Archive for janvier, 2008

jan 24 2008

Warderick Wells Parc - Du 18 au 21 janvier

Publié par Guy sous Le voyage

Warderick Wells Warderick Wells Park Wardrick Wells Park La première miche de pain. L'ancrage à Emerald Rock Notre ancrage situé à Emerald Rock est très protégé pour les vents du nord de 25 à 30 nœuds du front froid qui s’annonce dans quatre jours. Nous sommes donc ici pour environ une semaine. Au quartier général du parc, nous avons accès à Internet, mais les autres services sont limités sauf pour obtenir de la glace. Nous devons donc nous contenter des provisions que nous avons faites avant notre départ de Nassau. Nous sommes en assez bonne position à ce niveau, grâce à notre réfrigérateur et à la génératrice.

Nous profitons d’une visite guidée sur l’île pour connaître l’évolution de la vie dans les Exumas. C’est un peu déprimant d’apprendre qu’avant l’arrivée de Christophe Colomb, c’était un environnement de forêt tropicale, très pluvieux avec une faune et une flore diversifiée et la présence d’autochtones auto-suffisants. Maintenant, la forêt n’existe plus depuis longtemps et les autochtones ont été exterminés. C’est la première chose que les espagnols ont accomplie. Les grands arbres majestueux ont servi pour construire des mâts et des bateaux.  Même le sol a été décimé par les plantations peu appropriées et aussi par la force des ouragans qui ont balayé la couche de sol fertile, une fois les arbres disparus. Il reste maintenant un sol noir très dur et poreux qui ressemble à un fond volcanique, mais qui est en fait de la pierre calcaire. Il y pousse une végétation rabougrie de quelques pieds de haut, qui essaie tant bien que mal à reprendre le dessus sur le sol de l’île. Le climat maintenant est beaucoup plus sec et les bahamiens qui sont encore sur place réussissent à survivre d’un peu de pêche et surtout des emplois dans les services. Ces gens sont les descendants d’esclaves venus travailler sur les plantations. Les bateaux commerciaux déciment la pêche au point où les langoustes et les conches sont de moins en moins disponibles. La présence toujours plus importante des promoteurs immobiliers change de façon drastique le paysage encore un peu sauvage et isolé de ces îles. Dans quelques années, le voyage que nous faisons ne sera plus le même…En fait, ce qui reste c’est la beauté des plans d’eau et le climat encore très enviable.

Comme la vie aquatique est protégée dans ce parc, nous découvrons un fond marin beaucoup plus intéressant lorsque nous faisons de la plongé en apnée. Les gars sont tentés de sortir leur équipement de pêche lorsqu’ils aperçoivent les langoustes géantes, les belles conches adultes… mais après notre visite guidée, nous sommes encore plus motivés à préserver l’environnement du parc.

Nous faisons des marches sur les sentiers pédestres aménagés partout sur l’île. Le samedi soir, nous participons au feu de camp organisé par les responsables du parc à l’intention des voyageurs. Une cinquantaine de personnes sont réunis pour partager apéritifs, amuse-gueules, et surtout pour faire plus ample connaissance. C’est agréable de rencontrer les équipages des bateaux que nous avons souvent entendus échanger sur ondes de la radio VHF, mais que nous n’avons pas encore eu l’occasion de croiser. Nous échangeons projets, informations, et aventures cocasses. 

Je cuisine finalement l’énorme jambon gardé sous vide dans mon frigo. J’ai vraiment le goût de partager avec nos amis de Fière Allure et de Whisper. C’est donc un rendez-vous, dimanche soir pour un souper d’amis avec au menu, du jambon avec nouilles à la sauce aux champignons et légume vert, servi avec le premier pain cuisiné à bord! Quel festin en perspective! Mais… vers 4 heures, le front froid arrive. Des vents de 20 à 25 nœuds en provenance du nord s’installent et tournent les bateaux de l’ancrage dos vers le large. La pluie tombe de façon sporadique. Le changement est si soudain que nous devons nous précipiter pour bien ranger tout ce qui traîne sur le pont. Le vent siffle dans le gréement. Après une demi-heure, les équipages de Whisper et de Fière Allure décident qu’il est préférable qu’ils restent à bord de leur bateau pour surveiller la situation. Notre souper est remis au lendemain.

Ce vent souffle pendant deux jours, mais nous sommes satisfaits de notre amarrage au tangon. Nous sommes confortables, bien protégés par l’île. Cependant, il faut toujours veiller au grain, car nous apprenons que deux bateaux se sont retrouvés  à la dérive suite au fait que leur tangon s’est révélé défectueux. L’un des équipage de bateau, Marc et Milly sur Windego,  s’est réveillé durant la nuit alors que leur bateau était rendu tout près d’une falaise. Par mesure de précaution, Guy installe toujours une alarme sur le GPS qui s’active lorsque nos coordonnés changent. Donc, le lundi, tout le monde est présent pour le souper, tel que prévu. Mylène apporte des muffins pour dessert. C’est un succès, surtout le pain chaud!

