Archive for décembre, 2007

déc 24 2007

La traversée du Gulf Stream et notre arrivée aux Bahamas!

Publié par Guy sous Le voyage

Chub Cay 

Le départ de Miami La traversée du Golfe Stream Roger à la barre Premier jour sur le banc

Nous naviguons notre dernière étape de 30 milles dans l’Intra-costal qui nous amène à No Name Harbour en fin d’après-midi. Roger est à la barre pour se faire un peu la main avant d’entreprendre la traversée du Golf Stream. Nous apprécions  beaucoup son aide et sa compagnie, particulièrement lorsqu’il y a un pépin comme durant la journée d’hier. C’est beaucoup plus stimulant pour Guy d’avoir un partenaire avec qui il peut discuter pour établir le bon diagnostique, trouver la solution et, surtout, la mettre en œuvre. Moi, je peux agir à titre de Go-for! Tout à fait satisfaite de mon sort.

No Name Harbour, malgré son nom sans imagination, est une petite baie très protégée entourée d’un parc bien aménagé. Il y a une vingtaine de bateaux dans cette baie et dans les environs qui attendent la bonne fenêtre météo pour traverser aux Bahamas. Cette fenêtre météo s’annonce pour la nuit suivante, soit vers 1h :30 ou 2h :00 du matin, jeudi, le 21 décembre. Ce sont des vents de sud-est, puis du sud-ouest de 5 à 10 nœuds qui sont prévus, avec des vagues de deux pieds pour les prochain 24 heures. Une fébrilité parcourt le groupe qui se rejoint aux tables de pique-nique pour un barbecue avant de partir. Fière Allure et Semper Vivens y sont en compagnie de nouvelles connaissances, des anglais de l’Ontario, de

la Nouvelle Écosse et de Terre Neuve, et d’autres québécois.

Une fois installés à l’ancre dans la petite baie, nous optons d’un commun accord de faire une sieste après notre journée de navigation, et nous reportons le souper vers 11h :00. Mais c’est vers  1h :00 qu’on se lève! On a passé tout droit! Qu’à cela ne tienne, nous soupons en vitesse, puis, ce sont les préparatifs de dernière minute. Par exemple, il faut dégonfler l’annexe légèrement pour l’installer à l’envers sur le pont avant du voilier. C’est là qu’elle pourra faire le voyage sans se faire trop malmener, et surtout, sans la perdre!

Le Golf Stream est un courant marin chaud d’environ 10 milles de large, au plus fort du courant, qui longe la côte Atlantique, puis au niveau d’Halifax, qui se dirige vers l’Europe. À Miami, il n’est pas loin de la côte, mais il s’en éloigne peu à peu plus il remonte vers le nord. Ce courant marin est d’environ 3 nœuds ou plus, avec des vents portants. Un vent contraire, donc un vent du nord, peut produire rapidement des vagues de plus de 10 pieds et une turbulence qui devient dangereuse pour les petites embarcations comme la nôtre. Donc, il ne faut surtout pas partir si une météo indique un vent du nord, et même, il faut attendre un peu que la mer se calme lorsqu’il y a eu un tel vent. Mais, pour l’instant, pas de vents du nord, et à partir de No Name Harbour, notre direction sera nord-est, donc dans le sens du courant. La distance à parcourir est de 42 milles, ce qui devrait nous prendre environ 10 heures. Nous partons au milieu de la nuit, pour nous assurer d’arriver aux Bahamas durant le début de l’après-midi, lorsqu’il fait clair.

Notre première destination est North Rock sur l’île de Bimini, située aux abords du grand banc dans les Bahamas. Il y a deux bancs, l’un situé plus au nord et l’autre, plus grand, au sud. Ces deux bancs sont deux immenses plan d’eau où la profondeur est de 10 à 20 pieds seulement, ce qui explique en partie la superbe couleur turquoise de ces eaux au fond  de sable blanc. Avec l’effet des marées l’eau sur les bancs se renouvelle tout les six heures, d’où sa très grande pureté.

Vers 2h :00, c’est le grand départ. C’est soir de pleine lune et c’est de toute beauté de voir cette flottille de voiliers qui se distinguent facilement par leurs feux de route. Sur les ondes du VHF, plusieurs s’échangent des informations de dernière minute et vérifient encore les  prévisions de météo. Certains hésitent, car les vents prévus sont maintenant de 10 à 15 nœuds, toujours dans la même direction. D’autres rebroussent chemin. Finalement, nous optons de suivre le convoie qui s’entend pour aller voir aux abords du courant pour vérifier sur place les conditions de la mer.

