Archive for novembre, 2007

nov 26 2007

THANKSGIVING à Beaufort – du 20 au 26 novembre

Publié par Guy sous Le voyage

Cheval sauvage à Beaufort La parade du père Noël Murtle Beach La Thanksgiving américaine se fête toujours le troisième jeudi de novembre. Cette année, c’est le 22 novembre. Cette fête est pour beaucoup d’américains un congé de quatre jours, et ils fêtent en famille autant qu’à Noël, avec des repas gastronomiques. Les femmes surtout mettent beaucoup de temps à préparer ce dîner de

la Thanksgiving. On dit que le jour suivant est journée de magasinage effréné, un peu comme le Boxing Day, où les gens commencent leur magasinage de Noël et profitent des aubaines. On dit que pour les marchands, c’est Black Friday, une journée exigeante qui est aussi indicative du succès commercial que sera la période des fêtes.

Pour diverses raisons, météo et autres, nous sommes restés à Beaufort quatre jours et cinq nuits. Nous y étions donc pour fêter la Thanksgiving américaine avec la communauté du port. L’église Baptiste du coin organise un dîner, de 2h à 5h, à l’intention des gens seuls ou en transit sur leur bateau. Puis, c’est le bar du coin, qui prend la relève : c’est un souper pot-luck encore pour la même clientèle. Donc, nous nous retrouvons plusieurs québécois et aussi plusieurs américains de passage à faire ce circuit. Nous y goûtons une variété de mets traditionnels, surtout des états du sud, servis par nos hôtes de l’église baptiste. Puis, au bar, c’est encore un festin! Quelle hospitalité!

 

Nous sommes restés deux nuits au quai et trois nuits au tangon. Juste un mot à propos de Keith, l’itinérant du port, qui habite à l’année longue sur son petit voilier rafistolé qu’on lui a donné après que celui-ci fut déclaré être une épave après un ouragan. C’est Keith qui nous loue un tangon pour $10 la nuit, une aubaine, surtout ici où les tangons sont rares et tous privés. Donc, il nous loue ce tangon à côté du sien, et nous raconte plein d’histoires sur sa ville. Il est fort sympathique et ressemble vraiment à un vétéran du Viet Nam, avec sa longue barbe et ses cheveux longs et ses vêtements un peu bigarrés. Malgré son allure de conteur, ses infos s’avèrent assez justes, sauf qu’il a oublié de nous dire que le tangon qu’il nous loue ne lui appartient pas!! Enfin, ce n’est pas clair si le vrai proprio lui a donné la permission de le louer en son absence…

 

Durant ces quatre jours, nous faisons plus ample connaissance avec Mélanie et Simon. Mélanie vient du Lac Saint-Jean, et son blogue est suivi par plusieurs personnes de sa ville, même le journal local qui en publie des sections chaque semaine. Pour ceux que ça intéresse, leur blogue est www.voilier-bahamas.com. Nous les perdrons probablement de vue, puisqu’ils sont beaucoup plus rapides que nous. Puis, nous avons aussi rencontré Jacques et Jean-Marc, deux autres québécois, de Québec. Ils voyagent sur un Hunter 38 pieds qu’ils amènent aux Bahamas pour un client. À six, nous avons quelques occasions pour nous retrouver autour d’une bière au bar de la marina. Jacques et Jean-Marc sont très expérimentés en voile. Jacques, surtout n’en est pas à sa première expérience au Bahamas. Il nous fournit de nombreux renseignements précieux. Comme il sera là à partir de janvier, c’est un rendez-vous assuré aux Bahamas. Pour l’instant, son itinéraire est différent du nôtre, car il navigue seulement au large des côtes pour faire des passages rapides vers sa destination. Ces deux nouveaux amis sont de jeunes retraités. Jacques était policier et Jean-Marc, prof de math.

 

Sur l’île déserte, située juste en face du port, se trouve un troupeau de chevaux devenus sauvage depuis qu’un fermier leur a rendu leur liberté. Cette île est un site protégé, tout comme l’île à la sortie du port, près du phare Look-out, où se trouve aussi le célèbre troupeau de poneys sauvages Shackleford, qui y habitent depuis 500 ans. Ces poneys ont été amenés par les premiers colons venus d’Europe. Comme le jour de la Thanksgiving était plutôt tranquille, nous en avons profité pour aller faire un tour sur l’île, à bord de  notre annexe. Après quelques heures de marche, (plutôt de nombreuses minutes…) nous avons repéré le troupeau. C’est possible d’approcher les chevaux d’assez près, si l’on est très silencieux. Voir la photo.

 

Revenus en ville, Guy s’affaire avec Simon pour réparer son antenne Wifi, tandis Mélanie et moi faisons le tour des belles vieilles maisons du quartier qui, semble-il, ont été épargnées des dommages causés par la guerre civile. Ces rues sont donc encore aménagées telles qu’elles étaient en 1713. Et, bien sur, chacune arbore fièrement ses chaises berçantes blanches sur la galerie!

 

Il y a d’autres voyageurs qui attirent notre attention : un groupe de jeunes se suivent sur différents voiliers et s’entre-aident. L’un d’eux, entre autres, est parti du Maine avec seulement $200 en poche! Il ne peut plus continuer sans se trouver un emploi temporaire pour renflouer la caisse de bord. Le plus gros voilier, un ferro-ciment de 48 pieds, remorque l’autre dans le port parce qu’ils n’ont plus d’argent pour le diesel!! Un jeune couple de Tadoussac, Martin et Mylène, voyage sur ce gros voilier, en route vers les Bahamas. Ils s’ancrent, cinq à l’épaule parce qu’il n’y a plus de place dans le port.  Ces jeunes sont vraiment impressionnants. Ils ont acheté ce bateau il y a deux ans, alors qu’il n’y avait que la coque. Ils ont dû refaire le roof, puis ils ont fini et meublé l’intérieur. Ils ont encore beaucoup de choses à terminer, entre autre, installer les chandeliers et les lignes de vie autour du bateau. Martin quitte le bateau demain pour s’envoler vers New York faire une « run » de vente d’arbres de Noël pour un mois. Sa blonde continue le voyage avec son frère.

 

Puis, la veille de notre départ, nous avons un brin de mauvaise fortune. Lors d’une de nos sorties en annexe, nous accostons près d’une rive sablonneuse, mais parsemée de coquillages acérés qui éventre notre annexe! Nous voilà dans un pied d’eau à trente pieds du voilier, mais avec une moitié d’annexe qui se dégonfle à vue d’œil. Guy se rend vite compte de l’ampleur des dégâts: une fente de six pouces environs. Nous mettons en place la pompe à pied pour maintenir le boudin affecté le plus gonflé possible. Guy manœuvre l’annexe pour l’éloigner du bord le plus possible avec les rames, pour enfin remettre le moteur en marche. Moi, je pompe furieusement! Puis, ça y est, nous arrivons au voilier. En un temps deux mouvements, nous avons vite fait de vider l’annexe, et surtout, de remonter le moteur à bord. Puis c’est le tour de l’annexe, elle-même. Avec l’aide de la drisse avant et d’un cabestan (winch), nous hissons l’annexe à l’envers sur le pont avant du voilier, pour enfin examiner les dégâts. Notre belle annexe neuve!!! Notre char, dans notre mode de vie présente!! C’est bien une déchirure droite d’environ trois à quatre pouces. Humm… Pas de mini-film pour cette séquence qu’on vient de vivre. Je pense que ça aurait été un peu drôle…surtout la partie où j’essaie de gonfler le boudin.

