en grande partie dû à leur prise en charge par des équipages de voilier. Les bahamiens n’étaient pas vraiment au rendez-vous autant que nous l’avions imaginé après notre expérience du Junkanoo.

Une note finale doit être ajoutée à notre expérience à Farmer’s Cay. Je dois ajouter une suite à ma réflexion sur les bateaux à moteur. Nous avons finalement fait connaissance avec une équipage de cruiser, Pendragon, qui est ancré près de nous à Farmer’s Cay. Nous les avons croisés sur la petite route entre notre ancrage et le site du festival. Ils étaient accompagnés d’un autre couple et ils nous ont abordés très chaleureusement avec beaucoup de bonne humeur. Nous avons échangé nos cartes de bateaux, et par la suite, le lendemain matin avant de partir, nous sommes allés leur rendre visite. Surprise! Ce sont des gens qui ont fait plus de 25 ans à voile, pour finalement opter pour le confort d’un cruiser. Comme quoi, ils avaient déjà la mentalité de voilier, donc pas vraiment un exemple d’équipage de cruiser!!! Entre temps, nous accumulons les indices quant à la vie à bord de ces bateau: par exemple, une fois,lorsque nous sommes passés près de l’un d’eux, il nous est venue une odeur de Bounce pour sécheuse!! Un sécheuse!! Puis, l’autre matin, sur le pont de notre voisin cruiser de plus de cent pieds de long, il y avait une dame qui y aspergait d’eau douce l’annexe que son conjoint venait de hisser à bord… avec un boyau d’arrosage!!! A suivre…  

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fév 03 2008

Réflexions sur notre voyage - Fin janvier

Publié par Guy sous Le voyage

Après quelques semaines d’expérience aux Bahamas, nous constatons que la vie ici est très différente de celle que nous avons connue aux États-Unis. Je constate que le choix judicieux des provisions est essentiel, car non seulement les aliments doublent de prix, mais les lieux d’approvisionnement ressemblent à des dépanneurs et sont rares! Nous devons donc dépendre de plus en plus sur les réserves que nous avons à bord, soit en denrées alimentaires, soit en eau potable, soit en produits de toutes sortes. Nous devenons donc très conscients de notre inventaire et nous sommes préoccupés par la planification des repas. Nous ne manquons de rien, mais je commence une liste pour améliorer mon inventaire la prochaine fois que nous aurons accès à une épicerie mieux garnie, soit dans une semaine ou deux, à George Town. Par exemple, le chou et les agrumes comme les pamplemousses, les oranges, les citrons et aussi les pommes devraient figurer en plus grande quantité dans notre inventaire. Par chance, je découvre que j’ai fait bonne provision de fruits séchés, comme des pruneaux, des figues, des dattes, qui prennent la relève lorsque les fruits frais ne sont pas disponibles. Nous apprenons à apprécier chaque fruit, lorsque par chance, l’arrivage de la semaine au petit magasin de la marina offre de beaux pamplemousses… à $2,50 chaque et de belles pommes rouges… à $ 1,10 chaque! Nous nous surprenons à espérer que la pêche soit fructueuse lorsqu’il nous reste seulement un poulet au frigo. Autrement, il faudra commencer à cuisiner avec des conserves ou acheter de la viande congelée, ou peut-être, rencontrer un pêcheur qui nous vendra ce qu’il a.

 

Pour ce qui est de l’eau potable, nous devenons experts à utiliser le moins d’eau possible.  Par malchance, nous avons remarqué de l’eau douce dans le fond de la cale. Il y a une fuite dans les conduits entre notre réservoir et l’évier de cuisine. Deux grands seaux d’eau ont été ainsi gaspillés. Guy s’installe et répare la fuite après avoir enlevé l’évier du comptoir pour avoir accès aux tuyaux. Ça fonctionne. A Sampson Cay, l’eau potable est très bonne car elle est produite par osmose inversée de l’eau de mer. Cependant, nous la payons $0,50 le gallon. Qu’à cela ne tienne, nous remplissons nos réservoirs, car le  prochain point de ravitaillement sera à Black Point où nous ferons escale dans une semaine, peut-être. Dans notre cas, nous prenons nos douches en sautant à l’eau et en utilisant le savon Joy qui mousse en eau salée. Puis, nous montons sur le pont pour nous rincer parcimonieusement à l’eau douce en provenance de notre sac de douche solaire. Et voilà! Ça fonctionne bien, mais, encore une fois, nous devons nous limiter au strict minimum quant à la fréquence de cette technique.