Le lendemain, comme la météo se calme, nous sommes prêts pour continuer notre route vers l’île Sampson Cay située à quinze milles au sud. Nous pourrons y obtenir de l’eau, de l’essence et quelques denrées alimentaires, selon l’arrivage de la semaine. Les quatre heures de voiles sont très agréable avec vents de travers de plus de 15 nœuds. Nous avons une bande de ri sur la grand voile et le génois aux trois quarts. Trois équipages nous suivent dans le minuscule ancrage : Fière Allure, Maya X, ayant à son bord Christian et Caroline et leur chien, et finalement, Tourelou, ayant à son bord, Lucie et Jean et leur chat. Nos amis de Terre-Neuve, Marilyn et Vic ont décidé de poursuivre leur séjour à Warderick Wells pour quelques jours encore. Ils nous rejoindront à Staniel Cay.   

   

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jan 20 2008

Norman’s Cay - Du 12 au 16 janvier

Publié par Guy sous Le voyage

Norman's Cay Norman's Cay L'ancrage à Emerald Rock Nous avons découvert tous les deux une nouvelle passion: la pêche en apnée et la plongée en apnée!! Quelles activités extraordinaires! Nous passons deux journées intensives à pratiquer ces nouvelles activités autour des coraux et de la plage d’Allan’s Cay. Le matin, Guy part avec Stéphane et Normand, qui vient d’arriver sur son catamaran, Beach Magic. Il est accompagné de sa conjointe, Monique et deux ados, Lorianne et Maxime. Comme il est déjà venu sur l’île durant des voyages précédents, il sait où sont les bons endroits pour pêcher. Stéphane et Guy raffinent leur technique et font l’exploration des coraux magnifiques. Toujours, ils reviennent ravis de leur expédition, mais leurs prises ne sont pas encore impressionnantes. Cependant, ils apprennent à reconnaître différentes sortes de poissons. Ils se rendent compte qu’une fois harponné, le poisson est difficile à remonter à la surface. Guy perd quelques bonnes prises à ce moment stratégique. Ils apprennent aussi qu’il faut remonter à la surface rapidement avec une prise pour éviter la compagnie de requins et de barracudas, qui se matérialisent de façon surprenante dans les environs lorsqu’il y présence de sang. Les requins ne sont pas vraiment dangereux, car ils s’en prennent surtout aux poissons blessés,  plutôt qu’au harponneur. Cependant, les barracudas sont redoutables. Ils sont attirés par tout ce qui brille, d’où la précaution de ne porter aucun bijou pour plonger. Ils ont aussi la fâcheuse habitude de rechercher l’ombre autour des quilles des bateaux à l’ancre installés pendant quelques jours…On nous raconte qu’un barracuda a attaqué et blessé sérieusement la jambe d’une dame qui marchait sur la plage dans un pied et demi d’eau! Elle portait une chaine autour de sa cheville. Mais trêve d’histoires peu rassurantes! Les gars sont passionnés par leur nouvelle activité qui se solde souvent par une ronde de rhum en guise de récompense pour des défis tels que la plus grosse prise, la première langouste, etc. Ils forment une équipe de joyeux lurons, surtout très déterminés, prêts à affronter la vague, les courants et les profondeurs de 10 à 15 pieds pour dénicher leurs prises, mais ils sont tout de même prudents dans leur apprentissage!

Pendant ce temps, moi j’accompagne deux autres équipages, Marc et Milly sur Windigo, Marilyn et Vic sur Whisper. Milly et Marilyn ne savent pas trop nager, un peu comme moi, mais elles sont très motivées à maitriser l’utilisation du masque, tuba et palmes. Notre but est d’être suffisamment habiles avec cet équipement pour aller visiter la célèbre grotte sous-marine à Staniel’s Cay, où a été tourné une partie du film de James Bond, Thunderball. A marée basse, il y a un passage d’un pied ou deux au-dessus du niveau de l’eau à l’entrée de la grotte, mais à marée haute, c’est complètement fermé et il faut faire une plongé de dix à quinze  pieds avant de refaire surface dans la grotte. Donc, dans notre cas, nous espérons faire cette visite à marée basse avec masque, tuba et palmes. 

