Archive for the 'Le voyage' Category

août 16 2008

De retour chez nous - Juillet et août

Publié par Guy sous Le voyage

Le point final de notre voyage se fait tout en douceur, comme notre accostage au quai de la marina Gilbert Brook à Mooney Bay en fin de journée, ce jeudi, 12 juin 2008.  Pas de fanfare, pas d’attroupement. D’un pas léger nous nous dirigeons vers les bureaux de la marina pour annoncer notre arrivée et reprendre possession de notre emplacement au quai. Notre petite Honda Élément orange et grise nous attend sagement dans le stationnement. Notre fille a pris soin de nous l’amener plus tôt cette semaine. Petit à petit, au fil de l’après-midi, nos voisins curieux apprennent la nouvelle de notre périple et sont curieux d’en apprendre davantage.  

Les prochains deux jours sont consacrés à vider le bateau et à faire un bon ménage. Nous savons qu’une fois partis, nous n’y reviendrons pas pour le prochain mois et demi. En effet, nous serons accaparés par une série d’engagements dans nos familles respectives en Abitibi et au Témiscamingue ontarien. Ce n’est qu’en août, que nous pourrons revenir nous balader sur le lac, profitant ainsi du reste de l’été. Nous terminons notre séjour aux États-Unis par une petite virée de magasinage à Plattsburg, profitant de nos possibilités d’achat avant de retourner au Canada.  Puis, c’est le moment de quitter la marina en auto pour passer la frontière vers le Québec et  parcourir le trajet d’une heure environ qui nous conduira à notre domicile à Châteauguay.

Nous ne passons que quelques jours chez nous avant de repartir pour le nord-ouest québécois. Mais c’est suffisant pour apprécier l’impact de notre retour à la vie terrestre. Notre lit grand format est presque trop grand. Il y a trop d’espace dans  notre chambre. Nous dormons mal. Que dire de la cuisine? Tout est tellement spacieux, facile à utiliser.  Il y a tellement d’équipements, d’objets : le micro-onde, le lave-vaisselle, le grille-pain et surtout, surtout,  l’évier avec eau froide, eau chaude!  Je remarque la facilité du système de vidange et de recyclage. Je n’ai qu’à placer les bacs à la rue! Pour le compostage, c’est reparti.  Notre routine s’enclenche automatiquement. Dans chacune des pièces de la maison, je découvre d’autres objets, d’autres routines que j’adopte  à nouveau, machinalement.  

Il y a tout de même un plaisir certain à retrouver notre demeure, mais ce plaisir est coupable et étrangement déconnecté, comme s’il était temporaire. C’est comme si la vrai vie devrait prendre le dessus sous peu. Je sais que nous devons reprendre notre vie là où nous l’avons laissée l’an dernier, le temps de compléter nos engagements professionnels pendant quelques années encore. Cependant, je persiste à croire que nous poursuivrons notre démarche vers une vie transformée qui répondra à nos aspirations de créativité et de découvertes, une vie, somme toute, qui comptera encore.  

«No bird soars too high if he soars with his own wings.»  William Blake 

«Aucun oiseau ne vole trop haut s’il vole de ses propres ailes.»
Barnaches, Ã�lizabeth City Park 
deshac@sympatico.ca

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juin 12 2008

Notre retour au Québec – Du 2 juin au 12 juin

Publié par Guy sous Le voyage

New York aura été le roulement de tambour marquant la fin de notre voyage. Nous avions le goût de nous dépayser, de concentrer nos énergie à ce marathon qui nous a permis de faire le vide avant de nous remettre en route vers le Québec. Cette fois, nous sommes prêts et nous anticipons avec sérénité notre métamorphose vers un mode de vie terrestre.

La remontée de la Hudson jusqu’à l’ancrage de Partridge Harbour au sud du lac Champlain se fait en huit jours. Mer et Monde II nous accompagnent, puis nous rejoignons Coxily après avoir procédé au démâtage à Castleton Boat Club. Cette opération se fait sans problème en équipe avec Mer et Monde II. Éric et Guy connaissent bien leur bateau et la procédure se déroule sûrement, l’un aidant l’autre.

Si notre séjour à New York a été un roulement de tambour, la remontée de la Hudson sera, quant à elle, un mouvement tout en douceur, pianissimo. Il fait beau, il fait chaud. Les gars sont d’humeur à badiner sur

la VHF. À un moment donné, Éric et Martin entament un match musclé d’échange d’information sur les prévisions orageuses de la météo, façon bahamienne, qui se termine par une intervention de Guy qui jusque là était occupé à défaire la valve Y de notre système d’égout. Il sort la tête du cockpit pour confirmer les élucubrations savantes des nos deux autres compères : « Si je me fie à mes tuyaux, les gars, je peux vous confirmer que ce ne sera pas trop beau pour les prochains jours!!»

Et de nous rouler de rire, chacun sur notre bateau… Maya X et Fière Allure vont sûrement apprécier ce petit rappel d’une certaine conversation concernant la lecture de la météo sur radar…

Depuis quelques semaines, c’est un printemps allongé que nous vivons. Les outardes nous accompagnent regroupées en formation caractéristique de V. Elles bougent gracieusement et nous épatent par leur taille impressionnante et la beauté de leur plumage. Souvent, nous les côtoyons au sol, alors qu’elles font des pauses de ravitaillement. Elles ne sont vraiment pas farouches et se laissent approcher facilement. On dit qu’elles ne sont pas faciles à chasser car elles se souviennent des endroits où l’un des leurs a été atteint par des chasseurs. L’année suivante, elles peuvent alors repérer l’éclat des canons de fusil, même ceux des chasseurs blottis dans leurs caches, et s’éloignent de ce territoire sans y atterrir. Elles forment un couple pour la vie. Le mâle s’occupe de la femelle et peut même la défendre jusqu’à la mort. Les deux s’occupent de leur progéniture jusqu’à l’automne, et les surveillent  durant leur périple vers le sud. Après avoir été renseignés sur leurs habitudes de vie par le livre, Chesapeake, de Michener, ces volatiles nous fascinent.  Curieusement, plusieurs couples ne se rendent plus aussi loin dans le grand nord québécois. Nous rencontrons plusieurs petites familles nichées sur les abords de la Hudson.

Plus nous approchons, plus nous avons le goût de procrastiner. Nous passons deux jours à Kingston que nous n’avions pas trop visité lors de notre passage à l’automne. C’est un endroit agréable avec services gratuits : quais, électricité, douches. Nous en profitons pour faire une petite visite au musée où se déroule une soirée de musique blues. Nous y  faisons connaissance avec un équipage intéressant, Claudia et Uve, deux allemands qui voyagent sur leur voilier de 45 pieds, Okéanis, depuis plus de sept ans! Ils sont partis de l’Allemagne, sont descendus vers l’Amérique du sud, sont remontés jusqu’ici et sont en route vers les grands lacs, pour cet été. Ils poursuivront ensuite leur voyage de circumnavigation en retournant vers le canal de Panama. Leur projet est de passer par le Pacifique pour se rendre en Asie. Ils reviendront ensuite en passant au sud  de l’Afrique, retourneront en Amérique du sud et en Amérique du nord avant de traverser l’Atlantique pour finalement retourner chez eux!  

Puis, nous passons une nuit devant le fort Ticonderoga. Depuis notre visite à l’automne, nous avons appris beaucoup de choses sur l’histoire américaine. Ce fort, par exemple, fut le lieu de batailles féroces entre anglais, français et amérindiens, mais aussi, plus tard, durant le conflit pour l’Indépendance, un jeune officier de vingt-deux ans, le général Knox, a eu la brillante idée d’aller chercher la cinquantaine de canons du fort pour les transporter jusqu’à Boston afin de défendre la ville contre la présence britannique. Les américains de l’époque étaient à court de toutes sortes d’équipement pour mener à bien leur rébellion. Ce général Knox, donc, est venu durant l’hiver et a transporté ces canons sur des traîneaux et s’est rendu a destination avec son chargement. En cours de route, il a fait face aux pires difficultés. Par exemple, deux canons sont passés sous la glace, mais il les a récupérés! Il est passé à travers des tempêtes de neige, puis, il a gravi des montagnes, traversé et retraversé des rivières. Finalement, les gens des villages le long de sa route ont eu vent de cette entreprise farfelue et ont commencé à s’attrouper autour du cortège lorsqu’il passait près de chez eux pour les applaudir. Cet exploit à lui seul a permis de galvaniser l’intérêt des américains pour la cause de l’indépendance et à cristalliser leurs espoirs autour de ces premiers héros.    

Nous n’avions pas pensé  que notre trajet final vers le lac Champlain se ferait en aussi agréable compagnie. Notre flottille de trois bateaux  traverse le pont de Fort St-Frédéric, passage officieux vers le grand lac Champlain. Le vent fraichit et nous apprécions le répit qu’il nous offre de la chaleur de plus de 90F qui sévit depuis quelques jours. Nous faisons une pause aux chutes, Stacy Brook and Falls, le temps de patauger dans l’eau de source fraiche. Quel délice! Cette chute à trois paliers forme des rideaux d’eau qui cascadent doucement sur des rochers plats. C’est un petit paradis où nous pouvons évoluer sans danger comme dans une douche.  Quel plaisir nous avons  après avoir subi la chaleur écrasante depuis quelques jours! Puis, c’est au très joli ancrage de Partridge Harbour que nous jetons l’ancre pour la nuit.  Ce sera l’occasion d’un dernier cinq à sept sur Mer et Monde II avant de nous disperser demain sur le lac. C’est que Catherine et Éric n’ont plus beaucoup de temps et veulent passer leur dernière nuit sur le lac Champlain à l’île Valcourt qu’ils n’ont pas encore visitée. Ils poursuivront ensuite leur route au Québec jusqu’au lac Saint Jean, où ils habitent. Coxily continue sa route vers leur destination finale, soit la marina Gosselin, en passant par Burlington. Quant à nous, eh bien il nous reste quelques jours avant de terminer notre voyage à la Gilbert Brook’s Marina de Monty Bay.

C’est une autre séparation, un autre deuil. La petite famille de Coxily nous a épatés par son dynamisme, son expertise et son optimisme face à la vie. Ils sont vraiment très attachants tous les cinq, et les trois enfants sont un plaisir à voir évoluer. Ils nous ont rappelés les moments magiques de la vie quotidienne lorsque nos propres enfants avaient ces âges. Grâce à eux et aux autres équipages avec enfants à bord, nous avons pu apprécier l’intérêt pour la voile que les enfants de tous âges peuvent développer ainsi que leur capacité d’adaptation.

