déc 24 2007
La traversée du Gulf Stream et notre arrivée aux Bahamas!
Nous naviguons notre dernière étape de 30 milles dans l’Intra-costal qui nous amène à No Name Harbour en fin d’après-midi. Roger est à la barre pour se faire un peu la main avant d’entreprendre la traversée du Golf Stream. Nous apprécions beaucoup son aide et sa compagnie, particulièrement lorsqu’il y a un pépin comme durant la journée d’hier. C’est beaucoup plus stimulant pour Guy d’avoir un partenaire avec qui il peut discuter pour établir le bon diagnostique, trouver la solution et, surtout, la mettre en œuvre. Moi, je peux agir à titre de Go-for! Tout à fait satisfaite de mon sort.
No Name Harbour, malgré son nom sans imagination, est une petite baie très protégée entourée d’un parc bien aménagé. Il y a une vingtaine de bateaux dans cette baie et dans les environs qui attendent la bonne fenêtre météo pour traverser aux Bahamas. Cette fenêtre météo s’annonce pour la nuit suivante, soit vers 1h :30 ou 2h :00 du matin, jeudi, le 21 décembre. Ce sont des vents de sud-est, puis du sud-ouest de 5 à 10 nœuds qui sont prévus, avec des vagues de deux pieds pour les prochain 24 heures. Une fébrilité parcourt le groupe qui se rejoint aux tables de pique-nique pour un barbecue avant de partir. Fière Allure et Semper Vivens y sont en compagnie de nouvelles connaissances, des anglais de l’Ontario, de
Une fois installés à l’ancre dans la petite baie, nous optons d’un commun accord de faire une sieste après notre journée de navigation, et nous reportons le souper vers 11h :00. Mais c’est vers 1h :00 qu’on se lève! On a passé tout droit! Qu’à cela ne tienne, nous soupons en vitesse, puis, ce sont les préparatifs de dernière minute. Par exemple, il faut dégonfler l’annexe légèrement pour l’installer à l’envers sur le pont avant du voilier. C’est là qu’elle pourra faire le voyage sans se faire trop malmener, et surtout, sans la perdre!
Le Golf Stream est un courant marin chaud d’environ 10 milles de large, au plus fort du courant, qui longe la côte Atlantique, puis au niveau d’Halifax, qui se dirige vers l’Europe. À Miami, il n’est pas loin de la côte, mais il s’en éloigne peu à peu plus il remonte vers le nord. Ce courant marin est d’environ 3 nœuds ou plus, avec des vents portants. Un vent contraire, donc un vent du nord, peut produire rapidement des vagues de plus de
Notre première destination est North Rock sur l’île de Bimini, située aux abords du grand banc dans les Bahamas. Il y a deux bancs, l’un situé plus au nord et l’autre, plus grand, au sud. Ces deux bancs sont deux immenses plan d’eau où la profondeur est de 10 à
Vers 2h :00, c’est le grand départ. C’est soir de pleine lune et c’est de toute beauté de voir cette flottille de voiliers qui se distinguent facilement par leurs feux de route. Sur les ondes du VHF, plusieurs s’échangent des informations de dernière minute et vérifient encore les prévisions de météo. Certains hésitent, car les vents prévus sont maintenant de 10 à 15 nœuds, toujours dans la même direction. D’autres rebroussent chemin. Finalement, nous optons de suivre le convoie qui s’entend pour aller voir aux abords du courant pour vérifier sur place les conditions de la mer.