Je déballe mon équipement tout neuf, mais j’appréhende devoir faire de nombreuses tentatives avant de réussir à coordonner le tout. Mais, surprise! Je découvre que j’ai fait l’acquisition d’un équipement d’excellente qualité qui se révèle super facile à utiliser. J’ai été conseillé en la matière par une préposée qui connaissait bien les différentes caractéristiques à surveiller et qui a manifestement su les adapter à mon cas. Le masque tient merveilleusement bien sans jamais laisser passer d’eau. La visibilité est excellente, grâce aux verres adaptés à ma prescription visuelle. Le tuba est assez long pour me permettre d’évoluer dans la vague sans être submergée, mais qui offre, en plus, la nouveauté d’être presque étanche ce qui l’empêche de se remplir d’eau. Advenant ce problème, le tuba est muni d’un système d’échappement situé à l’autre extrémité, tout près de l’embout qui se place sur la bouche. Ceci permet donc de vider le tuba lorsque nécessaire presque sans effort. Ces caractéristiques démontrent un raffinement dans la fabrication de tubas, qui nous surprend agréablement, car l’équipement  que possède Guy est loin de permettre cette performance.

Donc, me voilà capable, dès le premier jour, d’évoluer dans l’univers sous-marin et d’y découvrir, petits poissons tropicaux de couleurs vives, coraux et autre vie aquatique! Quelle joie! Quelle joie! Quelle joie! Je me pense maintenant prête pour la caverne de Thunderball! Mais, Vic et Marc, nos instructeurs, me font déchanter. Il faut rappeler que nous évoluons toutes les trois dans… deux pieds d’eau, ce qui nous permet de toucher le fond avec nos mains!!! Hum… Il faut maintenant aller plus loin pour plonger à plusieurs reprises afin de coordonner notre respiration en apnée. Il faut simuler notre réaction si notre tuba se rempli… même avec mon équipement super sophistiqué. Il faut surtout s’habituer à évoluer dans vingt pieds d’eau et plus. Il faut débarquer dans l’eau à partir de l’annexe et surtout pouvoir y remonter. Bon, anyway.

Pour l’instant nous faisons le tour des petits récifs qui bordent la plage et nous sommes comblées par ce que nous découvrons. L’eau est si claire et la sensation si agréable d’évoluer comme dans un aquarium! La beauté de cet environnement est saisissante et ne se compare en rien aux photos, ni même aux films. Nous développons une grande motivation de retourner encore et encore jusqu’à ce que nous ayons trop froid (malgré les 75 degrés de l’eau et la température extérieure de 28 degrés) et que nous soyons trop fatiguées pour poursuivre. Je découvre que je c’est vraiment difficile de descendre plus profondément dans l’eau salée. La densité de l’eau est plus élevée et permet de flotter sans effort. C’est très confortable d’être dans l’eau avec cet équipement. Je peux rester immobile pendant de longs moments, puis, lorsque je veux me diriger vers un autre endroit, les palmes sont vraiment efficaces pour me propulser rapidement. Je peux rester dans l’eau deux heures environ avant de me fatiguer. Je comprends maintenant l’importance de porter une combinaison thermique de plongé. Ce sera notre prochain achat, tout les deux, puisque celui de Guy a vraiment fait son temps.

Le matin du douze janvier, nous décidons de continuer notre route vers Highborne Cay, où se trouvent une marina avec petit magasin général et une plage magnifique. Nous avons décidé d’un commun accord de passer la prochaine semaine et demi à explorer les îles qui nous séparent de Staniel Cay, endroit où nous pourrons nous ravitailler un peu plus avant de poursuivre vers Georgetown. Cela signifie que nous devrons vraiment être auto-suffisants. Nous passons une nuit à Highborne, le temps de faire un tour sur cette plage déserte où c’est un réel plaisir de marcher dans le sable si blanc et si fin qu’il ressemble à de la farine et qui s’étend à perte de vue. La marina est vraiment très bien entretenue, mais il faut payer le prix. Nous découvrons que deux pains, une douzaine d’œufs, un sac de glace et une carte d’appel de vingt dollars nous coûtent 46 dollars! C’est maintenant que nous constatons l’importance d’avoir fait de bonnes réserves. Les dix-huit employés qui habitent sur l’île y sont seulement de passage, deux mois en service suivi d’un congé prolongé. Les installations que nous voyons et l’île au complet est une propriété privée. En parlant avec le préposé, nous apprenons le potin suivant : le superbe yacht de plus de 100 pieds que nous voyons amarré au quai est en fait un yacht de location. La semaine dernière, il faisait une escale ici, à Highborne Cay avec à son bord, Michael Douglas, sa femme, Catherine Zeta-Jones et leur famille! Mais, cette semaine, nous y voilà, en annexe, profitant, nous aussi de ses charmes enchanteurs…

