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mar 27 2008

Cat Island, Little San Salvador, Eleuthera – Du 12 au 25 mars

Publié par Guy sous Le voyage

Bennett  harbour-Cat Island New bight-cat Island Rock Sound L'ermitage sur Cat Island Happy Hour à Cat Island Les enfants des quatre équipages de notre flotille Notre souper d'anniversaire, le 20 mars Plage en face du resto de Cat Island Queen Mary II Junkanoo à notre arrivée à Eleuthera 100_0593 Kerguelen à Cat Island Un pointiana à Fernandez Resort Petit lézard à Fernandez Resort Guy et Caro en camion à Cat Cay L'ermitage du père Jérome à Cat Island

Lors de notre trajet vers Rum Cay, nous avons croisé à nouveau la ligne du tropique du Cancer, ce qui veut dire que notre route est maintenant résolument enclenchée vers le nord, soit en direction du retour. Nous voilà revenus en eaux plus tempérées après un séjour de moins d’une semaine en eaux tropicales! 

Les deux petites îles de Rum Cay et de Conception ont un intérêt certain, l’une par sa petite communauté très accueillante de moins de 60 personnes, et l’autre, inhabitée, mais offrant une variété de sites naturels intéressants à explorer. Nous décidons de prendre une place à la marina de Rum Cay, car nous voulons avoir accès à une table de dépeçage pour fileter notre dorade et nous espérons aussi avoir accès à des douches. La petite marina est très accueillante et aménagée joliment, mais c’est peine perdue pour la douche car il n’y en a pas. Par contre, nous sommes bien installés pour dépecer la dorade. Guy est maintenant devenu très habile à cette tâche. Nous réservons notre soirée pour profiter de la connexion Internet, puis le lendemain, avant de repartir, nous allons faire un tour au village. Les quelques personnes que nous rencontrons sont très amicales, nous invitant même chez eux. Cependant, malgré la beauté des lieux, nous avons l’impression d’être ici vraiment isolés. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il n’y a plus de terre à l’horizon qui nous sépare de l’Afrique, sauf, la petite île de San Salvador un peu plus au nord-est.

Plus tard, lorsque nous partons pour l’île de Conception, c’est en direction nord-ouest, donc franchement vers le continent américain. Cette île inhabitée vaut le détour parce qu’il s’y trouve tout près des formations de coraux très inhabituels, le Southampton Reef, où les têtes de coraux ressemblent à des arbres et s’élèvent à plus de 20 pieds sur un fond de sable blanc. Les plongeurs ont l’impression d’évoluer entre des gratte-ciels, comme Superman. Ce site étant désigné parc national, la pêche y est interdite. Un autre endroit intéressant est le marécage Conch Creek dont l’accès est possible seulement à marée montante ou marée haute par zodiac. Ce marécage  ressemble à un lac peu profond, soit quelques pieds, bordé de mangroves. Les tortues de mer abondent dans ce site protégé. Elles se sauvent à toute vitesse sous l’eau lorsqu’elles se rendent compte de notre présence malgré nos efforts pour demeurer silencieux. Pas facile de les photographier. Nous nous laissons dériver et apprécions la beauté et le calme de ce magnifique site. http://www.bahamas.gov.bs/BahamasWeb/VisitingTheBahamas.nsf/Subjects/Endangered+Species+&+Eco

 

Puis, durant le trajet de retour, nous pouvons observer ces petits oiseaux tropicaux blancs aux flancs bleutés et aux très longues queues qui rappellent celles de cerfs-volants. Ils sont nombreux dans ce sanctuaire protégé et sont vraiment magnifiques à voir évoluer.  Deux dauphins viennent nager près de notre zodiac puis s’éloignent après avoir exécuté leur saut caractéristique hors de l’eau. Mais la magie de ce lieu est défigurée par la  présence humaine très évidente ici, comme dans les autres îles: des détritus de toute sorte apportés par les courants marins, surtout du plastique, jonchent les plages désertes.  Que c’est désolant! Le soir, avant de m’endormir, je songe à notre isolement et aux difficultés auxquelles nous serions confrontées si nous avions une urgence quelconque… Demain, notre trajet vers Cat Island représente huit heures de navigation. Nous serons alors à proximité d’un petit aéroport et d’une communauté plus ou moins organisée avec les services de base. 

Samedi, le 15 mars, c’est le départ pour Cat Island, où nous attendent Christian et Caro de Maya 10. A notre arrivée à l’ancrage de New Bight, nous paradons autour de leur bateau afin de les saluer joyeusement avant d’amorcer notre manœuvre d’ancrage. Quel plaisir de les revoir et de constater que leurs problèmes de moteur ont été réglés rapidement après notre départ d’Emerald Bay. Ils nous invitent à bord pour souper et ainsi fêter nos retrouvailles. Caro a cuisiné des pâtes au poulet qui sont un délice. A titre de contribution au repas, j’en profite pour cuisiner deux nouvelles spécialités : la soupe chowder à la dorade et la tarte à la noix de coco. Nous sommes heureux de pouvoir partager la dorade prise en mer deux jours plus tôt. J’avais fait congeler deux énormes filets à la marina de Rum Cay le soir de notre arrivée à cet endroit. Ça nous a donc permis de les conserver jusqu’à présent. Donc, très gros succès pour la soupe. Pour ce qui est de la tarte, il faut ici ajouter une petite explication. Depuis des mois, nous sommes en présence de palmiers et de cocotiers sans jamais nous intéresser aux noix de coco qui y sont suspendues en grand nombre. Mais ici, nous avons pris l’habitude de ramasser celles que nous trouvons au hasard de nos promenades et nous les conservons entières, non décortiquées, sur le pont du bateau dans un sac en filet. La noix de coco fraiche est délicieuse comme collation, mais je voulais aussi la transformer en dessert. J’essaie donc une recette simple de tarte à la noix de coco dans une croute de biscuit Graham, ce qui s’avère être un succès! Ma foi, nous sommes gâtés.

Nous restons à cet ancrage pendant quelques jours à cause d’un autre front froid qui amène des vents de plus de 20 nœuds. Les bahamiens sont super gentils et nous informent des services limités qu’ils peuvent nous offrir. La petite épicerie ressemble à un dépanneur où nous pouvons acheter de l’eau et quelques denrées. L’approvisionnement  en produits frais redevient une préoccupation. Nous pouvons faire le plein en carburant, et nous pouvons acheter du pain frais chez une dame qui habite tout près.

Nous sommes donc plusieurs bateaux à l’abri dans cette baie qui s’appelle The Bight. L’accès à terre est facile sur une large plage bordée de ces énormes conifères qui ressemblent à nos pins, les cajuarinas. Lorsque le vent se lève, ces arbres sifflent une musique un peu lugubre.  Nous remarquons aussi un autre arbre qui est recouvert de longues cosses brunes remplies de graines. C’est un Poinciana. J’en cueille quelques unes espérant qu’elles ne seront pas trop fragiles à conserver. Il y a un autre arbre qui attire notre attention : c’est le Banyan, cet arbre aux nombreuses ramifications torsadées dans le tronc qui peut devenir énorme. Nous en avons vu un dont le tronc immense faisait plus de vingt pieds de diamètre, les branches s’étendant sur la presque totalité d’un quartier, et dont certaines branches étaient si massives qu’elles étaient soutenues par un tronc secondaire à plusieurs mètres du tronc principal. L’âge de cet arbre était indiqué comme étant 180 ans. Mais, le  point d’intérêt de cet endroit est sans contredit l’ermitage du père Jérome. Situé à quinze minutes de marche de la plage, sur la plus haute montagne des Bahamas, soit à plus de 204 pieds de hauteur, cet ermitage aux murs de pierres de plus d’un pied d’épais, a été construit lorsque le père avait plus de 60 ans comme lieu de sa retraite. Il y a vécu jusqu’à l’âge de 80 ans, puis il y a été enterré. Depuis, ce lieu est préservé comme un site historique important pour les bahamiens. Lorsque nous arrivons sur place, nous devons grimper littéralement les derniers 20 mètres environs en suivant des minuscules marches sculptées dans le roc et bordées des stations du chemin de la croix. L’ermitage lui-même est en très bon état, mais ce qui nous impressionne ce sont ses dimensions encore une fois minuscules. Le père ne devait pas être un homme très grand! Sa petite chapelle possède encore son banc en bois à une seule place, situé juste en face d’un petit autel surplombé d’une fenêtre. Il y a encore une cloche dans son clocher. Les quelques pièces où habitait le père sont aussi minuscules, faisant à peine six par six, sommairement meublées. Son lit est encore dans sa chambre, mais Guy y aurait dormi en position assise, tellement il est minuscule. Mais toujours, il y a une fenêtre dans chaque pièce et une vue prenante sur tous les côtés de l’Atlantique. Cet édifice est de forme trapue, capable de faire face aux ouragans. C’était la marque de l’architecture de ce prêtre. L’endroit est paisible et inspirant. À mon avis, c’est la plus belle construction que nous avons vue aux Bahamas.

Dans l’ancrage, nous faisons connaissance avec l’équipage de Coxili, un bateau de 38 pieds avec à son bord une famille de cinq: deux ados, Jonathan et Roxanne, leur petite sœur adoptive de cinq ans, Lili-May, et leurs parents, Chantale et Martin. Ils forment un groupe bien sympathique et surtout très dynamique. Encore une fois, cette famille a tout liquidé pour partir en voyage, qui, au départ, devait durer trois ans, pour faire le tour du monde. Comme ils étaient, au départ, très inexpérimentés, ils ont vécu des moments très difficiles à bord. L’expérience la plus éprouvante pour eux a été la traversé du Golfe Stream, au terme de laquelle ils ont pris la décision de revenir au Québec cette année. Durant cette traversé qui s’est faite le même jour que nous, ils ont été malade, ils ont eu une panne de moteur, ils ont  vraiment été terrifiés. Alors, lorsqu’ils seront de retour au Québec en juin, leur bateau sera mis en vente et ils feront autre chose. Dommage vraiment, car au fil des jours où nous les avons connus, ils ont démontré des connaissances et des habiletés digne de respect.  

Nous profitons du temps libre que nous avons pour faire un peu d’exploration sur le pouce. Accompagnés de Caro, nous allons faire un tour au centre de villégiature, Fernandez Bay Village, situé à environ cinq milles plus au nord. www.fernandezbayvillage.com.  Christian reste à bord de Maya 10 pour soigner son dos qui le fait souffrir. Faire du pouce, ici, est un mode de transport courant. Le premier véhicule qui passe, arrête pour nous prendre à son bord… sauf que c’est un camion et que nous devons voyager debout dans la boîte, en nous agrippant aux rebords du toit! Nous avons le fou rire et je manœuvre pour prendre une photo de ce trajet mémorable! Il faut savoir que la limite de vitesse sur les routes des îles est de vint milles à l’heure.  Arrivés à destination, nous découvrons une magnifique baie en forme de croissant de lune, où loge un club privé avec plusieurs petits chalets de location. Dans l’édifice principal, il y a un restaurant et une boutique de souvenirs. Nous en profitons pour dîner avant de repartir. Comme ce sera notre anniversaire de mariage demain, nous projetons venir jeter l’ancre dans cette baie pour ensuite revenir au resto pour un souper romantique avec vue sur les palmiers et sur cette baie magnifique digne d’une carte postale!!

Le lendemain, nous levons l’ancre en prévision de nous trouver un ancrage plus protégé des vents du sud, sud-ouest, possiblement à Fernandez Bay. Cependant, d’un commun accord, nous décidons de continuer notre route vers le nord où se situe un meilleur ancrage près de Bennett’s Harbour. Adieu souper romantique… Notre sortie à plus de cinq milles au large nous fait découvrir une mer formée, avec des vagues courtes de plus quatre pieds. Stéphane de Fière Allure perd son annexe lorsque le cordage qui la retient au bateau se brise. Il fait demi-tour et réussit à la rattraper, mais l’effort lui vaudra un mal de dos qui le limitera pour quelques jours. Quant à nous, Guy fait lui aussi une manœuvre risquée qui heureusement n’a pas eu de conséquences : lorsqu’il remarque qu’une rame de l’annexe s’est détachée et risque de se perdre, il décide d’aller la replacer, ce qui exige qu’il descende dans l’annexe en cours de route. Il réussit la manœuvre en faisant quelques pas rapides sur les boudins de l’annexe, puis en se laissant rouler en petite boule au fond du bateau. Il replace la rame, mais il faut qu’il revienne à bord, alors que l’annexe bouge comme dans une montagne russe derrière le bateau! Je n’ai pas le goût de pratiquer la procédure de l’homme à la mer dans les conditions que nous connaissons présentement!! Enfin, il s’en tire avec un bon avertissement que la prudence est de rigueur, et au diable la rame la prochaine fois. Il est peut-être capitaine du bateau et ses décisions font loi, mais moi j’en suis l’amirale et gare quand je parle!!

Après quatre heures de navigation, nous voilà donc à l’abri, heureux d’avoir fait le trajet. Nous découvrons un petit resto bahamien très sympathique, le Pompey Rock Restaurant, où nous donnons rendez-vous à toute la flottille pour notre souper d’anniversaire. Nous nous retrouvons donc treize, quatre enfants, une ado de 18 ans et huit adultes. La soirée se déroule très chaleureusement et nous sommes très touchés par la générosité de nos amis qui nous ont offert cette soirée des plus agréable. Merci encore, la gang!

Le lendemain, c’est un départ pour Little San Salvadore, une petite randonnée en mer de vint milles. Trois autres bateaux québécois suivent sensiblement le même trajet que nous et nous suivent à l’ancrage de Half Moon Bay. Il s’agit de Beau Fixe, ayant à son bord une petite famille de quatre, White Whisper et Sea Misty que nous connaissons moins, ayant, eux aussi respectivement, deux et trois enfants à bord. Comme cette île est entièrement une propriété privée de la compagnie Holland America Line-Westours, nous n’allons pas à terre. Ce soir, il n’y a pas de bateau de croisière dans la baie, mais c’est souvent le cas. Il faut alors être très discret et ne pas déranger les vacanciers qui débarquent du bateau pour s’adonner à toutes sortes de sports marins dans la baie, genre, moto-marine, vole à voile, kayak, randonnée de pêche, etc. Les installations terrestres sont à la disposition de ces vacanciers qui y séjournent en moyenne seulement pour la  journée avant de retourner à bord poursuivre leur croisière. Nous restons à l’ancre pour la nuit, puis nous poursuivons notre route vers la grande île d’Éleuthera.

Notre route nous amène devant une passe sur l’Atlantique entre les deux îles. Malgré les vents faibles de dix nœuds environs, nous devons manœuvrer dans de longues vagues croisées de plus de six pieds. Nous perdons de vue Fière Allure entre deux vagues; il reste seulement leur mât pour indiquer leur position! Puis, en passant la pointe sud de l’île, nous apercevons un magnifique bateau de croisière à l’ancre. C’est le Queen Mary II! Je décide de le saluer sur la radio VHF, mais je n’ai pas de réponse. Jennifer, de Beau Fixe, a plus de chance. Mais l’officier de garde, dans son message très bref, lui rappelle qu’il est interdit de s’approcher de leur bateau à plus de cent mètres. Pas très «friendly» les brits!

Puis, nous arrivons à l’ancrage de Rock Sound, situé au sud de l’île d’Eleuthera. Rapidement, nous avons l’impression que l’atmosphère a changé. Depuis le temps que nous avions le projet de nous y rendre, je m’étais imaginé une vision exotique de cette île au nom énigmatique. Petite parenthèse : il y a des noms comme ça qui suscitent la curiosité car ils inspirent une histoire, un passé passionnant. Un peu comme ce navigateur que j’avais rencontré à Staniel Cay, dont le bateau se nomme Zingaara II. Intriguée par le nom de son bateau, je m’informe sur son origine. Il m’a alors raconté qu’il avait fait ce même voyage dans les Bahamas avec sa première femme il y a plus de vingt ans avec un bateau semblable qu’ils avaient nommé  Zingara, du nom d’une tzigane célèbre dans un opéra italien.  Il voulait maintenant refaire le voyage en mémoire de cette première expérience.