Catherine et Éric de Mer et Monde II sont rapidement devenus des compagnons de voyage que nous apprécions énormément. Ils sont jeunes, ils sont branchés, ils sont prêts à tout essayer. Ils ont une capacité pour capter les couleurs de la vie, comme durant notre visite à Chinatown. A preuve, leurs photos magnifiques. Ils respirent le bien-être au point où on les prend facilement pour des amoureux en voyage de noce.  Ils recherchent l’aventure et l’aventure semble les trouver, surtout les rencontres locales intéressantes, que ce soit avec les bahamiens où avec les pêcheurs rencontrés tout au long de leur voyage. Peut-être leur joie de vivre est-elle contagieuse…

Le matin du 10 juin, nous mettons le cap vers Vergennes, petite ville pittoresque, située à sept milles en remontant la petite rivière d’Otter Creek. Nous profitons du fait qu’à ce temps de l’année, il y a suffisamment d’eau pour faire le trajet, soit plus de 10 à 20 pieds sous la quille. Nous ne sommes pas déçus. L’endroit est vraiment très beau. Il ressemble aux bayous de la Nouvelle Orléans, et un peu aussi au Dismal Swamp Canal. J’adore faire de la photo en fin d’après-midi, lorsque nous arrivons et surtout, tôt le matin lorsque la luminosité sur l’eau est éclatante lorsque nous quittons.

C’est à Point Bay Marina que nous replaçons le mât. Ouf! C’est avec soulagement que nous reprenons notre route à la voile, cette fois. Nous faisons escale à Burlington une journée, le temps de revisiter cette dynamique petite ville du Vermont où nous avons accès à pied à la rue piétonne de Church Street. C’est ici que Guy a finalement droit à sa soirée cinéma pour voir Indiana Jones. C’est le deuxième film que nous visionnons au cinéma depuis notre départ. Un peu décevant, mais pour nous ce fut tout de même agréable de voir évoluer Harrison Ford qui, ma fois, s’en tire bien pour son âge vénérable.

Puis, c’est la fin de notre voyage. Le temps d’une dernière pause à l’île Valcourt, et nous voilà revenus chez nous. Un bilan de notre aventure suivra sous peu lors d’un article final sur ce blogue.

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juin 04 2008

New York – Du 23 mai au 2 juin

Publié par Guy sous Le voyage

New York New York New York New York New York New York Dernier souper à New York Soirée sushi Ground Zero New York Finalement, Sylvie s’est désistée et ne viendra pas nous rejoindre pour la traversée entre Cap May et New York. Maya X nous interpelle pour faire la traversée samedi matin jusqu’à Atlantic City. Il semble que nous devons profiter de cette petite fenêtre météo; sinon, nous devrons attendre encore plusieurs jours avant que le beau temps revienne. C’est donc un départ précipité de Cap May, samedi matin à six heures trente. La veille,  nous avons eu à peine le temps de faire le plein de diesel. Nous en avons  profité aussi pour faire une escale resto-douche avant de retourner au bateau.

Rose des vents et Coxily partent avec nous, ce qui fait une petite flottille de quatre bateaux pour cette dernière étape en mer. Comme toujours lors d’un tel départ, nous sommes un peu fébriles, mais la mer est très calme, donc notre journée se passe tout doucement. Nous installons le pilote automatique et chacun en  profite pour faire une bonne sieste en après-midi. Un autre voilier québécois, Eaudrée, se joint à nous pendant ce trajet. 

Le temps passe rapidement, puis, après six heures de navigation, Atlantic City est en vue. Après une étude approfondie de la météo, Maya X décide de continuer leur route pour rentrer à New York pendant la nuit. Coxily et Rose des vents décident de se reposer à Atlantic City et de continuer ce trajet le lendemain. Quant à nous, après mure réflexion, nous décidons de suivre Maya X et Eaudrée.

Nous poursuivons donc notre route par vents légers de 10 à 15 nœuds du sud-est qui tranquillement virent au nord vers la fin du voyage. Nous faisons plus ample connaissance via VHS avec l’équipage d’Eaudrée pendant les longues heures de la nuit. Ils sont trois à bord, soit, Josée et André avec leur fille, Audrey. Ils sont à la fin d’un périple de deux ans dans les Antilles. Ils sont très communicatifs et partagent volontiers quelques faits saillants de leur voyage. Comme nous anticipons une heure d’arrivée aux petites heures du matin, nous décidons tous de profiter de cette dernière traversée en restant éveillés. Notre trajectoire se situe entre trois et cinq milles de la côte. Une lune partielle et des étoiles produisent un certain éclairage, mais ce sont surtout les lumières tout au long de la côte qui s’intensifient plus nous approchons de New York, qui nous permettent de distinguer l’état de la mer autour de nous. Comme c’est la fin de semaine du Memorial Day aux États-Unis, nous avons droit à deux séries de feux d’artifices qui se déroulent au loin. Somme toute, une traversée fort agréable qui se termine à l’ancre dans la petite baie derrière la pointe de Sandy Hook vers 4h :15 du matin.

Le lendemain, vers 10h :00, nous profitons de la marée montante pour faire notre entrée dans le port de New York où nous faisons escale au tangon à la marina West 79th Street Basin. A $30 par jour, c’est officiellement l’hôtel le moins cher en ville!

Puis, c’est le moment le plus difficile de tout notre voyage. Maya X doit poursuivre sa route après une pause d’une journée, alors que nous avons décidé de nous arrêter pendant au moins une semaine. Nous passons la journée du lendemain ensemble à Times Square. Nous nous laissons imprégnés par l’atmosphère électrisante de ce lieu chargé de stimulations de toutes sortes.  En fin de journée, Christian et Caro nous font découvrir le Ruby Foo’s pour déguster des sushis en compagnie de l’équipage d’Eaudrée.

Le lendemain, mardi, le 27 mai vers 12h :00, Caro et Christian quittent l’ancrage. La marée vient de changer et c’est le temps pour eux de partir. Nous leurs souhaitons une belle route, via le VHS, puis nous quittons la voie de travail 74 pour retourner tous les deux en veille sur 16.

Après le départ de Fière Allure, il y a déjà plus d’un mois, nous vivons notre deuxième deuil.

Nous savons que nous nous reverrons au Québec, mais, c’est en quelque sorte maintenant que notre voyage prend fin, tel que nous l’avons vécu dans ses moments les plus intenses et les plus extraordinaires. Le bout qui nous reste à faire servira de transition qui tranquillement nous ramènera chez nous.

Au revoir, Christian, Caro. Vous êtes des gens authentiques et généreux avec qui il a fait bon partager ce grand rêve que nous avons vécu ensemble. On vous embrasse et on a déjà très hâte de vous revoir!

Ce jour-là, et les jours suivants nous allons à terre pour ratisser la ville jusqu’à minuit le soir, jusqu’à épuisement. Cette semaine passée à New York nous dépayse et nous accapare totalement. Nous laissons libre cours à notre goût de mieux connaître cette ville et de profiter de ses multiples attraits. Tous nos sens sont sollicités : l’odeur des parcs qui commencent à fleurir, l’odeur des mets exotiques cuisinés en plein air, l’odeur de poussière des champs de construction, l’odeur d’huile, de métal et de détritus des stations de métro souvent vieillissantes. C’est à Times Square que nous sommes le plus interpellés par des stimuli visuels et auditifs. Cet endroit est fascinant au point que nous y retournons à plusieurs reprises pour revivre cette expérience de surcharge sensorielle. À ce niveau, je dois admettre que j’ai une certaine adaptation à faire pour me sentir à l’aise dans la ville. Par exemple, je deviens tout à coup claustrophobe dans le métro. Et c’est assez exigeant de se diriger, malgré l’aide des cartes et des guides touristiques.  

Que dire de toutes les visites et les spectacles auxquels nous assistons. Je pense que jamais auparavant nous n’avons été aussi ravis par nos expériences et nos découvertes. Quelle semaine inoubliable!

Voici quelques capsules qui expliquent plus en détail les faits saillants de notre visite :

Gound Zero : 

Guy veut vraiment aller voir ce site, mais pour moi, ce n’est qu’un trou béant clôturé où travaillent des centaines de gens et où se pointent des grues géantes. Cependant, une fois sortis du métro, en marchant vers le site, nous commençons déjà à percevoir une sorte de solennité mêlée de respect. Nos yeux recherchent les marques encore apparentes sur le béton des édifices environnants,  provoquées par le choc des tours abattues. Il nous semble même qu’il reste une odeur de poussière dans l’air, mais nous pensons que cela est causé par les machines à l’œuvre partout dans les rues. Puis, juste avant d’arriver, nous passons sous l’ombre de grands arbres qui bordent une petite église et qui forment une sorte d’enclave de verdure. Beaucoup de gens se pressent sur le parvis de l’église, à l’intérieur et autour, dans le cimetière bondé de très anciennes pierres tombales. C’est dans cette petite église épiscopalienne que nous redécouvrons petit à petit des éléments du drame qui s’est produit juste en face. En effet, cette petite église a été épargnée sans aucun dommage, pas même une vitre de brisée malgré la proximité des tours jumelles. En fait, un arbre centenaire à été atteint tout près et est tombé de façon à protéger l’église. Donc, l’église a servi de lieu de ravitaillement pour les sauveteurs qui sont venus par la suite et aussi, de lieu de recueillement pour les familles des victimes. Il y a ici toute une panoplie d’objets, des photos, des vêtements de pompiers, des cartes de vœux provenant du monde entier, et aussi plusieurs vidéos et diaporamas qui reconstituent les moments intenses de cette tragédie. Il y a très souvent des musiciens célèbres et moins célèbres qui viennent jouer de leur instrument de musique sur place ou utilisent le très beau piano Steinway placé dans la nef à leur disposition.

Il y a un objet qui a particulièrement capté mon attention : des gerbes de très petits oiseaux de papier pliés selon une technique d’origami. Le panneau d’inscription à côté explique que ces gerbes sont envoyées chaque année par des enfants d’école d’Hiroshima. Elles symbolisent un message de paix dans le monde en rappellant la très jolie histoire de Sadako. Je connais bien cette histoire d’une petite japonaise des années 50 qui, avant de mourir de leucémie, suite à son exposition aux radiations de la bombe atomique lancée sur sa ville, a décidé de fabriquer 1000 petits oiseaux de papier, ce qui pourrait, selon la légende populaire, provoquer sa guérison. Son histoire a capté l’intérêt des enfants d’école de sa région qui ont décidé de terminer son projet, lorsqu’ils ont su qu’elle était décédée au moment où elle était rendue à son 750ième oiseau. Depuis ce temps, cette histoire est racontée dans les écoles du monde entier et des gerbes d’oiseaux sont fabriquées pour signifier la paix dans le monde.