Le 13 janvier, nous poursuivons notre route vers Normans Cay, l’île où habitait les caïdes de la drogue, dont Carlos Lehder, dans les années soixante-dix. C’était l’endroit où les bateaux en provenance de

la Colombie venaient déposer leur cargaison pour la transbordée sur de plus petits bateaux qui se dirigeaient ensuite vers les différents ports de

la Floride. Les américains y ont fait un raid majeur et ont vidé l’île. Depuis ce temps, l’île a été plus ou moins inhabitée et les bâtiments et maisons de luxe se sont dilapidés avec le temps. Il s’y trouve une petite piste d’atterrissage toujours utilisée aujourd’hui par de petits avions. Il s’y trouve un très bon resto, MacDuff’s, où nous dégustons un plat de poisson local très prisé, la dorade, digne des meilleurs restos de Montréal, à 30% de plus comme coût. Mais quel oasis dans cet endroit isolé!  Sur les petites îles environnantes, nous apercevons des maisons neuves et plusieurs petites marinas en construction. Il s’agit de futurs sites de villégiature haut de gamme… comme il s’en construit de plus en plus sur ces îles enchanteresses. Dans quelques années, le voyage que nous faisons ne sera plus le même.

Notre ancrage est assez bien protégé de toutes parts, alors nous y restons pour quelques jours, le temps de laisser passer le premier de deux fronts froids qui s’amènent. Il y a de nombreux endroits où pratiquer la pêche. Stéphane et Guy se donnent rendez-vous tous les matins. Stéphane réussit à attraper la première langouste, une magnifique prise de plus de deux pieds de long qu’il cuisine avec ravissement! Pour marquer l’événement, nous nous rendons en fin de journée sur l’îlot où se trouvent un seul palmier et une minuscule plage pour trinquer au rhum pour le Happy Hour. Les gars ont le cœur à la fête!!

Le lendemain, nous explorons une autre plage où l’on peut patauger autour de très petits îlots à marée basse et où se forment de grandes mares d’eau plus chaude. Marilyn et moi en avons pour des heures d’exploration sous-marine en  apnée! Cette fois, les profondeurs sont plus importantes et représentent un site parfait pour nos pratiques. Nous sommes bientôt prêtes pour aller explorer l’épave de l’avion C-47, située tout près de l’ancrage. Elle date de l’époque où les trafiquants étaient actifs dans la région. On dit qu’elle était trop chargée au décollage, mais que l’équipage a réussi à s’en sortir indemne. Il ne reste plus grand-chose de l’avion. Sur l’île, nous faisons de grandes marches en suivant l’unique route. Nous faisons des pauses en visitant les ruines des maisons jadis luxueuses laissées à l’abandon.

Par chance, sur l’île se trouve un puits d’eau de pluie que nous utilisons pour nous rincer après la baignade. L’eau potable est une denrée rare plus nous sommes longtemps loin d’un centre de ravitaillement. La glace aussi devient problématique. Certains bateaux fonctionnent sans réfrigération. Les œufs et le beurre se conservent en fond de calle où il s’y trouve un peu de fraicheur. La technique, pour les œufs, est de les tourner bout pour bout tous les deux ou trois jours. Ils se conservent ainsi jusqu’à trois semaines s’ils étaient frais au départ.  Dans notre cas, nous sommes satisfaits de la performance de notre génératrice, qui fait fonctionner le frigo et l’ordinateur lorsque nous sommes à l’ancre. Nous sommes donc assez autonomes et capables de conserver des aliments adéquatement. J’ai présentement dans le frigo trois morceaux de viande emballés sous vides dont les dates de péremption sont décalées jusqu’à la mi-février! Un rôti de porc pour cette semaine, un gros jambon pour la semaine suivante et un poulet au début de février! Si l’on ajoute à cela les prises futures de la pêche, nous ne sommes pas à plaindre pour ce qui est de l’apport protéinique à notre menu. Nous avons aussi de petites douceurs tels que de la crème douce, de la crème sure, une variété de fromages, du jus d’orange, du bacon (dont la date de péremption est en mars), de la mayo et bien sur, de la bière froide pour Guy! Au niveau des fruits et légumes, j’ai piments, carottes, patates, navets, chou, oignons, ail, tomates, bananes, pamplemousses, oranges, citrons, pommes… Je dois admettre que je n’ai pas encore puisé dans les réserves de boîtes de conserves pour notre alimentation courante. Nous sommes donc très autonomes pour quelques semaines, si nécessaire.