Ce soir-là, nous retournons au quai de la marina pour avoir accès aux services et pour pouvoir mieux procéder aux réparations de fortune, car c’est la longue fin de semaine de la Thanksgiving. Donc, Simon nous donne une pièce de pvc assez grande pour couvrir la région affectée. Notre propre kit de réparation n’en contient que des plus petites. Nous faisons la réparation et installons l’annexe dégonflée à l’intérieur du bateau où le chauffage électrique nous permet de garder un environnement à plus de 18 degrés pour permettre un séchage adéquat, au moins pour les prochains douze heures. Au matin, nous plaçons l’annexe à demie gonflée sur le pont avant du bateau, bien fixée avec des cordages. La pièce aura l’occasion de finir de sécher au soleil, durant la journée, puis, nous la remettrons à l’eau. Nous prévoyons faire inspecter notre travail lorsque nous aurons accès à un détaillant Zodiac. Nous sommes prêts pour notre départ de Beaufort, direction Wrightville, situé 72 milles plus au sud. Comme la météo est favorable, nous partons par l’Atlantique pour notre troisième sortie en mer, mais cette fois, pour un périple estimé de 12 heures.

Finalement, c’est une longue journée exigeante de navigation par vents arrière, trois quart arrière de 15 à 25 nœuds, diminuant en après-midi à 10 à 15 nœuds. La vague de six à huit pieds se prend assez bien, mais la navigation est trop exigeante pour mettre le pilote automatique. Je suis à la barre une bonne partie du temps alors que Guy fait les manœuvres de voile et étudie notre trajet. Nous voyageons à cinq ou six milles de la côte, alors, nous ne pouvons distinguer le littoral. A un moment donné, la vague étouffe le moteur, parce l’eau entre dans le système d’échappement. Nous voilà seulement à voile; nous n’entendons plus que le bruit des vagues et du vent. C’est presqu’aussi rapide qu’avec le moteur. Nous gardions le moteur pour charger les batteries. Maintenant, comme nous avons notre cap, nous fermons l’ordinateur et nous filons notre route. Plus tard, en après-midi, lorsque les vagues ont diminué, nous repartons le moteur. Guy a du vider l’eau du tuyau d’échappement. Puis, vers 4h :55 le soleil se couche. Par chance, c’est pleine lune derrière nous. Nous filons ainsi jusqu’à 19h. Puis, c’est la recherche des bouées du chenal. Comme la ville illuminée est en arrière plan, c’est très difficile de repérer  les feux sur les bouées. Un autre voilier nous précède de peu. Les manœuvres qu’il fait confirment nos propres calculs et nous voilà dans le chenal. Ouf! Ce n’est pas évident de naviguer de nuit.

 

Mais une belle surprise nous attend à l’entrée du port. D’abord, nous sommes accueillis par un groupe de dauphins qui filent à toute allure, aileron gris, ventre argenté, près du bateau. Puis,  nous voilà rejoints par des dizaines de bateaux de toutes sortes qui sont décorés en bateaux allégoriques à l’occasion d’un défilé marquant l’arrivée du Père Noël!! Quel spectacle tout illuminé. C’est vraiment féérique, par l’ampleur et le nombre des participants. La manœuvre devient difficile à cause de la proximité des autres bateaux qui sont bondés de fêtard. Des quais, nous entendons de la musique provenant de plusieurs terrasses qui bordent les contours du port. Il y a des dizaines et des dizaines de bateaux en mouvement. Aux abords du chenal, dans le port, d’autres bateaux sont ancrés. Nous reconnaissons Allegoria, le bateau de nos amis, Mélanie et Simon, qui sont arrivés quelques heures avant nous. Nous jetons l’ancre. Il est huit du soir et nous sommes fourbus! Mais quelle coïncidence cette arrivée avec la parade et les dauphins! Je crois bien que notre chance est de retour. C’est le temps d’ouvrir une bière, de s’assoir sur le pont et d’apprécier le spectacle qui s’offre à nous à partir des premières loges où nous sommes. Des feux d’artifices qui durent environ 40 minutes mettent fin au spectacle. Puis, le calme revient. Petit à petit, les bateaux quittent et nous restons seulement quelques bateaux ancrés pour la nuit. Pour nous, c’est le temps d’un léger souper, puis c’est dodo.

 

Mais, sur l’eau, il faut toujours rester en alerte. Le lendemain matin vers 6h, Guy se lève en trombe et sort dehors juste à temps pour se rendre compte que la marée montante a fait dévier notre bateau dangereusement près du bateau de Stéphane. Il faut raccourcir le câblot de l’ancre. On s’est légèrement touchés mais sans dommages. Ouf encore!

 

Nous quittons Wrightville peu de temps après pour profiter justement de cette marée haute qui va augmenter notre vitesse sur le fond lors de notre trajet dans l’Intra-costal. Pour les prochains jours, la météo ne nous permettra pas de sortir en mer. Alors, au moins jusqu’à Charleston, il faudra négocier avec les bouées et les hauts-fonds, les ponts de l’Intra-costal. Enfin, les voiles ont eu l’occasion de se dérider un peu. Maintenant, c’est au moteur seulement pour les prochains jours. Près de Murtle Beach, nous sommes rendus au mille 354, et nous venons juste d’entrer en Caroline du sud.  

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nov 21 2007

Les photos et les mini-films!

Publié par Guy sous Le voyage

Grâce à l’aide précieuse de Vincent, nous avons finalement pu rendre publique une sélection de nos photos et mini-films. J’ai déjà placé dans les articles du blogue la plupart des photos. Cependant, si vous préférez aller sur le site où elles sont entreposées, vous allez au site Flickr.com au nom de hacdes55.

Pour les mini-films, vous devez aller au site de Youtube.com au nom de hacdes55. Nous n’avons pas encore réussi à les imbriqués dans le blogue.

Ça m’a pris une journée pour faire ce travail! Le téléchargement des mini-films prend un certain temps. Les photos sont amusantes à faire et à placer dans le blogue, mais les films sont super excitants à produire et, bien sur, à publier. Une autre fois, nous aimerions beaucoup inclure des cartes pour vous aider à mieux nous situer… Ce blogue est vraiment toujours en voie d’amélioration.

À suivre…

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nov 20 2007

L’Intra-costal – mille 0 à mille 200 – du 13 au 20 novembre

Publié par Guy sous Le voyage

Norfolk L’Intra-costal – mille 0 à mille 200 – du 13 au 20 novembre

La navigation sur l’Intra-costal c’est de la navigation presqu’exclusivement au moteur. Nous passons par des canaux creusés, par des rivières, et des barachois qui sont de grandes étendues d’eau salées peu profondes. Il faut bien suivre les balises, et à l’ancrage, il faut souvent chercher l’eau, renifler comme un chien de chasse! Avec les yeux rivés sur le profondimètre et le GPS, le défi est de trouver le bon endroit pour notre bateau qui a six pieds de tirant d’eau. Le paysage autour de nous est sauvage, parfois parsemé de marais, parfois entouré de grandes étendues d’eau calmes comme des miroirs, parfois bordés de forêts de grands pins et de feuillus, toujours en tenus d’automne, surtout vert, puis rouge et jaune. Nous sommes captivés par les envolés d’oiseaux au raz de l’eau, ou encore d’autres qui s’élancent et plongent comme des kamikaze, pour ressortir un peu plus loin avec leur prise. Il y a toutes sortes d’oiseau, des rapaces qui construisent leurs nids sur les bouées, puis, mes préférés, des petites oiseaux noirs et blancs qui sont toujours en groupes et qui volent bas dans une danse gracieuse. Cette semaine, nous avons vu des pélicans, et nos amis, Mylène et Stéphane on vu des dauphins!

Au mille douze, nous étions amarrés à un quai gratuitement, près de la petite ville de Great Bridge. Nous y sommes restés deux jours parce qu’il pleuvait avec des vents de vingt nœuds. Même dans les canaux, c’est préférable de prendre un jour de congé avec une météo semblable. Guy en a profité pour installer son nouvel alternateur avec régulateur spécial. Il y a travaillé une bonne partie de la journée, mais sans succès. Vers trois heures, il a dû se résoudre à remettre l’ancien! Quelle déception! Probablement un défaut de fabrication, mais il faut maintenant chercher un autre magasin Balmar…

La nuit suivante, Guy se lève et décide de faire des recherches sur Internet. Euréka! Il découvre que le livre d’instruction avec les pièces est incomplet. Il a vite fait de se rendre compte qu’un des fils devait être connecté différemment. Alors, en deux heures le lendemain, il installe l’alternateur avec succès! Ce soir-là, vendredi soir, on fête ça au resto de la marina de Coinjock, en compagnie de deux autres couples. Une bien belle soirée!