Donc notre arrivée à Eleuthera, c’est comme si nous arrivions dans un autre pays, tant les bâtiments que nous apercevons sont plus nombreux et semblent être mieux entretenus. Plusieurs autos circulent le long de la route principale. D’abord, il faut savoir qu’Eleuthera et plus au nord, les îles Abacos sont beaucoup plus peuplés par des blancs. Ces bahamiens ont l’air plus prospères et la petite municipalité semble avoir une vie plus organisée avec plusieurs services. Comme un autre front froid s’annonce pour les prochains jours, nous prévoyons séjourner ici possiblement pour la semaine. Comme pour nous souhaiter la bienvenue, nous entendons une musique de fanfare en provenance de la plage municipale. Après notre manœuvre d’ancrage, comme nous sommes Samedi Saint,  nous allons rapidement faire un tour à terre pour tenter de nous ravitailler sommairement avant le congé de Pâques. C’est avec soulagement que nous trouvons à proximité tout ce dont nous avons besoin. Puis, nous apprenons que se déroule présentement une fête annuelle, le Home Coming. Il s’agit de fêter une fois dans l’année les gens qui reviennent dans leur village natal. Cette fête est un peu comme notre Saint Jean Baptiste, mais avec plus d’envergure puisqu’elle dure trois jours! Cinq milles personnes se sont déplacées pour participer à cette fête foraine qui se terminera le lundi de Pâques dans ce village. La date de cette fête varie d’une localité à l’autre. Donc, à l’affiche ce soir, nombreux kiosques offrant nourriture bahamienne, spectacle de talents locaux, parade Junkanoo, spectacle de deux chanteurs qui sont ici des célébrités, et finalement, une danse dans la rue. Christian nous accompagne à cette fête jusqu’en fin de soirée, tandis que les autres équipages en profite pour se coucher plus tôt après notre longue journée de navigation.  J’en profite pour prendre quelques photos des costumes magnifiques. Nous quittons les lieux à une heure du matin.

Le lendemain, c’est Pâques et nous passons une petite journée tranquille à visiter un peu ce village, maintenant très tranquille puisque tout est fermé pour les prochains deux jours. En soirée, nous invitons Maya X et Fière Allure à bord pour venir déguster désert, thé, café, Irish Cream, et quelques cocos de Pâques. Au menu, tarte à la noix de coco, décorée de guimauves que les enfants découpent pour former un lapin. Je n’ai pas oublié cette petite tradition familiale. 

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mar 12 2008

Du 6 mars au 11 mars – Long Island

Publié par Guy sous Le voyage

Mangroves sur l'île de Conception Guy s'installe au volant à gauche. Plage de Stella Maris à Long Island Monument Hill à Long Island Notre magnifique dorade de quatre pieds! Dean's Blue Hole, Long Island Dean's Blue Hole, Long Island La première salle de la caverne de Salt Pond L'accès à  la dernière salle de la caverne Salt Pond L'accès au quai à  George Town. Les enfants d'école à  George Town

 

A voir d’autres photos sur le site de Flickr, code hacdes55

Finalement, le front froid nous aura obligés à passer non pas cinq, mais bien six jours à

la Marina d’Emerald Bay, «in the lap of luxury». Je pense que nous avons profité même cette année d’une semaine de relâche pour nous reposer du quotidien!! Cependant, nous devons admettre qu’un séjour à une marina cinq étoiles ça fait changement d’un séjour à la montagne pour faire du ski, même si au fond, je suis déçue de ne pas faire l’expérience de cet hiver magnifique qui se déroule au Québec. Je me demande si je n’entends pas quelques protestations qui font écho jusqu’ici?! A bien y penser, depuis notre arrivée à George Town, le 9 février, nous avons parcouru seulement 35 milles. Ça fait donc presqu’un mois que nous bougeons à peine. Avant de partir, Guy fait une plongé autour du bateau pour frotter un peu la quille afin de la débarrasser des algues et des petits coquillages qui la recouvrent. En passant, il dégage le lecteur de vitesse qui, lui, est presque disparu en dessous d’une couche de végétation marine. Il est temps qu’on s’active, comme dirait Alexis, mon gendre préféré!

Lorsque nous partons, jeudi matin, nous nous séparons de l’équipage d’Epsilon, Michel et Josée, qui poursuivent leur route vers Cuba. Caro et Christian de Maya X restent à la marina encore quelques jours, histoire de finaliser la réparation de leur moteur. Nous avons déjà dit au revoir à Mark et Millie de Windigo et à Preston et Cheeny de Wy East. Nous poursuivons maintenant notre route avec nos amis de la première heure, Stéphane et Mylène de Fière Allure. Nous pensons, par ailleurs, rencontrer à nouveau plusieurs de ces équipages quelque part sur notre trajet de retour, soit dans les îles Abacos, soit dans l’Intra-costal. Pour Caro et Christian, c’est plutôt un rendez-vous!

A peine sortis de la passe au sud de George Town, nous constatons en examinant les cartes que nous croisons le tropique du Cancer, ce parallèle situé au nord de l’Équateur qui démarque officiellement la frontière nord des régions tropicales. Nous pouvons maintenant dire que nous naviguons les mers du sud. Dans le cas présent, en route vers Long Island, c’est sur le banc que nous naviguons, sur des eaux d’un bleu éblouissant d’une profondeur de 12 à 20 pieds. Nous sommes au près, par vents de 15 à 18 nœuds, avec seulement la grand voile et le moteur, ce qui nous permet d’atteindre une vitesse de 4 nœuds. La mer est calme, avec un reste de swell du dernier front froid, soit des vagues de deux à quatre pieds. Comme à chaque départ, nous sommes fébriles et heureux de nous retrouver en mer après un arrêt prolongé. Nous faisons une première escale à George Town pour faire le plein de provisions, de carburant et d’eau. J’en profite pour photographier plusieurs des endroits stratégiques de la petite ville. Puis, le lendemain, c’est une traversée de neuf heures qui nous sépare de l’ancrage de Thompson Bay, à l’ouest de l’île, Long Island.

A notre arrivée dans cette vaste baie, nous en profitons pour jeter un coup d’œil au premier trou bleu, Salt Pond Blue Hole, que nous rencontrons. Il s’agit d’une formation géologique que l’on retrouve à quelques endroits dans les Bahamas qui est en fait un long tunnel vertical, ou plutôt un trou dont la profondeur est parfois inconnue. Celui-ci a un diamètre d’environ vingt pieds. Nous pouvons distinguer les parois rocheuses lorsque nous passons à quelques reprises au-dessus. Les amateurs de plongé sous-marine aiment bien explorer ces trous énigmatiques, mais ils peuvent être traitres avec des courants inattendus. En fait, pendant notre séjour à George Town, un plongeur est décédé en tentant d’explorer un tel trou. Nous en avons été témoin sur la voie d’appels de détresse du VHF, au moment où on a essayé de trouver un médecin parmi les équipages à l’ancre. Par chance, il y avait un anesthésiste qui s’est porté volontaire. Malgré des efforts concertés pour aller le chercher rapidement par zodiac, le plongeur était mort à son arrivée sur place. Enfin, le lendemain, nous avons eu un peu de détails sur ce cas, entre autres qu’il n’avait pas été assez prudent lors des manœuvres avec son partenaire de plongé.

Lors de notre première visite à terre, le lendemain de notre arrivée à Thompson Bay, nous explorons la petite communauté de Salt Pond. Nous sentons ici un changement dans la mentalité des bahamiens. Ils sont plus curieux de nous voir et semblent être moins blasés par la présence de touristes. Cela s’explique par le fait qu’ici, nous commençons la partie de notre voyage dans les «Out Islands», situées au sud-est des Exumas, plus loin dans l’Atlantique. Comme ces îles sont plus isolées, il y a beaucoup moins d’équipages qui s’y rendent. Durant notre randonnée, plusieurs autos s’arrêtent pour nous offrir de nous conduire à destination car c’est une journée torride.

La première excursion qui nous intéresse est la visite de la caverne terrestre de Salt Pond située tout près de notre ancrage. L’accès est située près de la plage sur un terrain privé tout près d’une villa. Les propriétaires ont aménagé un petit sentier dont l’entrée est identifiée par un le mot, «Cave», gravé sur un panneau rudimentaire. L’endroit est laissé en friche et les visiteurs doivent être prêts à évoluer sur un terrain rocailleux, parsemé de racines et parfois très glissant. Des coquerelles et des chauves-souris y ont élu domicile. Une légende raconte qu’un couple serait mort en tentant d’explorer ces cavernes et que depuis ce temps, leurs fantômes errent sur les lieux. Les bahamiens qui nous informent sur la l’emplacement de cette caverne n’y sont pas allés eux-mêmes, malgré qu’ils soient natifs de l’île! La superstition les empêche, jeunes et plus vieux, de découvrir ce qui s’y trouve. Armée de la caméra et de lampes frontales, nous nous introduisons avec prudence sur les lieux, après en avoir demandé la permission aux propriétaires. Je ne suis pas très brave, mais je suis séduite par la beauté de la première salle qui est illuminée par un puis de lumière situé au plafond. Elle est vaste et sa forme est très irrégulière. Ses parois sont parsemées de stalagmites et de stalactites qui diminuent progressivement en hauteur sur les côtés. De longues racines jonchent le plafond et descendent jusqu’au sol de la caverne. L’air y est humide et chaud. Le sol est très accidenté et rocailleux recouvert d’une poussière fine, le guano, excréments de chauve-souris! Plus loin, la pénombre diminue progressivement jusqu’à ce qu’il y fasse une obscurité totale. Le silence est palpable et nous impressionne. Nous distinguons vaguement un tunnel vers la gauche. Je refuse d’aller plus loin, car je ne veux pas perdre de vue la petite luminosité derrière nous qui indique la sortie! Nos lampes frontales pourraient faire défaut et alors ce serait la panique si je n’apercevais pas par où revenir!!! Je propose donc à Guy de faire le relais en restant sur place tandis qu’il poursuit seul vers la dernière chambre, la plus spectaculaire! Je vois la lumière de sa lampe frontale diminuer d’intensité au fil de sa progression. Par intervalles, je l’appel pour vérifier que tout va bien. Puis il termine son trajet dans une grande salle voutée qui fait plus de quarante pieds de hauteur et autant de largeur. C’est là que nichent trois différentes sortes de chauve-souris suspendues aux aspérités de la voute. Après quelques minutes d’observation, il revient vers moi et je peux alors aller découvrir sur place ce milieu pour le moins inhabituel. Je prends quelques photos, puis, nous revenons tranquillement vers la sortie. Ces cavernes sont spectaculaires et méritent bien le détour. Ailleurs, dans un endroit plus fréquenté, ces cavernes seraient aménagées en site touristiques. Présentement, elles semblent être assez bien conservées, sans traces du passage humain, protégées par la superstition et par le respect, jusqu’à date, des quelques équipages de bateaux qui laissent ce lieu comme ils l’ont trouvé.

Le lendemain, nous décidons de louer une Dodge Caravan pour une journée afin d’explorer l’île. Stéphane et Mylène sont de la partie et c’est avec bonne humeur que nous démarrons vers midi sur

la Queen’s Highway, route étroite et asphaltée, traversant l’île du nord au sud. Il s’agit d’un trajet de plus de 70 milles que nous abordons d’abord vers le sud, réservant la partie nord pour le lendemain matin. C’est Guy qui s’installe d’abord au volant qui est situé à gauche du véhicule, expérimentant la conduite à gauche, vestige de la colonisation anglaise. Comme il n’y a pas de ligne centrale sur l’asphalte, il lui faut rester très alerte afin de maintenir une conduite à gauche sur la route. Nous longeons plusieurs petits villages, aux noms pittoresques tels que Deadman’s Cay, Mangrove Bush, et Stella Maris. Nous remarquons les habitations minuscules des bahamiens, qui font au plus 15 X 20 pieds. Plusieurs de ces habitations semblent être abandonnées, tandis que d’autres sont construites autour. Ces habitations sont faites en bois et en stucco blanc. Nous arrêtons pour regarder de plus près ce qui semble être un village complet abandonné. Les portes sont verrouillées mais chacune des six ou sept petites maisonnettes est relativement en bon état sur un solage de ciment. L’une d’elle a la forme d’une minuscule chapelle dont la porte est ouverte. A l’intérieur, nous découvrons une dizaine de bancs et chose très curieuse, trois cercueils blancs empilés à l’avant! Stéphane s’approche doucement pour vérifier s’ils sont bien vides et c’est le cas! Ce village est un mystère. Il semble être abandonné depuis plusieurs années. Il va sans dire, qu’étant une digne fille de mon père, je ne m’attarde pas sur ces lieux et je ne prends aucune photo!

Plus nous avançons vers le sud, plus les habitations témoignent d’une pauvreté accablante. Chaque hameau a cependant sa petite église. Nous nous arrêtons pour visiter deux d’entre elles qui datent de l’époque de père Jérôme, ce religieux qui était architecte dans sa jeunesse avant de devenir ministre anglican, converti plus tard à la religion catholique. Il a construit ces deux églises aux doubles clochers, l’une plus ancienne, anglicane, et l’autre catholique. Ces églises sont encore très bien entretenues et semblent accueillir une clientèle dévouée et activement impliquée. Le père Jérôme serait mort à l’âge de 80 ans, tard durant les années 1950.

Puis, nous arrivons Scrub Hill où est situé Dean’s Blue Hole, le trou bleu le plus profond au monde, soit plus de six cents pieds. Il doit faire entre 50 et 70 pieds de diamètre et est situé tout près du rivage. Il est bordé sur ses côtés nord et ouest par une falaise abrupte, d’où plongent les visiteurs téméraires. Aujourd’hui, il y a une famille d’un équipage de bateau et deux bahamiens qui s’adonnent à cette activité. Le côté est, est ouvert sur l’Atlantique et la partie sud est bordée par une plage. La beauté de ce site est à couper le souffle. Ce site est aussi un endroit très fréquenté par les plongeurs professionnels. Cette semaine, il y en a un qui essaie de battre le record mondial de plongé libre, sans aucun équipement. Ce record serait de plus de trois cents pieds!! Nous en profitons pour prendre quelques photos, puis nous poursuivons notre route. Le lendemain, c’est vers le nord que nous nous dirigeons. Cette fois, le point culminant sera le monument situé au Cap Santa Maria, rappelant la visite sur l’île de Christophe Colomb et aussi l’extinction subséquente des autochtones Lukayans, massacrés par les espagnols.

Sommes toutes, cette visite terrestre aura été un peu décevante par le fait que nous n’avons pas réussi à trouver plusieurs des sites intéressants, comme les centres de culture d’ananas et les ruines d’anciennes plantations. Par contre, le célèbre Blue Hole et le monument de Cap Santa Maria auront à eux seuls ont valu la peine de faire cette tournée. Nous retournons au bateau vers midi; puis nous faisons le plein de carburant et d’eau et quelques emplettes en vue de notre départ demain pour l’ancrage de Calabash Bay, situé au nord de l’île. Par la suite, notre destination sera Rhum Cay et Conception Island.