 

Sommes toutes, pour améliorer notre sort, nous en concluons qu’un inventaire de denrées alimentaires encore plus judicieux et surtout plus volumineux serait indiqué. Il nous faudrait une plus grande réserve d’eau potable, ou encore mieux, un désalinateur d’eau de mer serait tout indiqué. Cependant, cet équipement vaut entre trois et cinq milles dollars! Les bateaux plus récents ont en général une vraie douche à bord avec une possibilité d’eau réchauffée par le moteur ou avec réservoir d’eau chaude. Pour ce qui est de l’espace vitale sur le bateau, nous sommes très satisfaits de notre Kelt de trente pieds. Nous pouvons accueillir confortablement six personnes pour souper, huit ou dix, à la limite. Notre petit four nous surprend agréablement depuis que nous avons réussi notre premier pain.

 

Nous apprécions beaucoup la protection offerte par le toit en toile du dodger et du bimini reliés entre eux par un panneau supplémentaire. Cependant, nous remarquons la très grande commodité que serait l’ajout de panneaux latéraux pour ainsi créer une pièce supplémentaire dans le cockpit à l’extérieure. Que ce soit en cas de froid, de pluie, de soleil ou de présence de petites mouches, ces panneaux supplémentaires nous offrirait un confort non négligeable. 

 

En visitant d’autres bateaux, il nous semble qu’un bateau de trente-neuf pieds avec une quille rétractable ou une quille d’au plus 4.5 pieds serait encore plus idéal, pour l’espace et les commodités. Quarante pieds et plus c’est une autre catégorie et un autre prix à tous les niveaux! Il faut aussi toujours se souvenir que plus on augmente la longueur d’un bateau et le nombre de gadgets à bord, plus on augmente les besoins d’entretien!!

 

Maintenant, petits commentaires et une anecdote concernant les voiliers versus les bateaux de plaisance à moteur seulement (cruisers). Depuis que nous évoluons d’île en île aux Bahamas, nous apercevons presqu’exclusivement des voiliers. Par exemple, dans un ancrage, il peut y avoir 20 voiliers et un seul bateau à moteur, en général entre 50 et 150 pieds de long. De plus, lorsque nous allons faire des randonnées à terre, sur les plages, dans les rues des villages, au bar, aux sites de pêche, nous ne rencontrons jamais d’équipages de bateaux à moteur. Pas un seul, à date. Par contre, le soir, ces bateaux sont souvent illuminés par des centaines de kilowatts de lumière, partout sur le bateau et même des projecteurs illuminent l’eau tout autour, et ce pendant toute la nuit!! Nous ne pouvons pas imaginer la vie à bord de ces bateaux! Lorsque nous passons près de l’un de ces bateaux amarrés aux quais, parfois nous pouvons voir l’intérieur : un ameublement en cuir luxueux, des peintures, des sculptures, une cuisine comme on peut en voir dans les revues, et même un ameublement de patio avec bar sur les ponts extérieur… Peut-être leurs équipages ne veulent-ils pas quitter la climatisation? Snobisme? C’est une énigme.

 

Voici une petite anecdote que j’ai lue dans une revue de voile au sujet des bateaux à moteur versus les voiliers: Une fois au bar, quelques couples d’amis discutaient de ce sujet. La question suivante fut alors posée par l’un des gars : faut-il saluer de la main les équipages des bateaux à moteur que nous croisons, comme c’est la coutume entre voiliers? Quelle serait la règle selon l’étiquette maritime? Alors un autre gars répond que jamais un équipage de voilier ne devrait être le premier à saluer. A la limite, il doit feindre de saluer en touchant son chapeau pour voir si le gars de l’autre bateau daignera répondre à son salut. Car, ces bateaux ont toujours des hommes au volant. Ou encore, comme il arrive souvent, la fille installée à côté du gars à bord du bateau à moteur suivra le voilier d’un regard langoureux, mêlé d’une pointe d’envie. C’est qu’elle imagine une randonnée plus silencieuse qui permet la conversation et les petites collations délicieuses… Si c’est le cas, le gars du voilier salut la fille chaleureusement, à l’insu de son compagnon qui peut parfois s’en rendre compte du coin de l’œil. Elle répondra invariablement à son salut pendant que son compagnon est occupé à éviter un obstacle rapidement en vue dans sa trajectoire.