Nous sommes tous les trois en bonne forme, et c’est avec confiance que nous abordons ce périple. La présence des autres voiliers, est un élément qui nous rassure et nous confirme dans notre décision de continuer notre route. Le moteur ronronne et nous voguons avec le génois et deux bandes de riz sur la grand voile. La nuit se passe sans problème, et comme notre direction suit le courant du Golf Stream, son effet nous déporte vers le nord. Nous pensons pouvoir compenser plus tard de l’autre côté, en revenant légèrement vers le sud. Le levé du jour nous accueille bientôt, mais c’est nuageux. Le vent commence à forcir de 15 à 20 nœuds, puis bientôt à 20 nœuds. La mer se forme de vagues de 2 à 3  pieds. Les conditions sont nettement plus difficiles. Plusieurs personnes à bord d’autres bateaux souffrent du mal de mer. Roger n’est pas épargné. Guy s’occupe du travail de cartes pendant que Roger et moi alternons à la barre. Guy essaie, tant bien que mal de préparer le déjeuner : des rôties au beurre d’arachide avec des bananes tranchées, café et thé. C’est un régal, mais lorsque je retourne en bas plus tard, je vois les traces de ses efforts partout sur le plancher et le comptoir! Pas facile de cuisiner avec de telles conditions de mer!

En concertation avec plusieurs autres voiliers, nous décidons de changer notre cap pour suivre une route plus courte : notre nouvelle destination est Gun Cay aux abords du Grand Banc des Bahamas. Les conditions météo ne s’améliorent pas. Le ciel noircit à l’horizon. De gros nuages se déplacent et présagent un grain. Finalement, la pluie se met de la partie, mais il fait chaud et ce n’est pas désagréable. Les vagues, avec le swell, font maintenant de 3 à 4 pieds. Ça brasse! Mais nos autres sorties dans l’Atlantique nous ont bien préparés. Nous sommes en mesure de nous adapter aux conditions auxquelles nous faisons face. Cependant, nous devons admettre que cette fenêtre météo, somme toute, n’était pas vraiment favorable. Il y a maintenant des avis de prudence aux petites embarcations qui sont émises par le poste de météo marine!

Bientôt, vers 11h :00 a. m., nous apercevons le phare qui indique le passage vers Gun Cay. L’expérience qui suit restera toujours gravé dans notre mémoire. Comble de malchance, nous perdons temporairement l’usage de notre GPS! Semper Vivens et Fière Allure ont franchi la passe vers l’ancrage de l’autre côté de l’île où se trouve le phare. Cette passe est difficile parce qu’elle est très près de la rive où déferlent les vagues qui se brisent sur le littoral. Nous surveillons deux autres voiliers qui font la manœuvre. Guy nous éloigne de la passe, le temps de retrouver l’usage du GPS. Peine perdue. Alors, il relit l’information du guide et étudie la carte, une fois de plus. Il y a assez d’eau, donc nous pouvons passer. C’est notre tour. Il faut s’avancer à près de 50 pieds de la rive, puis longer la côte sur distance d’environ 500 pieds avant de contourner la pointe de l’île et poursuivre de l’autre côté. Le courant est puissant et la vague est de travers. Guy prend la barre et nous passons!

De l’autre côté, c’est une mer d’émeraude qui nous attend avec une profondeur de 8 à 12 pieds. Après avoir fait la nuit avec des profondeurs de plus de 450 pieds d’eau dans le Gulf Stream, c’est un changement radical. L’ancrage où sont déjà installés Fière Allure et Semper Vivens et deux autres bateaux est à quelques minutes de là. L’un des bateaux est installé à un angle bizarre : il s’est échoué! Alors, les gars vont l’aider dans leur annexe et finissent par le tirer de là. La technique employée est de prendre l’ancre du bateau dans une annexe et d’aller la porter le plus loin possible. Avec l’aide d’un guindeau, le bateau est finalement tirer dans des eaux plus profondes. Mais le problème est plus sérieux, car le bateau a dérivé durant la manœuvre d’ancrage à cause d’une panne de moteur.

Nous sommes finalement arrivés aux Bahamas! Nous sommes épuisés et nous dormons d’un sommeil réparateur durant cette première nuit. Le lendemain, la petite flottille de cinq bateaux continue sa route en direction de Nassau, situé de l’autre côté du banc. Le bateau ayant des problèmes de moteur, Mya 2,  voyage seulement à voile, mais il réussit à suivre le groupe. Semper Vivens le remorque pendant la manœuvre de lever l’ancre. Le vent est portant de 10 à 15 nœuds avec un soleil radieux. Quelle belle journée de voile! Le soir, nous nous ancrons sur le banc, avec la mer à perte de vue tout le tour de nous. C’est la première fois que nous pouvons jeter l’ancre dans de telles conditions. C’est happy hour sur Sea Fox, un autre bateau canadien qui fait partie de notre flottille. Nous faisons connaissance.