Nous continuons notre route allègrement au gré de bons vents portants. Notre premier arrêt est à l’ancrage de Calabash Bay en vue de nous positionner pour notre sortie sur l’Atlantique en direction de Rhum Cay. Ce trajet dure environ neuf heures par allure au près bon plein, ce qui veut dire que nous avançons rapidement à plus de 6 nœuds. La mer est calme avec un roulis de trois pieds environ. Nous en profitons pour lancer notre ligne à pêche. Vers deux heures de l’après-midi, ça y est! Nous avons une prise! Guy ramène lentement la ligne au bateau, mais il sent des réticences. Puis nous apercevons le poisson qui se débat vigoureusement. C’est une magnifique prise de quatre pieds de long, couleur bleu ciel, avec une bordure jaune aux flancs. Son aileron dorsal fait toute la longueur du poisson. Nous reconnaissons immédiatement une dorade ou Mahé-Mahé, une variété de poisson très prisée ici. En fait, c’est la prise que tous rêvent de capturer!! Enfin, la voilà dans le cockpit. Cette fois, nous améliorons notre technique d’abattage : il s’agit de lui mettre un linge sur les yeux pour le calmer et ensuite de lui verser du rhum dans les ouïes, ce qui lui porte un coup mortel. Puis, avec un couteau tranchant, c’est le dépeçage. Nous sommes enchantés de cette prise qui nous permettra de faire assez de filets pour trois repas et autant pour la famille de Stéphane, avec qui, bien sur, nous partageons notre butin.

Notre journée se termine à la marina de Rhum Cay, où nous avons finalement accès à Internet. Notre périple dans les îles plus éloignées des Bahamas ne nous déçoit pas!

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mar 03 2008

Du 25 février au 3 mars – Départ de George Town

Publié par Lorraine sous Le voyage

Le chenal d'entrée de la marina. Les vagues de l'Atlantique Emerald Bay Marina La passe d'accès à  Emerald Bay Alors que Stéphane et sa famille s’occupent de leur invité, le père de Stéphane, et que Caro et Christian s’occupent de leurs trois visiteurs, nous en profitons pour rejoindre nos amis anglophones, Marc et Millie de Windigo, qui viennent d’arriver à George Town, et Preston et Sheeny de Wy East, qui suivent sensiblement le même itinéraire que nous. Nous assistons ensemble, à la conférence de Chris Parker, sur les principes scientifiques de la météo. Parker est le Gourou de la météo dans les Bahamas et les Caraïbes, Il transmet sur radio-amateur les prévisions météo à compter de 06 :30h le matin sur 4045 MZ. Tous les vacanciers ici écoutent Parker pour savoir s’il est sécuritaire de voyager. Si Parker dit que ce n’est pas sécuritaire, on va se recoucher pour quelques heures sachant que ce sera à nouveau une journée de fainéantise. La vie est dure dans les Bahamas. Il faut reconnaître que nous sommes plus prudents que la plupart des automobilistes qui prennent la route en temps de verglas. Nous sommes ici en vacances et il n’y a pas de raisons de se faire la vie dure dans les vagues ou les grains.

J’assiste à la première partie, durant la matinée. J’ai beaucoup de difficulté à garder une bonne concentration, malgré les talents de présentateur du conférencier. Je peux apprécier la nécessité de varier les méthodes d’enseignement afin de permettre aux participants de bouger et d’avoir une participation concrète. Je crois que je me découvre des tendances à avoir moi-même des difficultés d’apprentissage, genre ADD!! (Attention Deficit Disorder). Peut-être aurais-je été une élève Ritalin!! Enfin, comme solution, je laisse Guy écouter seul la présentation de l’après-midi, et je décide de suivre Millie et Sheeny dans une virée de magasinage, sans les hommes!!!

Les trois boutiques de la ville offrent une belle sélection pour des clientes en manque de magasinage. C’est que ni l’une ni l’autre n’a eu vraiment l’occasion, ni l’intérêt pour le magasinage depuis notre départ en septembre dernier, de sorte que nous n’avons presque rien acheté en route. Nous faisons de belles trouvailles : robes, sandales, bijoux, jeans, maquillage, livres, etc. Il s’agit entre autre, d’avoir une nouveauté à étrenner pour la danse de ce soir au bar du Chat and Chill. Nous retrouvons toutes les trois la joyeuse camaraderie d’une sortie entre copines où les fous rires vont bon train. Puis, vers quatre heures, lorsque la conférence se termine, nous rejoignons les hommes pour le retour au bateau. Le cœur à la fête, il va sans dire que nous avons passé une très agréable soirée!

Puis, le lendemain, c’est le départ pour Emerald Bay situé à 12 milles au nord de George Town, soit trois heures de voiles par vents de travers. C’est très agréable de nous retrouver en mer. Fière Allure, Maya X, Allégoria, Epsilon ont aussi décidé de s’installer à Emerald Bay Marina pour passer le front froid qui commence ce soir. Nous y serons très à l’abri, à prix abordable. Mais attention, cette fois, nous nous retrouvons dans une marina cinq étoiles, aux installations haut de gammes dont la construction toute récente n’est pas encore parachevée. Elle est située au sein d’un complexe hôtelier Four Seasons. A notre arrivée, le préposé vient nous aider à nous amarrer; puis il dépose un tapis sur le quai pour notre descente de bateau. Ici, tous les services sont gratuits, incluant Internet, la buanderie, une navette pour les destinations environnantes et, comble de luxe, café/thé gourmets toujours prêts à servir à la réception. Et que dire des locaux de la salle de bain! Six salles spacieuses avec céramique neuve, petite table de produits variés, shampoing, savon à main, rince-bouche, crème à rasage, séchoir à cheveux… C’est comme être installé à un hôtel de luxe, sauf que nous fournissons les draps et les serviettes et qu’il nous en coûte $55 par jour. Comme ce front froid risque de durer plusieurs jours, nous n’aurons pas la possibilité de continuer notre route avant que la météo ne s’annonce plus clémente. Lorsque nous observons les quelques bateaux à moteur qui s’aventurent dans les vagues redoutables du chenal d’accès à la marina, nous constatons que notre séjour ici pourrait être plus long que prévu. Oh well… nous pourrions être retenus dans un endroit pas mal moins confortable.

Nous passons les quelques jours suivants à redécouvrir un confort presqu’oublié. Le personnel est très serviable et s’efforce de rendre notre séjour des plus agréable. Alors que les rafales soufflent de 20 à 30 nœuds, nous apprécions le calme serein à l’abri du brise-lame de la marina. Nous nous retrouvons à quelques reprises autour d’une table de pool dans la salle communautaire pour de joyeux Cinq-à-sept. Le jour, nous explorons le complexe hôtelier Four Seasons, qui rivalise de luxe avec Paradise Island de Nassau. La plage en face du complexe hôtelier est superbe. Lorsqu’on s’y promène, des préposés nous offrent de nous installer sur les chaises longues qu’ils s’empressent de recouvrir de belles serviettes de plage. Ou encore, ils nous offrent de nous vaporiser la figure d’une bruine d’eau rafraichissante. Ou encore, ils nous offrent palmes, masque, tuba pour aller explorer le banc de corail situé à proximité. Pour les amateurs de golfe, le complexe hôtelier est entouré de beaux terrains avec équipement super sophistiqués. Pour l’instant, nous profitons de ces installations de luxe, mais il est clair que celles-ci n’ont pas été aménagées pour les petits voiliers de 30 pieds qui s’installent à $55 par jour. Dans quelques années, nous ne pourrons pas considérer y faire escale. A voir leur site Internet :

http://www.emeraldbayresort.com/

http://powerandmotoryacht.com/megayachts/megayacht-great-exuma-emerald-bay-marina/

Nous passons plus de cinq jours à cette marina. Nous passons beaucoup de temps à lire, à faire des randonnées pédestres, à profiter de la très bonne connection wifi. Durant cette période, Christian, de Maya X, découvre que son moteur est en panne lorsqu’il le part pour régénérer ses batteries. Comme son bateau est neuf, il appelle de concessionnaire Bénéteau au Québec pour enclencher le processus de garantie. On lui répond qu’il doit faire faire les réparations nécessaires et leur faire parvenir la facture. C’est rassurant, mais quand même, un bateau flambant neuf depuis l’automne dernier. Il est un peu déçu…

Michel et Josée d’Epsilon commencent à être un peu nerveux car ils ont encore beaucoup de route à faire pour se rendre à

La Havane à Cuba dans trois semaines. Nous pensions faire route avec eux jusqu’à Long Island. Mais présentement, ils considèrent continuer leur route sans trop faire d’escale. C’est qu’ils ont donné rendez-vous à des membres de leur famille à cet endroit. Comme quoi les échéanciers ne sont pas faciles à respecter lorsqu’on se déplace en voilier.

Nous profitons de notre séjour terrestre pour étudier les cartes pour notre trajet de retour. Nous constatons que nous n’avons pas beaucoup de temps pour boucler la boucle aux Bahamas. Il nous faudra faire des choix en cours de route et surtout composer avec la météo.

http://www.youtube.com/profile?user=Hacdes55

Une réponse à date

fév 27 2008

Saint-Valentin – du 14 au 25 février

Publié par Guy sous Le voyage

Dinghy Drift L'Atlantique, vue du haut de la colline de Stocking Island Kerguelen, vue du haut de la colline Dinghy Drift Guy attrape un hogfish au harpon! Nous quittons la marina Exuma Docking, en face de George Town, pour nous mettre à l’ancre de l’autre côté d’Élizabeth Harbour, soit en face de Volleyball Beach, situé sur l’île Stocking Island. Avant de partir, nous participons au dîner de

la St-Valentin organisé par Lucie de Marie Gallante afin de regrouper les francophones présents en ville. Elle réserve 30 places au resto Peace & Plenty (édifice historique où avait lieu la traite d’esclaves), mais il y a plus de 60 personnes qui s’y présentent! Il y règne une atmosphère de fête où les gens font connaissance et racontent leurs aventures. Par hasard, nous sommes assis à côté d’un couple qui voyage sur un cruiser, le Gizmo!! Ils sont de St-Paul de l’Île-aux-noix et partagent volontiers leurs expériences. Ils nous font bien rire alors qu’ils nous expliquent qu’ils n’ont pas été chanceux depuis leur départ pour se trouver des amis. Leur voyage a été très solitaire, donc, madame s’est beaucoup ennuyée. Ils racontent que beaucoup de cruisers ne se rendent pas aux Exhumas, mais préfèrent les îles Abacos qui sont plus faciles à visiter pour cette sorte de bateau parce qu’elles sont moins loin. Ils nous racontent que le voyage leur coûtera environ $8000 à $10 000 en essence depuis leur départ du Québec. Ils roulent à environ 6 nœuds pour justement épargner les coûts, mais ils peuvent faire 14 nœuds s’ils le veulent. Ce couple est récemment à la retraite. Ils ont tout vendu au Québec incluant leurs deux commerces, puis, ils sont partis pour un an. A leur retour cet été, ils évalueront comment ils voudront poursuivre, à savoir rester sur leur bateau, s’établir au Québec ou une variation, genre, laisser leur bateau aux Bahamas pour y revenir une partie de l’année.

Il y a un resto-bar sur la plage de volleyball Beach, le Chat and Chill où a lieu une dance de la Saint-Valentin. Une centaine de personnes sont au rendez-vous des amoureux, jeunes, moins jeunes et enfants inclus! Cette dance est une disco de musique américaine, une activité organisée par le Comité des équipages de bateaux. Encore une fois, l’atmosphère est à la fête! Nous y retrouvons toutes les équipages que nous côtoyons régulièrement depuis que nous voyageons dans les Exumas, tant francophones qu’anglophones. Cependant, il y a quelques équipages qui se distinguent un peu des autres et font bande à part: plusieurs sugar daddys, soit des hommes d’un âge certain, sur de beaux gros bateaux,  accompagnés de jeunes femmes délurées; l’une d’entre elles se fait remarquée par son geste un peu coquin : elle acquiesce volontiers lorsqu’on lui lance le défi de baisser son corsage… et recommence de bonne grâce suite aux applaudissements de la galerie!

 

Durant le reste de la semaine, nous faisons plus ample connaissance avec plusieurs équipages. La majorité des gens que nous rencontrons ont fait comme l’équipage de Gizmo, c’est-à-dire, qu’ils ont tout vendus pour partir en voyage, parfois pour un temps indéterminé. Le groupe que nous côtoyons présentement est relativement jeune, dans la trentaine et début quarantaine. Dans ce groupe, plusieurs ont des enfants à bord. L’équipage de Marguerita voyage avec un jeune bébé de moins d’un an. Malgré leur jeunesse, ces deux équipiers sont très compétents, ayant fait de la voile depuis un très jeune âge. Leur bébé est adorable, du haut de sont perchoir sur le dos de son père, ou debout dans le zodiac, se tenant aux cordages des boudins, ou encore flottant dans les vagues de l’Atlantique dans sa marchette, version marine avec auvent intégré pour le protéger du soleil.  Deux autres bateaux ont des adolescents à bord : Beau Fixe et Victoria’s Secret. Un couple d’Australie, voyage avec un ado à bord de leur catamaran de 38 pieds, Meander. Ils vont poursuivre leur route en traversant l’Atlantique, la Méditerranée, l’Océan Indien, puis la traversée vers l’Australie! Les  enfants de Stéphane et Mylène s’en donnent à cœur joie avec tous ces camarades de jeux! Pas facile de faire leurs deux heures d’école tous les matins avant d’aller rejoindre le groupe.

 

Nous explorons une partie de l’île avec nos nouveaux amis: Maya X, Fière Allure, Victoria’s Secret et  Marguerita. Nous traversons l’île et découvrons la merveilleuse plage de l’autre côté, où les vagues de l’Atlantique déferlent à perte de vue. Nous partons à la recherche de coquillages. Puis, un autre jour, nous découvrons un autre site, plus aménagé, où nous pouvons faire un pique-nique aux hot-dogs. Plus loin, nous apercevons les gens de la plage des nudistes! Avant de partir, lorsqu’il ne reste plus personne, nous allons faire un tour pour voir les installations de cette plage.  Nous apprenons que chaque plage, chaque coin aménagé, est entretenu par des équipages bénévoles désignés qui ajoutent de l’équipement accessible à tous et surtout s’assurent chaque jour de la propreté des lieux. Toujours, nous découvrons des endroits forts agréables sous l’ombre d’énormes arbres, bordés de plages de fin sable blanc comme de la farine.

 

En fin d’après-midi, nous participons à une coutume ici, lorsqu’on veut réunir plusieurs équipages pour le Happy Hour. Il s’agit de se réunir dans les petits bateaux zodiaques rattachés l’un à l’autre et de se laisser dériver au milieu de l’ancrage! Ce sont des «dinghy drifts». Une façon ma fois géniale de se regrouper!! Il y a plus d’une trentaine d’annexes ainsi rattachées comme un îlot. Les gens font circuler des amuse-gueules aux gens autour d’eux. L’organisateur de l’activité invite les gens à se présenter à tour de rôle, puis demande des volontaires pour divertir le groupe avec leurs anecdotes. Ça se termine au couché du soleil vers six heures. 

De retour chez nous, nous décrétons que c’est une petite soirée cinéma à bord : nous déballons notre télé-série, Heros, achetée en août dernier. Nous n’avons pas senti le besoin de regarder un film depuis notre départ!! Enfin, ici, nous constatons que nous nous reposons beaucoup et que le besoin de nous coucher tôt est moins pressant. Donc, c’est un départ pour cette série, qui s’annonce divertissante selon les premiers épisodes.