Nous partons de Norman’s Cay mercredi, le 16 janvier en destination de Wardrick Wells Park. Il s’y trouvent des tangons pour mieux s’amarrer lors du deuxième front froid qui s’annonce encore plus fort avec des vents du nord de plus de 30 nœuds. C’est une rendonnée d’environ cinq heures de belle voile au près. Nous ancrons au site d’Emerald Rock où se trouvent finalement une vingtaine de voiliers. Nous voilà donc en sécurité, protégés par l’île des vents du nord. Ici, le parc est aménagé et offre plusieurs activités pour nous occuper pour la prochaine semaine. A suivre…

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jan 13 2008

Départ de Nassau – du 2 janvier au 12 janvier

Publié par Guy sous Le voyage

Allan's Cay Paradise Island, Harbour & Atlantis Les bateaux de croisière à Nassau La traversée de Nassau vers Allan's Cay L'iguane sur Allan's Cay Paradise Island Nous restons à Nassau deux semaines, en partie parce qu’un front froid nous empêche de partir, en partie parce que nous y sommes à l’aise pour fêter le Jour de l’an et le Jour des rois, en partie parce que nous avons besoin d’un repos.

Notre visite à Paradise Island, située en face de Nassau,  est à couper le souffle. Nous y accostons avec notre annexe et nous passons la journée à faire le tour de l’île et de toutes ses splendeurs. La marina, Hurricane Hole, n’a que des yachts de plus de 100 pieds de long. Les complexes hôteliers sont grandioses et sont entourés de parcs d’amusement de toutes sortes. Ça ressemble beaucoup à Walt Disney, mais pour adultes. La plage située en face est magnifique. Aux premiers étages, le prix est de $500 par soir, tandis que les trois derniers étages du haut sont de $25, 000 dollars par soir, minimum quatre soirs!! Nous sommes surpris qu’on puisse déambuler partout, sans nous faire interpeller, même au niveau des chambres, de la bibliothèque où on m’encourage à garder les deux livres qui attirent mon attention! Nous n’avons jamais vu autant de richesses, même à Las Vegas. Ici, c’est démesuré et nous avons la sensation d’être des intrus parmi la classe des riches et célèbres de ce monde. Notre annexe sera la seule au quai pendant toute la journée. Ici, les clients ne se déplacent pas en annexe. D’ailleurs, les annexes rattachées aux bateaux amarrés valent plus que notre voilier! Malgré la proximité de Nassau, l’accès à l’île n’est pas facile. Par route, il faut traverser un immense pont ce qui représente une bonne marche à pied. Par bateau, le quai pour annexes n’est pas publicisé. Il faut se faufiler entre les yachts et avoir eu une bonne description des lieux obtenue de bouche à  oreille.

Ce qui attire notre attention le plus, c’est l’aquarium gigantesque qui entoure l’une des salles à dîner. Il y a même une descente de glissade d’eau qui passe à travers l’aquarium! D’un mur à l’autre, nous parcourrons le pourtour de la pièce et nous observons toutes sortes de poissons tropicaux de couleurs variées et de dimension  parfois surprenante. Quel endroit luxueux!

Le soir du 6 janvier, nous invitons Stéphane, Mylène et les enfants et un autre couple très coloré et sympathique, des gens de Terre Neuve, Vic et Marilyn, pour un souper de la Fête des rois.  Nous demandons aux deux filles de fabriquer deux couronnes en papier recyclé pour la tradition des deux fèves cachées dans le gâteau. J’expérimente une nouvelle recette : un chili au poulet et à l’orge. C’est délicieux! Marilyn apporte une salade et pour dessert, nous déballons un gâteau au rhum, spécialité de la place. Une reine et une princesse sont élues : Marilyn et Catherine. Puis, Marilyn et Vic nous entretiennent joyeusement toute la soirée de leurs histoires, de leurs traditions. Ils sont vraiment amusants!

Le lendemain, autour d’une table du Green Parrot, le bar le plus près, les équipages de plusieurs bateaux sensiblement du même calibre que le nôtre se rencontrent. Ils conviennent de suivre un même itinéraire de navigation jusqu’à Georgetown. Il semble que la fenêtre météo sera mercredi, dans deux jours. Nous aborderons la navigation dans les Exumas. Il s’agit de suivre un chapelet d’une centaine d’îles plus ou moins habitées situées aux abords du banc. Georgetown se trouve tout au sud de ce parcours et représente, pour plusieurs d’entre nous la destination finale de ce voyage. La navigation dans les Exumas représente un défi pour ceux qui n’y sont pas initiés, car ils s’y trouvent de nombreux récifs de corail situés à fleur d’eau. La technique est simple : il faut qu’un membre de l’équipage soit posté sur le pont avant du bateau et surveille pour repérer les grandes surfaces noires entre deux eaux. Il faut alors les contourner parce que ces taches sont du corail très dur et abrasif qui pourrait endommager sérieusement le bateau advenant un échouage. Donc, pour notre sécurité, il vaut mieux faire l’apprentissage de cette navigation en groupe.

