nov 26 2007
THANKSGIVING à Beaufort – du 20 au 26 novembre
La Thanksgiving américaine se fête toujours le troisième jeudi de novembre. Cette année, c’est le 22 novembre. Cette fête est pour beaucoup d’américains un congé de quatre jours, et ils fêtent en famille autant qu’à Noël, avec des repas gastronomiques. Les femmes surtout mettent beaucoup de temps à préparer ce dîner de
Pour diverses raisons, météo et autres, nous sommes restés à Beaufort quatre jours et cinq nuits. Nous y étions donc pour fêter la Thanksgiving américaine avec la communauté du port. L’église Baptiste du coin organise un dîner, de 2h à 5h, à l’intention des gens seuls ou en transit sur leur bateau. Puis, c’est le bar du coin, qui prend la relève : c’est un souper pot-luck encore pour la même clientèle. Donc, nous nous retrouvons plusieurs québécois et aussi plusieurs américains de passage à faire ce circuit. Nous y goûtons une variété de mets traditionnels, surtout des états du sud, servis par nos hôtes de l’église baptiste. Puis, au bar, c’est encore un festin! Quelle hospitalité!
Nous sommes restés deux nuits au quai et trois nuits au tangon. Juste un mot à propos de Keith, l’itinérant du port, qui habite à l’année longue sur son petit voilier rafistolé qu’on lui a donné après que celui-ci fut déclaré être une épave après un ouragan. C’est Keith qui nous loue un tangon pour $10 la nuit, une aubaine, surtout ici où les tangons sont rares et tous privés. Donc, il nous loue ce tangon à côté du sien, et nous raconte plein d’histoires sur sa ville. Il est fort sympathique et ressemble vraiment à un vétéran du Viet Nam, avec sa longue barbe et ses cheveux longs et ses vêtements un peu bigarrés. Malgré son allure de conteur, ses infos s’avèrent assez justes, sauf qu’il a oublié de nous dire que le tangon qu’il nous loue ne lui appartient pas!! Enfin, ce n’est pas clair si le vrai proprio lui a donné la permission de le louer en son absence…
Durant ces quatre jours, nous faisons plus ample connaissance avec Mélanie et Simon. Mélanie vient du Lac Saint-Jean, et son blogue est suivi par plusieurs personnes de sa ville, même le journal local qui en publie des sections chaque semaine. Pour ceux que ça intéresse, leur blogue est www.voilier-bahamas.com. Nous les perdrons probablement de vue, puisqu’ils sont beaucoup plus rapides que nous. Puis, nous avons aussi rencontré Jacques et Jean-Marc, deux autres québécois, de Québec. Ils voyagent sur un Hunter
Sur l’île déserte, située juste en face du port, se trouve un troupeau de chevaux devenus sauvage depuis qu’un fermier leur a rendu leur liberté. Cette île est un site protégé, tout comme l’île à la sortie du port, près du phare Look-out, où se trouve aussi le célèbre troupeau de poneys sauvages Shackleford, qui y habitent depuis 500 ans. Ces poneys ont été amenés par les premiers colons venus d’Europe. Comme le jour de la Thanksgiving était plutôt tranquille, nous en avons profité pour aller faire un tour sur l’île, à bord de notre annexe. Après quelques heures de marche, (plutôt de nombreuses minutes…) nous avons repéré le troupeau. C’est possible d’approcher les chevaux d’assez près, si l’on est très silencieux. Voir la photo.
Revenus en ville, Guy s’affaire avec Simon pour réparer son antenne Wifi, tandis Mélanie et moi faisons le tour des belles vieilles maisons du quartier qui, semble-il, ont été épargnées des dommages causés par la guerre civile. Ces rues sont donc encore aménagées telles qu’elles étaient en 1713. Et, bien sur, chacune arbore fièrement ses chaises berçantes blanches sur la galerie!
Il y a d’autres voyageurs qui attirent notre attention : un groupe de jeunes se suivent sur différents voiliers et s’entre-aident. L’un d’eux, entre autres, est parti du Maine avec seulement $200 en poche! Il ne peut plus continuer sans se trouver un emploi temporaire pour renflouer la caisse de bord. Le plus gros voilier, un ferro-ciment de
Puis, la veille de notre départ, nous avons un brin de mauvaise fortune. Lors d’une de nos sorties en annexe, nous accostons près d’une rive sablonneuse, mais parsemée de coquillages acérés qui éventre notre annexe! Nous voilà dans un pied d’eau à trente pieds du voilier, mais avec une moitié d’annexe qui se dégonfle à vue d’œil. Guy se rend vite compte de l’ampleur des dégâts: une fente de six pouces environs. Nous mettons en place la pompe à pied pour maintenir le boudin affecté le plus gonflé possible. Guy manœuvre l’annexe pour l’éloigner du bord le plus possible avec les rames, pour enfin remettre le moteur en marche. Moi, je pompe furieusement! Puis, ça y est, nous arrivons au voilier. En un temps deux mouvements, nous avons vite fait de vider l’annexe, et surtout, de remonter le moteur à bord. Puis c’est le tour de l’annexe, elle-même. Avec l’aide de la drisse avant et d’un cabestan (winch), nous hissons l’annexe à l’envers sur le pont avant du voilier, pour enfin examiner les dégâts. Notre belle annexe neuve!!! Notre char, dans notre mode de vie présente!! C’est bien une déchirure droite d’environ trois à quatre pouces. Humm… Pas de mini-film pour cette séquence qu’on vient de vivre. Je pense que ça aurait été un peu drôle…surtout la partie où j’essaie de gonfler le boudin.