Comme toujours, nous sommes fascinés par l’histoire des gens que nous rencontrons. Le premier couple, des jeunes mariés, Paul et Sami, sont partis de Boston. Ils ont fait deux passages en mer, pour éviter le long trajet des deux baies du Delaware et Chesapeake. Après trois ans seulement d’apprentissage à la navigation, les voilà partis sur leur voilier de 42 pieds pour un voyage de noce de deux ans! Ils sont environ dans la très jeune trentaine, pour lui et moins pour elle. Paul est un avocat, spécialisé dans les causes de litige informatique et Sami est gestionnaire dans une firme conseil aux entreprises à but non lucratif. Tous les deux ont un parcours de vie, vraiment intéressant. Les parents de la jeune femme habitent toujours en Turquie et ne parlent pas anglais. Sami parle couramment l’anglais, le français, l’espagnol, un peu d’italien sa langue maternelle. L’autre couple, plus près de notre âge, sont des anglais. Eric travaille trois mois, suivi de deux mois de congé, sur le bateau de croisière de Walt Disney. Il est le chef ingénieur en électricité. Sa femme, Dee, est gestionnaire retraitée de l’université de Kent. Ils ont un condo à Sandwich dans le sud de l’Angleterre. Lorsqu’ils sont en congé, ils voyagent aux É.U. sur leur  voilier de 42 pieds, et retournent voir leur famille en Angleterre. Quelle vie!

Nous passons les prochaines deux nuits en solitaire. La première est à l’embouchure d’un ruisseau, près d’un pont. Nous y arrivons à la noirceur, pensant que ce serait un bon ancrage. Mais, ce n’est pas le cas. Sniff, sniff, sniff: 8 pieds, 7 pieds, 6½ pieds, 5.8 Ouch! On est échoués! Il y a des souches submergées.  Recommence… Après de multiples tentatives à jeter l’ancre, nous trouvons finalement un endroit où elle prend dans un fond de 8 pieds à peine. Nous sommes vraiment à l’étroit car le bateau dérive dans le chenal avec le courant. Guy met en place les alarmes au cas  où l’ancre chasserait. Puis, non satisfait, il décide qu’il faut faire une veille aux heures. De plus, il couche dans le carré, tout habillé, prêt à l’action au cas où surviendrait une barge. Le chenal n’est pas large à cet endroit. Mais un samedi soir, c’est peu probable. En effet, la nuit se passe sans problème, mais nous sommes déjà partis à six heures du matin! Notre départ se fait dans la brume, alors, nous activons le radar pour mieux voir notre route. Nous avons l’occasion d’essayer notre corne à brume… Puis, le soleil nous réchauffe et lentement la brume lève. Le lendemain soir, nous dénichons un quai près d’un petit port de pêche où sont amarrés cinq gros senneurs, ces bateaux de pêche commerciale dotés de filets étendus sur de grandes grues latérales qui sont relevés lorsqu’ils sont à quai. Ce n’est pas un endroit pour les plaisanciers, mais ils nous laissent nous amarrer au quai moyennant la modique somme de $10. Alors, nous pouvons passer une nuit tranquille, bien méritée! Cependant, cet endroit est vraiment isolé et ce n’est pas le grand luxe : des bécosses comme toilettes et un quai qui demande à être entretenu. Au bâtiment principal, se trouve un magasin général, où se trouvent deux septuagénaires issus d’une autre époque. Ils tiennent magasin, assis chacun sur l’une des quatre chaises berçantes qui entourent un poêle à bois (une truie). Ils invitent Guy à s’assoir et à venir jaser avec eux. Guy leurs répond que c’est sa femme qui apprécie les chaises berçantes. « Then send her down! We’ll have a chat! » 

Nous avons appris depuis que l’état de la Caroline du nord, et Beaufort en particulier sont renommés pour leurs chaises berçantes. Avant l’ère de la climatisation, c’était le moyen de se rafraichir le soir sur la galerie. En se promenant dans les vieux quartiers de Beaufort, nous voyons invariablement ces chaises berçantes blanches sur les galeries des maisons.

Je pense que nous avons bien hâte de revoir un peu de vie urbaine. Le soir, nous arrivons au mille 200, à la ville de Beaufort, où nous passons deux nuits pour nous ravitailler, l’une à quai, l’autre à l’ancre. On nous prête une auto pour aller faire l’épicerie! Le soir, sur le quai nous faisons connaissance avec un jeune couple québécois, Simon et Mélanie, qui voyage sur leur Bénéteau 38. Simon poursuit son travail en marketing, via Internet, pour sa compagnie en tourisme international. Mélanie a quitté son emploi en tourisme pour la même compagnie. Elle prévoit retourner aux études lorsqu’elle reviendra de voyage.

 

Le lendemain, ce sont les menus travaux et le nettoyage du bateau. Finalement, nous réussissons  à télécharger une partie de nos photos sur Flicker, puis à les insérer dans les articles déjà écris. Il y a aussi des mini-films que plaçons sur Youtube avec lien au blogue. A voir! Si vous allez directement sur ces deux sites Internet, chercher pour hacdes55. Le dernier film que j’ai pris ce matin à partir du quai, était un film de dauphins! Ils viennent dans le port durant la saison moins achalandée par les bateaux. J’ajouterai ce film bientôt sur Youtube.

Nous apprécions nous retrouver en milieu urbain. J’apprécie retrouver une douche chaude!  En passant, je dois souligner que les blocs sanitaires que nous avons eu l’occasion d’utiliser, sont en général, des locaux très bien entretenus et bien aménagés : céramique au plancher, comptoir de granit, eau toujours chaude et locaux chauffés! C’est mieux qu’en camping.  Mais il y a exception : les bécosses au quai commercial du mille 154! A partir de la marina, Beaufort Dock Ouest, nous pouvons marcher dans les vieux quartiers de la ville où se trouvent des maisons tricentenaires. Ce soir, nous prévoyons retrouver Mélanie et Simon pour aller prendre la bière gratuite offerte par la marina au pub de la marina. 

Nous avons eu des nouvelles de Mylène et Stéphane : ils sont rendus à Jacksonville après avoir fait 42 heures directement en mer à 20 milles de la côte!! Ils ont profité de la superbe fenêtre météo de trois jours de vents portants à 10 15 nœuds. Il va sans dire que nous sommes jaloux!!

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nov 14 2007

La baie de Chesapeake – du 9 au 13 novembre

Publié par Guy sous Le voyage

Mill Creek, rivière Wicomico, baie de Chesapeake Chesapeake City Finalement, nous sommes seulement partis d’Annapolis samedi, le 10 novembre. Randy et Guy ont fait des essaies et des ajustements sur le ralenti du moteur (idle). C’est là qu’on a vu l’expertise de ce mécanicien. Il a fait virer ce moteur comme jamais auparavant! Mais ça a pris du temps et nous étions trop tard pour partir. Stéphane et Mylène sont donc partis seuls. Une fois la décision prise, nous avons bien apprécié notre petite  journée à flâner dans les rues d’Annapolis. Nous avons découvert un café-Internet qui est aussi une librairie… Après deux heures, nous n’étions toujours pas près à partir! Enfin, le samedi matin, vers 7h :30, nous avons quitté Weems Creek en direction des îles Solomons. C’est une journée de neuf heures de navigation par vents arrière de 10 à 15 noeuds avec rafales à 20 noeuds. Le bateau prend bien la vague de 3 à 4 pieds. Nous avons seulement le génois de sorti pour stabiliser l’allure. C’est une journée froide, nuageuse à 7 degrés C. Nous mettons nos plus chauds vêtements! Le soir, vers 4h :00, nous jetons l’ancre à Old House Cove dans Mills Creek où nous avons rejoint Stéphane et Mylène. Ils ont décidé qu’il faisait trop froid pour sortir et les vents un peu trop inconfortables. Se sont donc les retrouvailles pour le digestif en fin de soirée.