 

Une fille dans le groupe intervient alors dans la conversation. Elle se tourne vers les gars et d’un mouvement rapide, relève son T-shirt, révélant ainsi ses charmes voluptueux aux regards ahuris de ses compagnons. Elle demande alors, que fera le gars du voilier si une fille à bord du bateau à moteur lui fait un tel geste en le croisant? Alors, sans perdre son aplomb, le gars lui répond que le gars du voilier doit alors se lever et saluer bien bas tout en gardant le contact visuel avec la fille et en se mouillant les lèvres avec la langue… La fille de lui répondre, monsieur, vous êtes un gentilhomme!

 

Hum… ce qui m’amène à une autre réflexion. Qui sont ceux que nous rencontrons en route? D’abord, il y a ceux à la retraite en bon nombre que nous continuons à côtoyer régulièrement. Ils ont en général entre 50 et 65 ans, et partent pour une période de temps variée, parfois pour plusieurs années, ayant tout liquidé au Québec, parfois pour un an ou deux, y ayant laissé un point d’attache. Par exemple, Jean et Lucie sur Tourelou, voyagent pour deux ans en destination des Caraïbes, plus au sud. Jean est retraité de STCUM, la compagnie d’autobus de Montréal. Il y était mécanicien de moteurs diesel. Ils sont très expérimentés en voile et ont fait plusieurs voyages avec leur bateau d’environ 32 pieds.

 

Nous rencontrons aussi plusieurs couples dans la trentaine qui ont beaucoup d’énergie,  le sens du party. Ils sont aussi d’une très grande gentillesse et d’une grande générosité. Nous faisons un bout de chemin avec eux dans les îles entre Warderick Wells et Little Farmer’s Cut pendant quelques semaines. Nous avons à peu près le même itinéraire qui ne nous presse pas trop d’arriver à George Town avant la mi-février. Ces couples sont un groupe de joyeux lurons qui nous font rire par leurs histoires de voile rocambolesques. Les gars sont toujours partants pour aller à la pêche. Ils sont actifs et débrouillards. À titre d’exemple, Caroline et Christian avec leur chienne sont partis pour un an sur leur Bénéteau 32 pieds flambant neuf. Ils ont quitté leurs emplois comme travailleur de la construction et technicienne dentaire, et ils ont vendu leur maison. Ils n’ont pas beaucoup d’années d’expérience en voile, mais ils forment une équipe très compétente. Les filles, dans ce groupe d’âge, sont toutes aussi compétentes que les gars, surtout en navigation et pour manœuvrer les divers équipements à bord. Elles sont surprenantes et commandent le respect par leur habileté et leur savoir faire.

 

Un dernier commentaire sur l’évolution des gens durant ce voyage. D’abord, nous avons remarqué quelques petits accrochages chez certains couples où l’harmonie n’est pas à son comble. Ceux qui s’en tirent le mieux semblent être ceux dont chacun des partenaires démontre le plus d’autonomie personnelle. Les cas où nous avons décelé des problèmes sont des couples où l’un des conjoints démontre une capacité inférieure de performance dans un domaine. Par exemple, lorsqu’une des deux personnes  peut plus difficilement suivre les activités du groupe, cela amène des frustrations. Parfois aussi, un autre facteur entre en jeu : les deux ont des attentes différentes quant au rythme de la progression du voyage. C’est très important de communiquer clairement les attentes de chacun afin que personne ne développe une frustration néfaste. Un point à souligner : presque tous les hommes ont perdu entre 15 et 25 livres depuis le début du voyage.  Leur allure est plus musclé, plus svelte et ils sont très en forme. Ils ont le sourire facile et ils sont très bronzés. Humm… Les femmes, en général, n’ont pas perdu de poids, ou très peu, comme environ de 5 livres.  Mais, elles sont bronzées et elles sont superbes dans leur bikini sous des petites robes de plage ou dans leur costume de plongé moulant …c’est décourageant de les voir manœuvrer!! Anyway…comme dirait Foglia.  Admettons que celles de mon groupe d’âge portent moins le bikini… Quant à moi, je porte chapeau, chemise ample et pantalon capri et je suis toujours très blanche avec ma crème solaire à 60 fps! Ma dermatologue serait fière de moi! Enfin…je peux manœuvrer agilement dans toutes les situations, malgré une certaine limitation dans l’eau que je suis en train de mâter! A mon grand bonheur!! Guy a perdu au moins 15 livres et correspond en tout points au profile des hommes que nous côtoyons.