Le musée Guggenheim Exposition temporaire de CAI GUO-QIANG: I WANT TO BELIEVE

http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Guggenheimbilbao.jpg

D’abord, cet édifice en spirale vaut le détour pour la beauté de son architecture.

Puis, nous apprenons que les œuvres des grands peintres et sculpteurs ont été entreposés pour faire place à l’exposition temporaire de Cai Gua-Qiang, si envahissante qu’elle occupe tout le musée de plusieurs étages. Nous découvrons que cet artiste américain d’origine chinoise vaut la peine qu’on s’attarde à son œuvre. Plusieurs des pièces qui sont en exposition rappellent ses antécédents culturels. Elles font aussi prendre conscience aux visiteurs de la place toujours plus importante de

la Chine dans le monde moderne et font une sorte de mise en garde de cette nouvelle puissance.

L’une de ses œuvres s’intitule, Borrowed Arrows, et illustre particulièrement ces deux concepts. Il s’agit d’un grand canoë d’une dizaine de mètres suspendu au plafond et transpercé de centaines de flèches. Selon une légende chinoise, il y avait autrefois un général qui avait été mis au défi par l’empereur de fournir rapidement toutes les flèches nécessaires pour une attaque imminente d’un ennemi. Alors, le général a placé des épouvantails sur ses bateaux de guerre et les a laissés filer à la rencontre de l’ennemi. Les bateaux ont été criblé de flèches; le  général a par la suite récupérer ses bateaux. Il était maintenant prêt à fournir les flèches nécessaires pour procéder à l’attaque prévue! Une analogie de cette légende avec les temps modernes met en garde contre

la Chine qui utilise la technologie de la civilisation occidentale pour mieux dominer celle-ci par la suite.   

http://www.nytimes.com/slideshow/2008/02/22/arts/22cai-slideshow_index.html

http://www.timeout.com/newyork/articles/art/27020/cai-guo-qiang-i-want-to-believehttp://www.thirteen.org/sundayarts/cai-guo-qiang-i-want-to-believe/38 

Mama Miahttp://www.wintergarden-theater.com/?gclid=CI3T0PiL1pMCFQoFGgod8mY0hgQuel enchantement que cette pièce de théâtre où sont présentées 22 chansons du groupe ABBA! Nous avons tellement ri des scènes loufoques et surtout nous avons apprécié la qualité des interprétations vocales des artistes autant que leur performance comme acteurs.  

American Museum of Natural Historyhttp://www.amnh.org/exhibitions/permanent/flash.php?framenum=1Nous avions déjà visité ce musée, mais il est tellement immense que de nombreuses visites sont nécessaires pour en faire le tour. Cette fois, nous nous attardons entre autre, dans la section décrivant l’origine de l’homme. On y relate les dernières trouvailles archéologiques retraçant les êtres qui nous auraient précédés il y a des millions d’années. Beaucoup de groupes scolaires circulent dans le musée. A un moment donné, une enseignante, explique un peu en sourdine à ses étudiants du primaire que la théorie de l’évolution qu’ils voient illustrée par les artéfacts du musée n’est pas nécessairement celle qu’il faut croire. Personnellement, ajoute-t-elle, je crois plutôt à une autre théorie…! Humm. Et en avant toute pour le créationisme!  Et vlan, pour l’objectivité. Voilà qui explique comment Bush a pu être élu deux fois!!    

Le Blue Fin Bar and Restaurant http://nymag.com/listings/restaurant/blue-fin01/

Un après-midi à Times Square, nous sommes particulièrement fourbus après avoir marché des kilomètres dans la ville depuis le matin. Nous sommes en sandales de marche, t-shirt, short, sac à dos. Puis, sans trop prévenir, Guy propose de nous arrêter au resto-bar, The Blue Fin, pour une pause bien méritée. Mais, une fois installés à une table, je suis prise au dépourvu lorsque je constate le niveau d’élégance de ce lieu très animé. Une petite robe noire et des talons hauts auraient été de mise dans cet environnement déco moderne aux murs de verre et aux tables décorées de magnifiques pousses de bambou et de fleurs exotiques. Guy commande deux consommations, soit une bière ($8)  et un cocktail ($14) que nous dégustons entourés des autres clients très chics! Enfin, on n’est pas tous les jours à New York! Puis, avant de partir, une petite visite aux toilettes me réserve une autre surprise : une préposée est installée à une table chargée de produits divers : crème à main, savons parfumés, bonbons, etc. Elle s’avance et offre ses services aux clientes: produits ou aide pour tourner le robinet et tendre des serviettes à main. Je suis bouche bée. Le seul autre endroit où j’ai vu un tel service offert dans les salles de bain publiques est à Paris.     

Hamlet, in the Summer production of  Shakespeare in the ParkDelacorte Theater, Central Parkhttp://www.publictheater.org/content/view/126/219/http://www.centralpark.com/pages/attractions/delacorte-theatre.html 

Par une belle soirée chaude, nous décidons de profiter de la programmation d’été qui vient de commencer à Central Park : au théâtre plein-air Delacorte, on offre gratuitement des billets pour la pièce de théâtre, Hamlet, de Shakespeare. Mais il faut d’abord passer prendre nos billets gratuits au guichet du théâtre durant l’après-midi. Nous en profitons pour ralentir un peu la cadence de nos journées frénétiques pour flâner un peu dans ce parc en attendant d’avoir nos billets.  Les newyorkais profitent pleinement des installations accessibles, de la verdure, de l’ombre, des plans d’eau tranquilles, car il y a plein de monde dans le parc. Guy décide qu’un banc public ombragé est l’endroit parfait pour la sieste. Pendant ce temps, j’observe les passants. New York nous a déjà charmés par l’atmosphère dynamique qui règne dans la ville. Les gens sont chaleureux, engagés, intéressés aux autres. Lorsque nous faisons une pause, soit dans le métro, soit dans la rue, pour consulter notre carte et nos guides touristiques, nous sommes souvent abordés par des passants qui offrent de nous aider. De plus, puisque nous circulons souvent durant les heures plus calmes du matin, de l’après-midi ou en fin de soirée, nous remarquons beaucoup de jeunes mamans ou de gardiennes qui se promènent avec des poussettes souvent doubles. Il y a aussi beaucoup de personnes âgées qui bougent parfois avec difficulté, avec l’aide de cannes ou encore de marchettes. Et toujours, il y a du monde, beaucoup de monde hétéroclite. Nous aimons beaucoup New York. Puis, nous voilà prêts pour le spectacle, assis sur les gradins dans un amphithéâtre presque rempli à capacité. La pièce se déroule dans sa version originale, donc sur une période de plus de deux heures. Cependant, les acteurs s’expriment avec beaucoup d’aise dans cette langue ancienne, et nous suivons facilement l’intrigue. Les étoiles qui brillent dans le ciel, les grands arbres qui entourent le théâtre et les édifices illuminés de la ville en arrière plan fournissent un cadre enchanteur où se déroule cette tragédie de Shakespeare. «To be or not be, that is the question…» Fait un peu inusité, les acteurs sont vêtus en style moderne et les décors sont minimalistes; cela donne une impression que les thèmes exploités sont encore très actuels. The Phantom of the Opera

http://www.majestic-theater.com/?gclid=CM6f8sSM1pMCFQuwGgodkDbHhw

Nous décidons d’aller voir ce spectacle un peu à l’improviste. Voilà déjà trois belles représentations auxquelles nous assistons depuis notre arrivée à New York. Celle-ci est vraiment un luxe! Mais, parfois il faut profiter des instants en sachant qu’une telle opportunité ne se présent pas tous les jours. Alors, nous voilà avec nos billets réduits achetés à la dernière minute devant le théâtre Magestic, prêts pour une autre soirée inoubliable. Et nous ne sommes pas déçus. D’abord, le théâtre, lui-même nous surprend par son ampleur. L’édifice est ancien et  gigantesque, magnifiquement décoré de boiseries, de chandeliers, d’escaliers larges et magestueux et de loges somptueuses. Les décors et effets spéciaux durant le spectacle nous impressionnent vraiment. Et que dire de la myriade de costumes d’époque grandioses qui sont éblouissants de broderies et de couleurs chatoyantes! Les acteurs ne nous déçoivent pas leur performance chevronnée. Et nous sommes encore charmés par l’histoire de Christine et les chansons magnifiques de cet œuvre magistrale. Wow!  

The Blue Note Jazz Club and Restaurant

http://www.bluenotejazz.com/newyork/index.shtml 

Finalement, c’est avec Catherine et Éric, de Mer et Monde II, que nous vivons notre dernier spectacle en ville. C’est une soirée intimiste, où nous avons la chance d’avoir une excellente place à une table située sur un petit balcon d’où nous pouvons voir la performance d’un quatuor vraiment impressionnant. Malgré le fait que les serveurs circulent entre les tables pour le service, c’est presque un silence total qui règne dans la petite salle durant tout le temps que dure le spectacle. Le trompettiste nous «parle» presque durant ses solos inspirés. Il est accompagné de deux artistes invités en provenance du Kenya qui volent presque la vedette avec leur jam session au tambour. Une soirée en excellente compagnie que nous avons pleinement appréciée.   

Quartier Soho Quartier chinois Quartier italien Quartier historique South Street Seaport

Nous allons marcher dans ces quartiers, chacun typique et surtout très achalandé. Nous avons beaucoup de plaisir à découvrir le quartier chinois en compagnie de Catherine et Éric, de Mer et Monde II. C’est le moment d’acheter des vêtements et autre mémorabilia à prix plus qu’abordable. Catherine et moi redécouvrons un autre plaisir oublié, le vaie magasinage!! De retour au bateau, j’ai à mon actif des T-shirts, New York, très fashion trois montres décoratives, deux paires de sandales, mais pas de sac à main. Trop de choix, je crois! Les gars se prêtent à notre lubie et nous suivent sans trop se plaindre.

En soirée, nous célébrons notre départ de New York au resto indien, Le Galicha. L’atmosphère est sereine, car  nous sommes prêts faire cette dernière étape avant d’arriver au lac Champlain. C’est à 5h :50 que nous quittons l’ancrage de la West 79th Street Basin Marina. Nous avons passé une semaine mémorable qui restera longtemps gravée dans notre mémoire.