Le matin du 9 janvier, la flottille est prête vers 6h :30. Mais…petit pépin! La veille, Guy avait remarqué une petite fuite de diesel (encore!). Il resserre quelques boulons. Tôt le matin, il fait le tour de la situation, mais le problème a persisté durant la nuit. Il fait rouler le moteur pendant presqu’une demi heure pour s’assurer que ce problème n’en affecte pas le fonctionnement. Le reste de la flottille nous attend. Il décide qu’il peut entreprendre le voyage. Alors, c’est un départ.

Les prévisions de météo annoncent 10 à 15 nœuds sur le banc. Mais, nous découvrons plutôt du vent de 20 nœuds avec des vagues qui font parfois 4 pieds. Mais le temps est superbe et nous sentons la joyeuse fébrilité qui nous habite tous. Nous sommes  heureux de nous retrouver de nouveau à voile après notre arrêt prolongé de deux semaines. Notre destination est Allan’s Cay, l’île déserte où règnent les iguanes, située à 38 milles de Nassau. Ce sera notre plus longue randonnée du trajet jusqu’à Georgetown. Nous estimons prendre plusieurs jours pour nous rendre à cette destination finale, le temps d’explorer un peu. Les autres étapes seront beaucoup plus courtes.

Le soir, à l’ancrage entre deux petites îles, il y a plus d’une vingtaine de bateaux. Nous allons faire un tour sur la plage déserte, et nous y sommes accueillis par un troupeau de petits iguanes. Il est deux heures de l’après-midi et le soleil est radieux! Nous en profitons pour relaxer un peu avant de retourner au bateau.

Le matin du 10, nous captons la météo par radio amateur. Les nouvelles sont bonnes pour les prochains jours. C’est maintenant, loin de la civilisation, que nous apprécions la valeur de cet instrument. Ceux d’entre nous qui ne sommes pas licenciés, avons comme projet de le faire, une fois de retour au Québec. Dans notre cas, notre appareil peut seulement capter les ondes mais ne peut en émettre. C’est donc déjà un outil utile pour recevoir la météo. Cependant, nous  ne pouvons pas émettre de messages.

Guy et Stéphane décident de partir en annexe pour parcourir les deux miles qui nous séparent de Highborne Cay pour se rendre au petit magasin général afin d’acheter de la glace. Au retour, ils se préparent pour leur première expédition de pêche à la sling, sorte de harpon à trident muni d’un élastique qui propulse le harpon, une fois relâché, un peu à la manière d’un tire-roche. Il est surtout utilisé pour la pêche aux langoustes, mais aussi pour attraper du poisson, dépendamment de l’habilité du pêcheur. Guy enfile son habit de plonger, car cette pêche se fait en apnée. Espérons qu’ils seront plus chanceux qu’à la ligne! Encore une fois, hier, lors de notre traversée, nous n’avons eu aucune chance à la pêche, malgré nos efforts avec notre équipement, somme toute, un peu minimaliste! Faut dire qu’avec la vague de quatre pieds, nous souhaitions presque de ne rien prendre! Il n’était pas question de fignoler la ligne pendant que nous étions occupés à négocier notre route entre les coraux!

A leur retour, Stéphane est heureux de nous montrer ses six petits poissons. Guy n’a rien pris, mais il est emballé par l’expérience de la plongé et par la chance d’évoluer dans ce monde aquatique parmi une myriade de poissons multicolores de toutes sortes. Le problème, maintenant, est de tenter d’identifier ces poissons pour déterminer s’ils sont comestibles, car, certains poissons peuvent causer des problèmes de santé et peuvent même être mortels. Heureusement, ils sont assez rares. Quand même… Alors, avec nos livres de référence, et les consultations avec d’autres équipages de bateaux environnants, Stéphane décide de rejeter trois de ses poissons à la mer. Pour les autres, il prépare de petits filets que nous dégustons tous à titre d’entrée, le soir durant notre Happy Hour. Ils sont délicieux! Donc, c’est un rendez-vous pour le lendemain: activité de pêche au petit matin! Nous nous rendons compte que c’est là tout un apprentissage qui nous attend!

Pour moi, un autre apprentissage me préoccupe. Après l’activité de pêche à laquelle je ne participe pas, ce sera une visite à la plage pour mes premières leçons de plongé en apnée avec masque, tuba et palmes. A suivre…

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jan 02 2008

Noël et notre arrivée à Nassau - Du 25 décembre au 2 janvier

Publié par Guy sous Le voyage

Nassau Kerguelen à Nassau Gun Cay Notre souper de Noël au resto de la marina de Chub Cay se passe avec beaucoup d’entrain. Nous sommes environ une trentaine autour de quelques tables, habillés sur notre 36 autant que faire se peut! À part notre groupe, il y a plusieurs autres équipages avec lesquelles nous faisons connaissance. L’atmosphère est à la célébration du succès de notre traversée plutôt qu’à la célébration de Noël. Nous soupons en compagnie de deux navigateurs expérimentés qui partagent avec nous leurs expériences et leur vision de la navigation et de la vie à bord. Il y a d’abord Mike, un américain de

la Californie, âgé de plus de 70 ans qui navigue les mers du sud depuis de nombreuses années, et Jacques, un québécois, pilote de lignes, puis fonctionnaire au ministère des pêcheries, à la retraite depuis peu. De retour sur le bateau, plus tard en soirée, c’est le moment de rejoindre la famille via Skype. Par chance, la connexion est bonne et nous réussissons à parler à plusieurs personnes.