Nous sommes tous les trois en bonne forme, et c’est avec confiance que nous abordons ce périple. La présence des autres voiliers, est un élément qui nous rassure et nous confirme dans notre décision de continuer notre route. Le moteur ronronne et nous voguons avec le génois et deux bandes de riz sur la grand voile. La nuit se passe sans problème, et comme notre direction suit le courant du Golf Stream, son effet nous déporte vers le nord. Nous pensons pouvoir compenser plus tard de l’autre côté, en revenant légèrement vers le sud. Le levé du jour nous accueille bientôt, mais c’est nuageux. Le vent commence à forcir de 15 à 20 nœuds, puis bientôt à 20 nœuds. La mer se forme de vagues de 2 à 3 pieds. Les conditions sont nettement plus difficiles. Plusieurs personnes à bord d’autres bateaux souffrent du mal de mer. Roger n’est pas épargné. Guy s’occupe du travail de cartes pendant que Roger et moi alternons à la barre. Guy essaie, tant bien que mal de préparer le déjeuner : des rôties au beurre d’arachide avec des bananes tranchées, café et thé. C’est un régal, mais lorsque je retourne en bas plus tard, je vois les traces de ses efforts partout sur le plancher et le comptoir! Pas facile de cuisiner avec de telles conditions de mer!
En concertation avec plusieurs autres voiliers, nous décidons de changer notre cap pour suivre une route plus courte : notre nouvelle destination est Gun Cay aux abords du Grand Banc des Bahamas. Les conditions météo ne s’améliorent pas. Le ciel noircit à l’horizon. De gros nuages se déplacent et présagent un grain. Finalement, la pluie se met de la partie, mais il fait chaud et ce n’est pas désagréable. Les vagues, avec le swell, font maintenant de 3 à
Bientôt, vers 11h :00 a. m., nous apercevons le phare qui indique le passage vers Gun Cay. L’expérience qui suit restera toujours gravé dans notre mémoire. Comble de malchance, nous perdons temporairement l’usage de notre GPS! Semper Vivens et Fière Allure ont franchi la passe vers l’ancrage de l’autre côté de l’île où se trouve le phare. Cette passe est difficile parce qu’elle est très près de la rive où déferlent les vagues qui se brisent sur le littoral. Nous surveillons deux autres voiliers qui font la manœuvre. Guy nous éloigne de la passe, le temps de retrouver l’usage du GPS. Peine perdue. Alors, il relit l’information du guide et étudie la carte, une fois de plus. Il y a assez d’eau, donc nous pouvons passer. C’est notre tour. Il faut s’avancer à près de
De l’autre côté, c’est une mer d’émeraude qui nous attend avec une profondeur de 8 à
Nous sommes finalement arrivés aux Bahamas! Nous sommes épuisés et nous dormons d’un sommeil réparateur durant cette première nuit. Le lendemain, la petite flottille de cinq bateaux continue sa route en direction de Nassau, situé de l’autre côté du banc. Le bateau ayant des problèmes de moteur, Mya 2, voyage seulement à voile, mais il réussit à suivre le groupe. Semper Vivens le remorque pendant la manœuvre de lever l’ancre. Le vent est portant de 10 à 15 nœuds avec un soleil radieux. Quelle belle journée de voile! Le soir, nous nous ancrons sur le banc, avec la mer à perte de vue tout le tour de nous. C’est la première fois que nous pouvons jeter l’ancre dans de telles conditions. C’est happy hour sur Sea Fox, un autre bateau canadien qui fait partie de notre flottille. Nous faisons connaissance.
Pour traverser le banc et nous rendre à Chub Cay, nous coucherons sur le banc deux soirs, sans voir la terre. C’est assez surprenant comme effet que la terre la plus proche soit sous le bateau à
Après avoir consulté ses livres de mécanique, Guy fait le tour des possibilités pour en arriver au diagnostique qu’il y a de l’eau dans le tuyau d’échappement. Ce qu’il faut faire c’est tourner le moteur manuellement quatre ou cinq fois. Il exécute la manœuvre et ça fonctionne! Il est maintenant onze heure du matin, et le moteur repart, encore une fois. Nous continuons notre route vers Chub Cay, où nous pensons passer la veille de Noël et le jour de Noël dans une petite baie, près d’une marina. Semper Vivens a remorqué Mya 1 dans le port. George et Catherine nous invitent tous à bord pour le Happy Hour du 24 décembre. Nous sommes 20 personnes, adultes et enfants. Roger nous paie la traite avec sa bouteille de rhum achetée localement. Nous installons nos lumières de Noël sur le pont. L’atmosphère est à la fête! Demain, ce sera le souper de Noël avec le même groupe au resto de la marina. A suivre…