Dimanche, c’est le départ pour Wicomico River par une journée aussi froide, mais ensoleillée avec des vents de travers diminués à 5 à 10 noeuds. C’est beaucoup plus agréable comme trajet! C’est toutes voiles dehors, avec une allure au trois quart arrière. La luminosité tôt le matin est éblouissante. Les bateaux de pêche sont au rendez-vous. Mais gare aux bouées de cages à crabe! Guy se place à l’avant du bateau pour me diriger. Ces cages sont situées surtout dans les 30 pieds d’eau. Nous manœuvrons le bateau jusqu’au chenal principal. Ouf! Plus de cages. C’est plus facile manœuvrer entre les cargos. Le soir venu, c’est à Mill Creek, que nous jetons l’ancre. Nous passons la soirée sur le bateau. Les deux filles, Catherine et Camille décident de se construire une cabane sur le toit, à l’avant de leur bateau avec des couvertures. Elles y passent l’heure du souper, puis toute la famille vient nous rejoindre pour le dessert : une croustade aux pommes. Le four au propane fonctionne approximativement, et demande qu’on s’y adapte. L’arôme de cuisson remplit bientôt le bateau. Mmmmm!  

Lundi, notre journée de navigation est autrement plus difficile! Nous avions prévu de parcourir 35 miles, mais après seulement douze miles, nous sommes obligés de trouver refuge à Jackson Creek, dans

la Piankatang River, près de Deltaville. Nous faisons face à des vents de face de 15 nœuds, avec rafales de 20 nœuds. C’est froid, ça brasse, le pont est fréquemment lavé par les vagues  et on avance à peine. Pour dîner, je réussis tant bien que mal à nous faire chauffer une soupe avec un sandwich et du thé. La gîte est tellement importante que je dois travailler en position du grand écart entre le poêle et la table à carte pour finaliser ce repas!  Nous terminons notre journée de voile à 2h :30 de l’après-midi pour nous installer au quai de la marina de Fishing Bay Yacht Club. L’endroit est magnifique entouré de pins géants. Le premier soir, c’est gratuit à cette marina. Nous avons accès aux installations de la marina qui sont super propres. Le propriétaire d’un bateau amarré près de nous vient nous voir et nous offre de nous amener en ville pour faire l’épicerie et ensuite, de nous ramener.

Encore une fois, nous sommes étonnés par la gentillesse et la générosité des gens que nous rencontrons. Non seulement ils nous rendent service, mais ils se montrent intéressés à connaître notre histoire, d’où l’on vient, quelle est notre destination. Plusieurs nous racontent leurs propres expériences au Canada.

Finalement, mardi, nous complétons notre dernière étape de la traversée de la baie de Chesapeake. C’est une belle journée de voile, par vents au près, puis de travers. Le soir, nous avons perdu Stéphane et Mylène de vue et nous ne réussissons pas à les rejoindre par radio VHF. Alors, nous passons une petite soirée tranquille, seuls à bord, ancrés dans la baie de Willoughby, près de Norfolk. Norfolk est la plus grande base navale sur la côte est américaine. Nous avons remarqués une sélection de navires de guerre amarrés au quai non loin de notre ancrage et nous sommes témoins  des manœuvres d’hélicoptères sur la baie.

En rétrospective, la navigation sur la baie de Chesapeake aura été exigeante, mais nous avons pu constater l’intérêt de ce plan d’eau par beau temps. Elle présente une grande variété d’ancrages sûrs. L’effet de la marée est de 1½ pieds, donc les courants sont négligeables. Les villes et villages qui la bordent offrent des installations de premier ordre.  Comme

la Delaware, c’est presqu’une mer intérieure, mais, combien plus intéressante! Anciennement, durant les débuts de la colonie, ces deux baies étaient la cible privilégiée des pirates. Ils venaient piller les plantations et les commerces installés sur les rives. Alors, au 18ième siècle, les commerçants de la ville de Hampton, située près de Norfolk, ont décidé d’en finir avec ce problème. Ils se sont construit des navires et sont partis en chasse. Ils ont capturé le célèbre Blackbeard, dont ils ont ramené la tête pour l’exposer sur un piquet à la pointe de la presqu’île, à l’entrée de la ville. Ils voulaient ainsi démontrer aux autres pirates le sort qui les attendait s’ils s’aventuraient chez eux. Il semble que ça a fonctionné. Aujourd’hui, dans le guide maritime, on peut lire que tout le monde est bienvenu dans leur ville, sauf les pirates!

Après quatre jours de navigation assez intense, nous sommes un peu fatigués. Alors, demain, nous prévoyons faire la grasse matinée avant d’aborder la navigation du  canal Intra-costal. Il commence à l’embouchure de la rivière Élizabeth, près de Norfolk, au mille 0. C’est un périple qui se terminera pour nous au mille 1080 à Miami.

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nov 08 2007

Annapolis – du 4 au 9 novembre

Publié par Guy sous Le voyage

Guy sur le boardwalk, Atlantic City 

Aujourd’hui, je suis assise dans le carré du bateau pendant qu’un mécanicien, Randy, de Hinkley Yatch Maintenance, s’affaire à changer le joint d’étanchéité du couvert de synchronisation (timing cover gasket). Comme il fallait bien s’y attendre, nous avons eu notre premier problème de moteur. Guy avait remarqué une petite fuite d’huile dans la panne du moteur depuis quelques jours. Ce problème s’est aggravé. Donc, pas question de repartir sans régler ça. C’est un travail d’environ sept d’heures. Nous sommes à quai pour la journée et la nuit prochaine. Guy travaille avec lui pendant que j’écris cet article. Il semble apprécier son travail. Nous espérons pouvoir partir demain matin, vendredi, le 9 novembre après un séjour de quatre jours ici à Annapolis.

Dimanche dernier, c’est une petite flottille de cinq voiliers qui lève l’ancre vers 6h :00 du matin. Ce  sont Bruce et Bonnie, les australiens sur Liberty Now, qui nous suivent et qui ferment la marche. Cependant, sur leur bateau de 42 pieds, ils ont vite fait de nous rejoindre et sont les premiers à lever les voiles lorsqu’apparait finalement la baie de Chesapeake à l’embouchure du canal. Nous admirons leur expertise en navigation pendant la journée. Quelle belle journée de voile!

A notre arrivée près d’Annapolis, nous devons faire route vers l’embouchure de la rivière Severn. Comme c’est dimanche après-midi, il doit bien y avoir des centaines de voiliers qui naviguent dans toutes les directions. C’est un espace vaste, où il y a même des dizaines de petits voiliers école, genre Optimiste, qui virevoltent ensemble dans un petit circuit devant nous. Ils sont tellement mignons! Ils ressemblent à des bébés voiliers parmi la multitude de voiliers adultes autour d’eux! Bruce nous avait indiqué la route vers un ancrage au tangon (mooring) dans une petite baie, Weems Creek. Ces tangons appartiennent à la marine américaine qui tolère que les plaisanciers s’y amarrent. Bien sûr, il faut libérer la place si jamais elle est requise par la marine. Cependant, il semble que c’est très rare qu’ils en ont besoin. Nous souhaitons bon voyage à Bruce et Bonnie qui se dirigent vers une marina privée pour rejoindre des amis. Quant au reste de la flottille, ils préfèrent s’installer à la marina en face du centre ville. Jean-Marc et Pascale viennent nous rejoindre le lendemain. Puis, c’est Stéphane et Mylène deux jours plus tard.

Annapolis est une ville touristique vraiment charmante. Avis aux amateurs de moto ou autres: Annapolis pourrait être une très belle destination lors d’une randonnée d’été. Cette ville possède le plus d’édifices historiques de tout le pays! Il y a plus 1500 édifices qui sont restaurés et entretenus qui datent d’avant 1850.  Ça ressemble un peu à Boston ou la ville de Québec avec ses boutiques, ses cafés, ses artistes et surtout son superbe paysage urbain historique situé aux abords de la baie de Chesapeake.