   

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mai 25 2008

Du 14 mai au 23 mai – La Chesapeake, la Delaware, Cap May

Publié par Guy sous Le voyage

En route Dismal Swamp Canal Une petite pause...Crabe bleu, à coquille molle  Washington Washington Washington Washington Washington Washington Wahington Wahington 100_1072 100_1045

Ahhh… la Chesapeake! Un soleil éclatant tôt le matin, une marée montante qui nous propulse, un vent trois quart arrière de 10 à 15 nœuds, une longue houle paresseuse… le bonheur total! Depuis le temps que Guy rêvait de naviguer ce plan d’eau mythique dans des conditions agréables. La lecture du livre, Chesapeake, de Michener active beaucoup notre imaginaire avec ses aventuriers, ses pirates, ses héros de batailles navales et aussi, ses pêches miraculeuses d’huitres et de crabes. Cette immense baie a été le théâtre de l’évolution de la construction navale à partir de la caravelle, en passant par le clipper, les bateaux à vapeur, une variété de bateaux de pêche à fond plat, et finalement, les bateaux de guerre, les bateaux commerciaux et les plaisanciers modernes. Nous y faisons trois pauses, l’une à Deltaville, une autre aux îles Solomons et une troisième à Annapolis.

Mercredi, le 14 mai, ce sont des conditions de calme plat que nous découvrons en sortant de l’embouchure de la rivière Élizabeth près de Norfolk pour nous diriger vers le nord ouest dans la baie de Chesapeake. Notre premier arrêt à Deltaville est très agréable car nous y rejoignons les équipages de Victoria’s Secret, Mer et Monde II et Océanite. Quelles belles retrouvailles lors d’un 5 à 7 pour le moins animé chez Maya X! Il y a 14 personnes à bord qui ont le goût de fêter joyeusement, question de se mettre à date sur les aventures vécues depuis George Town et de se rappeler les plus mémorables péripéties vécues ensemble.

Les moments chargés d’adrénaline ont figuré dans l’expérience de chaque équipage. Nicole et Laval, d’Océanite ont vécu un bris important lors de leur traversée dans le Golfe Stream. En effet, des coups de vent de plus de 50 nœuds pendant une période d’une heure et demie ont fait claquer leur bôme d’un côté et de l’autre jusqu’à ce qu’il se torde et se brise en deux dans le sens de sa longueur, déchirant par le fait même leur grand voile. Ils ne pouvaient plus contrôler leur bateau pendant cette période de temps et ils ont dû se laisser porter où le vent les amenait jusqu’à ce que le calme revienne. Cet équipage expérimenté qui en est à son quatrième voyage aux Bahamas en a vu d’autres, mais cet épisode figure parmi celles qui les ont le plus impressionnés. Quant à Maya X, leurs moments forts, entre autres, ont été la traversée d’un sound particulièrement houleux en Georgie et aussi les deux traversées du Golfe Stream. À certains moments, leur bateau tapait beaucoup dans la vague et résonnait comme un tambour. Christian voyait Channey, son golden retriever, réfugiée dans la pince, qui était littéralement soulevée au moment où le bateau fracassait la vague. Benoît de Victoria’s Secret raconte que son expérience prolongée de plus de deux jours dans le Golfe Stream était très particulière alors que son bateau de 35 pieds a vogué pendant plusieurs heures dans le sens du courant avec un vent de travers qui leur permettait d’atteindre des pointes de vitesse de plus de neuf nœuds. Ils avaient une très forte impression d’évoluer dans une rivière au milieu de la mer! Quant à nous, nos moments forts ont été notre sortie en mer entre Beaufort et Wrightville, lorsque nous avons navigué par vents arrière de 20 nœuds avec rafales à 25 nœuds, mais surtout avec une houle résiduelle en provenance du large de 8 à 10 pieds. C’est à cette occasion que le moteur a arrêté de fonctionner parce que la gite était trop importante, ce qui a permis à l’eau de mer de s’infiltrer dans le tuyau d’échappement au point d’étouffer le moteur. Enfin, c’est ce que Guy en a déduit. Ce n’était pas facile d’aller régler ce problème dans les conditions de mer que nous vivions! Puis, un autre moment fort a été notre arrivée sur le banc à Gun Cay en décembre. Notre passage tout près de la falaise a été mémorable alors que nous étions propulsés par un courant puissant sans l’aide de notre GPS qui a arrêté de fonctionner durant ce moment crucial. Finalement, notre flottille a eu quelques battements de cœur accélérés lors de notre sortie en mer dans la passe de Great Whale Cay! Quelle expérience électrisante lorsque nous sentions le bateau décoller sur le haut de la vague et faire du surf!!

Le jeudi, 15 mai, nous voilà, en route vers les îles Solomon, naviguant à la vitesse de coque en compagnie de quatre équipages : Victoria’s Secret, Mer et Monde II, Maya X et Rose des vents. Un coup d’œil aux prévisions de la météo nous apprend que ce sera serré pour nous rendre à Annapolis avant le prochain front froid. Nos visiteurs sont au courant et devront peut-être nous rejoindre aux îles Solomon si le mauvais temps s’installe trop vite…

Nous passons deux nuits à l’ancre aux îles Solomon, où nous en profitons pour visiter une épicerie fine, une poissonnerie et des magasins de bateau comme Boaters’ World et West Marine. Puis, je fais une découverte ahurissante lorsque j’aperçois à la poissonnerie, Capt. Smith’s Seafood Market,  une spécialité de la région : le crabe bleu. Ce petit crustacé est pêché et livré vivant à la poissonnerie. L’étalage que je vois est constitué de crabes en période de moult, soit au moment où ils n’ont pas encore remplacé leur coquille dure. Ils sont très jolis à voir, avec leurs appendices bleutés, et surtout, ils sont tout mou au toucher. Leurs pattes ne représentent aucun danger puisqu’elles aussi sont très molles et malléables. Le préposé à l’étalage m’informe qu’il peut faire la préparation de ces crabes et me les vendre tout chaud, et prêts à déguster. Par curiosité, je lui demande de voir comment il s’y prend pour les apprêter. Il s’installe donc sur le comptoir pour préparer le premier crabe. Il me prévient que la technique peut sembler cruelle, mais elle s’exécute rapidement:

Étape 1 : Avec une paire de ciseaux, et d’un mouvement rapide, il lui coupe la face. Snip!

Étape 2 : Rapidement, il replie légèrement la carapace de chaque côté et coupe les devil’s claws. Snip, snip!

Étape 3 : Par l’ouverture de la face, il retire rapidement les deux poumons avec un petit crochet.

Étape 4 : Il retourne le crabe sur le dos et abaisse son appendice anal, soit le tablier, et le tranche rapidement. Snip! Si c’est une femelle, cet appendice ressemble au Capitol et si c’est un mâle, il ressemble à l’Obélisque!

Et voilà! Ses pattes bougent encore mais il est prêt à être enrobé dans une panure et plongé dans une huile chaude à friture.

Je réagis assez violemment à cette démonstration exécutée sans autres préambules. On me dit que c’est un met recherché et délicieux. J’accepte donc d’en acheter pour le souper du soir. C’est avec un verre de vin que nous dégustons ce met inusité, mais je dois admettre que je n’ai pas l’âme en paix. Je dors très mal ce soir-là et durant les deux prochains jours, je mange avec très peu d’appétit. Finalement, je reste assez traumatisée par cette expérience que je ne peux cesser de raconter, ad nauséam, à qui veut bien m’écouter!

Pour Victoria’s Secret et Mer et Monde II, c’est une soirée d’adieu car Benoît, Nancy et leurs deux filles doivent rentrer à Montréal. Le bateau terminera le voyage avec un autre équipage à bord. Ce n’est pas un moment facile pour ces amis qui se sont côtoyés pendant la majeure partie du voyage. Mais un rendez-vous est fixé à l’automne pour des retrouvailles terrestres, afin de faire le point sur notre adaptation une fois revenus au Québec et tenter de revivre une fois encore la magie engendrée par ce voyage.

Nous arrivons finalement à l’Annapolis City Marina vers 16h :00 samedi après-midi. Nos enfants nous y rejoignent deux heures plus tard. Il va sans dire que les deux jours qui suivent sont très précieux pour nous. Ils s’installent à bord mais la météo ne nous permettra pas de sortie dans la baie, comme nous l’avions espérée. Nous optons donc pour une après-midi à flâner dans les rues très agréables d’Annapolis. Une visite guidée à pied nous fait découvrir des lieux historiques. Puis, le lendemain, nous décidons d’aller faire un tour à Washington, histoire d’aller explorer les environs du 1600 Pennsylvania Avenue, soit, la Maison Blanche, le Capitole, l’Obélisque, le monument Lincoln. Encore une fois, nous apprécions pleinement cette visite intéressante et surtout,  tous les moments que nous passons ensemble.

 

Depuis le temps qu’on en parlait : les p’tits sont là!

Puis, ils sont partis. Notre départ d’Annapolis en direction de Chesapeake City se fait le mercredi, 21 mai, par vents portants et un ciel ensoleillé. Coxily nous rejoint; alors nous formons une flottille de quatre bateaux. Nous faisons bonne route et nous arrivons à destination tôt en après-midi. Nous décidons alors de poursuivre notre route vers la sortie du C & D Canal pour passer la nuit dans un ancrage au sud de l’île Reddy. Rose des vents décide de rester à Chesapeake City pour prendre le temps de visiter cette petite ville qui rappelle beaucoup de souvenirs d’enfance à Debby. Ils nous rejoindront surement plus tard à Cap May.

C’est par vents forts soutenus de plus de vingt nœuds avec rafales  de plus de trente nœuds que nous abordons la baie du Delaware le lendemain. Ça brasse beaucoup ce qui nous oblige à prendre trois bandes de rie. Puis, nous avons un problème de  moteur : l’alarme de refroidissement sonne et nous devons fermer le moteur le temps faire un diagnostique et de régler le problème. Il semble que la vague a encore une fois permis à l’eau de mer de s’infiltrer dans le tuyau d’échappement. Trop de gite du côté bâbord semble avoir cet effet. Je continue à barrer et nous poursuivons notre route à voile seulement, pendant que Guy effectue les réparations nécessaires qui lui permettent de redémarrer le moteur. Finalement, la flottille décide d’un commun accord d’interrompre notre trajet vers Cap May. Avant de déboucher dans la partie la plus vaste de la baie du Delaware, nous décidons de nous mettre à l’abri à l’ancrage de la rivière Cohancey.  Comme il est tôt en après-midi, Guy décide d’installer son nouveau compte-tour où tachomètre, acheté au magasin Bacon à Annapolis. Ce magasin qui se spécialise dans le recyclage de pièces usagées de bateau est une mine d’or. Entre autres, ils ont en inventaire 14 000 voiles usagées!! Donc, il installe avec succès son compte-tour. Il pourra maintenant mieux surveiller le fonctionnement du moteur. Il y a un problème sous-jacent qui s’est développé dernièrement, car nous avons remarqué une fumée blanche qui se dégage du tuyau d’échappement, surtout lorsque le moteur vire à haute révolution. Pour le guider dans ses recherches diagnostiques, il s’inspire beaucoup de ses lectures du Boatowner’s Mechanical and Electrical Manual de Nigel Calder. Ce manuel est une bible dont il a apprécié les conseils depuis notre départ, soit pour notre propre moteur, soit pour discuter des problèmes des autres moteurs de bateaux environnants.