Je dois avouer que la famille et les traditions de Noël nous manquent. La célébration ici est agréable, mais différente. Nous devons donc vivre le moment présent afin d’en apprécier l’exotisme. Comme cadeau de Noël, j’offre à Guy un sac de pêche garni de l’équipement de base, mais sans canne à pêche. Nous attacherons la ligne au taquet du bateau, ce qui est une méthode très acceptable. Nous verrons par la suite. J’avais aussi prévu des cadeaux pour les quatre enfants qui font parti de notre groupe. C’est une joyeuse fête pour eux. Les quatre filles sont de vraies sirènes se promenant d’un bateau à l’autre à la nage avec palmes et tuba. A un moment donné, elles viennent nous voir pour nous montrer une immense étoile de mer qu’elles viennent d’attraper. Plus tard, ce sera un gros Bernard l’Hermite.

Puis, le 26 décembre, nous avons une belle météo pour faire le trajet jusqu’à Nassau. Pour ce faire, il faut sortir du banc et naviguer un bras de mer qui s’appelle The Tongue.  C’est une très belle journée de voile. Nous essayons notre nouvel équipement de pêche, mais sans succès. Il semble que  l’eau soit trop profonde à cet endroit. Partie remise.

Tout à coup, Roger aperçoit la nageoire dorsale d’une nouvelle variété de poisson. Ils ne s’approchent pas trop du bateau, mais ils semblent être plus gros que les dauphins auxquels nous sommes habitués. Roger pense que ce sont des rorquals. Je suis assez contente qu’ils ne s’approchent pas trop du bateau… Puis ce sont des exocets, ou poissons volants, que nous apercevons de part et d’autre du bateau! Qu’ils sont surprenants! Ils s’élancent à une vitesse vertigineuse, se servant de leurs nageoires latérales pour se propulser. Puis ils continuent leur course, tels des torpilles grises d’environ 20 cm, sur de longues trajectoires. Leur apparition est tellement soudaine que je prévois que sera du sport de les filmer.  http://fr.wikipedia.org/wiki/Exocoetidae  

Notre arrivé à Nassau est sans histoire. Notre ancrage dans le port est bien situé avec accès facile aux services. Les bahamiens sont agréables, de prime abord. Nous sommes avertis qu’ici, il faut redoubler de prudence pour éviter le vol d’équipement, surtout le moteur et l’annexe. Nous devons donc bien verrouiller chaque soir et ne rien laisser à vue. C’est facile d’obtenir tout ce que nous avons besoin. Nous en profitons pour nous reposer un peu et pour visiter. Roger nous quitte le matin du 28 avec en plus une valise pleine de nos vêtements chauds. Il nous rend un service apprécié! La veille, nous avons fêté la fin de son séjour au resto de la marina, Le Poop Deck. Malgré son nom un peu bizarre, c’est le resto le plus célèbre de la région.

Je pensais que Nassau était une ville beaucoup plus importante que ce que nous découvrons. En fait, c’est une petite ville, avec un important port de mer pour accueillir les bateaux de croisière. Il y en a toujours deux ou trois d’amarrer au quai. En face de la ville, il y a Paradise Island où se trouvent les hôtels de luxe et des marinas pour méga yachts. Le luxe ici déborde de partout. Mais, dans la ville et surtout dans les rues à proximité, c’est la pauvreté totale. Quelle honte! J’accepte mal cet état de chose. Nous allons acheter des produits frais au marché extérieur situé sous l’un des ponts. Il s’agit d’une ruelle bordée de cabanes où les marchands étalent leurs produits. C’est assez dispendieux, mais pas autant que nous l’avions prévu. Toujours, les gens sont d’une très grande gentillesse. Hier, à l’étalage de poisson, nous avons acheté des langoustes. Cuit au barbecue, quel  régal!

En soirée, c’est Happy Hour sur l’un ou l’autre des bateaux. Le 31, c’est notre tour. Nous sommes 10 adultes et quatre enfants pour fêter l’arrivée de la nouvelle année. C’est un buffet auquel tout le monde contribue. Il y a trois différents punchs, l’un au cidre avec épices et rhum, l’autre, un lait de poule et le troisième, un punch aux fruits avec rhum! L’atmosphère est plus intime qu’à Noël. Histoires et chansons s’enchainent. Nos invités, à part la famille de Stéphane et Mylène, sont originaires des maritimes. Ils ont beaucoup d’entrain et nous font rire toute la soirée! Puis, c’est la pause de quelques heures, chacun chez soi, pour se rendre ensuite en groupe, sur la rue principale au centre ville.