Pour traverser le banc et nous rendre à Chub Cay, nous coucherons sur le banc deux soirs, sans voir la terre. C’est assez surprenant comme effet que la terre la plus proche soit sous le bateau à 12 pieds de profondeur sur un banc de sable blanc! La nuit n’est pas facile pour certains car ça brasse à l’ancre malgré le vent assez faible. Le matin venu, problème!! Le moteur refuse de démarrer. Nous devons partir à voile seulement,  pour suivre le groupe, qui, par ailleurs est soucieux de notre problème et garde un œil sur notre progression. En route, Guy discute du problème, via la radio VHF, avec les gars du groupe. L’un d’eux, Ed, de Sea Fox, lui suggère que c’est un problème de diesel contaminé. Alors, il décide de changer les filtres et, surprise, il y a de mélasse avec granules dans le filtre et la ligne de diesel! Une fois le tout changé, le moteur démarre sans problème. Nous croyons nos problèmes réglés, mais le matin suivant, après avoir passé une autre nuit assez mouvementée sur le banc, le moteur refuse de démarrer! Cette fois, il y a de la vague et c’est presque impossible de lever l’ancre. Alors, Stéphane de Fière Allure qui nous attendait, avance avec son bateau et lance une amarre pour nous remorquer le temps de lever l’ancre. Ça fonctionne et nous partons  pour une deuxième journée sur le banc à voile seulement.

Après avoir consulté ses livres de mécanique, Guy fait le tour des possibilités pour en arriver au diagnostique qu’il y a de l’eau dans le tuyau d’échappement. Ce qu’il faut faire c’est tourner le moteur manuellement quatre ou cinq fois. Il exécute la manœuvre et ça fonctionne! Il est maintenant onze heure du matin, et le moteur repart, encore une fois. Nous continuons notre route vers Chub Cay, où nous pensons passer la veille de Noël et le jour de Noël dans une petite baie, près d’une marina. Semper Vivens a remorqué Mya 1 dans le port. George et Catherine nous invitent tous à bord pour le  Happy Hour du 24 décembre. Nous sommes 20 personnes, adultes et enfants. Roger nous paie la traite avec sa bouteille de rhum achetée localement. Nous installons nos lumières de Noël sur le pont. L’atmosphère est à la fête! Demain, ce sera le souper de Noël avec le même groupe au resto de la marina. A suivre…

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déc 19 2007

Fort Lauderdale – La préparation pour le départ vers les Bahamas

Publié par Guy sous Le voyage

Présentement, Guy et Roger font des recherches intensives pour essayer de trouver pourquoi le moteur refuse de partir!

Nous sommes au quai de la marina Las Olas Municipal Marina à Fort Lauderdale où nous sommes restés pendant la journée d’hier. Nous avions loué une auto pour la journée afin de finaliser les courses et aller chercher Roger à l’aéroport. Le bateau est chargé de provisions de toutes sortes afin de diminuer nos achats aux Bahamas. C’est difficile d’y trouver certains produits, et en général, les produits d’usage courant sont dispendieux.

Lors d’une pause à West Palm Beach, nous avons fait l’acquisition d’une génératrice  Honda 2000i. Nous avons constaté, après une recherche exhaustive sur Internet et après avoir discuté avec plusieurs autres propriétaires de bateau, que c’est la meilleure solution pour régler notre problème d’alimentation en électricité. Donc, pas de panneaux solaires et pas d’éolienne. Par la suite, Guy a eu le temps d’installer la valve en Y pour la décharge des eaux usées à la mer. Voilà donc deux problèmes de régler.

La suite de notre voyage jusqu’ici se fait par l’Intra-costal, car la météo n’est pas favorable pour une autre sortie en mer. Nous poursuivons donc notre trajet maintenant bordé d’un paysage urbain très huppé. Ici, pas question de s’ancrer n’importe où, car nous naviguons presque dans l’arrière-cour des immenses propriétés privées. L’activité principale est de prévoir l’horaire des ponts levis! En effet, il faut planifier des escales adaptées aux heures d’ouverture variables des nombreux ponts. La dernière journée de navigation avant d’arriver à Fort Lauderdale, nous passons 17 ponts durant notre journée! Chaque fois, il faut ralentir, arrêter, tourner en rond, accélérer. Puis, il faut communiquer via VHF avec les préposés pour demander l’ouverture des ponts et les remercier par la suite. Tout un protocole. Sans compter que nous, avec notre tirant d’eau, il faut constamment surveiller nos aides à la navigation. Nous nous sommes échoués plusieurs fois, mais toujours sans conséquences.