 

Pour ce qui est du voyage lui-même, nous avons beaucoup ralenti notre rythme et nous prenons vraiment le temps de vivre… à la bahamienne, c’est-à-dire, au gré de la météo sans trop nous presser. Nous rencontrons beaucoup de gens et nous sommes toujours fascinés par les histoires de chacun. Nous sommes un peu préoccupés par le fait que nous ne bougeons plus autant, sauf les sessions de pêche pour Guy. Elles durent environ deux heures, à plonger dans des profondeurs variant entre 10 et 20 pieds, à nager contre courant, toujours à l’affut d’une proie possible, et parfois en retrait d’un prédateur possible!! Quant à moi, mes sessions de nage en apnée sont plus courtes et un peu moins fréquentes. A part cela, nos marches sur les îles, dans les sentiers ou dans les rues sont assez courtes par le fait qu’il n’y a pas loin à aller. Les projets ne manquent jamais. Il n’y a presque pas assez de temps pour faire tout ce qu’il y aurait à faire à chaque endroit.

 

La météo est un facteur assez préoccupant. Pour les mois de janvier et février, il s’y amène des fronts froids au rythme d’environ un à deux par semaine. Cela veut dire de forts vents qui nous obligent à trouver un ancrage protégé. Par la suite, les vents alizés prendront le dessus et nous aurons une brise constante en provenance du sud qui nous permettra d’amorcer le voyage du retour sur des vents favorables. Que dire de notre environnement toujours changeant, avec une luminosité qui n’en finit pas de nous surprendre? Nous naviguons dans dix à vingt pieds d’eau. Nous voyons le fonds sablonneux ponctué de coraux, même certaines nuits de pleine lune! Et toujours ce ciel étoilé qui n’en fini pas de nous émerveiller comme si nous le découvrons chaque soir. C’est vraiment un endroit d’une très grande beauté à laquelle nous ne sommes pas encore totalement habitués. Ça nous épate toujours de vivre dans la nature, et surtout de continuer notre découverte du monde sous-marin. Et puis vient le temps de reprendre la mer et alors quelle joie de se retrouver en mouvement, de manœuvrer les voiles, de sentir le bateau répondre à la brise! Nous éprouvons un réel plaisir lorsque le moment du départ arrive. C’est une fébrilité, une joyeuse excitation qui s’empare de nous et ne nous quitte pas jusqu’à l’arrivée.  La voile est un sport qui n’en finit pas de nous acaparer. Parfois, nous n’avons même pas l’occasion de monter les voiles parce nous avons un vent de face ou parce la distance à parcourir est vraiment trop courte. Zut, alors! Décidément, ce voyage nous comble à tous les points de vue, sauf peut-être les petits moments d’ennui lorsque ça fait longtemps que nous n’avons pas eu de nouvelles. Avis aux intéressés : nous avons besoin de lire vos messages et d’avoir de vos nouvelles!

 

Au sujet de notre blogue, il savoir que parfois nous revisitons les articles précédents pour y ajouter des photos et pour corriger certaines petites erreurs qui sont passées inaperçues. Les mini-films seront mis à jour probablement à George Town. L’Internet n’est pas assez puissant dans les îles pour que je puisse les téléchargés sur le site Youtube (hacdes55).     

 

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