A partir de notre petite baie, nous laissons notre annexe au quai et nous parcourons la ville à pied et en autobus. Il y a quelques problèmes que nous voulons essayer de régler. Le plus urgent, après la réparation du moteur, c’est d’augmenter la performance de ce moteur. Guy s’est rendu compte que le moteur ne peut recharger adéquatement les trois batteries du bateau parce qu’il est très sollicité pour recharger le frigo et l’ordinateur lorsque nous sommes en route. En prenant toujours des ancrages, nous n’avons pas accès à l’électricité pour terminer le rechargement des batteries.  Comme élément de solution, nous avons appris qu’il faut installer un alternateur plus performant avec un régulateur de voltage intelligent ( smart regulator) qui contrôle le rythme de recharge des batteries plus efficacement. Guy a donc commandé ces deux équipements chez le détaillant Yanmar, et il  planifie les installer lui-même. Bien sûr, lorsque nous serons arrivés en Floride, il nous faudra installer des panneaux solaires avant de traverser aux Bahamas, où nous n’utiliserons plus le moteur aussi régulièrement. 

Comme la température s’est beaucoup refroidie depuis quelques jours, nous avons fait l’acquisition d’un système de chauffage à l’alcool. Jusqu’à maintenant, nous utilisions notre lanterne à trois chandelles longue durée placée dans notre chambre pour la nuit. Cette lanterne est suffisante jusqu’à environ 7 ou 8 degrés C. Mais, maintenant que nous connaissons des températures autour de 0 degré C, nous apprécions notre nouveau petit poêle à l’alcool. Par contre, tout est relatif. Bruce et Bonnie n’ont pas installé de chauffage du tout sur leur bateau! Ils disent qu’ils sont confortables pour dormir avec seulement leur couette. Décidément, ces australiens sont étonnants!

Il a fallu aussi acheter quelques vêtements chauds supplémentaires. Nous ne faisons pas la lessive aussi souvent que prévu, alors nous avons acquis quelques chandails à manches longues, d’autres sous-vêtements longs, des bas chauds et de gros gants pour le barreur. Nous sommes maintenant mieux équipés pour affronter les  jours froids durant les deux prochaines semaines avant d’être rendus assez loin vers le sud. La nature autour de nous affiche toujours un air d’automne avec des feuillages multicolores. Les prévisions de la météo à long terme annoncent le retour du temps plus doux.

Un autre problème qui nous a dérangé jusqu’à maintenant c’est la difficulté de trouver une bonne connexion Internet. Nous avons donc commandé de

la Californie une antenne spéciale pour faciliter le branchement à Internet sans fil (Wifi Booster Antenna). Il nous reste à installer et à essayer nos nouveaux jouets!

Notre passage dans la ville d’Annapolis aura été surtout marqué par nos recherches de solutions aux problèmes que nous avions accumulés. Nous savions que nous aurions accès aux magasins et aux ateliers spécialisées. Nous ne sommes pas déçus à ce niveau, mais nous aurions aimé visiter quelques endroits réputés, comme l’Académie navale, qui forme ici plus de 4500 stagiaires à la fois pour un cours de quatre ans. L’infrastructure terrestre est impressionnante selon ce que nous avons pu en voir et les bateaux de guerre sont nombreux entre lesquels il faut négocier lorsqu’on navigue dans le port.

En terminant, il reste à souligner les rencontres agréables que nous avons faites. D’abord, il y a Jean Marc et Pascale qui sont plus jeunes que nous, dans la quarantaine. Nous avons passé une bonne partie de leur dernière journée à Annapolis avec eux. C’était très intéressant de l’entendre parler de son expertise en pomiculture. Il a vendu ses commerces et sa maison avant de partir avec sa conjointe, qui, elle, est comédienne. Il nous a fourni plusieurs informations pertinentes, dont l’obligation que nous avons tous de nous rapporter au US Customs and Border Protection chaque fois que changeons d’état. Il peut y avoir des amendes de $600 et même le risque de saisi du bateau pour omettre d’accomplir cette formalité. Encore une fois, aux États-Unis, c’est la loi et l’ordre qui prime. Nous  reverrons Jean-Marc et Pascale probablement en cours de route ou à destination.  

Durant notre séjour à Weems Creek, nos autres voisins d’ancrage nous ont invités sur leur voilier en fin de journée. Alors, le soir venu, en revenant de terre, nous sommes allés partager quelques verres de Scotch avec eux. Derreck et Allison sont des anglais de notre âge environ qui sont venus d’Angleterre sur leur voilier Bruce Roberts de 42 pieds et qui voyagent depuis 2004. Ils parlent anglais, français, espagnol. Leur bateau était super intéressant à visiter : un vrai tank, mais surtout un superbe bateau pour y vivre! Ils sont allés en Amérique du sud durant la première année de leur voyage, puis ils sont revenus vers les Bermudes, Halifax, puis maintenant, ils sont en route vers les Bahamas, eux aussi. Lorsque je leur ai demandé pourquoi ils ne voyageaient pas plutôt vers

la Méditerranée et l’océan Indien, ils ont dit que

la Méditerranée n’est pas un bon endroit pour faire de la voile à cause du manque de bons lieux d’ancrage, des vents peu favorables, soit trop, soit trop peu, et des infrastructures dispendieuses. Par contre, ils espèrent se rendre un jour dans l’océan Indien en contournant l’Afrique, mais ils préfèrent vraiment naviguer en Amérique du sud.

Donc, demain, nous partons vers les îles Salomon situées dans la rivière Patuxent en compagnie de Fière Allure qui nous précédera de quelques heures, le temps de finaliser la mise au point du moteur avec  Randy. Nous pensons traverser la baie de Chesapeake en trois jours, environ pour nous rendre à Norfolk, où nous aborderons le canal Intra-costal. Il y a de bons vents portants  prévus pour les prochains jours…

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nov 03 2007

La première traverse en mer de nuit à partir de Sandy Hook vers Atlantic City-Du 18 octobre au 2 novembre

Publié par Guy sous Le voyage

Fière Allure Guy sur le boardwalk, Atlantic City Bouee de chenail dans la baie de Delaware Couche de soleil sur l'Atlantique Fiere Alure

Finalement, nous sommes restés 4 jours à Sandy Hook à attendre la bonne fenêtre météo pour partir en mer pour notre premier grand périple : 22 heures, incluant une nuit complète sans escale! Ce trajet se fait le long de la côte à moins de 5 miles et plus de 3 miles. C’est de la navigation côtière où nous voyons toujours la terre à bâbord. La nuit, ce sont les lumières des villes et villages que nous voyons. Pour une belle traversée, il nous faut des vents de l’ouest 10 à 15 nœuds. Pendant notre attente, nous faisons plus ample connaissance avec Stéphane et Mylène. Nous faisons de nombreuses descentes à terre. Finalement, c’est Michael Clayton qu’on est allé voir au cinéma. Un bon thriller.

Puis c’est le matin du départ! Stéphane et Mylène partent en même temps que nous et nous prévoyons nous garder à vue pendant tout le trajet. C’est vraiment un beau matin ensoleillé avec un vent de l’ouest, nord-ouest à 15 nœuds, avec une petite vague de 1 à 1½ pieds de haut. Nous sommes en grande forme et très excités par l’aventure qui nous attend. En route, nous prenons plusieurs photos du bateau qui nous suit et nous  naviguons à environ trois miles de la côte. C’est très enivrant! Il y a du trafic, mais pas beaucoup. Curieusement, il y deux très petits oiseaux qui nous poursuivent et qui sont si peu effrayés qu’ils se posent sur notre bras, sur l’épaule ou sur les cordages près de nous. Une fois, même, l’un d’eux est entré dans le bateau! Là, ça suffit! Je l’ai pourchassé hors du bateau, puis ils sont partis!

Guy et moi, prenons chacun notre tour à la barre, mais je préfère ce travail plutôt que celui d’ajuster les voiles.  Il faut garder le moteur en marche à 2000 tours pendant tout le trajet afin de produire de l’électricité. La grande voile et le génois sont sorties. Pour dîner, au menu il y a une soupe aux légumes maison, sandwich, biscuits et thé.