Donc, vers deux heures cette après-midi, nous nous apprêtons à partir afin de nous rapprocher de notre point de départ pour les Bahamas situé à 30 milles d’ici. Demain, nous avons prévu d’être à No Name Harbour, au sud de Miami, afin d’y rejoindre Fière Allure et d’autres bateaux qui attendent la fenêtre météo favorable. En principe, cette fenêtre météo s’annonce pour jeudi soir, le 21 décembre.

Le moteur refuse de démarrer. La batterie est neuve. Ce n’est pas le démarreur, comme Guy pensait, car une visite chez une compagnie de service nous confirme que le démarreur fonctionne bien. Reste donc à faire une recherche pour découvrir où se situe le brie dans les connections de fils. Toujours rien. Reste à vérifier si ce n’est pas la batterie après tout. Donc, visite chez West Marine avec les papiers de garantie. Retour avec une batterie neuve, mais en l’installant, les gars se rendent compte que notre câble pour la batterie est défectueux. Un remplacement est mis en place. On essaie de démarrer le moteur… et ça marche! Donc, pas certain lequel des deux était la difficulté, mais l’important, c’est que nous pourrons partir demain rejoindre le groupe en temps pour partir si la fenêtre météo est favorable.

Roger, un ami d’enfance de Guy, avait prévu de venir nous rejoindre pour nous accompagner durant la traversée aux Bahamas. Il est avec  nous pour dix jours, jusqu’au 29 décembre. Nous sommes vraiment très heureux de le revoir et nous sommes emballés à la perspective de faire un bout de chemin avec lui. Guy et lui ont fait maints périples de voile ensemble, donc, ce sont vraiment des retrouvailles chaleureuses  pour ces deux comparses qui apprécient se retrouver dans ce contexte!

Nous avons des nouvelles de Mélanie et Simon sur Allégoria. Malheureusement, ils ne peuvent pas nous rejoindre car leur moteur vient de sauter! Ils sont à Palm Beach et devrons y rester pour la prochaine semaine. Après une période de grande frustration, ils ont réussi à voir le bon côté des choses. Par exemple, ce pépin leur est arrivé alors qu’ils sont encore aux USA et il fait chaud. Donc, ils en profitent pour se louer une auto et explorer les Keys.

J’ajouterai des photos plus tard. Pour l’instant, il faut s’occuper de notre nouveau périple!

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déc 12 2007

St-Augustine à Cap Canaveral - 2 décembre au 12 décembre

Publié par Guy sous Le voyage

  Un lamantin qui adore l'eau douce! Castillo de San Marcos La rue Saint George, Ste-Augustine  La Floride nous surprend comme étant presque un pays distinct, avec son passé espagnol toujours très apparent aujourd’hui. Elle a été la possession de 5 ou 6 pays avant de s’intégrer aux États-Unis.  Nous décidons de faire une pause touristique de deux jours à St-Augustine. C’est une très belle petite ville où se trouvent de nombreux sites historiques réputés. Nous en profitons pour visiter le fort Castillo de San Marcos, le plus vieux fort en pierre des États-Unis. Il date de l’année 1672 et est construit de coquina, pierre locale composée de coquillages solidifiés. Nous allons flâner dans les petites rues du Quartier Espagnol, où nous visitons des lieux historiques, comme la plus ancienne école en bois du continent. Elle date de 1750. On a installé une énorme chaine avec une ancre autour de ses murs pour la tenir en place en cas d’ouragan! Le Lightner Museum est logé dans l’ancien hôtel Alcazar, datant de 1888. Dans ce musée, à part les très belles collections de meubles, de vaisselle, de vêtements, il y a surtout la plus ancienne piscine intérieure, avec installations de bains turcs, entourée d’une salle de bal un étage plus haut. La description de la vie des gens riches et célèbres qui ont visité cet hôtel durant cette époque est fascinante.  Puis, pendant que Guy s’occupe de faire le plein de propane, je découvre la plus ancienne église catholique du continent : la Cathédral-Basilique de St-Augustine. Il est 7h du matin et une messe est en cours. Il y a environ 50 fidèles qui sont présents. Du coup, je me sens dans l’esprit des fêtes. Deux jours plus tard, à Titusville, nous achetons notre arbre de Noël et une rangée de 70 lumières pour décorer le bateau!  C’est à Titusville que nous rejoignons nos amis, Stéphane, Mylène et leurs deux filles sur Fière Allure. Ils sont accompagnés de leurs amis, Steve et Judy et leurs deux filles du même âge, sur leur bateau, Semper Vivens. Il y a aussi Simon et Mélanie sur Allegoria. Donc, nous voilà toute une petite flottille à l’ancre non loin de la marina. Nous attendons quelques jours pour être présents lors du décollage de la navette spatiale que nous apercevons à l’horizon. En attendant,  nous en profitons pour faire des emplettes car il ne reste plus beaucoup de jours avant notre traversée vers les Bahamas.