 

Le lendemain, nous allons flâner dans les rues de George Town, activité que nous ferons à quelques reprises durant notre séjour ici. Nous y découvrons la cuisine bahamienne chez Eddie’s Edgewater Restaurant et au Town Cafe Restaurant, où nous dégustons des côtes levées très épicées et un pain de viande succulent.  Nous passons chez le coiffeur, où le service est expéditif, mais pas très satisfaisant;  nous faisons une pause Internet au café du coin. Nous trouvons finalement une boutique d’équipement de plongé où nous faisons l’acquisition tous les deux d’un habit de plongé.  Pour $110, Guy s’équipe d’un habit pleine longueur, tandis que j’opte pour un «shorty» qui m’en coûte $75. Ces prix nous semblent beaucoup plus raisonnables, par rapport aux prix d’autres marchandises.  Plus loin, nous trouvons un genre de Canadian Tire, où nous dénichons un élément chauffant électrique à $30. C’est une trouvaille très utile, car il y a présentement une pénurie de propane sur l’île. Il n’y a pas de propane disponible depuis deux semaines, et les nouvelles prédisent qu’il n’y en aura pas pour une autre semaine encore. Nos deux petits réservoirs de 5 livres sont vides depuis notre arrivée. Nous nous débrouillons avec notre BBQ qui est muni d’une petite bonbonne dont nous avons encore quelques exemplaires de rechange et avec notre petit bruleur à fondue. Notre nouveau gadget fonctionnera avec l’aide de notre génératrice Honda. Et voilà!  Après une semaine de ce fonctionnement, je crois que nous allons apprécier le retour à notre système au propane.

 

Puis, les gars s’organisent pour une sortie de pêche en mer. Comme l’accès à la mer est assez éloigné d’Élizabeth Harbour, c’est une randonnée d’envergure qui se prépare minutieusement d’avance.  Les gars ont décidé de partir avant six heures du matin, chacun dans son zodiac, sauf pour Guy qui embarque avec Michel qui possède un moteur de 15 forces sur son zodiac. C’est plus d’une demi-heure de route, donc les gars veulent se rendre rapidement, alors que les langoustes ne sont pas encore cachées sous les roches. (Notre petit moteur de 4 forces ne fait pas la cote!) Guy se retrouve beaucoup mieux équipé avec son nouvel habit de plongé et sa ceinture avec poids. Il peut donc rester dans l’eau les trois heures que dure l’activité, et revient avec quelques petites prises et deux belles prises à son actif : sa première langouste et un hogfish de deux pieds de longueur, dont la chair est évaluée, selon nos livres de référence, comme étant «outstanding», soit hors du commun. Nous préparons ce poisson pour le cuisiner entier dans du papier d’aluminium. Christian prépare une bouillabaisse. Les autres équipages préparent les langoustes et d’autres plats d’accompagnement, soit, riz et légumes. Nous voilà prêts pour un feu de plage avec repas gastronomique sous la pleine lune et les étoiles! Vers neuf heures, les annexes quittent la plage dans la pénombre et se dirigent vers les bateaux sur une mer d’huile qui laisse filtrer les rayons de la lune jusqu’au fond de l’eau.

 

Le mercredi, 20 février, il y a une conférence sur la plage, présentée par l’un des auteurs des cartes de navigation Explorer, Monty Lewis. Cette présentation est suivie d’un dîner, puis d’un autre conférencier qui explique les avantages de la radio amateur. Nous apprenons qu’il est possible d’écrire l’examen de certification pour obtenir une licence américaine de radio amateur. Nous décidons de nous présenter à cet examen qui a lieu le vendredi matin! Nous achetons notre copie du manuel et nous passons la journée du jeudi à étudier systématiquement les 68 pages de questions dont seront issues les 35 questions de l’examen. C’est assez ardu comme processus, car il faut faire appel à des notions de mathématiques et de physique qui sont assez loin dans ma mémoire. Guy m’explique beaucoup de choses qui lui sont assez familières de par sa formation en électronique. Enfin, je fais la différence entre les ohms, les volts, les ampères, les résistances, les formules, E=RI et P=EI, en plus des notions relatives au fonctionnement de l’appareil et de ses codes d’usage. Je suis ravie de faire cet exercice qui nous vaut une excellente note de passage lors de l’examen, soit 34/35! Nous sommes donc tous les deux certifiés pour utiliser une radio amateur. Celle que nous avons à bord du bateau n’est pas équipée de la fonction d’émetteur. Cependant, nous avons l’intention de changer cet équipement lors de notre retour aux États-Unis. Non seulement nous serons alors beaucoup mieux équipés pour établir une communication même en régions plus isolées lors de voyages subséquents, mais nous pourrons aussi maintenir une communication avec les équipages qui continuent leur voyage autour du monde, après notre retour au Québec.

 

Nous avons tous les deux apprécié nous retrouver en situation de défi intellectuel et d’apprentissage. Je dois avouer que notre vie ici est surtout axée sur l’amusement, ce qui laisse un vide après un certain temps. Nous avons hâte de repartir à la découverte d’autres lieux. Ce qui nous retient c’est l’attente pour le propane et aussi l’attente que nos amis soit prêts après le départ de leurs visiteurs. En attendant, nous prévoyons participer à une autre conférence, celle très attendue de Chris Parker, un expert en météo. Puis, nous irons faire un tour à l’ancrage d’Emerald Bay, située à quelques milles d’ici, afin d’y être à l’abri d’un autre front froid qui s’annonce vers la fin de la semaine. Peut-être louerons-nous un petit scooter pour visiter les alentours de George Town.

 

Pour fêter la réussite de notre examen, nous faisons un petit souper à bord et nous invitons Christian et Caro de Maya X et Stéphane et sa famille. Au menu, il y a des filets de porcs cuisinés au BBQ, pommes de terre au gratin, brocoli, suivi d’un gâteau au rhum de chez Mom’s Bakery! Une soirée très agréable passée en bonne compagnie! Pour l’occasion, nous déballons pour la première fois les CDs que notre fille, Tammie, nous avait préparés afin d’avoir une musique d’ambiance pour nos invités. Encore une fois, nous n’avions pas encore senti le besoin de nous divertir en écoutant de la musique, sauf Radio Canada le matin en déjeunant, et parfois le jour lorsque nous sommes à bord. Nous découvrons donc Kaïn et James Blunt qui sont aussi appréciés par nos invités.

Puis le lendemain, c’est la partie de pêche pour Guy… Je me demande s’il y aura du poisson pour souper?!  

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fév 14 2008

Arrivée à George Town - Du 2 février au 14 février

Publié par Guy sous Le voyage

Georgetown to Stocking Island Kerguelen durant un cold front Little Farmer's Cay Kerguelen en route vers George Town Coucher de soleil sur Kerguelen Notre première prise de taille! La journée du 3 février, nous sommes partis de Little Farmer’s Cay pour revenir à Staniel Cay. Quelle belle journée de voile par vents portants. Les vents dominants sont du sud, sud-est, donc nous avons un aperçu du style de voile que nous aurons lorsque nous entamerons notre périple de retour. Jusqu’à date, il faut dire que nous avons eu beaucoup de vents de face ce qui ne nous a pas permis de maximiser l’usage de nos voiles. Notre bateau ne performe pas très bien au près. Mais, cette fois, toutes voiles dehors, nous avons fait une très belle performance à une vitesse de plus de 6 nœuds sur le fond. Ma fois, c’était bien agréable.

De retour à l’ancrage de Big Major en face de Staniel Cay, c’est la soirée du Super Bowl au bar local. L’atmosphère y est à la fête; les paris vont bon train. Et quel revirement lors des dernières minutes du match! J’en profite pour surfer sur le net et appeler mon gendre préféré pour le déranger un peu durant le match. Il faut savoir que le football est pour lui une passion. Je ne peux le faire trop longtemps car il y a trop de bruit dans le bar. Puis, les deux jours suivants se déroulent à faire la visite de l’île, revoir Thunderball.  

C’est ici que nous devons dire au revoir à nos amis de Whisper et Windigo. Ils ont comme projet de retourner passer quelque temps plus au nord et  y rejoindre d’autres bateaux amis. C’est avec le cœur gros que nous nous séparons. Vic nous a beaucoup fait rire avec ses histoires de voile. Il a été très patient avec moi pour m’entraîner à la nage en apnée durant les premiers jours. Voici donc quelques anecdotes qu’il nous a racontées.

Chez lui à Terre-Neuve, il habite une banlieue de la capital, Saint-John’s. Tous les jours avant d’aller travailler, il a comme habitude de passer devant le port pour s’arrêter saluer les nouveaux bateaux qui y font escale. Un jour, il a ainsi rencontré une vieille dame de 80 ans qui avait acheté un voilier de 36 pieds et lui annonce qu’elle a comme projet de traverser l’Atlantique en solitaire avant de mourir. Lors d’une bonne fenêtre météo, elle part, mais au bout de quelques jours elle est remorquée au port. C’est qu’elle est tombée et s’est fracturé la hanche! Alors, elle laisse son voilier au port et retourne au Centre d’Accueil pour subir une opération de remplacement de la hanche. L’année suivante, la voilà de retour pour entreprendre son périple! Cette fois, elle s’est bien rendue en Écosse. Puis, quelques temps après, Vic reçoit un courriel d’elle où elle lui annonce qu’il va être très déçu de sa décision : elle a finalement décidé de s’acheter un cruiser car la voile est devenue trop exigeante pour elle!!

Une autre fois, il a rencontré un jeune écossais qui est venu à Saint John’s pour tenter de battre le record de vitesse pour une traverser de l’Atlantique en bateau à rames. Il communique avec Vic par Internet durant son voyage, donc il suit les difficultés qu’il éprouve. Il  manque son coup par quelques heures seulement! Vic est convaincu qu’il reprendra son défi un de ces jours!!

Finalement, une dernière histoire qui lui est arrivée personnellement durant les premières semaines de son voyage. Alors qu’il naviguait en direction de

la Nouvelle-Écosse, il a été pris dans de forts vents de plus de 50 nœuds. Lors de la manœuvre de réduction des voiles, son génois s’est pris dans son enrouleur! Le voilà donc à l’avant du bateau avec un couteau essayant de baisser cette voile à la main, mais par le fait même ruinant la voile. Au premier port venu, il rencontre un marin sur le guai et lui raconte son histoire. Alors, celui-ci lui dit que son bateau est hors de l’eau pour la saison et que ça lui fait plaisir de lui prêter sa voile pour qu’il puisse continuer son voyage. En un temps deux mouvements, c’est ce qui a été fait, et à ce jour, Vic navigue avec cette voile d’emprunt! Comme quoi l’hospitalité légendaire des maritimes n’est pas une fallacie! Donc, Vic et Marilyn nous quittent, mais nous avons de nouveaux partenaires : Michel et Josée d’Epsilon.

Le 6 février, c’est un départ pour Black Point afin de  faire le tout de l’île à pied, refaire le plein de provisions, d’eau et de carburant.

 Le matin du 8 février, c’est une flottille de quatre bateaux qui de dirige vers Dotham Cut, l’ouverture sur l’Atlantique près de Black Point, pour une première journée de navigation qui nous amènera vers Rat Cut, et lendemain, vers George Town. Il y a Fière Allure, Maya X, Epsilon et nous-mêmes. Il nous faut maintenant naviguer du côté Atlantique des Exhumas parce qu’il n’y a pas assez d’eau sur le banc. Quelle expérience un peu traumatisante pour moi que cette traversée de Dotham Cut! Ça dure environ 15 minutes, le temps de passer dans cet étroit passage entre deux îles, où un courant puissant accompagné de vagues croisées se précipite en provenance de l’Atlantique lors de la marée montante. Nous sommes les deuxièmes à nous engager dans ce passage après Epsilon. C’est comme si le bateau passe dans une laveuse à linge! Il balance d’avant à l’arrière afin de sauter les vagues. Il ne faut pas que le moteur manque à ce moment stratégique. Ouf nous sommes passés et nous regardons à l’arrière Fière Allure et Maya X exécuter la manœuvre. Les filles sur Fière Allure adorent leur expérience de montagnes russes! Quel départ abrupt! Le reste de la journée, soit pendant six heures trente minutes,  se fera au moteur car nous avons des vents de face. Mais le défi est lancé : $2.00 au premier équipage qui attrapera un poisson! Ici, par plus de six cents pieds de profondeur, nous lançons nos lignes. Nous espérons tous une dorade          ( mahé-mahé). Donc, notre équipement sommaire est installé autour d’un cabestan, avec élastique pour absorber le contrecoup si nous avons une prise. A l’autre bout de nos trois cents cinquante pieds de ligne, il y a un leurre de 8 pouces de long avec un hameçon de deux pouces de long par un pouce de large. Puis, il y a un petit gadget cylindrique pour faire plonger l’hameçon entre deux eaux. Eh voilà. Le pari est lancé. C’est Stéphane qui crie dorade le premier. Il a attrapé une dorade de trois pieds de long! Les enfants et les parents sont très excités. Il procède à la mise à mort, soit lui couper le cou dans un seau d’eau de mer afin de le saigner sans faire trop de dégâts sur le pont. Puis il obtient deux beaux filets qu’il place dans la glacière. Mais avant tout cela, c’est le moment de filmer et de prendre des photos.

Puis, juste avant d’arriver à Rat Cut en fin de journée, c’est notre tour! Nous attrapons un thon de deux pieds de long. C’est parfait pour nous. Quelle belle prise. À voir la belle photo! Une fois dans le cockpit, il se débat beaucoup pendant de longues minutes. C’est comme s’il voulait nous poursuivre! Je me mets rapidement hors d’atteinte! Puis, c’est le moment de la technique de mise à mort dans le seau d’eau. Quel mauvais moment à passer!! Guy obtient plus de neuf belles darnes en plus des bajoues! Le soir, nous partageons notre prise avec les équipages des deux bateaux qui n’ont rien pris et il nous en reste assez pour deux bon repas. Quel délice!

 

Le lendemain, nous rentrons à George Town vers midi trente. Le samedi, 9 février, nous sommes rendus à destination. Nous voilà à l’ancre devant Volleyball Beach, situé sur une île en face de George Town. C’est sur cette île qu’ont lieu tous les jours une foule d’activités organisées par les équipages de bateaux. Nous allons à terre pour voir la rive où circulent des dizaines de personnes. Nous rencontrons plusieurs équipages que nous avions croisées plus tôt avec lesquelles nous engageons la conversation. À l’ombre de grands arbres sont installés d’énormes tables de pique-nique où les équipages de bateau bénévoles offrent des cours de fabrication de paniers, ou de masques ou autre artisanat, ou encore, pour jouer au bridge. Il y a bien sûr, la cour de ballon panier où se déroule une joute à l’amiable entre équipiers de tous âges. Il y a des hamacs suspendus pour qui veut s’y reposer et des chaises de parterre installées en cercle pour regrouper les gens. Beaucoup d’enfants s’en donnent à cœur joie soit sur la plage à nager, à courir ou à jouer avec les cordes de tarzan suspendues aux branches de ces immenses arbres. Il règne ici une atmosphère très conviviale, où s’organise spontanément beaucoup d’activités. Ici, il y a plus deux cents bateaux à l’ancre dans ce port d’Élizabeth Harbour. Les bateaux y font escale pour plusieurs semaines, voir même des mois. Ça peut ressembler au camping Sainte Madeleine par l’organisation des activités. Il y a un poste VHF, le 68, pour rejoindre d’autres bateaux et pour les annonces tous les matins. Ça commence par la météo, puis par la présentation des nouveaux bateaux et ensuite, par la description des activités, suivi d’un moment de marché aux puces et d’annonces diverses.  

Je crois que je vais me plaire ici pour quelques semaines. L’artisanat et les randonnés pédestres m’intéressent. Guy s’intéresse aux cours de météo et de manipulation de voiles avancée. C’est certain qu’il participera à des sorties de pêche avec la gang de chum! Maya X doit rester trois semaines autour de George Town parce qu’ils ont de la visite. Fière Allure doit rester un moment aussi pour la même raison. Epsilon nous quittera probablement dans quelques semaines pour poursuivre sa route vers Cuba. Alors, pour l’instant, nous allons profiter des installations et voir plus tard quels seront nos projets. C’est donc avec un peu de nostalgie que nous constatons avoir atteint notre but. Cependant, pour le retour, nous considérons passer par les îles extérieures, Long Island, Cat Island, Eleuthera,  afin de faire un circuit jusqu’aux îles Abacos avant de repasser le Golf Stream en avril. 