Vers 2h de l’après-midi, il semble que le vent veut changer de direction. C’est maintenant du vent du sud-ouest qui forcit à 20 nœuds. C’est donc une navigation avec vents de face. Il faut garder seulement la grande voile avec une bande de riz. (Réduire la surface de la voile). Notre vitesse est grandement réduite et nous devons faire des changements de bords pour avancer. La vague augmente à deux à trois pieds, puis, à plus de  trois pieds pendant la nuit. Ça brasse, mais on ne perd pas l’enthousiasme. Guy dit que c’est une belle mer. Il y a un beau clair de lune qui nous accompagne jusqu’à 4h du matin, puis c’est le noir jusqu’au levé du soleil à 7h :10. Un moment donné, on se perd de vue, puis, à force de vérifier nos coordonnés au GPS, on se retrouve. Ça brasse pas mal plus pour faire le souper, mais j’y arrive sans avoir le mal de mer. Ça brasse comme ça toute la nuit. Il y a de l’équipement nouveau à essayer pendant cette traversée de nuit : nous portons nos gilets de sauvetage et un harnais de sécurité que l’on fixe à des lignes de vie. Ce sont deux longues sangles fixées de chaque côté du pont pour nous permettre de bouger le long du bateau si c’est nécessaire.

Au petit matin, on arrive seulement au large d’Atlantic City. On a fait la distance prévue, et ça fait plus de 22 heures que nous naviguons mais avec les changements de bords, nous avons seulement deux tiers du trajet de fait. Il faudrait encore naviguer toute la journée pour arriver à destination. Alors, d’un commun accord, nous décidons de faire escale ici. Dans l’un de nos livres de référence, on nous suggère d’aller s’ancrer dans une petite anse, à Rhum Point.  On y accède en suivant un étroit chenal, encore une fois, qui a suffisamment d’eau à marée haute. Eh voilà, il est 8h :30 du matin et c’est bonne nuit pour nous. On est épuisés!

Nous sommes finalement restés dans cette anse huit jours! Il y avait de la pluie et des vents de plus de 30 nœuds. Nous sommes quatre bateaux à l’ancre. A un moment donné, trois de ces bateaux ont des problèmes avec leurs ancres qui chassent. L’un d’eux doit se faire remorquer. La facture monte à $1600! Par chance, il est abonné à Boat US, la version maritime de CAA. Il ne débourse donc rien mais signe la facture. Depuis cet incident, nous avons révisé notre couverture de protection avec Boat US de $500 à $2500 par appel!!  A la fin, tout le monde a installé deux ancres. Par chance, il y un gentil préposé à la marina qui nous permet d’accoster nos annexes gratuitement et nous donne accès aux codes du bloc sanitaire. Donc, nous allons à terre tous les jours, sauf une journée où Guy ne voulait pas quitter le bateau pour surveiller.

Atlantic City c’est le Las Vegas de la côte est américaine avec ses nombreux casinos et mégas hôtels. Il y a un long sentier pédestre de plus de 4 miles sur le bord de la place où les boutiques et les restos sont installés. Il y a aussi de nombreuses chaises doubles poussées par leurs propriétaires qui offrent ce mode de transport aux passants. C’est chaises, souvent faites en osier avec contour de protection en mica dépendamment de la météo, sont un peu une spécialité de la ville, comme les bonbons, salt water taffy, qui datent des années 1800 lorsque la ville a vraiment pris sont essor. Nous sommes bien installés avec accès facile aux services, mais après huit jours, nous sommes tous écœurés et  nous avons hâte de partir.

C’est donc le 29 octobre que nous levons l’ancre pour compléter le trajet en mer vers Cape May. Le ciel est très clair, pas un nuage et le vent souffle à 10 à 15 nœuds ouest, puis sud-ouest, donc encore vent de face pour la fin de la journée. C’est donc un début de journée toute voile dehors, mais une fin de journée avec seulement la grande voile. En cours de route, nous croisons des baleines! Je les avais vues la première, alors que je croyais que c’était des kayaks! Puis, elles sont venues plus près du bateau. Nous les avons vues plonger et sortir la queue, puis, à plusieurs reprises, revenir à la surface souffler leurs jets d’eau. Quel spectacle!

Cape May est un très joli village, mais nous n’avons pas le goût de rester. Le lendemain, nous filons vers le canal de Cape May, pour trois miles, puis c’est la grande baie du Delaware. Cette baie est reconnue pour avoir une météo souvent traître, et offre peu d’ancrages sûrs. Alors, comme il fait beau, nous en profitons pour aller le plus loin possible vers le fond de la baie, là où commence le Delaware and Chesapeake Canal. La direction est nord, le vent est portant et la marée aussi. Cette baie est immense, comme une mer intérieure. Nous ne voyons aucune terre lorsque nous rejoignons le chenal de navigation au milieu. Il y a des phares qui balisent notre route, anciennement habités, mais maintenant équipés électroniquement. Nous devons faire escale à Cohansey River, petite marina à quelques kilomètres de l’embouchure de la rivière qui serpente de nombreuses fois avant d’arriver. Nos amis ont déguisé leurs deux filles pour passer l’halloween d’un bateau à l’autre, puis à terre au petit village de Greenwich. Nous leurs avions préparé un sac de friandises avec chacune une Pop Tart, bien entendu!!

Le 1 novembre, nous terminons notre traversée du Delaware sans problème avec un vent de travers. C’est une autre belle journée de voile. Mais au départ, nous avons un petit problème : à la sortie de la rivière, nous avons un moment d’inattention et nous nous échouons sur la rive de sable! Par chance, c’est encore marée montante et Guy réussit à nous sortir de là. Encore une fois, quelle chance d’avoir le GPS!

En début d’après-midi, nous arrivons au canal Delaware and Chesapeake que nous longeons jusqu’à Chesapeake City, où nous jetons l’ancre dans une petite baie très protégée. C’est là que nous devons passer presque trois jours. Encore une fois, les gens de la place nous accueillent chaleureusement. C’est facile d’avoir accès aux douches et le responsable du quai municipal vient nous rencontrer sur le quai et nous offre même de nous conduire en ville pour notre ravitaillement! Le reste du temps, nous visitons cette ville qui est un site historique merveilleusement bien entretenu. Les maisons sont toutes identifiées avec la date de construction dans les années 1800 et le nom du premier propriétaire. Plusieurs sont converties en boutiques. Et toujours, la proverbiale bibliothèque avec ses services gratuits. Donc, un bel endroit pour passer quelques jours!  Nous en profitons pour faire plus ample connaissance avec les équipages de trois autres bateaux. L’un deux, un autre couple avec deux fillettes du même âge que les deux filles de Stéphane et Mylène, sont partis de Halifax et parlent très bien le français. Les deux familles sont donc ravies de faire un bout ensemble. Il y a aussi un couple de l’Île-aux-noix, qui navigue sur un Nordiqua 30, Jean-Marc et Pascale. Et finalement, un couple d’australiens, qui navigue sur un Oyster 42. Ce couple est vraiment fascinant! Nous avons passé un après-midi très agréable avec eux au resto du coin.  Le monsieur, un haut fonctionnaire retraité de 75 ans et la dame, une enseignante retraitée un peu plus jeune. Ils sont venus acheter leur bateau ici à Annapolis il y a deux ans. Ils ont navigué

la Chesapeake, puis sont allés aux Bermudes pour quelques semaines. Ils ont alors continué leur route jusqu’à Halifax. Ils sont maintenant en route vers Baltimore, d’où ils veulent mettre leur voilier sur un bateau pour le ramener en Australie ($50 000). Après, 1½ ans, la dame est fatiguée et veut revoir ses petits-enfants. Ils avaient pour projet initial de naviguer jusque chez eux. C’était alors un voyage  additionnel de 4 ans! Enfin…

Demain, c’est le grand départ pour Annapolis à 6h :00.