 

Dans le port, nous sommes accueillis par des bêtes énormes, des lamantins. http://fr.wikipedia.org/wiki/Lamantin En anglais,  on les appelle « manatees » ou « sea cows », ce qui les décrit bien. Elles pèsent environ 1500 livres et mesurent 9 ou 10  pieds, avec une petite tête, des grosses babines, deux petites nageoires et une large queue. Depuis quelques jours, nous voyons plein d’affiches qui nous invitent à ralentir pour ne pas déranger ou frapper ces animaux. C’est vrai qu’ils ne sont pas nerveux. Ils se déplacent lentement entre deux eaux, se sortent la tête pour respirer. Ils n’ont pas d’ennemis et ne feraient pas de mal à une mouche. Ils sont de la même famille que les éléphants. Nous avons la chance de les approcher, de leur donner la main…euh, la nageoire, de les gratter sous le cou. Ils aiment l’attention, puis s’éloignent. On dit qu’ils ne sont pas natifs des États-Unis, mais qu’ils ont été importés des Caraïbes par les colons, pour servir de nourriture. Pendant un certain temps, les colons se faisaient voler leur bétail par les amérindiens. Alors, ils ont importés les lamantins qui étaient plus faciles à garder. Il parait que c’est très bon, mais, maintenant, ils sont classés comme espèce en péril, surtout aux États-Unis.

 

Guy profite des quelques jours d’attente pour essayer de débloquer le lecteur de vitesse. C’est une petite roulette sous le bateau qui calcule la vitesse de déplacement du bateau en nœuds. Elle doit être coincée par des algues. Comme l’eau est à 74 degrés F., la première chose que Guy décide de faire après avoir jeter l’ancre, c’est de plonger en apnée pour la débloquer. En un temps deux mouvements, c’est fait, puis, nous filons au quai pour faire un tour de reconnaissance des installations. C’est alors que nous apprenons qu’ici, il ne faut pas plonger à cause de la présence de crocodiles!! Enfin, ils se tiennent surtout de l’autre côté de la rivière, mais de temps en temps, une fois par mois environ, l’un d’eux vient rôder autour de la marina. Alors, les responsables le tuent et le sortent de l’eau. Hum, on va attendre pour se baigner.

 

Le départ de la navette est reporté à janvier. Alors, c’est le départ de la flottille de canadiens qui se suit pendant quelques jours. Il ne fait pas assez beau pour faire une autre sortie en mer, donc, c’est l’Intra-costal avec ses nombreux ponts et son canal peu profond. Le soir, nous sommes parfois ancrés à l’épaule. Puis, c’est l’heure de l’apéro, l’occasion d’échanger sur nos expériences respectives.  Nous apprenons qu’il n’y aura probablement pas de fenêtre météo propice pour la traversée aux Bahamas avant Noël. C’est un peu surprenant, mais il faudra faire avec la météo que nous aurons. Pas question de traverser si les conditions ne sont pas optimums. Donc, nous considérons nous ancrer quelques jours à West Palm Beach, où les services sont plus réputés qu’à Miami. C’est là que nous finaliserons les derniers achats qu’il nous reste à faire et les installations d’équipement comme la radio amateur et le système de décharge à la mer des eaux usées. Si nous sommes retardés, nous irons faire un tour aux Keys du sud de

la Floride. Nous ne pensons pas y être trop malheureux!

Aujourd’hui, le 12 décembre, à 13h :30, nous avons officiellement passé le mille 1000! Le paysage ressemble de plus en plus aux cartes postales de la Floride, avec des eaux vert-turquoise, des cocotiers, des palmiers, et d’autres arbres qui semblent recouverts de longues mousses vertes. Nous rencontrons maintenant des gens en costume de bain, surtout sur les cruisers, mieux protégés du vent, et d’autres téméraires qui font du ski nautique. Effectivement, l’atmosphère vient de changer.