Le vendredi, 16 mai, nous quittons la rivière Cohancey pour nous diriger vers Cap May, une distance d’un peu plus de 30 milles. Notre départ a cependant été retardé d’une demi-heure environ parce notre câblot d’ancre s’était enroulé autour d’un obstacle juste au dessous de la pointe du bateau. Il a fallu manœuvrer pour le déloger en tournant sur nous-mêmes et en utilisant la force du moteur d’un côté, puis de l’autre pour enfin nous tirer de là. Ouff! Guy a bien mérité une pause café après cet exercice exténuante! 

La Delaware s’est beaucoup calmée durant la nuit, et c’est par vents arrière de 10 à 15 nœuds que nous naviguons, les voiles en ciseaux. Nous avons hâte d’arriver à destination, car nous aurons la chance, cette fois d’aller à terre pour visiter un peu cette petite ville qu’on nous dit très charmante. Nous finaliserons aussi la visite de Sylvie, une amie qui nous accompagnera peut-être pour la traversée entre Cap May et New York.

À suivre…

N’oubliez pas de revisiter les articles précédents pour voir les photos.

Nouveaux mini-films sur Youtube.com au site: hacdes55

 

     

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mai 14 2008

Mille 283 à mille 0 – De Wrightsville à Norfolk - du 4 au 14 mai

Publié par Guy sous Le voyage

Elizabeth City Ã�lizabeth City Park Ã�lizabeth City Park Dismal Swamp Canal Dismal Swamp Canal Dismal Swamp Canal Dismal Swamp Canal Dismal Swamp Canal Dismal Swamp Canal, une écluse Dismal Canal Vin et fromage avec les Rose Buddies d'Ã�lizabeth City Ã�lizabeth Ciy Park Avion Tom Cat - Top Gun Bateau de guerre Stealth Barnaches, Ã�lizabeth City Park L’Intra-costal est bordée de  belles propriétés en Caroline du nord. Nous revoyons les balcons meublés de chaises berçantes qui nous avaient déjà charmés l’automne dernier. La météo n’est jamais favorable pour une sortie en mer, donc nous continuons notre route par la voie intérieure. Cela nous permet de voir des sections de l’Intra-costal que nous n’avions pas vues en descendant parce que nous avions fait des passages par l’Atlantique. En cours de route, lorsque nous longeons des secteurs particulièrement peuplés, j’essaie avec succès des connexions Internet qui durent quelques minutes, le temps que nous passions. Je suis ravie de pouvoir poster mon dernier article sur le blogue. Nous en profitons aussi pour lire notre courrier.

Le samedi, 3 mai, alors que nous sommes ancrés à Wrightsville, Stéphane et Mylène réussissent à nous rejoindre via Skype! Nous sommes vraiment très heureux d’avoir de leurs nouvelles. Cependant, ils nous annoncent qu’ils ont eu un problème de moteur. Ils sont présentement en attente de recevoir un nouvel arbre de l’hélice qu’ils ont fait usiner. Ce pépin les oblige à demeurer plusieurs jours dans la petite ville de Georgetown, en Caroline du sud. Comme ils sont très proactifs, ils semblent profiter de leur séjour terrestre pour explorer la région et trouver des choses intéressantes à faire. Mais, comme dit Stéphane, nos bateaux sont fatigués et ont besoin d’un bon entretient. Bonne chance, Fière Allure! Nous nous reverrons à Châteauguay. Quant à nous,  nous poursuivons notre route vers Beaufort, où nous ferons une pause d’une journée pour essayer de remédier à nos propres problèmes de moteur.

Réflexion sur nos choix de parcours 

Lorsque nous réfléchissons au temps que nous avons consacré à chaque segment de notre parcours, il y a des changements que nous ferions si c’était à refaire.

D’abord, si possible, il faudrait partir plus tôt à la fin août, début septembre pour mieux profiter de la chaleur de l’automne et avoir le temps de descendre suffisamment au sud pour ne pas avoir froid. Cela permettrait aussi de passer plus de temps dans la baie le

la Chesapeake, ce que nous n’avons pas pu faire à notre goût. Ce plan d’eau est vraiment hors de l’ordinaire pour les amateurs de voile, avec ses vastes étendues d’eau, ses grandes rivières qui permettent de s’abriter et ses villes accueillantes qui s’échelonnent sur son littoral.

C’est aussi une bonne idée de prendre son temps dans l’Intra-costal pour profiter des nombreux endroits à visiter. Les villes de New York, Annapolis, Norfolk, Beaufort, South Port, Georgetown, Charleston, Savannah, St-Augustine valent bien que l’on mette quelques jours à les visiter. Notre coup de cœur est Charleston, suivi de près par St-Augustine et Annapolis.

Aux Bahamas, nous n’avons pas visité les îles Berries, sauf pour Chub Cay, mais nous aurions aimé le faire au moment de notre arrivée. Notre passage à Nassau de deux semaines était trop long. C’est une très bonne idée de nous attarder dans les Exhumas, surtout le long des îles jusqu’à Farmer’s Cay. Notre arrêt de plus d’un mois à Georgetown était beaucoup trop long.

C’était très agréable de commencer notre voyage de retour en passant par les Out Islands, soit, Long Island, Rum Cay, Conception Island, Cat Island, Éleuthera et Spanish Wells. Nous aurions pu passer encore plus de temps à visiter ces îles.

Puis, il faut vraiment garder plus de temps pour visiter les Abacos. Un mois à six semaines ne seraient pas de trop. Nous y avons passé seulement deux semaines.

Pour ce qui est du voyage de retour aux États-Unis, je pense que beaucoup de gens ressentent le besoin de le faire plus rapidement. Le goût de revoir la famille et les amis se fait plus pressant et les conversations démontrent un intérêt pour les projets une fois revenus au Québec.  Par ailleurs, nous ressentons l’urgence de profiter encore des quelques semaines qui nous restent. Il y a encore beaucoup de moments pour apprécier ce que l’on a déjà vu et aussi pour découvrir d’autres endroits, d’autres curiosités régionales. C’est un peu avec regret que nous passons devant St-Augustine, puis Charleston sans y retourner faire une visite. Mais, nous avons très hâte de voir nos enfants à New York, et nous devons avancer rapidement pour y être à la date prévue.

Nous arrivons à Beaufort, en Caroline du nord, dimanche, le 4 mai, et nous demeurons au quai de la marina Beaufort Docks, jusqu’au mardi matin. C’est une pause bien méritée car nous sommes épuisés de nos dix jours de navigation à dix heures par jour! Guy fait les achats requis pour avoir les morceaux dont il aura besoin si le moteur flanche à nouveau. Épicerie, lavage, soirée 5 à 7 au bar de la marina, puis souper au resto : de quoi nous changer les idées et relaxer un peu. Puis, je visite les  nombreuses petites boutiques pendant que Guy fait le changement d’huile, et finalement, nous allons faire un tour d’une heure environ au petit musée de la ville, situé juste en face de la marina.

Quel beau petit musée qui valait amplement le détour. Merci, Caro, pour nous en avoir parlé. Entre autres, nous y découvrons une invention ingénieuse utilisée autrefois pour sauver les gens d’un naufrage. Il s’agit d’un contenant cylindré étanche, effilé aux deux bouts, qui fait peut-être 12 pieds de long par 4 ou 5 pieds de diamètre et muni d’une porte et d’un système de deux très long câbles. Un sauveteur était propulsé dans ce contenant par un canon jusqu’au naufragés. Il fixait alors un deuxième câble à l’épave, et il faisait ensuite la navette entre la plage et l’épave en empilant jusqu’à neuf personnes dans ce contenant. En tirant ce cylindre de part et d’autre entre la plage et l’épave, ils réussissaient à sauver les gens. Ce cylindre flottait sur l’eau, mais aussi pouvait être submergé dans les vagues déferlantes de la côte. Quelle invention bizarre, mais combien ingénieuse! Je trouve cela fascinant de lire les descriptions détaillées de sauvetages, mais aussi de voir ces spécimens véritables qui subsistent encore. Comme cette autre invention qui permettait d’enrouler les câbles sur une planche munie de nombreux gougeons, ce qui permettait de le dérouler sans qu’il ne s’emmêle. Guy et Christian font le tour et s’intéressent aussi aux animaux typiques de la région, surtout les six sortes de serpents vénéneux. Comme Christian doit sortir matin et soir avec sa chienne, Channey, il est particulièrement intéressé à savoir que ces serpents rôdent le long de la berge, dans les hautes herbes des marais… il doit faire gaffe!

Puis, en regardant bien le trajet qu’il nous reste à parcourir jusqu’à New York, il faut bien nous rendre à l’évidence que ce sera trop serré pour encore espérer y être pour la longue fin de semaine du 17 mai. Nous proposons alors à nos enfants, Vincent, Tammie et Alexis, de venir nous rejoindre plutôt à Annapolis. Cela leur demandera de faire trois heures de route de plus, mais ils découvriront une très jolie ville et ils pourront faire de la voile avec nous plus facilement dans la baie de

la Chesapeake. Nous aviserons lorsque nous serons plus près de cette destination, mais, au moins, nous avons un plan de rechange si nous prenons un peu de retard.

Mardi matin, nous reprenons notre route pour nous ancrer en fin de journée dans le port de la petite ville d’Oriental, que nous avions laissée de côté en descendant. Un saut à terre nous fait découvrir une jolie petite ville paisible, avec de grands arbres qui agrémentent les belles propriétés riveraines. Nous y apercevons même l’un de ces arbres avec un immense tronc qui enserre deux anciens bancs de pierre, placés comme des balançoires de jardin. La pancarte explique qu’il y avait une source près de ces bancs et que nombres de couples sont venus s’y assoir pour se chanter la pomme au fil des ans.