Nous décidons, avec Maya X, de prendre un emplacement à la marina située en face de cette île, donc à George Town, pour passer les quatre prochains jours de front froid. Nous y serons à l’abri et nous aurons accès à la ville. Ce front froid atteint des proportions assez fortes pour mériter le titre du pire vu depuis deux ans. Un front froid est un phénomène de météo caractérisé par une période d’intense chaleur et d’humidité pendant quelques jours avant le début du front froid. Puis, les vents s’amènent souvent très fort avec rafales. Par la suite, le temps est plus frais et moins humide. Cette fois les vents durent quatre jours et changent de direction. Il y a des périodes de rafales à plus de 25 ou 30 nœuds. Il y a aussi beaucoup de pluie. Par la suite, une fraicheur s’installe et les vents de 10 à 15 nœuds s’installent. Durant cette période, Guy ne dort pas bien. Il veille souvent dans le cockpit, vérifie les cordages et les mouvements du bateau, même à quai. Dans notre chambre à coucher, je roule parfois d’un côté à l’autre. Une fois, durant un tel front froid, à Chub Cay, je me suis couchée de travers dans le lit pour bouger moins! C’est durant ces moments, durant la nuit, que les équipages craignent que leur ancre se mette à chasser. Notre chaîne s’était étirée sur le fond à Chub Cay, nous rapprochant ainsi trop près d’une bouée d’entrée du port. Il a fallu alors lever l’ancre et nous replacer, manœuvre toujours délicate à faire durant un vent fort la nuit.

 

Durant les quatre jours au quai, nous en profitons pour refaire les provisions à l’épicerie qui offre beaucoup de produits. George Town n’est pas une très grosse ville. C’est comme un gros village. Il y a des promoteurs immobiliers qui construisent des banlieues de condos. Nous marchons à travers la ville, où se trouvent ici, comme à Nassau, des taudis où vivent les bahamiens. C’est étonnant de voir les enfants revenir de l’école habillés en costumes!! Quelques autos mal entretenues roulent à gauche, comme en Angleterre, sur une vieille route asphaltée, sans trottoirs. Puis, après quelques kilomètre sur une route étroite bordée d’arbres rabougris, aux bordures parsemées de détritus sur une font de terre brulé par le soleil, nous arrivons à une barrière avec un garde à l’entrée dans un poste de surveillance. Ici, ce sont les beaux palmiers, l’herbe coupée et les bosquets de fleurs arrosés régulièrement. Nous nous engageons sur cette route, le garde étant absent. Nous cherchons un magasin de plongé où il y aurait peut-être de l’équipement à vendre. Nous arrivons finalement au bord de la mer, où se trouvent les condos neufs, bâtis autour d’un bassin avec végétation luxuriante et entretenue. Finalement, le magasin ne fait que de la location d’équipement. Sur le chemin du retour, une jeep s’arrête pour nous offrir un lift vers George Town. Ce fut agréable d’accepter ce lift d’un homme blanc avec son fils adulte en visite de la Californie. L’homme nous dit qu’il partage son temps entre son condo ici et une autre habitation en Californie. Décidément, c’est une société de contrastes! 

« Vaut mieux être aux Bahamas et rêver d’une douche chaude, que d’être sous une douche chaude au Québec et rêver d’être aux Bahamas »

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fév 07 2008

Du 26 au 2 février – Sampson Cay, Staniel Cay et Black Point et Farmer’s Cay

Publié par Guy sous Le voyage

Staniel Cay Les trois langoustes! Cook-out sur la plage de Sampson Cay Les voiliers bahamiens, classe C Staniel Cay 

C’est vendredi matin, le 1 février et nous sommes présentement toute voile dehors, au près serré par vents de 10 à 15 nœuds est, sud-est, en route vers Little Farmer’s Cay, où se déroule un festival annuel de deux  jours. Chaque année, le premier vendredi et samedi de février, les bahamiens se retrouvent à cet endroit pour participer à des régates de voiliers bahamiens. Cette année, ce sont les classes C qui seront à l’honneur, ces petits voiliers plats d’environ 18 pieds de long avec une énorme voile et un boom démesurément long. Ils sont contrebalancés par une longue perche de rappel sur laquelle s’alignent trois, quatre membres de l’équipage, parfois plus. C’est vraiment un sport qui demande beaucoup d’habileté et nous avons hâte de les voir à l’œuvre. Il y aura toutes sortes d’autres activités, comme des concours de plus belles jambes, de T-shirt mouillés, de courses de poulets, etc.!! En soirée, il y a des kiosques de produits d’artisanat et surtout de la bouffe bahamienne. Puis une danse clôturera la soirée du vendredi soir. C’est un pow-wow auquel sont conviés toutes la population locale et aussi les voiliers de passage.

Il s’en passe des aventures depuis notre départ de Warderick Wells Park, le 26 janvier. D’abord, nous restons à l’ancre deux jours à Sampson Cay pour passer le front froid. Nous sommes ancrés dans une belle petite baie presque privée. Il n’y a pas d’autres bateaux à l’ancre. Tout au fond, il y a une belle marina où sont amarrés quelques yachts de plus de 100 pieds de long. Comme à l’habitude, nous ne rencontrons pas leurs équipages.  L’île au complet est privée, mais, les équipages de bateaux peuvent aller à terre pour se promener sur les sentiers pédestres tout autour de l’île. Il y a ici une volonté de garder ce petit coin de paradis intact comme un parc. Donc, nous en profitons pour marcher pendant quelques heures, le temps de découvrir petites plages cachées, sentiers tortueux, mais très bien entretenus le long du littoral et à travers la végétation de l’île. Belle randonnée où nous ne rencontrons aucune âme qui vive.  Ce court séjour de deux jours nous a permis de mieux connaître les équipages de Tourelou et de Maya X. Les quatre gars sont allés pêcher et ont pris trois langoustes! C’est un prétexte pour faire un party sur la plage. Nous apportons de la salade, Caro apporte le riz et les gars mettent les langoustes en commun. Il y en a pour tout le monde. Nous sommes dix autour d’un feu de camp, sous un ciel étoilé. Cette soirée est magique! Notre premier vrai cook-out, comme disent les gens du milieu, est un vrai régal. 

Puis, le lundi, 28 janvier, lorsque le front froid est passé, nous levons l’ancre pour nous diriger vers Staniel Cay, une étape importante dans les Exumas. Nous passons seulement deux jours à Staniel Cay avant de nous rendre à Black Point, pour un autre court séjour avant de nous diriger vers Little Farmer’s Cay, pour le festival annuel. Staniel Cay est le village le plus réputé des Exumas parce qu’il s’y trouvent un aéroport, plusieurs petites épiceries et surtout la célèbre caverne sous-marine, Thunderball. Nous faisons le tour des trois épiceries, toutes assez pittoresques, et offrant des produits un peu différents l’une de l’autre. Ainsi, le jour de l’arrivage des produits frais par bateau, nous faisons le tour pour trouver ce dont nous avons besoin. Par exemple, l’une des épiceries offre des hot-dogs, mais c’est à l’autre épicerie que nous trouvons les pains! L’après-midi, les gars se regroupent pour une session de pêche, pendant que les filles font de l’exploration en apnée. C’est une belle après-midi! Je fais une bonne pratique avec mon équipement que je n’avais pas utilisé depuis quelques jours et surtout ça me prépare pour le lendemain matin lorsque nous irons visiter la caverne Thunderball!! Lorsque les gars reviennent de leur expédition de pêche, Guy est fier de ses prises. Pour souper, nous dégustons notre premier repas de poissons pêchés par Guy : du bigeye et du grunt. Délicieux!

Le lendemain, mercredi, 30 janvier, quelle expérience inoubliable que cette visite de la caverne! D’abord, nous devons nous y rendre au moment de l’étale, c’est-à-dire, au moment où la marée change. Il n’y a presque pas de courant pendant environ une demi-heure. Nous enfilons nos habits de plongé. J’utilise un habit que Mylène m’a prêté pour le reste du voyage. Stéphane et sa famille passent au bateau pour s’assurer que nous les suivons. Puis, nous nous assurons d’avoir avec nous masque, tuba, palmes et c’est un départ en zodiac pour une petite randonnée matinale d’environ 15 minutes. Il est huit heures du matin et c’est un peu frisquet. C’était un peu difficile de se motiver, car nous avons à peine avalé notre déjeuner. Mais leur enthousiasme est contagieux. Nous passons voir Caro et Christian sur Maya X. Au début, ils ne veulent pas nous suivre, mais ils changent d’idée et nous voilà tous en route! Ce n’est pas un temps idéal parce que c’est nuageux et la luminosité ne sera pas à son meilleure dans les puits de lumière de la caverne. Qu’à cela ne tienne. Nous débarquons dans environ 15 pieds d’eau après avoir amarré nos annexes à un tangon près de l’ouverture de la caverne. Je ne suis pas trop brave, mais l’excitation du groupe est contagieuse. Guy reste tout près de moi et nous voilà tous dans la caverne après quelques minutes de nage. C’est magnifique! Elle fait à peu près trente pieds de diamètre au centre. On peut y accéder par plusieurs tunnels. Au dessus de nous, au centre, il y a des puits de lumière à environ quarante pieds du niveau de l’eau. Sous l’eau, se déroule un merveilleux monde aquatique sur fond de corail. Des poissons tropicaux de toutes couleurs semblent s’y être donné rendez-vous. Et pour cause, il y a interdiction de pêcher à cet endroit. On dirait que les poissons le savent. Ils nagent tout autour de nous. Nous pouvons même les toucher de la main! Des poissons de toutes tailles, mais surtout, grands comme la main et plus gros, mais multicolores, rayés, avec des formes géométriques variés. Nous leur donnons du pain apporté dans un sac. A un moment donné, je tiens le sac et j’ajuste mon masque avec cette même main. Les poissons suivent mon geste et sautent tout autour de ma figure sans se soucier de me toucher! Ils sautent même hors de l’eau. Ça me chatouille et je ris tellement que Guy vient à ma rescousse et prend le sac, mais lui se fait mordre la main par une minuscule petite bouche avec dents acérées… Je n’aurais pas aimé que ça m’arrive dans la face! Enfin, quelle joie que ces si jolis petits poissons presqu’apprivoisés! Le fond n’est pas seulement sablonneux, mais parfois, très escarpé et parsemé de gros rochers. Les parois de la caverne sont faciles à agripper pour se reposer un moment avant de retourner explorer. Des exclamations fusent de toutes parts pour attirer l’attention sur tel ou tel poisson. Quelle expérience inoubliable! Au bout d’une demi-heure, nous nous dirigeons vers nos annexes pour retourner au voilier. D’un commun accord, nous sommes déterminés d’y retourner lorsque l’étale sera à une heure plus propice afin que le soleil puisse éclairer l’intérieur de la caverne jusqu’au fond de l’eau.

Puis, c’est une longue flottille qui lève l’ancre et c’est un départ pour Black Point. Nous naviguons les 10 milles qui nous séparent de notre destination. Il fait un soleil radieux et nous sommes tous en grande forme. A notre arrivée en fin d’après-midi, la priorité est de faire le lavage, car nous retrouvons ici la seule buanderie accessible dans les Exumas avant d’arriver à George Town. Et quelle buanderie! C’est grand et c’est propre. Il y a plusieurs machines neuves qui fonctionnent à merveille. Quel luxe!! Par la suite, nous avons à peine le temps de faire un petit tour au village, qu’il fait noir et nous retournons au bateau. Nous restons à peine deux jours à Black Point, mais notre visite nous a convaincus qu’il faudra y revenir passer un peu plus de temps. Les gens y sont si sympathiques. Ce village est propre et il y règne une atmosphère de convivialité qui nous charme. Nous avons eu le temps de faire le plein d’eau potable et de faire le lavage          ( $27!!!). Ce village est aussi notre coup de cœur pour les Exumas, comme dirait Catherine de Mer et Monde II.

Puis, le 31 janvier, c’est la fête de Mylène, sur Fière Allure et Stéphane organise un party sur son bateau. Nous nous sommes retrouvés dix pour le souper et pour faire la fête : apéros copieusement arrosés de bière froide, souper au poulet, et pour finir, gâteau de fête. Ça se termine vers minuit. Il y a Éric et Catherine, de Mer et Monde II, Christian et Caroline de Maya X, nos hôtes et nous-mêmes. Quelle belle gang!

Le matin du 31 janvier, donc, le matin de la fête de Mylène, je l’appelle pour lui dire qu’elle a congé aujourd’hui et que des suppléants vont passer prendre les enfants pour la journée. Les deux filles, Catherine et Camille, accompagnent Guy sur notre bateau avec leurs livres de classe, mais j’ai prévu une sortie pédagogique! La veille, je suis allée rencontrer la directrice de l’école locale pour lui demander la permission de visiter l’école pendant la matinée et de passer du temps dans la classe de 5ième  et 6ième année. Mme Roberta McKenzie m’a accueillie très chaleureusement et le rendez-vous a été fixé. Les filles ont le temps de préparer des questions pour les élèves et ainsi pratiquer leur anglais. Il faut ici comprendre le défi que cela représente pour ces deux brillantes petites filles. Elles ne parlaient pas l’anglais avant de partir en voyage, et maintenant, Catherine, la plus vielle, se débrouille très bien! Donc, les filles présentent leurs questions à la classe, puis les élèves de la classe posent leurs propres questions. Par la suite, nous présentons notre drapeau canadien, nous identifions sur le globe terrestre la position de nos pays respectifs et finalement, nous partageons avec les 17 élèves une collation canadienne que j’ai apportée : du sirop d’érable servi en trempette sur du pain aux noix bahamien. Quel régal! L’échange se poursuivi pour une heure environ. Puis c’est la photo de groupe suivi du partage d’adresses courriel entre les enfants.

L’enseignante est très dynamique et sa classe jumelée est très éveillée et intéressée par la présentation des filles. Nous sommes sortis de là vraiment charmés par nos hôtes et impressionnés par la leurs installations, sommes toutes très potables, pour une petite école de seulement 36 élèves en tout de la maternelle à la 9ième année. Je peux dire que j’ai eu l’occasion de «maîtresser», comme dirait mon frère, Laurier! Je me suis vraiment beaucoup amusée et je ressors de cette expérience avec en main les coordonnés de l’école, l’adresse courriel de la directrice et de cette merveilleuse enseignante de 5ième et 6ième année. Il y aura sûrement des suites à ce contact pour les années à venir! Pour clore notre visite, nous retournons voir la directrice afin de lui remettre un don pour la bibliothèque de l’école : notre copie du dernier Harry Potter, le livre numéro 7. Désolée, Natasha! Je sais que tu me l’avais prêtée, mais j’ai pensé que tu approuverais ce geste, quitte à  remplacer le livre à mon retour…D’accord?

De retour sur le bateau, nous préparons des hot-dogs sur le barbecue pour les filles, puis c’est la fabrication du gâteau de fête par les filles sous la supervision de Guy, qui n’a pas perdu la main à ce niveau. Nous réussissons un très beau gâteau blanc cuisiné à partir d’une recette mémorisée, et recouvert d’un beau glaçage rose et de chandelles dénichées à prix d’or sur l’île! Décidément, Guy et les filles peuvent être fiers de leur exploit! Il nous reste à finaliser les cartes de fête en faisant le tour des bateaux pour y faire ajouter les vœux de tous ceux que nous connaissons. Puis, nous voilà partis pour rejoindre Stéphane et Mylène sur Fière Allure, et participer au party qui nous attend. Nous sommes ravis de notre belle journée passée avec les filles et les parents ont, je crois, apprécié notre cadeau de fête!