  

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déc 03 2007

Troisième sortie en mer - 26 novembre au 2 décembre

Publié par Guy sous Le voyage

Les dauphins dans l'Atlantique Les pélicans Intra-costal- Ste-Augustine Après notre départ de Wrightville, c’est l’Intra-costal de la Caroline du sud en pleine nature pendant de longs bouts, ponctués d’arrêts dans des petites villes comme South Port, Myrtle Beach, Georgetown et, finalement, Charleston. Chacune de ces  haltes est une belle occasion de faire de l’exploration pédestre. Charleston est un centre urbain très pittoresque où l’on trouve de bons restos, des magasins et des boutiques à profusion. C’est très agréable de s’y promener. La marina se trouve tout près des vieux quartiers historiques de la ville où se situent encore les belles demeures grandioses de l’époque des plantations de coton et de tabac, restaurées et entretenues selon les normes de ce temps.

Jusqu’à maintenant, c’est l’automne perpétuel. Les quelques palmiers que nous avons vus ne sont pas natifs de la région, mais y survivent. Lorsque nous naviguons, ce qui retient le plus notre attention dans la nature, ce sont les pélicans. Ils sont adorables à voir planer au raz de l’eau, souvent en groupe. De prime abord, se sont de gros volatiles gris de dix à quinze livres, à l’allure un peu gauche, avec un bec démesurément long, de longues ailes et de grosses pattes. Mais en plein vol, ils sont lents et majestueux.

Est-ce que le voyage se déroule bien? Est-ce que nous retrouvons ce que nous avions imaginé au départ? Est-ce que nous sommes satisfaits, heureux? La réponse est mille fois oui! L’intensité de l’expérience est incomparable. Pour ma part, je n’avais pas prévu d’être accaparée à ce point. Je crois que c’est l’expérience de vie en plein air qui magnifie ce que perçoivent les sens. Dans mon cas, je craignais être incommodée par la frugalité de notre nouveau style de vie. Je découvre plutôt que les aménités de vie courante que nous avons laissées ne me manquent pas du tout. Je suis trop occupée. Par contre, lorsque je retrouve une douche chaude, je l’apprécie totalement! Je dois aussi admettre que sur le bateau, nous mangeons vraiment aussi bien, sinon, mieux qu’avant. Nous dormons super bien sur un lit aménagé avec draps, oreillers et douillette. Les manœuvres sur le bateau, les nombreuses randonnés pédestres sont suffisantes pour garder la forme.

Nous sommes toujours aussi captivés par le déroulement de chaque étape que nous vivons. Tantôt, plus isolés dans la nature, tantôt entourés de gens et de vie urbaine, nous sommes toujours  aussi accaparés d’abord par les exigences de longues heures de navigation, puis ensuite par celles de la vie courante, et finalement par notre entourage physique et social toujours changeant. Le soir, nous sommes vidés! Nous avons souvent l’impression de manquer de temps pour faire tout ce que l’on voudrait faire. Le rythme est rapide, exigeant, sans trop de congés, parce que nous ne sommes pas encore rendus assez loin au sud, où se trouve la chaleur. Nous avons hâte de laisser un peu tomber nos chandails, nos tuques et nos mitaines!

La planification de chaque étape sollicite beaucoup de  temps de préparation. Il faut bien étudier chaque carte, faire des recherches sur Internet pour trouver de l’information sur les courants, les marées, la météo et les rapports sur les aides à la navigation. Puis, le soir, nos sorties à terre nous permettent souvent d’obtenir de l’information pertinente des gens plus expérimentés que nous rencontrons. 

L’eau est un environnement naturel toujours vivant et presque toujours à l’état sauvage, malgré les aménagements qu’on y observe parfois. On peu s’y sentir très isolés, surtout la nuit lors des passages en mer. Nous nous retrouvons alors en compagnie des étoiles, de la lune, des couchés et des levés du soleil qui prennent une importance prépondérante dans notre expérience.

Les gens que nous rencontrons sont toujours aussi chaleureux et accueillants. Le monde de la navigation  nous épate par son savoir-vivre, son code d’éthique  très respecté. Le capitaine d’un bateau est un personnage d’envergure.  « Sir, Captain, Would you please, and thank you, Captain, Sir ». Par contre, on s’attend à beaucoup de respect en retour. Par exemple, la bienséance requiert que seulement le capitaine d’un bateau débarque à terre pour faire les arrangements avec les responsables d’un endroit. Ensuite, les autres  peuvent descendre.

Nous avons l’impression que la route de l’Intra-costal nous fait découvrir l’Amérique de la colonisation. Chaque ville a un contexte historique qui  nous rappelle soit la guerre civile, la guerre de l’Indépendance, soit la traite des esclaves, soit l’importance de l’activité des pirates. Nous avons pourtant voyagé auparavant dans les états que nous parcourrons. Cependant, nous n’avions pas soupçonné l’ampleur de l’impacte historique que nous découvrons sur les agglomérations de la côte est américaine. 