A cet ancrage, nous retrouvons l’équipage de Coxily, et un nouvel équipage, Marc et Debbie, de Rose des vents. Ceux-ci naviguent sur un Morgan de 58 pieds de long dont l’intérieur est un chantier de construction. En effet, ils ont comme projet de terminer la finition intérieur de leur bateau, tout en naviguant vers le lac Champlain. Marc est québécois avec la double nationalité américaine et canadienne. Debby est américaine. Les deux habitent

la Floride depuis plusieurs années.

Ce sont de longues journées de navigation qui suivent pour les prochains deux jours, histoire de profiter du beau temps pour traverser les grandes étendues d’eau peu profondes que sont

la Neuse River,

la Punga and Alligator River, le Pamlico Sound et l’Albermarle Sound.

La traversée des Sounds ne se fait pas aussi tranquillement que nous l’avions fait la première fois. En effet, nous effectuons ce trajet dans des vagues de deux à trois pieds et du vent de travers de 20 à 30 nœuds. Nous sommes très contents lorsque nous arrivons à destination, non sans avoir reçu quelques vagues dans la figure au passage! Comme un front froid agrémenté de tornades s’annonce, nous décidons de nous installer au quai gratuit d’Élizabeth City, petite ville située à l’embouchure de la rivière Pasquotank. A cet endroit, nous avons le choix de deux routes possibles, soit continuer vers

la Virginia Cut, ou de suivre la voie scénique du Dismal Swamp Canal. A l’automne, ce canal était fermé, mais ce n’est plus le cas.

Nous passons deux soirs à Élizabeth City. Cette petite ville est célèbre pour son accueil chaleureux et notre expérience confirme cette réputation. Les Rose Buddies, une équipe de retraités qui sont au poste chaque matin sur le quai, se donnent comme mandat d’aller accueillir les équipages de chaque nouveau bateau, de leur remettre des dépliants d’information sur leur ville, et, comble de bonheur, de les inviter à un vin et fromage servi en soirée en leur honneur, et présidé par Monsieur le maire!! Puis, ils remettent une rose à chaque équipage. C’est à ce moment que nous faisons connaissance avec Bob, un rose buddy particulièrement loquace et articulé et dont le père était membre fondateur de ce rite d’accueil pour le moins singulier. Il nous charme par les nombreuses histoires, parfois grivoises, qu’il nous raconte avec brio, malgré son âge avancé. Cet ancien pilote et officier de la marine est une source intarissable d’information et il partage volontiers ses opinions réfléchies et son savoir sur toutes sortes de sujets, incluant la politique américaine de l’heure. Un personnage coloré, pour dire le moins!

Durant la journée, j’en profite pour visiter le petit musée, et les quelques boutiques sur la rue principale. Je fais aussi un tour chez une coiffeuse, histoire de rafraichir ma coloration et ma coupe de cheveux. Ça fait du bien! Tranquillement, je redécouvre mes anciennes habitudes de terrienne, que je reprends une à une. A quand celle du bain tourbillon chaud et mousseux qui dure de longues minutes??!!

Puis, le lendemain, à 7h :30, c’est toute une flottille qui se met en branle. Nous sommes maintenant cinq bateaux pour faire cette balade dans le Dismal Swamp Canal. Nicole et Laval du voilier Océanite,  nous accompagnent.   

Voici quelques mots du dictionnaire spécial que nous créons au fil des conversations sur le VHF lors de nos longues journées de navigation :

Benoît, de Victoria’s Secret, s’inquiète de la qualité du mouillage des équipages…

Chantale parle de traverser l’Orgie au lieu de

la Georgie.

Martin et Christian sont à la recherche de leur fusée depuis leur visite au Kennedy Space Center.

De temps en temps, Maya X sort ses turbos, ce qui impressionne beaucoup Martin de Coxily!

Laval, d’Océanite, raidit sa voile au réveil et la ramollit quand il se couche!

Toujours en parlant de sa voile, il explique que quand t’es jeune, même à deux main, t’es pas capable de la plier, mais quand tu vieillis, si tu commences trop vite, t’as de la misère à la finir!!

Caro et Christian voient les soldats enfilés sur le pont!

Pendant ce voyage, nous aurons été tellement plus sollicités par des éléments de vie communautaire que nous l’avions imaginé! Nous réalisons qu’une très grande part de l’intérêt de notre voyage est l’occasion que nous avons eu de connaître des gens dans leur vie quotidienne pendant de longues périodes de temps, de partager des préoccupations de tous les jours, d’apprécier l’expérience très diversifiée de chacun et surtout de développer des liens d’amitié qui nous sont vraiment très précieux. En y réfléchissant bien, nous constatons que cet aspect de notre voyage nous fait découvrir la valeur des relations humaines significatives. Trop souvent, dans notre vie antérieure, j’ai l’impression de ne pas avoir consacré assez de temps à développer nos amitiés, et si ce voyage nous enseigne quelque chose, c’est bien de cultiver les gens plutôt que les horaires et les contraintes que l’on s’impose au fil de notre vie supposément moderne.

La Dismal Swamp Canal vaut le détour, malgré le fait que nous avons touché le fond à maintes reprises. Par chance, Christian navigue en position de tête et nous indique vers quel côté du canal nous acheminer afin de profiter de quelques pouces d’eau supplémentaires. Une fois, le mât frôle les hautes branches des arbres lorsque nous tentons de louvoyer dans une passe particulièrement peu profonde. Par ailleurs, l’endroit est assez féérique avec ses immenses arbres feuillus et ses conifères qui atteignent des sommets vertigineux. Parfois, les branches retombent en cascades sur l’étroit canal où deux bateaux auraient peine à se croiser. Parfois le sous bois est recouvert d’une sorte de haie fleurie qui sent les lilas. Un endroit paisible et idyllique.

Nous poursuivons notre route vers Norfolk, où nous accostons tard dans la journée au quai gratuit d’Élizabeth City Park. Coxily et Océanite vont s’installer à une marina à Hampton. Nous sommes donc trois équipages à passer les deux prochains jours d’un cold front particulièrement sévère à l’abri, attachés à un quai fixe près d’un parc municipal. Le vent se maintient entre 20 et 30 nœuds, avec de fréquentes rafales entre 35 et 50 nœuds. Nous sommes très protégés dans cette petite baie, mais nous ne sommes pas épargnés par l’inondation qui submerge le quai d’un pied et demi à marée haute. Un froid assez intense s’installe pour la période du front froid. Le thermomètre descend à moins de 52 F, ce qui nous incite à sortir notre chaufferette à l’alcool et nos vêtements chauds. À un moment donné, il y a même quelques minutes de neige et de grêle! Nous sommes inquiets car les prévisions de la météo annoncent des possibilités de tornades. Celles-ci se matérialisent tout autour de nous, à quelques milles, mais nous sommes épargnés.

Pendant les deux jours que nous sommes à quai, nous faisons une location d’auto, ce qui nous permet entre autre, de faire une visite guidée de la base navale. Nous y apprenons que Norfolk est la plus importante base navale aux États-Unis. Il y a plus de 3000 personnes qui travaillent sur les lieux afin de faire l’entretient des plus gros porte-avions et autres bateaux de guerre de la marine américaine.  Sur la rive nord, il y a aussi un chantier de construction de ces bateaux. Cette visite guidée d’une heure et demie environ nous a bien impressionnés par ce que nous avons pu voir et aussi par les informations pertinentes que notre guide nous a fournies. Entre autre, j’ai pu photographier un bateau stealth, qui échappe aux écrans radar et qui ressemble à un char d’assaut futuriste. En soirée, Guy et moi retournons seuls au centre ville de Norfolk pour faire une dernière randonnée. Nous avons la chance de voir le destroyer Wisconsin, mis en réserve près du musée naval. Sommes toutes, nous apprécions ce milieu urbain propre et très animé, avec un bord de l’eau aménagé de façon très agréable. Puis, nous passons à un centre de conditionnement physique pour prendre une douche avant de terminer notre visite par un arrêt sushi au resto avant de retourner au bateau.

Le lendemain matin, soit le mercredi 14 mai, nous passons le mille 0! Nous avons ainsi complété une majeure partie de notre voyage de retour. Nous entrons dans la baie de

la Chesapeake par une belle journée ensoleillée avec des vents portants de 10 nœuds environs, et comme bonus, une dernière visite d’un banc de dauphins. Ils sont des dizaines à virevolter autour de nos bateaux, comme pour nous dire au revoir. Ça nous fait chaud au cœur de les voir et du même coup, nous sommes un peu nostalgiques.

Nous apprenons que l’équipage de Victoria’s Secret fait aujourd’hui sa dernière journée de voile avant de repartir vers le Québec. En effet, ils laisseront leur bateau à Deltaville et ce sera d’autres personnes qui le ramèneront au lac Champlain. Nous avons eu aussi d’autres nouvelles de l’équipage de Fière Allure, celle-là, un peu moins réjouissantes. Leur problème d’arbre de l’hélice s’est avéré plus important; ils ont donc décidé de faire remorquer leur bateau au Québec pour effectuer les réparations. C’est avec regrets qu’ils terminent ainsi plus tôt que prévu ce voyage épique d’une petite famille de quatre voyageant sur un voilier de 27 pieds. Mais, qu’à cela ne tienne; ils ont atteint leur but principal qui était de passer l’hiver aux Bahamas. De plus, ce dernier mois de navigation n’était pas pour eux une nouveauté puisqu’ils l’ont fait l’automne dernier. Quant à nous, nous rejoindrons les équipages de Mer et Monde II et Victoria’s Secret ce soir à Deltaville. La météo est incertaine pour les prochains jours. Ce soir, nous devrons rejoindre nos visiteurs afin de confirmer le lieu de notre rencontre en fin de semaine. Ce n’est pas certain que nous pourrons naviguer jusqu’à Annapolis avant le prochain cold front!

A suivre…

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mai 03 2008

Du 23 avril au 3 mai

Publié par Guy sous Le voyage

Kennedy Space Center Le souper aux fruits de mer avec Maya X, Coxily et Daniel et Lise et Céline Kennedy Space Center L'aigle américain, blanc et noir de L' L'aigle américain Osprey, Waccamaw River Un cyprès Osprey, rivière Waccamaw Aligators, dans les marais Du mille 885 au mille 500 de l’Intra-costal – Départ de Cap Canaveral

Il est 5h :30 du matin et il fait encore noir dehors. Nous sommes à l’ancre près d’une voie ferrée, juste au nord de Titusville. Nous avons le temps de déjeuner en vitesse avant de partir : gruau, rôtis, café, thé.

Guy démarre le programme de navigation Fugawi sur l’ordinateur.