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nov 03 2007

La vie à bord

Publié par Guy sous Le voyage

 

D’abord, il faut mentionner que notre bateau mesure 9 mètres. Selon ce que l’on observe, c’est un petit bateau comparé à la norme autour de nous. C’est un monde de gros voiliers qui nous entourent et surtout un monde d’énormes cruisers. Alors, avec notre Kelt 1985, on fait figure assez modeste, merci! Mais, ce n’est pas un problème pour nous. C’est une observation qu’on fait et surtout, dont on doit se rappeler lorsqu’on rencontre d’autres gens. On ne peut pas vraiment les suivre si leur bateau roule beaucoup plus vite que nous.

On dit que la longueur d’un bateau diminue d’un pied par semaine lorsqu’on y habite, surtout lorsqu’il y a d’autres personnes à bord. Eh bien, moi, ce n’est pas encore l’expérience que je découvre. Au départ, faut dire que j’étais un peu claustrophobe, surtout dans la chambre. Mais, cette impression s’est maintenant dissipée et je découvre plutôt des racoins où mettre des choses et j’ai l’impression que notre environnement s’agrandit, plus on devient efficace à ranger les choses de façon de plus en plus pratique.

C’est certain qu’il faut apprendre à se mouvoir tout en courbes afin d’éviter de se cogner partout. Pour ceux qui ont visité le bateau, vous pouvez apprécier. Pour les autres, eh bien, l’intérieur du bateau n’est pas à la même hauteur partout et il faut apprendre à se pencher lorsqu’on évolue d’une pièce à l’autre. Même chose dehors, sur le pont, il faut éviter les cordages et les rebords du toit, et surtout, il faut apprendre à se déplacer prudemment sur la surface inégale du pont afin d’éviter de se blesser sur le gréement.

Il faut apprendre à manipuler prudemment les objets sur le pont ou sur les quais, car ils sont vite perdus par le fond si on les échappe! Ça fait quelques fois que Guy sort son habit de plonger pour essayer de retrouver quelque objet, toujours le plus dispendieux du lot! Encore une fois, on dit que perdre ainsi un objet par semaine est la règle pour la plupart. Ça peut devenir dispendieux… Enfin, on découvre comment procéder plus surement, quel équipement de sureté ferait l’affaire, quelles poches sont fiables.  

Lorsque nous sommes en route, toute notre attention se porte sur les manœuvres à faire ou a prévoir. En général, la veille au soir, nous étudions bien les cartes pour être bien familiers avec le trajet prévu, connaître  les endroits plus délicats à franchir et le but à atteindre. Ensuite, Guy programme les «way points» sur le GPS, c’est-à-dire, les étapes du trajet. Comme le GPS et l’ordinateur sont situés dans le cockpit du bateau, celui qui n’est pas à la barre doit s’occuper de vérifier l’écran pour confirmer le trajet suivi par le bateau. C’est ce qu’on devait faire très attentivement, par exemple, lorsqu’on est passe dans la petite baie d’ancrage suggérée par Bill, un soir de grand vent sur

la Hudson. Sur l’ordinateur, je pouvais confirmer que nous suivions l’étroit chenal, même si Guy avait de bons repères visuels sur la rive et qu’il surveillait le profondimètre dans des eaux de 7 à 9 pieds seulement et moins que cela s’il s’éloignait du chenal! Celui qui est à la barre utilise les cartes papiers pour suivre visuellement les aides à la navigation qui sont nos repères le long de la route. C’est certain que si nous pouvons utiliser le pilote automatique, ça nous libère un peu, mais il faut toujours avoir l’œil sur le trajet et sur comment se comporte le bateau surtout lorsque nous avançons à voile.

Une fois ancrés, ou au quai, c’est la vie de tout les jours proprement dite qui s’installe. Nous sommes toujours préoccupés par le ravitaillement, d’abord en vivres et en eau. Nous avons à bord assez de nourriture de base pour nous suffire plusieurs jours, voir, plusieurs semaines, mais il faut ajouter les aliments périssables à intervalles de trois à quatre jours.  C’est ce que nous avions prévu et ça se passe assez bien. En général, nous avons accès à une bonne épicerie au trois ou quatre jours. Le reste du temps, il faut faire avec les genres dépanneurs qui ne sont pas forts en fruits et légumes. Il faut mettre du temps pour trouver les endroits et s’y rendre a pied avec notre petit chariot. Pour l’eau, notre réservoir contient 140 litres, soit environ 38 gallons. Nous transportons aussi des petits réservoirs que nous gardons sur le pont. Nous sommes conscients que cette réserve ne sera probablement pas suffisante au Bahamas. Il faudra donc s’ajuster en ajoutant des plus gros réservoirs soit sur le pont ou quelque part d’autre dans les espaces non-utilisés à l’intérieur du bateau (!!!). C’est donc une préoccupation constante de ne pas utiliser trop d’eau pour toutes les activités de la vie courante. Nous prenons conscience de la valeur de cette denrée qui peut être rare, surtout de la bonne eau. Donc, à date, nous mangeons comme d’habitude chez nous, en ajoutant quelques nouveautés.

Aujourd’hui, vendredi, 19 octobre, dans la petite ville d’Atlantic Highlands, nous avons trouve un magasin spécialisé en fournitures de pêche. Pour environ $250, le très bon vendeur nous équipe du matériel de base pour la pêche : canne à pêche très rigide et assez courte, enrouleur, ligne et divers agrès comme des hameçons et des appâts artificiels. Comme Guy et moi sommes novices dans le domaine, il peut se payer notre tête, mais on n’a pas le choix. Le tout est garanti pour prendre n’importe quel poisson courrant sur la côte, jusqu’à plus de deux mètres de long et garanti qu’on va prendre du poisson c’est sure, sinon argent remis (!!??) Dans le port, ici, la pêche  est vraiment active. Lorsqu’on regarde à la surface de l’eau on peut voir les poissons sauter pour manger des insectes. Et lorsqu’on regarde dans l’eau, il y a des milliers de petits poissons comme des caplans. On nous dit qu’ils sont repoussés près des rives parce qu’ils sont pourchassés par le plus gros poisson au large. A suivre…Finalement, en jasant avec un gars dans une autre shop, il nous suggère d`acheter seulement une ligne avec hameçons et appâts! On peut attacher la ligne au bateau lorsqu’on est en mouvement et le tour est joué… Enfin, on a  rien acheté! Notre réflexion à ce sujet se poursuit.

Lorsque nous débarquons à terre, nous recherchons d’abord les douches et un accès à Internet. Pas toujours dans cet ordre! Pour Internet, nous apportons l’ordinateur avec nous si la connexion ne s’est pas faite du bateau. Souvent, ça fonctionne à terre, plus près des serveurs, ou à partir d’un endroit publique comme les bibliothèques municipales. Chaque petite ville a sa bibliothèque; les dames patronnesses sont toujours gentilles et accommodantes. Souvent, on trouve un banc et on s’y installe avec le laptop.

Puis, il y a l’approvisionnement en diesel. Notre réservoir contient 40 litres et nous pouvons rouler 30 heures avec un réservoir. De plus, nous avons deux bidons de 18 litres attachés à la rail avant du bateau, ce qui nous donne un autre 30 heures. Pour ce qui est du diesel, il faut se méfier de l’essence sale. Pour prévenir le problème, on essaie toujours de faire le plein à partir des bidons sur le bateau. Comme ça, les débris, s’il y en a,  se déposent au fond. On ne transvide jamais tout et on utilise un filtre lors de la manœuvre. Il y a aussi l’approvisionnement en propane. Nous avons deux réservoirs de 5 livres chaque. Nous utilisons en moyenne un réservoir par 9 ou 10 jours.  Puis, il y a la nécessité de faire la vidange du réservoir sceptique à intervalle d’une semaine environ. Lorsque nous serons en mer, Guy va installer une valve Y, donc directe à la mer… yukky!! Mais c’est comme ça là-bas. Finalement, notre annexe utilise de l’essence ordinaire au rythme d’environ  quatre litres par semaine.