Les amitiés sont nombreuses et se lient rapidement. Stéphane et Mylène, nos amis de la première heure, sont régulièrement en communication avec nous via Skype. Nous espérons les rejoindre pour faire la traversée du Golfe Stream plus tard en décembre. Nos bateaux étant sensiblement de la même grosseur, nous pourrons nous suivre.

Le monde de l’Intra-costal est un monde où l’argent roule. Si l’on considère le nombre effarant de bateaux, la plupart plus gros et plus récents que le nôtre, sauf pour les cas de bateaux classiques, si l’on considère les coûts générés par leur opération, cela représente une fortune. Par exemple, le proprio d’un cruiser que nous avons rencontré, nous informe que son bateau consomme 28 gallons de diésel à l’heure! Un autre nous informe que le voyage que nous faisons peut facilement coûter au-delà de $10 000 en diesel pour un cruiser. Hum… à titre comparatif, notre estimé se situe autour de $500 en diesel pour nous rendre aux Bahamas!

Enfin… nous voilà donc à Charleston et la météo s’annonce propice pour les prochains jours. Comme la route de l’Intra-costal s’avère de plus en plus difficile à suivre pour nous à cause de notre tirant d’eau de six pieds, nous considérons faire un autre  saut en mer. Ainsi nous allons éviter le risque constant de nous échouer dans le canal trop peu profond. Il semble que le dragage du canal est négligé, surtout en Georgie. Déjà, juste avant d’arriver à Charleston, à marée basse, nous nous sommes échoués en plein milieu du canal! Nous avons réussi à nous sortir de là en utilisant le génois. Nous devons fréquemment nous promener d’un côté à l’autre du canal pour tenter de trouver celui qui offre le plus de profondeur. Dans ces moments là, il faut garder un œil sur le sondeur et l’autre sur les bouées. Malgré cette surveillance, il arrive parfois, que ce soit la quille qui nous indique la profondeur.

Le matin du 30 novembre, nous partons donc à 6:30 h. au levé du soleil pour un périple en mer qui devrait nous conduire jusqu’à Fernandina Beach, au nord de

la Floride. Nous serons alors rendus au mille 715 et nous aurons parcouru 162 milles nautiques dans l’Atlantique! Lorsque nous franchissons les limites du port, une heure et demi plus tard. Le vent est un peu plus fort que prévu, soit de 15 à 20 nœuds, trois quarts arrière durant la matinée. Les vagues sont de 3 à  4 pieds avec des swells de 7 à 8 pieds. C’est encore une navigation exigeante qui ne nous permet pas d’utiliser le pilote automatique. Nous sortons seulement le génois, et nous fermons le moteur afin d’éviter le problème de l’eau dans le tuyau d’échappement. Notre vitesse est bonne, autour de 5 nœuds. En après-midi, c’est plus calme. Le pilote automatique est en place pour nous donner un peu de répit durant la nuit. Nous naviguons à une distance d’environ quinze milles au large, donc nous ne pouvons plus distinguer la côte. Nous sommes seuls à perte de vue. Ça brasse assez pour qu’on limite notre usage du poêle durant les repas. Nous devons aller au plan B pour un menu plus simple à préparer : des fèves aux lards en conserve et des rôties! Mais sur l’eau, comme en camping, tout est bon. Petit accident à bord : pendant que je cuisine, je perds pied lorsque le bateau part au surf dans une vague particulièrement haute et je suis projetée du côté de la table à carte où j’atterris la face étampée dans le panneau électrique! Guy est très inquiet puisqu’il m’a vue faire un vol plané devant le panneau de descente. Je me relève, un peu sonnée, le front douloureux. J’ai quelques bosses et égratignures, mais c’est sans conséquences, sauf qu’il faut être encore plus prudent lorsque ça brasse. Enfin, la journée se déroule assez bien malgré ce swell qui nous vient des vents d’est venu du grand large.

Tout à coup, Guy m’appelle d’urgence sur le pont.

« Il y a une baleine en avant du bateau! » Il voit son dos, presqu’aussi large que le bateau, puis, sa queue.

J’arrive, je regarde, « Où, ça? »

« Là, en avant. Elle vient de plonger. Regarde en arrière. »

Je me tourne, je regarde dans tous les sens.

Puis, TONK… TONK, TONK! Le bateau plonge du nez et rebondit. C’est comme si on s’est échoué! Dans 54 pieds d’eau!