Malgré que c’est un lendemain de veille, le 1 février nous devons quitter Black Point pour nous rendre à Little Farmer’s Cay afin de participer au festival. Alors, c’est un autre départ, et cette fois la flottille est plus importante! Whisper, Windigo et Wy East nous avaient rejoint à Staniel Cay et suivi à Black Point. Donc, sur Whisper, il y a Marilyn et Vic, les gens si sympathiques de Terre Neuve qui nous accompagnent maintenant depuis un bout de temps. Sur Windigo, un Hunter neuf de 26 pieds, il y a Millie et Marc, qui habitent maintenant la région de Toronto. Millie vient de Terre-Neuve et Marc de Verner, Ontario. Ils sont super sympathiques et sont une source d’information toujours appréciée car c’est le quatrième voyage de Marc. Il connait donc le milieu. Puis, il y a Sheenie et Preston sur Wy East, ces deux américains de l’Orégon, super sympathiques qui font partie de notre joyeux groupe. Donc, nous voilà en route vers Little Farmer’s Cay.

Nous arrivons en fin de journée le vendredi. Rapidement, après un ancrage facile, nous nous préparons pour une visite à terre afin de participer aux activités qui se déroulent sur plus d’un site sur l’île. Dès le début, nous remarquons un manque d’organisation un peu décevante. Nous apprenons que les deux frères responsables de ce festival sont en chicane et rivalisent l’un avec l’autre plutôt que de coordonner leurs efforts. Il s’en suit une désorganisation qui aurait été néfaste n’eu été de l’implication bénévole de quelques équipages de passage. Les courses ont lieu comme prévu et cette partie du festival est un succès. Nous pouvons admirer ces belles embarcations qui défilent dans la baie comme de joyeux papillons. Le lendemain, les gars des équipages du Québec organisent une expédition de pêche organisée par les jeunes du voilier Born Free. Ils se  révèlent des experts en la matière et le groupe revient avec plus de 10 langoustes, et plusieurs crabes. Ce succès  mène à l’organisation d’un party québécois de l’autre côté de l’île pour déguster ces prises autour d’un feu de camp. Ils s’y retrouvent donc presque vingt personnes pour faire la fête. Entre autres, nous y faisons connaissance de deux équipages spéciales: un couple de notre âge sur leur bateau, Apothéose, et leur fille accompagnée de son copain sur un autre bateau, Soluna. Encore une fois, c’est un party  magique et quel festin!

Entre temps, pendant l’absence des gars à la chasse, j’accompagne Mylène et les filles pour une matinée sur le site du festival pour participer à une chasse au trésor organisée pour les enfants. Ce sont les mamans de quelques équipages de bateaux qui se sont portées volontaires pour cette organisation :  Chris et ses trois enfants du voilier, Sanity, July et son fils ado du catamaran, Meander, et Gail du voilier, Alocius. Ces jeunes femmes dynamiques font un travail exceptionnel d’organisation et d’animation. Nous passons quelques heures à participer et à échanger ensemble. J’espère les revoir car ce sont des équipages intéressantes de par leurs expériences, leur conversation animée, leur attitude de participation à la vie des îles. Leurs conjoints ont eu la grande chance d’être invités à bord des bateaux de régate et sont donc absents pour l’instant. En fin d’après-midi, Guy et moi rejoignons ce groupe en plus des trois équipages anglophones qui sont devenus nos amis sur le site des fameux concours de T-shirt mouillés pour les femmes et jambes et fesses, pour les hommes. (legs and buns) Les volontaires ne sont pas nombreux, mais participent avec beaucoup d’entrain! C’est le moment pour des photos mémorables! Sheenie gagne le concours du T-shirt et Mathew, le conjoint de Gail, celui des belles jambes masculines! Puis, après les concours, les gens se dispersent et nous allons rejoindre le groupe de québécois sur la plage devant notre ancrage. Tous les chasseurs sont fiers de leurs prises et c’est le moment pour d’autres photos mémorables. Accompagné d’un riz et de légumes en conserves, c’est une réelle dégustation qui s’en suit. Vers neuf heures, tout est terminé et les équipages retournent à leur bateau en annexe. J’apprécie ce moment de la soirée sous un ciel étoilé lorsque les annexes font leur trajet de retour aux voiliers.   

Malgré l’organisation déficiente de la part de nos hôtes bahamiens, nous avons eu beaucoup de plaisir durant ce festival. Cependant, à part les régates, le succès des activités est en grande partie dû à leur prise en charge par des équipages de voilier. Les bahamiens n’étaient pas vraiment au rendez-vous autant que nous l’avions imaginé après notre expérience du Junkanoo.

Une note finale doit être ajoutée à notre expérience à Farmer’s Cay. Je dois ajouter une suite à ma réflexion sur les bateaux à moteur. Nous avons finalement fait connaissance avec une équipage de cruiser, Pendragon, qui est ancré près de nous à Farmer’s Cay. Nous les avons croisés sur la petite route entre notre ancrage et le site du festival. Ils étaient accompagnés d’un autre couple et ils nous ont abordés très chaleureusement avec beaucoup de bonne humeur. Nous avons échangé nos cartes de bateaux, et par la suite, le lendemain matin avant de partir, nous sommes allés leur rendre visite. Surprise! Ce sont des gens qui ont fait plus de 25 ans à voile, pour finalement opter pour le confort d’un cruiser. Comme quoi, ils avaient déjà la mentalité de voilier, donc pas vraiment un exemple d’équipage de cruiser!!! Entre temps, nous accumulons les indices quant à la vie à bord de ces bateau: par exemple, une fois,lorsque nous sommes passés près de l’un d’eux, il nous est venue une odeur de Bounce pour sécheuse!! Un sécheuse!! Puis, l’autre matin, sur le pont de notre voisin cruiser de plus de cent pieds de long, il y avait une dame qui y aspergait d’eau douce l’annexe que son conjoint venait de hisser à bord… avec un boyau d’arrosage!!! A suivre…  

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fév 03 2008

Réflexions sur notre voyage - Fin janvier

Publié par Guy sous Le voyage

Après quelques semaines d’expérience aux Bahamas, nous constatons que la vie ici est très différente de celle que nous avons connue aux États-Unis. Je constate que le choix judicieux des provisions est essentiel, car non seulement les aliments doublent de prix, mais les lieux d’approvisionnement ressemblent à des dépanneurs et sont rares! Nous devons donc dépendre de plus en plus sur les réserves que nous avons à bord, soit en denrées alimentaires, soit en eau potable, soit en produits de toutes sortes. Nous devenons donc très conscients de notre inventaire et nous sommes préoccupés par la planification des repas. Nous ne manquons de rien, mais je commence une liste pour améliorer mon inventaire la prochaine fois que nous aurons accès à une épicerie mieux garnie, soit dans une semaine ou deux, à George Town. Par exemple, le chou et les agrumes comme les pamplemousses, les oranges, les citrons et aussi les pommes devraient figurer en plus grande quantité dans notre inventaire. Par chance, je découvre que j’ai fait bonne provision de fruits séchés, comme des pruneaux, des figues, des dattes, qui prennent la relève lorsque les fruits frais ne sont pas disponibles. Nous apprenons à apprécier chaque fruit, lorsque par chance, l’arrivage de la semaine au petit magasin de la marina offre de beaux pamplemousses… à $2,50 chaque et de belles pommes rouges… à $ 1,10 chaque! Nous nous surprenons à espérer que la pêche soit fructueuse lorsqu’il nous reste seulement un poulet au frigo. Autrement, il faudra commencer à cuisiner avec des conserves ou acheter de la viande congelée, ou peut-être, rencontrer un pêcheur qui nous vendra ce qu’il a.

 

Pour ce qui est de l’eau potable, nous devenons experts à utiliser le moins d’eau possible.  Par malchance, nous avons remarqué de l’eau douce dans le fond de la cale. Il y a une fuite dans les conduits entre notre réservoir et l’évier de cuisine. Deux grands seaux d’eau ont été ainsi gaspillés. Guy s’installe et répare la fuite après avoir enlevé l’évier du comptoir pour avoir accès aux tuyaux. Ça fonctionne. A Sampson Cay, l’eau potable est très bonne car elle est produite par osmose inversée de l’eau de mer. Cependant, nous la payons $0,50 le gallon. Qu’à cela ne tienne, nous remplissons nos réservoirs, car le  prochain point de ravitaillement sera à Black Point où nous ferons escale dans une semaine, peut-être. Dans notre cas, nous prenons nos douches en sautant à l’eau et en utilisant le savon Joy qui mousse en eau salée. Puis, nous montons sur le pont pour nous rincer parcimonieusement à l’eau douce en provenance de notre sac de douche solaire. Et voilà! Ça fonctionne bien, mais, encore une fois, nous devons nous limiter au strict minimum quant à la fréquence de cette technique.

 

Sommes toutes, pour améliorer notre sort, nous en concluons qu’un inventaire de denrées alimentaires encore plus judicieux et surtout plus volumineux serait indiqué. Il nous faudrait une plus grande réserve d’eau potable, ou encore mieux, un désalinateur d’eau de mer serait tout indiqué. Cependant, cet équipement vaut entre trois et cinq milles dollars! Les bateaux plus récents ont en général une vraie douche à bord avec une possibilité d’eau réchauffée par le moteur ou avec réservoir d’eau chaude. Pour ce qui est de l’espace vitale sur le bateau, nous sommes très satisfaits de notre Kelt de trente pieds. Nous pouvons accueillir confortablement six personnes pour souper, huit ou dix, à la limite. Notre petit four nous surprend agréablement depuis que nous avons réussi notre premier pain.

 

Nous apprécions beaucoup la protection offerte par le toit en toile du dodger et du bimini reliés entre eux par un panneau supplémentaire. Cependant, nous remarquons la très grande commodité que serait l’ajout de panneaux latéraux pour ainsi créer une pièce supplémentaire dans le cockpit à l’extérieure. Que ce soit en cas de froid, de pluie, de soleil ou de présence de petites mouches, ces panneaux supplémentaires nous offrirait un confort non négligeable. 

 

En visitant d’autres bateaux, il nous semble qu’un bateau de trente-neuf pieds avec une quille rétractable ou une quille d’au plus 4.5 pieds serait encore plus idéal, pour l’espace et les commodités. Quarante pieds et plus c’est une autre catégorie et un autre prix à tous les niveaux! Il faut aussi toujours se souvenir que plus on augmente la longueur d’un bateau et le nombre de gadgets à bord, plus on augmente les besoins d’entretien!!

 

Maintenant, petits commentaires et une anecdote concernant les voiliers versus les bateaux de plaisance à moteur seulement (cruisers). Depuis que nous évoluons d’île en île aux Bahamas, nous apercevons presqu’exclusivement des voiliers. Par exemple, dans un ancrage, il peut y avoir 20 voiliers et un seul bateau à moteur, en général entre 50 et 150 pieds de long. De plus, lorsque nous allons faire des randonnées à terre, sur les plages, dans les rues des villages, au bar, aux sites de pêche, nous ne rencontrons jamais d’équipages de bateaux à moteur. Pas un seul, à date. Par contre, le soir, ces bateaux sont souvent illuminés par des centaines de kilowatts de lumière, partout sur le bateau et même des projecteurs illuminent l’eau tout autour, et ce pendant toute la nuit!! Nous ne pouvons pas imaginer la vie à bord de ces bateaux! Lorsque nous passons près de l’un de ces bateaux amarrés aux quais, parfois nous pouvons voir l’intérieur : un ameublement en cuir luxueux, des peintures, des sculptures, une cuisine comme on peut en voir dans les revues, et même un ameublement de patio avec bar sur les ponts extérieur… Peut-être leurs équipages ne veulent-ils pas quitter la climatisation? Snobisme? C’est une énigme.

 

Voici une petite anecdote que j’ai lue dans une revue de voile au sujet des bateaux à moteur versus les voiliers: Une fois au bar, quelques couples d’amis discutaient de ce sujet. La question suivante fut alors posée par l’un des gars : faut-il saluer de la main les équipages des bateaux à moteur que nous croisons, comme c’est la coutume entre voiliers? Quelle serait la règle selon l’étiquette maritime? Alors un autre gars répond que jamais un équipage de voilier ne devrait être le premier à saluer. A la limite, il doit feindre de saluer en touchant son chapeau pour voir si le gars de l’autre bateau daignera répondre à son salut. Car, ces bateaux ont toujours des hommes au volant. Ou encore, comme il arrive souvent, la fille installée à côté du gars à bord du bateau à moteur suivra le voilier d’un regard langoureux, mêlé d’une pointe d’envie. C’est qu’elle imagine une randonnée plus silencieuse qui permet la conversation et les petites collations délicieuses… Si c’est le cas, le gars du voilier salut la fille chaleureusement, à l’insu de son compagnon qui peut parfois s’en rendre compte du coin de l’œil. Elle répondra invariablement à son salut pendant que son compagnon est occupé à éviter un obstacle rapidement en vue dans sa trajectoire.

 

Une fille dans le groupe intervient alors dans la conversation. Elle se tourne vers les gars et d’un mouvement rapide, relève son T-shirt, révélant ainsi ses charmes voluptueux aux regards ahuris de ses compagnons. Elle demande alors, que fera le gars du voilier si une fille à bord du bateau à moteur lui fait un tel geste en le croisant? Alors, sans perdre son aplomb, le gars lui répond que le gars du voilier doit alors se lever et saluer bien bas tout en gardant le contact visuel avec la fille et en se mouillant les lèvres avec la langue… La fille de lui répondre, monsieur, vous êtes un gentilhomme!

 

Hum… ce qui m’amène à une autre réflexion. Qui sont ceux que nous rencontrons en route? D’abord, il y a ceux à la retraite en bon nombre que nous continuons à côtoyer régulièrement. Ils ont en général entre 50 et 65 ans, et partent pour une période de temps variée, parfois pour plusieurs années, ayant tout liquidé au Québec, parfois pour un an ou deux, y ayant laissé un point d’attache. Par exemple, Jean et Lucie sur Tourelou, voyagent pour deux ans en destination des Caraïbes, plus au sud. Jean est retraité de STCUM, la compagnie d’autobus de Montréal. Il y était mécanicien de moteurs diesel. Ils sont très expérimentés en voile et ont fait plusieurs voyages avec leur bateau d’environ 32 pieds.

 

Nous rencontrons aussi plusieurs couples dans la trentaine qui ont beaucoup d’énergie,  le sens du party. Ils sont aussi d’une très grande gentillesse et d’une grande générosité. Nous faisons un bout de chemin avec eux dans les îles entre Warderick Wells et Little Farmer’s Cut pendant quelques semaines. Nous avons à peu près le même itinéraire qui ne nous presse pas trop d’arriver à George Town avant la mi-février. Ces couples sont un groupe de joyeux lurons qui nous font rire par leurs histoires de voile rocambolesques. Les gars sont toujours partants pour aller à la pêche. Ils sont actifs et débrouillards. À titre d’exemple, Caroline et Christian avec leur chienne sont partis pour un an sur leur Bénéteau 32 pieds flambant neuf. Ils ont quitté leurs emplois comme travailleur de la construction et technicienne dentaire, et ils ont vendu leur maison. Ils n’ont pas beaucoup d’années d’expérience en voile, mais ils forment une équipe très compétente. Les filles, dans ce groupe d’âge, sont toutes aussi compétentes que les gars, surtout en navigation et pour manœuvrer les divers équipements à bord. Elles sont surprenantes et commandent le respect par leur habileté et leur savoir faire.