L’approvisionnement pour toutes ces nécessités requiert  pas mal de temps. Ensuite, il faut faire la lessive. A date, nous en avons fait deux, ce qui veut dire que nos besoins se situent à environ une session de lessive aux dix jours. Notre degré de tolérance pour ce qui est des douches et des changements de vêtements est différent a bord d’un bateau. Tout ce que je peux dire, c’est que lorsque nous étions petits, la norme était un bain par semaine. Alors, maintenant, on ne revient pas tout à fait à la source, mais… nos limites sont moins exigeantes qu’à terre! Il y a aussi une particularité qui mérite d’être mentionnée : nous voyageons dans l’eau salée de l’Atlantique. L’eau salée ne sèche pas comme l’eau douce. Lorsque nos vêtements s’en imprègnent, ils ne sèchent jamais vraiment. La sensation est comme un peu huileuse. Donc, il faut prendre l’habitude de changer de pantalon et t-shirt lorsqu’on entre à l’intérieur du bateau pour ne pas « saler » les banquettes! Sinon, banquettes et lit prendront vite la sensation de l’eau de mer que j’ai décrite plus haut.

Lorsque nous sommes dans les marinas, nous rencontrons souvent d’autres gens des bateaux environnants. La plupart voyagent sur un bateau plus gros que le notre, donc, nous les perdons de vue puisqu’ils voyagent plus vite que nous. En général, ce sont des gens à peu près de notre âge, mais qui sont à la retraite. Mais, cette semaine, nous avons rencontré une très sympathique petite famille de quatre, les parents et leurs deux adorables filles, Camille et Catherine qui sont d’âge scolaire. Figurez-vous qu’ils habitent Beauharnois et qu’ils sont tous les deux profs! Stéphane est directeur adjoint à l’école Héritage de Châteauguay et Mylène enseigne à la polyvalente de Beauharnois. Ils sont partis de Beauharnois sur leur Fantasia 27 pieds et ont fait le grand tour par les Milles Îles, puis Oswego et le canal Érié, pour finalement rejoindre

la Hudson. Donc, nous nous suivrons probablement un peu! Puis, il y a eu un après-midi de pluie, assis au bar avec ces deux américains qui ramènent leur bateau chez eux en Caroline du sud. Ils sont partis de Boston. Nous avons beaucoup rigolé ensemble. L’un d’eux était vraiment très drôle! Puis, il y a ce couple d’environ 35 ans qui navigue pour deux ans et plus peut-être. Ils sont partis de

la Californie sur un Morgan 35, ont traversé le Canal de Panama et sont remontés jusqu’à New York où ils y sont depuis trois semaines environ. Ils s’enlignent maintenant pour

la Georgie, d’une traite en haute mer!  Il y a tellement de choses à discuter avec d’autres navigateurs : destination, météo, équipement, etc. etc. C’est comme ça que l’on apprend des trucs de toutes sortes, beaucoup d’info sur les ports à venir ou sur le gréement. Les gens sont incroyablement chaleureux et serviables. Il y a environ 5000 canadiens par année qui font ce trajet du Canada avec une destination dans le sud.

Maintenant, lorsque nous sommes à bord et que nous ne naviguons pas, il semblerait que nous ayons beaucoup de temps… mais non! Encore une fois, nous sommes constamment occupés. Mettons qu’on ne se lève pas très tôt, vers 7h :30 ou 8h :00. Mettons qu’on prend le temps de déjeuner comme on a toujours fait. On est donc prêts à commencer la journée vers 9h :00. Bien sure, on a pris le temps d`écouter la météo et les nouvelles de Montréal, puis on fait nos projets pour la journée. A date, en général, c’est une sortie à terre en annexe pour faire nos courses, ou trouver la bibliothèque municipale pour faire recharger l’ordinateur et en profiter pour faire nos nombreux travaux, soit sur le blogue, soit notre courrier, soit des multiples recherches d’information dont nous avons besoin. On n’a jamais assez de temps! Si on reste sur le bateau, Guy a toujours des menus travaux à faire pendant que je m’occupe des tâches ménagères. Il y a encore des choses à installer et surtout, l’entretient des choses que nous avons déjà. Parfois aussi je l’aide, comme lorsqu’il s’agit de changer l’huile du moteur. Parlant du moteur, quoique Guy soit assez familier avec le  moteur, il doit souvent chercher des solutions aux multiples petits problèmes qui surgissent. Il faut changer une courroie, déceler un boyau qui s’est défait,  trouver la source d’une petite fuite d’huile, etc. S’il y a une chose dont  nous sommes très conscients, c’est qu’il faut que ce moteur soit en top shape! Il faut donc le vérifier souvent, le bichonner, ne pas hésiter à changer une pièce. Il semble que la vie d’un moteur diesel peut aller au-delà de 20 000 heures. Notre moteur a maintenant seulement environ 1 500 heures. Donc, il devait être assez fiable. Cependant, comme je l’explique plus haut, il faut être attentif à ses besoins.

Un instrument qu’il nous reste à installer c’est le radio amateur. Nous n’avons pas nos licences pour communiquer sur cette radio, mais nous pouvons écouter, surtout la météo qui est plus précise encore, mais aussi complémentaire à ce que nous recevons sur les postes locaux. Pour ce faire, il faudra monter une antenne sur le pataras, l’un des câbles qui retiennent le mât. Nous avons toutes les composantes nécessaires et la radio, mais il s’agit de trouver le temps de le faire. 

Le jour, comme la nuit, lorsqu’on est à l’ancre, il faut être toujours aux aguets du comportement du bateau afin de déceler le plus rapidement possible si l’ancre chasse sur le fond. C’est sure que cette possibilité devient plus évidente par grand vent et vagues formées. C’est pourquoi il est plus prudent parfois de mettre deux ancres. Guy se lève presque toutes les nuits pour faire le tour du bateau et vérifier la météo.

Comme routine de tous les jours, nous sommes toujours préoccupés par la possibilité de bouger un peu. Confinés sur le bateau, nous sommes très limités à ce niveau. Nous avons pris comme habitude de faire des séances de technique Nadeau, qui est un système d’exercices basée sur la mobilité de la colonne vertébrale. Ça se fait debout et c’est très agréable à faire en regardant les étoiles sur le pont. Si nous le pouvons, nous allons à terre pour marcher. A date, nous avons pu aller à terre presque tous les jours et nous avons l’occasion de marcher  beaucoup. Bien sur, il y a les manœuvres de navigation, installer les voiles, les ajuster, et surtout, lever l’ancre! Avec nos 100 pieds de chaine et 160 pieds de câble sur l’ancre principale, et 60 pieds de chaine plus 150 pieds de câble sur la deuxième ancre, Guy commence ses journées avec des muscles réchauffés! Mais moi, je dois surtout garder la forme en marchant…

Si l’on regarde un peu les tâches que chacun de nous fait, je dois admettre sans hésiter que c’est Guy qui fait tout ce qui est important  et moi, je l’accompagne!! J’écoute ses préoccupations, j’entretiens l’intérieur du bateau, je fais la cuisine et la lessive, je tiens compte de l’inventaire, je compose les articles pour le blogue, je pose beaucoup de questions et je fais ce qu’il me dit! Heu…Anyway! Et vlan pour les accommodements raisonnables!! Jusqu’à maintenant, personne ne se plaint. Mais Guy maîtrise tellement d’expertises qui sont essentielles : la navigation, l’entretient mécanique de tous les équipements, la communication, la plongée en apnée, et j’en passe. Lorsqu’il nous reste un peu de temps, nous lisons. Moi, j’ai eu le temps de finir le dernier Harry Potter et Guy a presque fini Chesapeake, de J. Michener.

Une dernière chose qui nous impressionne tous les deux c’est l’impacte du plein air. C’est vraiment remarquable comme on se sent en forme, plein d’énergie. A vrai dire, c’est comme une journée de ski. On a les joues rouges, on bouge beaucoup, et le soir on est fourbus, sauf que pour nous c’est tous les jours comme ça. Les gens nous le disent parfois, «You have that healthy look boaters all have!»

Et voilà! C’est ça la vie à bord du Kerguelen.  

Enfin, à suivre… 

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