Il met la batterie du moteur à ON.

Il monte sur le pont et tourne la clé du moteur qui ronronne comme un moine.

Running lights : ON

Electronics : ON

Je prends ma tasse de thé et je file sur le pont pour prendre la barre.

Guy se déplace vers la proue pour lever l’ancre.

Il est 6h :15 et c’est un départ.

Coxily et Maya X sont avec nous. Nous voulons profiter des heures d’ensoleillement pour couvrir le plus de distance possible. Nous avons tous convenu que maintenant, nous sommes déterminés à avancer rapidement vers notre destination. Nous ne pourrons pas nous arrêter trop souvent pour visiter en cours de route. Le plus souvent, nous serons à l’ancre dans des endroits sauvages et déserts. Le but, pour nous, est de nous rendre à New York pour la longue fin de semaine de mai, où nos enfants pourront venir nous rejoindre. Les deux premiers jours de cette cadence soutenue sont plus difficiles. Mais nous retrouvons la qualité particulière de la fraicheur du matin avec une brise tiède sur les joues et les levés de soleils exhilarants.

Depuis notre arrivée à Cap Canaveral, nous avons été très accaparés par les préparatifs pour ce départ. D’abord, nous avons eu besoin du reste de la journée du 21 avril pour récupérer de la fatigue de notre traversée du Golfe Stream. Une bonne douche, puis nous nous retrouvons tous au resto-bar, The Grill,  pour fêter notre arrivée. Guy passe chez le  coiffeur pour retrouver une apparence plus soignée qui lui vaut des remarques approbatives de tous! Fini le look  «peace and love» des vacances! Il faut admettre que je n’ai pas de talent de coiffeuse et que celles qu’il a rencontrées en cours de route en manquait lamentablement aussi! Nous nous couchons tôt ce soir-là et nous dormons d’un sommeil de plomb.

Le lendemain matin, nous rejoignons Lise et Daniel, nos amis de Victoriaville, par téléphone et ils acceptent de venir souper avec nous à la marina. Nous avons décidé de profiter du gazebo avec tables de pique-nique et BBQ pour faire un souper aux fruits de mer auquel participeront les trois équipages. Nous en profitons pour souligner la fête de Jonathan qui a treize ans aujourd’hui. Nos joyeuses retrouvailles se déroulent durant une partie de l’après-midi jusque tard dans la soirée. Un vrai party! Nous sommes vraiment très heureux d’avoir pu rejoindre Lise et Daniel, ainsi que Céline, une amie qui fait le voyage avec eux. Ils nous quittent pour refaire l’heure et demi de route qui les séparent de leur condo; puis, Guy et Christian ferment le bal vers 2h :00 du matin. Ils ont tous les deux mal aux cheveux le lendemain!!

Nous nous offrons un deuxième jour de congé pour louer une auto, faire des courses et ensuite, faire la visite du Kennedy Space Center.

La Floride a pour effet de ramener à notre mémoire nos voyages antérieurs avec les enfants. La chaleur, les palmiers, le paysage urbain, les odeurs de crème solaire à noix de coco sont très typiques et nous sont curieusement familiers. Déjà, notre souvenir des Bahamas s’estompe comme dans un nuage blanc. Notre traversée houleuse et le choc de notre arrivée dans l’abondance et le brouhaha du continent nous donne une étrange sensation comme si nous revenions de Shangri La. Notre expérience était-elle bien réelle?

Lentement, nous captons les visions, les bruits, les odeurs de la civilisation américaine : dans le supermarché,  nous faisons face à aux rangés sans fin d’aliments, surtout aux comptoirs de fruits et légumes, des viandes et de produits laitiers. Je ne sais plus quoi mettre dans notre panier d’épicerie! C’est trop! Quelle différence lorsque nous passons à la caisse! Puis, nous faisons le plein de propane. A la caisse, c’est $5.00 au lieu de $15.00 la dernière fois que nous avons fait le plein aux Bahamas! Puis, une petite halte à West Marine, où Guy fait l’acquisition d’un GPS portable et d’une batterie à décharge profonde. Nous voulons être en mesure de faire autant de passages en mer que la météo nous le permettra lors de notre voyage de retour. Nous avons senti la nécessité d’avoir un peu plus de marge de sécurité en cas d’une panne de notre ordinateur. Finalement, nous passons au comptoir de DVD et nous trouvons la saison 6 de la télésérie, 24 Hours. Quelle chance! Voilà plusieurs heures de divertissement pendant les soirées tranquilles dans l’Intra-costal. Je crois que nous sommes l’équipage qui avait le moins de DVD à bord durant ce voyage. Tous les autres équipages étaient constamment à la recherche de nouveaux DVD. L’échange  de DVD était beaucoup plus populaire que l’échange de livres.

C’est le cœur léger que nous passons la matinée au Kennedy Space Center. Notre passage dans le simulateur de décollage d’une navette est assez mémorable! Nous sommes impressionnés par les films IMAX relatant les faits saillants du programme Apollo, et de la construction de

la Station Spatiale Internationale. Un présentateur nous explique ensuite les projets qui sont en cours présentement et les projets futurs. Sommes toutes, une visite bien agréable et instructive.

Puis, le lendemain, soit le 24 avril, nous quittons Cap Canaveral en direction nord, via l’Intra-costal. Nous sommes accueillis par les merveilleux pélicans qui valsent autour du bateau. Parfois, ils survolent en rase-motte, parfois ils se précipitent d’une hauteur vertigineuse pour plonger vers leur proie. Puis, durant un passage dans une écluse, c’est un lamantin qui vient faire un tour près du bateau. Et bien sûr, les dauphins apparaissent régulièrement pour vérifier si nous sommes toujours là! Le soir, lorsque nous sommes à l’ancre, c’est le bruit familier des coquillages qui viennent s’incruster sur la coque du bateau que nous percevons. Cela ressemble à un cliquetis de dentiers! Cette faune qui habitait notre environnement lors de notre premier passage nous confirme que nous sommes vraiment sur la route du retour…

http://www.plongeetech.com/foto326.html

 

Les jours qui suivent sont de longues journées de navigation dans l’Intra-costal, soit près de 14 heures le premier jour, et un peu moins le deuxième jour. Puis, le rythme est pris. A un moment donné, nous avons un pépin : lors d’un moment d’inattention de ma part, je passe du mauvais côté d’un marqueur du chenal et j’échoue le bateau d’aplond pas à peu près dans 5 pieds d’eau. Nous essayons plusieurs techniques : le moteur au bout, toutes voiles dehors nous réussissons à tourner le bateau. Puis en faisant une motion de va et vient avec la barre à roue, nous louvoyons vers plus de profondeur d’eau. Mais le courant nous tire dans le mauvais sens. Finalement, Guy descend dans l’annexe et  tire le bateau de toutes ses 4 forces. Par chance, la marée est montante, et après une demi-heure de ces manèges, nous nous sortons de là. Ouf! Les quelques badauds attroupés sur la berge pour nous observer applaudissent lorsque nous reprenons notre cap. Nous aussi!!

Comme nous sommes le plus petit bateau de la flottille, nous sommes toujours à la queue et nous arrivons aux ancrages après les autres. Mettons que ce soir-là, lorsque nous sommes finalement ancrés vers 8h :00 du soir, après le coucher du soleil, nous sommes exténués.

Le 28 avril, nous arrivons à Savannah, tout près de la frontière de la Caroline du sud. Nous décidons d’aller à la marina Thunderbolt, d’où nous pourrons faire un saut en soirée dans le centre-ville de Savannah. Maya X nous suit, mais nous disons au revoir à Coxily qui décide de poursuivre plus loin encore et plus rapidement que nous. C’est avec un petit pincement au cœur que nous les quittons, car nous avions développé une franche camaraderie avec tous les membres de cette petite famille sympathique. Mais nous sommes persuadés que nous les reverrons probablement plus tard. Nous sommes poursuivis par de gros nuages noirs lorsque nous arrivons, puis l’orage éclate et une pluie torrentielle nous asperge. Les marinas affichent complet. Mélanie et Simon, du voilier Allégoria, nous aperçoivent à partir de leur quai de la marina Thunderbolt. Ils intercèdent alors en notre faveur auprès du préposé qui fini par accepter que nous accostions à leur quai de service pour la nuit. Il nous avoue par la suite qu’il se sentait mal à l’aise de nous laisser ainsi à la merci des éléments.  Après être installés, nous sommes heureux de retrouver nos amis pour avoir de leurs nouvelles. Comme il reste quelques heures de clarté, nous sautons dans un taxi pour aller faire un tour au centre ville de Savannah.

C’est une ville historique, que nous découvrons, où l’on peut passer plusieurs jours. Mais, c’est quelques heures seulement dont nous disposons pour marcher dans les vieux quartiers où nous flânons dans les parcs rectangulaires typiques de cet endroit. De grands arbres majestueux avec de longues mousses qui retombent vers le sol créent une pénombre permanente. Plusieurs monuments historiques rappellent des moments importants de la fondation de la ville et aussi, ceux de la guerre de l’Indépendance et de la guerre de Sécession. Guy est particulièrement fasciné d’y retrouver les personnages historiques du livre de David McCullough, 1776, qu’il vient de lire. Quant à moi, je retrouve la maison où habitait Juliette Bow, la fondatrice du mouvement Scout pour fille.  Nous n’avons pas assez de temps en une soirée, c’est évident. Mais nous pouvons capter  l’atmosphère de cette ville du sud et l’ampleur des attraits culturels qu’elle offre. Nous terminons la soirée dans un pub anglais où nous dégustons un bon steak et une bière, tout en regardant sur écran géant une partie de hockey des Canadiens de Montréal contre Philadelphie.