 

Un dernier commentaire sur l’évolution des gens durant ce voyage. D’abord, nous avons remarqué quelques petits accrochages chez certains couples où l’harmonie n’est pas à son comble. Ceux qui s’en tirent le mieux semblent être ceux dont chacun des partenaires démontre le plus d’autonomie personnelle. Les cas où nous avons décelé des problèmes sont des couples où l’un des conjoints démontre une capacité inférieure de performance dans un domaine. Par exemple, lorsqu’une des deux personnes  peut plus difficilement suivre les activités du groupe, cela amène des frustrations. Parfois aussi, un autre facteur entre en jeu : les deux ont des attentes différentes quant au rythme de la progression du voyage. C’est très important de communiquer clairement les attentes de chacun afin que personne ne développe une frustration néfaste. Un point à souligner : presque tous les hommes ont perdu entre 15 et 25 livres depuis le début du voyage.  Leur allure est plus musclé, plus svelte et ils sont très en forme. Ils ont le sourire facile et ils sont très bronzés. Humm… Les femmes, en général, n’ont pas perdu de poids, ou très peu, comme environ de 5 livres.  Mais, elles sont bronzées et elles sont superbes dans leur bikini sous des petites robes de plage ou dans leur costume de plongé moulant …c’est décourageant de les voir manœuvrer!! Anyway…comme dirait Foglia.  Admettons que celles de mon groupe d’âge portent moins le bikini… Quant à moi, je porte chapeau, chemise ample et pantalon capri et je suis toujours très blanche avec ma crème solaire à 60 fps! Ma dermatologue serait fière de moi! Enfin…je peux manœuvrer agilement dans toutes les situations, malgré une certaine limitation dans l’eau que je suis en train de mâter! A mon grand bonheur!! Guy a perdu au moins 15 livres et correspond en tout points au profile des hommes que nous côtoyons.

 

Pour ce qui est du voyage lui-même, nous avons beaucoup ralenti notre rythme et nous prenons vraiment le temps de vivre… à la bahamienne, c’est-à-dire, au gré de la météo sans trop nous presser. Nous rencontrons beaucoup de gens et nous sommes toujours fascinés par les histoires de chacun. Nous sommes un peu préoccupés par le fait que nous ne bougeons plus autant, sauf les sessions de pêche pour Guy. Elles durent environ deux heures, à plonger dans des profondeurs variant entre 10 et 20 pieds, à nager contre courant, toujours à l’affut d’une proie possible, et parfois en retrait d’un prédateur possible!! Quant à moi, mes sessions de nage en apnée sont plus courtes et un peu moins fréquentes. A part cela, nos marches sur les îles, dans les sentiers ou dans les rues sont assez courtes par le fait qu’il n’y a pas loin à aller. Les projets ne manquent jamais. Il n’y a presque pas assez de temps pour faire tout ce qu’il y aurait à faire à chaque endroit.

 

La météo est un facteur assez préoccupant. Pour les mois de janvier et février, il s’y amène des fronts froids au rythme d’environ un à deux par semaine. Cela veut dire de forts vents qui nous obligent à trouver un ancrage protégé. Par la suite, les vents alizés prendront le dessus et nous aurons une brise constante en provenance du sud qui nous permettra d’amorcer le voyage du retour sur des vents favorables. Que dire de notre environnement toujours changeant, avec une luminosité qui n’en finit pas de nous surprendre? Nous naviguons dans dix à vingt pieds d’eau. Nous voyons le fonds sablonneux ponctué de coraux, même certaines nuits de pleine lune! Et toujours ce ciel étoilé qui n’en fini pas de nous émerveiller comme si nous le découvrons chaque soir. C’est vraiment un endroit d’une très grande beauté à laquelle nous ne sommes pas encore totalement habitués. Ça nous épate toujours de vivre dans la nature, et surtout de continuer notre découverte du monde sous-marin. Et puis vient le temps de reprendre la mer et alors quelle joie de se retrouver en mouvement, de manœuvrer les voiles, de sentir le bateau répondre à la brise! Nous éprouvons un réel plaisir lorsque le moment du départ arrive. C’est une fébrilité, une joyeuse excitation qui s’empare de nous et ne nous quitte pas jusqu’à l’arrivée.  La voile est un sport qui n’en finit pas de nous acaparer. Parfois, nous n’avons même pas l’occasion de monter les voiles parce nous avons un vent de face ou parce la distance à parcourir est vraiment trop courte. Zut, alors! Décidément, ce voyage nous comble à tous les points de vue, sauf peut-être les petits moments d’ennui lorsque ça fait longtemps que nous n’avons pas eu de nouvelles. Avis aux intéressés : nous avons besoin de lire vos messages et d’avoir de vos nouvelles!

 

Au sujet de notre blogue, il savoir que parfois nous revisitons les articles précédents pour y ajouter des photos et pour corriger certaines petites erreurs qui sont passées inaperçues. Les mini-films seront mis à jour probablement à George Town. L’Internet n’est pas assez puissant dans les îles pour que je puisse les téléchargés sur le site Youtube (hacdes55).     

 

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jan 24 2008

Warderick Wells Parc - Du 18 au 21 janvier

Publié par Guy sous Le voyage

Warderick Wells Warderick Wells Park Wardrick Wells Park La première miche de pain. L'ancrage à Emerald Rock Notre ancrage situé à Emerald Rock est très protégé pour les vents du nord de 25 à 30 nœuds du front froid qui s’annonce dans quatre jours. Nous sommes donc ici pour environ une semaine. Au quartier général du parc, nous avons accès à Internet, mais les autres services sont limités sauf pour obtenir de la glace. Nous devons donc nous contenter des provisions que nous avons faites avant notre départ de Nassau. Nous sommes en assez bonne position à ce niveau, grâce à notre réfrigérateur et à la génératrice.

Nous profitons d’une visite guidée sur l’île pour connaître l’évolution de la vie dans les Exumas. C’est un peu déprimant d’apprendre qu’avant l’arrivée de Christophe Colomb, c’était un environnement de forêt tropicale, très pluvieux avec une faune et une flore diversifiée et la présence d’autochtones auto-suffisants. Maintenant, la forêt n’existe plus depuis longtemps et les autochtones ont été exterminés. C’est la première chose que les espagnols ont accomplie. Les grands arbres majestueux ont servi pour construire des mâts et des bateaux.  Même le sol a été décimé par les plantations peu appropriées et aussi par la force des ouragans qui ont balayé la couche de sol fertile, une fois les arbres disparus. Il reste maintenant un sol noir très dur et poreux qui ressemble à un fond volcanique, mais qui est en fait de la pierre calcaire. Il y pousse une végétation rabougrie de quelques pieds de haut, qui essaie tant bien que mal à reprendre le dessus sur le sol de l’île. Le climat maintenant est beaucoup plus sec et les bahamiens qui sont encore sur place réussissent à survivre d’un peu de pêche et surtout des emplois dans les services. Ces gens sont les descendants d’esclaves venus travailler sur les plantations. Les bateaux commerciaux déciment la pêche au point où les langoustes et les conches sont de moins en moins disponibles. La présence toujours plus importante des promoteurs immobiliers change de façon drastique le paysage encore un peu sauvage et isolé de ces îles. Dans quelques années, le voyage que nous faisons ne sera plus le même…En fait, ce qui reste c’est la beauté des plans d’eau et le climat encore très enviable.

Comme la vie aquatique est protégée dans ce parc, nous découvrons un fond marin beaucoup plus intéressant lorsque nous faisons de la plongé en apnée. Les gars sont tentés de sortir leur équipement de pêche lorsqu’ils aperçoivent les langoustes géantes, les belles conches adultes… mais après notre visite guidée, nous sommes encore plus motivés à préserver l’environnement du parc.

Nous faisons des marches sur les sentiers pédestres aménagés partout sur l’île. Le samedi soir, nous participons au feu de camp organisé par les responsables du parc à l’intention des voyageurs. Une cinquantaine de personnes sont réunis pour partager apéritifs, amuse-gueules, et surtout pour faire plus ample connaissance. C’est agréable de rencontrer les équipages des bateaux que nous avons souvent entendus échanger sur ondes de la radio VHF, mais que nous n’avons pas encore eu l’occasion de croiser. Nous échangeons projets, informations, et aventures cocasses. 

Je cuisine finalement l’énorme jambon gardé sous vide dans mon frigo. J’ai vraiment le goût de partager avec nos amis de Fière Allure et de Whisper. C’est donc un rendez-vous, dimanche soir pour un souper d’amis avec au menu, du jambon avec nouilles à la sauce aux champignons et légume vert, servi avec le premier pain cuisiné à bord! Quel festin en perspective! Mais… vers 4 heures, le front froid arrive. Des vents de 20 à 25 nœuds en provenance du nord s’installent et tournent les bateaux de l’ancrage dos vers le large. La pluie tombe de façon sporadique. Le changement est si soudain que nous devons nous précipiter pour bien ranger tout ce qui traîne sur le pont. Le vent siffle dans le gréement. Après une demi-heure, les équipages de Whisper et de Fière Allure décident qu’il est préférable qu’ils restent à bord de leur bateau pour surveiller la situation. Notre souper est remis au lendemain.

Ce vent souffle pendant deux jours, mais nous sommes satisfaits de notre amarrage au tangon. Nous sommes confortables, bien protégés par l’île. Cependant, il faut toujours veiller au grain, car nous apprenons que deux bateaux se sont retrouvés  à la dérive suite au fait que leur tangon s’est révélé défectueux. L’un des équipage de bateau, Marc et Milly sur Windego,  s’est réveillé durant la nuit alors que leur bateau était rendu tout près d’une falaise. Par mesure de précaution, Guy installe toujours une alarme sur le GPS qui s’active lorsque nos coordonnés changent. Donc, le lundi, tout le monde est présent pour le souper, tel que prévu. Mylène apporte des muffins pour dessert. C’est un succès, surtout le pain chaud!

Le lendemain, comme la météo se calme, nous sommes prêts pour continuer notre route vers l’île Sampson Cay située à quinze milles au sud. Nous pourrons y obtenir de l’eau, de l’essence et quelques denrées alimentaires, selon l’arrivage de la semaine. Les quatre heures de voiles sont très agréable avec vents de travers de plus de 15 nœuds. Nous avons une bande de ri sur la grand voile et le génois aux trois quarts. Trois équipages nous suivent dans le minuscule ancrage : Fière Allure, Maya X, ayant à son bord Christian et Caroline et leur chien, et finalement, Tourelou, ayant à son bord, Lucie et Jean et leur chat. Nos amis de Terre-Neuve, Marilyn et Vic ont décidé de poursuivre leur séjour à Warderick Wells pour quelques jours encore. Ils nous rejoindront à Staniel Cay.   

   

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jan 20 2008

Norman’s Cay - Du 12 au 16 janvier

Publié par Guy sous Le voyage

Norman's Cay Norman's Cay L'ancrage à Emerald Rock Nous avons découvert tous les deux une nouvelle passion: la pêche en apnée et la plongée en apnée!! Quelles activités extraordinaires! Nous passons deux journées intensives à pratiquer ces nouvelles activités autour des coraux et de la plage d’Allan’s Cay. Le matin, Guy part avec Stéphane et Normand, qui vient d’arriver sur son catamaran, Beach Magic. Il est accompagné de sa conjointe, Monique et deux ados, Lorianne et Maxime. Comme il est déjà venu sur l’île durant des voyages précédents, il sait où sont les bons endroits pour pêcher. Stéphane et Guy raffinent leur technique et font l’exploration des coraux magnifiques. Toujours, ils reviennent ravis de leur expédition, mais leurs prises ne sont pas encore impressionnantes. Cependant, ils apprennent à reconnaître différentes sortes de poissons. Ils se rendent compte qu’une fois harponné, le poisson est difficile à remonter à la surface. Guy perd quelques bonnes prises à ce moment stratégique. Ils apprennent aussi qu’il faut remonter à la surface rapidement avec une prise pour éviter la compagnie de requins et de barracudas, qui se matérialisent de façon surprenante dans les environs lorsqu’il y présence de sang. Les requins ne sont pas vraiment dangereux, car ils s’en prennent surtout aux poissons blessés,  plutôt qu’au harponneur. Cependant, les barracudas sont redoutables. Ils sont attirés par tout ce qui brille, d’où la précaution de ne porter aucun bijou pour plonger. Ils ont aussi la fâcheuse habitude de rechercher l’ombre autour des quilles des bateaux à l’ancre installés pendant quelques jours…On nous raconte qu’un barracuda a attaqué et blessé sérieusement la jambe d’une dame qui marchait sur la plage dans un pied et demi d’eau! Elle portait une chaine autour de sa cheville. Mais trêve d’histoires peu rassurantes! Les gars sont passionnés par leur nouvelle activité qui se solde souvent par une ronde de rhum en guise de récompense pour des défis tels que la plus grosse prise, la première langouste, etc. Ils forment une équipe de joyeux lurons, surtout très déterminés, prêts à affronter la vague, les courants et les profondeurs de 10 à 15 pieds pour dénicher leurs prises, mais ils sont tout de même prudents dans leur apprentissage!

Pendant ce temps, moi j’accompagne deux autres équipages, Marc et Milly sur Windigo, Marilyn et Vic sur Whisper. Milly et Marilyn ne savent pas trop nager, un peu comme moi, mais elles sont très motivées à maitriser l’utilisation du masque, tuba et palmes. Notre but est d’être suffisamment habiles avec cet équipement pour aller visiter la célèbre grotte sous-marine à Staniel’s Cay, où a été tourné une partie du film de James Bond, Thunderball. A marée basse, il y a un passage d’un pied ou deux au-dessus du niveau de l’eau à l’entrée de la grotte, mais à marée haute, c’est complètement fermé et il faut faire une plongé de dix à quinze  pieds avant de refaire surface dans la grotte. Donc, dans notre cas, nous espérons faire cette visite à marée basse avec masque, tuba et palmes. 

Je déballe mon équipement tout neuf, mais j’appréhende devoir faire de nombreuses tentatives avant de réussir à coordonner le tout. Mais, surprise! Je découvre que j’ai fait l’acquisition d’un équipement d’excellente qualité qui se révèle super facile à utiliser. J’ai été conseillé en la matière par une préposée qui connaissait bien les différentes caractéristiques à surveiller et qui a manifestement su les adapter à mon cas. Le masque tient merveilleusement bien sans jamais laisser passer d’eau. La visibilité est excellente, grâce aux verres adaptés à ma prescription visuelle. Le tuba est assez long pour me permettre d’évoluer dans la vague sans être submergée, mais qui offre, en plus, la nouveauté d’être presque étanche ce qui l’empêche de se remplir d’eau. Advenant ce problème, le tuba est muni d’un système d’échappement situé à l’autre extrémité, tout près de l’embout qui se place sur la bouche. Ceci permet donc de vider le tuba lorsque nécessaire presque sans effort. Ces caractéristiques démontrent un raffinement dans la fabrication de tubas, qui nous surprend agréablement, car l’équipement  que possède Guy est loin de permettre cette performance.

Donc, me voilà capable, dès le premier jour, d’évoluer dans l’univers sous-marin et d’y découvrir, petits poissons tropicaux de couleurs vives, coraux et autre vie aquatique! Quelle joie! Quelle joie! Quelle joie! Je me pense maintenant prête pour la caverne de Thunderball! Mais, Vic et Marc, nos instructeurs, me font déchanter. Il faut rappeler que nous évoluons toutes les trois dans… deux pieds d’eau, ce qui nous permet de toucher le fond avec nos mains!!! Hum… Il faut maintenant aller plus loin pour plonger à plusieurs reprises afin de coordonner notre respiration en apnée. Il faut simuler notre réaction si notre tuba se rempli… même avec mon équipement super sophistiqué. Il faut surtout s’habituer à évoluer dans vingt pieds d’eau et plus. Il faut débarquer dans l’eau à partir de l’annexe et surtout pouvoir y remonter. Bon, anyway.