Ce soir-là, nous retournons au quai de la marina pour avoir accès aux services et pour pouvoir mieux procéder aux réparations de fortune, car c’est la longue fin de semaine de la Thanksgiving. Donc, Simon nous donne une pièce de pvc assez grande pour couvrir la région affectée. Notre propre kit de réparation n’en contient que des plus petites. Nous faisons la réparation et installons l’annexe dégonflée à l’intérieur du bateau où le chauffage électrique nous permet de garder un environnement à plus de 18 degrés pour permettre un séchage adéquat, au moins pour les prochains douze heures. Au matin, nous plaçons l’annexe à demie gonflée sur le pont avant du bateau, bien fixée avec des cordages. La pièce aura l’occasion de finir de sécher au soleil, durant la journée, puis, nous la remettrons à l’eau. Nous prévoyons faire inspecter notre travail lorsque nous aurons accès à un détaillant Zodiac. Nous sommes prêts pour notre départ de Beaufort, direction Wrightville, situé 72 milles plus au sud. Comme la météo est favorable, nous partons par l’Atlantique pour notre troisième sortie en mer, mais cette fois, pour un périple estimé de 12 heures.
Finalement, c’est une longue journée exigeante de navigation par vents arrière, trois quart arrière de 15 à 25 nœuds, diminuant en après-midi à 10 à 15 nœuds. La vague de six à huit pieds se prend assez bien, mais la navigation est trop exigeante pour mettre le pilote automatique. Je suis à la barre une bonne partie du temps alors que Guy fait les manœuvres de voile et étudie notre trajet. Nous voyageons à cinq ou six milles de la côte, alors, nous ne pouvons distinguer le littoral. A un moment donné, la vague étouffe le moteur, parce l’eau entre dans le système d’échappement. Nous voilà seulement à voile; nous n’entendons plus que le bruit des vagues et du vent. C’est presqu’aussi rapide qu’avec le moteur. Nous gardions le moteur pour charger les batteries. Maintenant, comme nous avons notre cap, nous fermons l’ordinateur et nous filons notre route. Plus tard, en après-midi, lorsque les vagues ont diminué, nous repartons le moteur. Guy a du vider l’eau du tuyau d’échappement. Puis, vers 4h :55 le soleil se couche. Par chance, c’est pleine lune derrière nous. Nous filons ainsi jusqu’à 19h. Puis, c’est la recherche des bouées du chenal. Comme la ville illuminée est en arrière plan, c’est très difficile de repérer les feux sur les bouées. Un autre voilier nous précède de peu. Les manœuvres qu’il fait confirment nos propres calculs et nous voilà dans le chenal. Ouf! Ce n’est pas évident de naviguer de nuit.
Mais une belle surprise nous attend à l’entrée du port. D’abord, nous sommes accueillis par un groupe de dauphins qui filent à toute allure, aileron gris, ventre argenté, près du bateau. Puis, nous voilà rejoints par des dizaines de bateaux de toutes sortes qui sont décorés en bateaux allégoriques à l’occasion d’un défilé marquant l’arrivée du Père Noël!! Quel spectacle tout illuminé. C’est vraiment féérique, par l’ampleur et le nombre des participants. La manœuvre devient difficile à cause de la proximité des autres bateaux qui sont bondés de fêtard. Des quais, nous entendons de la musique provenant de plusieurs terrasses qui bordent les contours du port. Il y a des dizaines et des dizaines de bateaux en mouvement. Aux abords du chenal, dans le port, d’autres bateaux sont ancrés. Nous reconnaissons Allegoria, le bateau de nos amis, Mélanie et Simon, qui sont arrivés quelques heures avant nous. Nous jetons l’ancre. Il est huit du soir et nous sommes fourbus! Mais quelle coïncidence cette arrivée avec la parade et les dauphins! Je crois bien que notre chance est de retour. C’est le temps d’ouvrir une bière, de s’assoir sur le pont et d’apprécier le spectacle qui s’offre à nous à partir des premières loges où nous sommes. Des feux d’artifices qui durent environ 40 minutes mettent fin au spectacle. Puis, le calme revient. Petit à petit, les bateaux quittent et nous restons seulement quelques bateaux ancrés pour la nuit. Pour nous, c’est le temps d’un léger souper, puis c’est dodo.
Mais, sur l’eau, il faut toujours rester en alerte. Le lendemain matin vers 6h, Guy se lève en trombe et sort dehors juste à temps pour se rendre compte que la marée montante a fait dévier notre bateau dangereusement près du bateau de Stéphane. Il faut raccourcir le câblot de l’ancre. On s’est légèrement touchés mais sans dommages. Ouf encore!
Nous quittons Wrightville peu de temps après pour profiter justement de cette marée haute qui va augmenter notre vitesse sur le fond lors de notre trajet dans l’Intra-costal. Pour les prochains jours, la météo ne nous permettra pas de sortir en mer. Alors, au moins jusqu’à Charleston, il faudra négocier avec les bouées et les hauts-fonds, les ponts de l’Intra-costal. Enfin, les voiles ont eu l’occasion de se dérider un peu. Maintenant, c’est au moteur seulement pour les prochains jours. Près de Murtle Beach, nous sommes rendus au mille 354, et nous venons juste d’entrer en Caroline du sud.