C’est l’occasion de 

la Junkanoo, fête populaire qui se déroule jusqu’à l’aube. http://images.google.ca/images?sourceid=navclient&hl=fr&ie=UTF-8&rlz=1T4SKPB_frUS248US249&q=junkanoo&um=1&sa=N&tab=wi

Cette fête est attendue avec beaucoup d’impatience par les bahamiens. Ils s’y préparent pendant des semaines. Il s’agit d’un  concours de chars allégoriques fabriqués de produits recyclés qui prennent des proportions assez faramineuses. Les créations, les unes plus rocambolesques que les autres, nous épatent par les couleurs bigarrées, les danses rythmées et la  musique enlevante. L’ampleur et la beauté des costumes nous rappellent les défilés du Mardi Gras de

la Nouvelle Orléans. Cette fête date de l’époque de l’esclavagisme où c’était l’une des deux seules journées de congé auxquelles ils avaient droit durant l’année. Alors, pour en profiter, ils fêtaient toute la nuit avec comme but d’exorciser l’influence de la religion chrétienne qu’on leur imposait. Donc plusieurs chars représentent une vision burlesque de différents thèmes religieux. http://p.vtourist.com/1859913-Junkanoo_perfomer_New_years_day-Nassau.jpg

Cette année, la parade est un peu désorganisée et ce n’est que vers 4h :30 du matin qu’elle se met en branle. En attendant, assis sur un parapet de ciment, en compagnie de la famille de Stéphane et Mylène nous passons le temps à imaginer ce que nous aimerions vraiment manger en ce moment :  tourtière, ragoût de pattes, tarte aux pommes, pâté à la dinde avec petits pois… Finalement, affamés, nous mangeons du MacDo, que Guy et Stéphane ont mis une heure à nous dénicher!!! Nous rentrons finalement au bateau à l’aube, vers 6h :30.

Le lendemain, nous levons l’ancre pour nous amarrer au quai de la marina Nassau Yacht Haven. Nous prévoyons y être pour deux jours, le temps de nous ravitailler et de faire le lavage. Un front froid en provenance de

la Floride est prévu pour cette nuit et les deux prochains jours, apportant des vents de 25 à 30 nœuds et plus selon les prévisions. Nous serons plus confortables à la marina. Depuis plusieurs jours, il fait très chaud, plus de 30 degrés C. avec un humidex de plus de 80%. L’humidité est tellement présente que les flaques d’eau de pluie qui datent de plusieurs jours ne sont pas encore évaporées! Nous avons hâte que la météo plus saisonnière se rétablisse, avec ses journées à 27 degrés de jour et 17 degrés la nuit.

La journée du Jour de l’an se termine par un léger repas de dinde, patate pilées, épinards, avec du gâteau aux fruits comme dessert. Nous sommes seuls à bord, cette fois, et nous soupons sur le pont à la lumière d’une chandelle, entourés de méga yachts. Ce n’est pas un environnement tellement agréable, mais nous sommes à l’abri. Nous avons profité de cette journée un peu mollo pour récupérer. Le lendemain, Guy change le robinet de l’évier de la salle de bain. Puis, il termine l’installation de la radio amateur. Il reste à raffiner la qualité de la réception en fignolant ses fils… C’est maintenant un outil important pour recevoir les prévisions de la météo. Ça devrait compléter ses projets d’entretient pour un bout, nous l’espérons.  

Lorsque nous quitterons Nassau, nous serons à environ quatre jours de la prochaine grande ville, Georgetown. Durant ce temps, nous voyagerons d’îles en îles, toutes plus ou moins habitées… Nous pourrons communiquer seulement par radio VHF car nous n’aurons accès à Internet qu’une fois rendus à Georgetown.  La suite de notre voyage, pour un certain temps, exigera une nouvelle adaptation dans notre style de vie. Nous prévoyons visiter les îles qui offrent un intérêt particulier, comme une épave près de la rive, ou la présence des iguanes. Nous apprendrons des techniques de pêche, et nous passerons du temps dans l’eau. Mon cadeau de Noël est un ensemble de palmes et tuba. Alors, je tenterai de suivre Guy dans l’exploration des coraux et autres curiosités aquatiques. Guy a hâte de revoir la célèbre grotte sous-marine où a été filmé le film de James Bond,  Thunderball à Staniel Cay. Beaucoup de nouveautés en perspective… et toujours l’aventure nous attends…

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