Pour l’instant nous faisons le tour des petits récifs qui bordent la plage et nous sommes comblées par ce que nous découvrons. L’eau est si claire et la sensation si agréable d’évoluer comme dans un aquarium! La beauté de cet environnement est saisissante et ne se compare en rien aux photos, ni même aux films. Nous développons une grande motivation de retourner encore et encore jusqu’à ce que nous ayons trop froid (malgré les 75 degrés de l’eau et la température extérieure de 28 degrés) et que nous soyons trop fatiguées pour poursuivre. Je découvre que je c’est vraiment difficile de descendre plus profondément dans l’eau salée. La densité de l’eau est plus élevée et permet de flotter sans effort. C’est très confortable d’être dans l’eau avec cet équipement. Je peux rester immobile pendant de longs moments, puis, lorsque je veux me diriger vers un autre endroit, les palmes sont vraiment efficaces pour me propulser rapidement. Je peux rester dans l’eau deux heures environ avant de me fatiguer. Je comprends maintenant l’importance de porter une combinaison thermique de plongé. Ce sera notre prochain achat, tout les deux, puisque celui de Guy a vraiment fait son temps.

Le matin du douze janvier, nous décidons de continuer notre route vers Highborne Cay, où se trouvent une marina avec petit magasin général et une plage magnifique. Nous avons décidé d’un commun accord de passer la prochaine semaine et demi à explorer les îles qui nous séparent de Staniel Cay, endroit où nous pourrons nous ravitailler un peu plus avant de poursuivre vers Georgetown. Cela signifie que nous devrons vraiment être auto-suffisants. Nous passons une nuit à Highborne, le temps de faire un tour sur cette plage déserte où c’est un réel plaisir de marcher dans le sable si blanc et si fin qu’il ressemble à de la farine et qui s’étend à perte de vue. La marina est vraiment très bien entretenue, mais il faut payer le prix. Nous découvrons que deux pains, une douzaine d’œufs, un sac de glace et une carte d’appel de vingt dollars nous coûtent 46 dollars! C’est maintenant que nous constatons l’importance d’avoir fait de bonnes réserves. Les dix-huit employés qui habitent sur l’île y sont seulement de passage, deux mois en service suivi d’un congé prolongé. Les installations que nous voyons et l’île au complet est une propriété privée. En parlant avec le préposé, nous apprenons le potin suivant : le superbe yacht de plus de 100 pieds que nous voyons amarré au quai est en fait un yacht de location. La semaine dernière, il faisait une escale ici, à Highborne Cay avec à son bord, Michael Douglas, sa femme, Catherine Zeta-Jones et leur famille! Mais, cette semaine, nous y voilà, en annexe, profitant, nous aussi de ses charmes enchanteurs…

Le 13 janvier, nous poursuivons notre route vers Normans Cay, l’île où habitait les caïdes de la drogue, dont Carlos Lehder, dans les années soixante-dix. C’était l’endroit où les bateaux en provenance de

la Colombie venaient déposer leur cargaison pour la transbordée sur de plus petits bateaux qui se dirigeaient ensuite vers les différents ports de

la Floride. Les américains y ont fait un raid majeur et ont vidé l’île. Depuis ce temps, l’île a été plus ou moins inhabitée et les bâtiments et maisons de luxe se sont dilapidés avec le temps. Il s’y trouve une petite piste d’atterrissage toujours utilisée aujourd’hui par de petits avions. Il s’y trouve un très bon resto, MacDuff’s, où nous dégustons un plat de poisson local très prisé, la dorade, digne des meilleurs restos de Montréal, à 30% de plus comme coût. Mais quel oasis dans cet endroit isolé!  Sur les petites îles environnantes, nous apercevons des maisons neuves et plusieurs petites marinas en construction. Il s’agit de futurs sites de villégiature haut de gamme… comme il s’en construit de plus en plus sur ces îles enchanteresses. Dans quelques années, le voyage que nous faisons ne sera plus le même.

Notre ancrage est assez bien protégé de toutes parts, alors nous y restons pour quelques jours, le temps de laisser passer le premier de deux fronts froids qui s’amènent. Il y a de nombreux endroits où pratiquer la pêche. Stéphane et Guy se donnent rendez-vous tous les matins. Stéphane réussit à attraper la première langouste, une magnifique prise de plus de deux pieds de long qu’il cuisine avec ravissement! Pour marquer l’événement, nous nous rendons en fin de journée sur l’îlot où se trouvent un seul palmier et une minuscule plage pour trinquer au rhum pour le Happy Hour. Les gars ont le cœur à la fête!!

Le lendemain, nous explorons une autre plage où l’on peut patauger autour de très petits îlots à marée basse et où se forment de grandes mares d’eau plus chaude. Marilyn et moi en avons pour des heures d’exploration sous-marine en  apnée! Cette fois, les profondeurs sont plus importantes et représentent un site parfait pour nos pratiques. Nous sommes bientôt prêtes pour aller explorer l’épave de l’avion C-47, située tout près de l’ancrage. Elle date de l’époque où les trafiquants étaient actifs dans la région. On dit qu’elle était trop chargée au décollage, mais que l’équipage a réussi à s’en sortir indemne. Il ne reste plus grand-chose de l’avion. Sur l’île, nous faisons de grandes marches en suivant l’unique route. Nous faisons des pauses en visitant les ruines des maisons jadis luxueuses laissées à l’abandon.

Par chance, sur l’île se trouve un puits d’eau de pluie que nous utilisons pour nous rincer après la baignade. L’eau potable est une denrée rare plus nous sommes longtemps loin d’un centre de ravitaillement. La glace aussi devient problématique. Certains bateaux fonctionnent sans réfrigération. Les œufs et le beurre se conservent en fond de calle où il s’y trouve un peu de fraicheur. La technique, pour les œufs, est de les tourner bout pour bout tous les deux ou trois jours. Ils se conservent ainsi jusqu’à trois semaines s’ils étaient frais au départ.  Dans notre cas, nous sommes satisfaits de la performance de notre génératrice, qui fait fonctionner le frigo et l’ordinateur lorsque nous sommes à l’ancre. Nous sommes donc assez autonomes et capables de conserver des aliments adéquatement. J’ai présentement dans le frigo trois morceaux de viande emballés sous vides dont les dates de péremption sont décalées jusqu’à la mi-février! Un rôti de porc pour cette semaine, un gros jambon pour la semaine suivante et un poulet au début de février! Si l’on ajoute à cela les prises futures de la pêche, nous ne sommes pas à plaindre pour ce qui est de l’apport protéinique à notre menu. Nous avons aussi de petites douceurs tels que de la crème douce, de la crème sure, une variété de fromages, du jus d’orange, du bacon (dont la date de péremption est en mars), de la mayo et bien sur, de la bière froide pour Guy! Au niveau des fruits et légumes, j’ai piments, carottes, patates, navets, chou, oignons, ail, tomates, bananes, pamplemousses, oranges, citrons, pommes… Je dois admettre que je n’ai pas encore puisé dans les réserves de boîtes de conserves pour notre alimentation courante. Nous sommes donc très autonomes pour quelques semaines, si nécessaire.

Nous partons de Norman’s Cay mercredi, le 16 janvier en destination de Wardrick Wells Park. Il s’y trouvent des tangons pour mieux s’amarrer lors du deuxième front froid qui s’annonce encore plus fort avec des vents du nord de plus de 30 nœuds. C’est une rendonnée d’environ cinq heures de belle voile au près. Nous ancrons au site d’Emerald Rock où se trouvent finalement une vingtaine de voiliers. Nous voilà donc en sécurité, protégés par l’île des vents du nord. Ici, le parc est aménagé et offre plusieurs activités pour nous occuper pour la prochaine semaine. A suivre…

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jan 13 2008

Départ de Nassau – du 2 janvier au 12 janvier

Publié par Guy sous Le voyage

Allan's Cay Paradise Island, Harbour & Atlantis Les bateaux de croisière à Nassau La traversée de Nassau vers Allan's Cay L'iguane sur Allan's Cay Paradise Island Nous restons à Nassau deux semaines, en partie parce qu’un front froid nous empêche de partir, en partie parce que nous y sommes à l’aise pour fêter le Jour de l’an et le Jour des rois, en partie parce que nous avons besoin d’un repos.

Notre visite à Paradise Island, située en face de Nassau,  est à couper le souffle. Nous y accostons avec notre annexe et nous passons la journée à faire le tour de l’île et de toutes ses splendeurs. La marina, Hurricane Hole, n’a que des yachts de plus de 100 pieds de long. Les complexes hôteliers sont grandioses et sont entourés de parcs d’amusement de toutes sortes. Ça ressemble beaucoup à Walt Disney, mais pour adultes. La plage située en face est magnifique. Aux premiers étages, le prix est de $500 par soir, tandis que les trois derniers étages du haut sont de $25, 000 dollars par soir, minimum quatre soirs!! Nous sommes surpris qu’on puisse déambuler partout, sans nous faire interpeller, même au niveau des chambres, de la bibliothèque où on m’encourage à garder les deux livres qui attirent mon attention! Nous n’avons jamais vu autant de richesses, même à Las Vegas. Ici, c’est démesuré et nous avons la sensation d’être des intrus parmi la classe des riches et célèbres de ce monde. Notre annexe sera la seule au quai pendant toute la journée. Ici, les clients ne se déplacent pas en annexe. D’ailleurs, les annexes rattachées aux bateaux amarrés valent plus que notre voilier! Malgré la proximité de Nassau, l’accès à l’île n’est pas facile. Par route, il faut traverser un immense pont ce qui représente une bonne marche à pied. Par bateau, le quai pour annexes n’est pas publicisé. Il faut se faufiler entre les yachts et avoir eu une bonne description des lieux obtenue de bouche à  oreille.

Ce qui attire notre attention le plus, c’est l’aquarium gigantesque qui entoure l’une des salles à dîner. Il y a même une descente de glissade d’eau qui passe à travers l’aquarium! D’un mur à l’autre, nous parcourrons le pourtour de la pièce et nous observons toutes sortes de poissons tropicaux de couleurs variées et de dimension  parfois surprenante. Quel endroit luxueux!

Le soir du 6 janvier, nous invitons Stéphane, Mylène et les enfants et un autre couple très coloré et sympathique, des gens de Terre Neuve, Vic et Marilyn, pour un souper de la Fête des rois.  Nous demandons aux deux filles de fabriquer deux couronnes en papier recyclé pour la tradition des deux fèves cachées dans le gâteau. J’expérimente une nouvelle recette : un chili au poulet et à l’orge. C’est délicieux! Marilyn apporte une salade et pour dessert, nous déballons un gâteau au rhum, spécialité de la place. Une reine et une princesse sont élues : Marilyn et Catherine. Puis, Marilyn et Vic nous entretiennent joyeusement toute la soirée de leurs histoires, de leurs traditions. Ils sont vraiment amusants!

Le lendemain, autour d’une table du Green Parrot, le bar le plus près, les équipages de plusieurs bateaux sensiblement du même calibre que le nôtre se rencontrent. Ils conviennent de suivre un même itinéraire de navigation jusqu’à Georgetown. Il semble que la fenêtre météo sera mercredi, dans deux jours. Nous aborderons la navigation dans les Exumas. Il s’agit de suivre un chapelet d’une centaine d’îles plus ou moins habitées situées aux abords du banc. Georgetown se trouve tout au sud de ce parcours et représente, pour plusieurs d’entre nous la destination finale de ce voyage. La navigation dans les Exumas représente un défi pour ceux qui n’y sont pas initiés, car ils s’y trouvent de nombreux récifs de corail situés à fleur d’eau. La technique est simple : il faut qu’un membre de l’équipage soit posté sur le pont avant du bateau et surveille pour repérer les grandes surfaces noires entre deux eaux. Il faut alors les contourner parce que ces taches sont du corail très dur et abrasif qui pourrait endommager sérieusement le bateau advenant un échouage. Donc, pour notre sécurité, il vaut mieux faire l’apprentissage de cette navigation en groupe.

Le matin du 9 janvier, la flottille est prête vers 6h :30. Mais…petit pépin! La veille, Guy avait remarqué une petite fuite de diesel (encore!). Il resserre quelques boulons. Tôt le matin, il fait le tour de la situation, mais le problème a persisté durant la nuit. Il fait rouler le moteur pendant presqu’une demi heure pour s’assurer que ce problème n’en affecte pas le fonctionnement. Le reste de la flottille nous attend. Il décide qu’il peut entreprendre le voyage. Alors, c’est un départ.

Les prévisions de météo annoncent 10 à 15 nœuds sur le banc. Mais, nous découvrons plutôt du vent de 20 nœuds avec des vagues qui font parfois 4 pieds. Mais le temps est superbe et nous sentons la joyeuse fébrilité qui nous habite tous. Nous sommes  heureux de nous retrouver de nouveau à voile après notre arrêt prolongé de deux semaines. Notre destination est Allan’s Cay, l’île déserte où règnent les iguanes, située à 38 milles de Nassau. Ce sera notre plus longue randonnée du trajet jusqu’à Georgetown. Nous estimons prendre plusieurs jours pour nous rendre à cette destination finale, le temps d’explorer un peu. Les autres étapes seront beaucoup plus courtes.

Le soir, à l’ancrage entre deux petites îles, il y a plus d’une vingtaine de bateaux. Nous allons faire un tour sur la plage déserte, et nous y sommes accueillis par un troupeau de petits iguanes. Il est deux heures de l’après-midi et le soleil est radieux! Nous en profitons pour relaxer un peu avant de retourner au bateau.

Le matin du 10, nous captons la météo par radio amateur. Les nouvelles sont bonnes pour les prochains jours. C’est maintenant, loin de la civilisation, que nous apprécions la valeur de cet instrument. Ceux d’entre nous qui ne sommes pas licenciés, avons comme projet de le faire, une fois de retour au Québec. Dans notre cas, notre appareil peut seulement capter les ondes mais ne peut en émettre. C’est donc déjà un outil utile pour recevoir la météo. Cependant, nous  ne pouvons pas émettre de messages.

Guy et Stéphane décident de partir en annexe pour parcourir les deux miles qui nous séparent de Highborne Cay pour se rendre au petit magasin général afin d’acheter de la glace. Au retour, ils se préparent pour leur première expédition de pêche à la sling, sorte de harpon à trident muni d’un élastique qui propulse le harpon, une fois relâché, un peu à la manière d’un tire-roche. Il est surtout utilisé pour la pêche aux langoustes, mais aussi pour attraper du poisson, dépendamment de l’habilité du pêcheur. Guy enfile son habit de plonger, car cette pêche se fait en apnée. Espérons qu’ils seront plus chanceux qu’à la ligne! Encore une fois, hier, lors de notre traversée, nous n’avons eu aucune chance à la pêche, malgré nos efforts avec notre équipement, somme toute, un peu minimaliste! Faut dire qu’avec la vague de quatre pieds, nous souhaitions presque de ne rien prendre! Il n’était pas question de fignoler la ligne pendant que nous étions occupés à négocier notre route entre les coraux!

A leur retour, Stéphane est heureux de nous montrer ses six petits poissons. Guy n’a rien pris, mais il est emballé par l’expérience de la plongé et par la chance d’évoluer dans ce monde aquatique parmi une myriade de poissons multicolores de toutes sortes. Le problème, maintenant, est de tenter d’identifier ces poissons pour déterminer s’ils sont comestibles, car, certains poissons peuvent causer des problèmes de santé et peuvent même être mortels. Heureusement, ils sont assez rares. Quand même… Alors, avec nos livres de référence, et les consultations avec d’autres équipages de bateaux environnants, Stéphane décide de rejeter trois de ses poissons à la mer. Pour les autres, il prépare de petits filets que nous dégustons tous à titre d’entrée, le soir durant notre Happy Hour. Ils sont délicieux! Donc, c’est un rendez-vous pour le lendemain: activité de pêche au petit matin! Nous nous rendons compte que c’est là tout un apprentissage qui nous attend!

Pour moi, un autre apprentissage me préoccupe. Après l’activité de pêche à laquelle je ne participe pas, ce sera une visite à la plage pour mes premières leçons de plongé en apnée avec masque, tuba et palmes. A suivre…

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