« Merde! On a frappé la baleine! On vient de frapper la baleine! »

Je la voie à l’arrière, une ombre entre deux eaux. J’ai peur qu’on lui ait fait mal et qu’elle revienne se venger…

Mais non, Guy me dit qu’elle était probablement endormie. Il l’a vue plonger à la dernière minute, mais un peu trop tard. Nous lui avons probablement seulement éraflé le dos. Mais quand même, faut le faire! La probabilité de frapper une baleine dans l’Atlantique… c’est assez rare. Faudrait qu’on se mette à acheter des billets de loterie avec une chance pareille!

Plus tard, en regardant la carte plus minutieusement, on s’aperçoit que nous sommes dans une zone protégée pour les baleines franches ou « right whale ». Ces baleines ont été autrefois chassées presqu’à extinction. C’était une baleine de choix parce qu’elle nage lentement et se laisse approcher facilement et elle est exceptionnellement riche en huile, d’où son surnom pour les baleiniers, « the right whale ». http://fr.wikipedia.org/wiki/Baleine_franche_de_l%27Atlantique_Nord

Puis, ce sont les dauphins. Ils arrivent par dizaines! Ils nous suivent tout près du bateau et nous offrent un spectacle incroyable! Ils sont tellement joyeux à regarder. Nous filmons jusqu’à épuiser nos piles. Ils restent avec nous pendant plus d’une heure. Leur présence est tellement réjouissante. Je crois qu’ils portent chance…

Puis c’est la nuit noire totale qui s’installe. Lorsque nous passons en Georgie, plus de lumières sur le littorale. Au loin, nous apercevons des lumières regroupées qui ne peuvent pas être des bouées. Longtemps notre cap nous mène près de ces lumières que nous identifions finalement : un cargo à l’ancre à l’entrée du chenal St-Simon Sound Inlet, près de Brunswick. Il est tout illuminé et nous sert de repère pendant quelques heures. La météo s’adoucit pour la nuit, tel que prévu. Des vents de 10 nœuds avec des vagues et un swell un peu moins intenses.

Notre cap ne varie pas  beaucoup, seulement quelques virements de bord. Cette fois, nous établissons une meilleure routine. Deux quarts de trois heures suivi de quarts plus courts. Nous réussissons à nous assoupir durant notre période de repos. Les étoiles sont pleins le ciel. Elles représentent notre seul éclairage et nous aident à garder le cap. Autrement,  nous devons nous fier à la boussole et au GPS. Autour de nous, c’est la noirceur totale. Puis, la lune se lève vers 23:00 h. et elle reste avec nous jusqu’au matin Puis, vers 6:15 h, le soleil se lève. Quelle joie après une nuit aussi sombre! Mais nous devons continuer notre route encore jusque vers 13:30 h.  de l’après-midi. Le vent forcit vers la fin de la matinée. Par chance, c’est vent arrière pour nous. Alors, la navigation se fait bien avec seulement le génois. Les bouées du port apparaissent au loin. Elles forment une sorte de couloir de plus de trois milles qui mène à l’entrée du port. Il semble que ce couloir soit parfaitement entretenu et dragué à plus de 50 pieds car ce port est apparemment le plus gros port pour sous-marins de la côte est américaine. Nous souhaitons que si sous-marins il y a, qu’ils sachent mieux nous identifier que la baleine!! Enfin, par vent de travers dans ce couloir, c’est du sport.

Puis, nous y sommes, à quai à la Fernandina City Marina. Ça nous a pris 36 heures pour faire ce passage en mer. Nous venons d’éviter

la Georgie et nous sommes maintenant rendus en Floride. Nous sommes fières mais épuisés! Lorsque nous passons devant le quai principal, nous apercevons Allégoria, le bateau de nos amis, Simon et Mélanie. Ouf! Après une bonne bière et une douche, c’est dodo assez tôt pour nous.

 Le lendemain, la première chose que l’on remarque c’est qu’il fait chaud. Durant la journée, le thermomètre monte jusqu’à 26 degrés. Et l’automne est disparu : c’est maintenant la verdure et les palmiers. Nos amis, Mylène et Stéphane, sont à une journée de route de nous, seulement. Jean-Marc et Pascale, sur Puffer, sont au tangon à l’entrée du port. Ils attendent une pièce. Mais nous décidons de continuer notre route vers St Augustine. Deux petites journées de navigation  dans l’Intra-costal, devenu plus facile à naviguer selon les commentaires obtenus du dockmaster. La riche Floride entretient bien ses installations et fait le dragage nécessaire, nous l’espérons.

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