La Géorgie ne nous déçoit pas. Les cours d’eau de l’Intra-costal sont beaucoup plus large que nous l’avions imaginé. Nous sommes chanceux de voyager avec une marée qui est haute à midi, donc nous avons assez de profondeur dans les passes plus difficiles. En soirée, dans des ancrages le plus souvent isolés, nous entendons parfois le souffle caractéristique des crocodiles qui rôdent autour du bateau. C’est Christian qui nous fait remarquer ce phénomène. Cela ressemble au bruit de gorge que font des wawarons. Mais, nous ne réussissons pas à les apercevoir. Ce n’est que plus tard, le long des petits canaux que nous avons enfin notre premier aperçu de ces bêtes à l’allure un peu rassurante. Ils sont le plus souvent immobiles, juste à fleur d’eau, avec seulement leur museau et leurs yeux qui dépassent la surface de l’eau. 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alligator_d’Am%C3%A9rique

Le matin du 29 avril, lorsque nous partons de l’ancrage de Mosquito Creek, en Caroline du sud, il fait très froid. Nous devons ressortir nos vêtements chauds, remisés dans des grands sacs Zip-loc. C’est donc avec tuque, gants, pantalons longs que nous poursuivons notre route aux aurores, jusqu’à l’heure du midi. Les prochains jours sont plus chauds, mais le soir, c’est frais et confortable pour dormir. Malgré le fait que cette route semble un peu monotone, la navigation est loin de l’être. Nous devons être constamment aux aguets pour ne pas nous échouer et pour bien suivre les différents cours d’eaux. C’est que l’Intra-costal n’est pas un seul canal; parfois, c’est une large rivière, parfois un bras de mer peu profond, parfois un canal creusé, parfois un lac. Les bouées de différentes couleurs guident notre route et nous sommes constamment à leur recherche. Ce n’est pas un voyage de tout repos. Le soir, nous sommes très fatigués! Pour l’instant, c’est fini les Happy Hours, de 5 à 7! Plus souvent qu’autrement, nous préparons notre souper en cours de route pour ne pas trop se coucher tard.

Puis, le 2 mai, nous avons une longue journée de navigation pas comme les autres. D’abord, la veille, en arrivant au pont près de Charleston, nous arrivons quelques minutes avant sa fermeture pour l’heure du souper, soit de 4 à 6 heures. Nous sommes trois voiliers qui attendons pour l’ouverture du pont, mais nous sommes les derniers. Guy met le génois pour accélérer notre allure afin d’y être en temps. Notre estimé est une arrivée au pont quelques minutes avant son ouverture prévue pour 4 heures. Mais voilà, la préposée nous informe que nous sommes trop loin et qu’elle ouvre le pont maintenant, soit environ 10 minutes avant l’heure! Nous ne ralentissons pas et nous lui demandons de bien vouloir nous attendre. Le pont commence à tourner. L’autre voilier américain et Maya 10 s’apprêtent à passer, mais ils ralentissent leur course, dans un effort évident d’augmenter nos chances d’arriver à l’heure. La préposer ne daigne plus répondre à mes appels répétés pour vérifier si elle nous laissera passer. Nous passons, par la peau des fesses!! La préposée nous observe du haut de sa tour et ne répond pas à mes remerciements, pourtant chaleureux… Ouf! Nous sommes donc passés et nous continuons notre route encore pour quelques heures. Puis, le lendemain, lorsque nous levons l’ancre, le voilier américain nous rejoint et manœuvre pour nous dépasser, mais, il calcule mal le niveau d’eau et il s’échoue royalement. Nous allons lui prêter main forte en tentant de le remorquer, mais c’est peine perdue, car son 48 pieds est trop lourd pour l’effort que peut fournir notre moteur. Il appel Tow Boat US pour se faire remorquer. Nous le saluons avant de partir, un peu déçus de ne pas avoir pu lui rendre service plus efficacement.

Nous continuons notre route en faisant du bon temps car la marée montante ajoute quelques nœuds à notre vitesse. Puis, nous approchons d’une série de petits canaux dans les marais. De  grosses mouches nous importunent, mais nous oublions vite ce désagrément lorsque nous apercevons des alligators le long de la berge. A quelques reprises, nous ralentissons notre allure pour mieux les observer et tenter de les photographier. En après-midi, le paysage change lorsque nous entrons dans la rivière Waccamaw. Celle-ci est bordée d’une forêt mixte, très dense, dont les abords semblent être inondés par la marée montante. Ces grands arbres ont un tronc élargi à la base ce qui me fait penser aux pattes de chevaux de trait. Ces troncs baignent dans l’eau salée sans que l’arbre semble en être trop affecté. Je ne connais pas le phénomène ici qui permet à ces arbres de survivre en eau salée. Ils sont recouverts d’une longue mousse grise qui pend aux troncs et aux branches. Cela rappelle des barbichettes grises qui balancent au vent. J’ai pris cette mousse dans mes mains. Les filaments ressemblent à des cordes entremêlées, assez raides, mais tout de même douces au toucher. Je comprends que les oiseaux s’en servent pour fabriquer leurs nids.

Il n’y a presque plus de palmiers, maintenant. Le printemps semble être bien installé ici, avec le gazouillis des oiseaux, la verdure bien établie et les gens qui grattent leur cour au râteau. Ce qui attire bientôt notre attention, à part l’atmosphère paisible et calme de l’endroit, ce sont les énormes nids d’oiseaux occupés par des oisillons et leur mère. Ces oiseaux ont certainement l’allure de rapaces; nous pensons que ce sont des aigles. Les nids sont situés haut dans les arbres et, aussi, parfois sur les bouées qui indiquent notre route. A quelques reprises, nous ralentissons et nous passons tout près pour mieux  observer et  photographier ces oisillons curieux.  Ils s’étirent le cou pour voir qui vient les déranger, au grand dam des mères au caractère orageux, qui tentent de nous éloigner par leurs cris et leurs manèges belliqueux!! Qu’à cela ne tienne, nous sommes heureux de notre chance de voir ces oiseaux magnifiques. Plus tard, à l’ancrage, j’apprends que ce sont des osprey, sorte d’aigle brun à tête blanche et aux flancs blancs.

http://www.oiseaux.net/oiseaux/balbuzard.pecheur.html 

 

Nous avons aussi vu des aigles noirs à tête blanche,  qui seraient l’aigle emblème des États-Unis.

http://www.oiseaux.net/oiseaux/pygargue.a.tete.blanche.html

 

Cette journée de plus de 13 heures de navigation aura été des plus divertissante!

Ce soir-là, nous ancrons à Bucksport, au mille 377 de l’Intra-costal. Tôt le lendemain, nous pensons lever l’ancre pour continuer la cadence de notre parcours. Mais, cette fois, nous serons freinés. Ce sont les difficultés de moteur qui occuperont notre attention. Notre moteur arrête quelques minutes après notre départ. Deux heures plus tard, Guy a diagnostiqué un problème dans l’alimentation du moteur en diesel, cause inconnue pour l’instant. Possiblement, une saleté qui a bloqué la ligne, ou le filtre. Il vérifie le tout avec l’aide de Christian vient lui prêter main forte. Il change un tuyau de caoutchouc qui semble couler. Enfin, le moteur repart après avoir effectué toutes les vérifications dont les gars sont capables. Cependant, plusieurs indices semblent indiquer qu’il y a un problème sous-jacent. Guy pense que le pré-filtre est peut-être plus sale qu’il n’y parait, mais il n’a pas de filtre de rechange. Ce filtre n’est pas facilement disponible aux États-Unis parce que notre moteur est un moteur français. Il faudra peut-être le faire venir du Québec, ou, possiblement changer de système pour adopter un système américain, plus commun. Puis, c’est Christian que hésite à partir parce qu’il y a de l’eau sous son moteur! Il pense devoir changer un morceau de la pompe à eau. Quelle matinée! Nous repartons après le dîner en direction de l’ancrage de Calabash Creek, au nord de Myrtle Beach. Nous voulons nous rendre près d’un grand centre avant  d’investiguer plus à fond ces problèmes. Entre temps, il ne faut pas trop pousser nos moteurs!

Le 3 mai, nous passons la frontière de

la Caroline du nord.

     

Une réponse à date

avr 23 2008

Le retour aux États-Unis – du 16 au 23 avril

Publié par Guy sous Le voyage

Dernier Happy Hour sur Great Sale Cay Dîner à Cap Canaveral La traversée du Golfe Stream Dernier Happy Hour Ã�toile de mer Ancrage à Great Sale Cay Coucher du soleil, en route vers Cap Canaveral Lur la voie du retour Dans L'Intra-costal Moi Départ de Great Sale Cay Coucher du soleil la veille de notre départ Il y a de ces journées déprimantes où tout semble foutu pour ce qui a trait aux plans préétablis. Nous voulons profiter de la bonne fenêtre météo pour traverser le Golfe Stream autour du 20 avril, profitant de la pleine lune pour éclairer notre route. Mais voilà : il faut d’abord passer le Whale Cay Passage, cette sortie sur l’Atlantique de deux milles environs. Le but est de contourner des hauts fonds sur le banc en passant par l’Atlantique, puis de rentrer à nouveau dans la mer des Abacos avant de poursuivre vers  Great Sale Cay, notre point final de départ vers Cap Canaveral au nord de

la Floride. Cette passe est la plus traître de tous les Abacos, car il peut s’y créer des conditions de « rage », soit de la très grosse vague déferlante et tumultueuse, même en situation de beau temps. Le matin, nous écoutons la météo qui n’est pas encourageante pour cette passe. Puis, nous communiquons avec un bateau de 50 pieds qui décide de s’engager dans la passe. Il nous confirme que ça brasse beaucoup et que les vagues brisent.

Guy développe alors ce regard déterminé et très concentré qu’il a lorsqu’une situation le contrarie vraiment. Il veut traverser le vingt avril et il cherche un moyen. Nous avons tous le goût de profiter de la fenêtre météo qui s’annonce pour la traversée vers

la Floride en fin de semaine, d’autant plus que nous aurons la pleine lune pour nous éclairer. Il propose alors à notre flottille de sortir aujourd’hui de Treasure Cay, à marée haute, comme l’exige notre six pieds de tirant d’eau, puis d’aller se positionner dans une baie tout près de la passe, soit près de Great Guana Cay, pour attendre un moment propice.  L’idée est acceptée à l’unanimité.  Il fait beau sur le banc, et nous avons vite fait de parcourir les cinq milles qui nous séparent de cette petite baie. Nous avons des nouvelles d’un bateau français qui vient, lui aussi de traverser. Les nouvelles sont meilleures. Nous décidons donc d’attendre au moment juste avant l’étale pour tenter notre chance, et ainsi profiter de la force de la marée  pour sortir à Loggerhead Channel, et ensuite, après l’étale, profiter de la force de marée descendante pour rentrer sur le banc, soit à Whale Cay Channel. Notre départ est donc à une heure de l’après-midi.

Nous voilà lancés dans la passe de Loggerhead, entre les deux îles, Great Guana Cay et Whale Cay. Puis, que voyons-nous par tribord? Un petit voilier de 22 pieds,  propulsé par un moteur hors bord, toutes voiles dehors, et ayant à son bord un jeune voyageur solitaire! Nous l’avions laissé derrière nous à Royal Harbour, juste avant de traverser aux Abacos. Et voilà qu’il nous a rejoint et qui s’engage en même temps que nous dans cette passe traîtresse! Ça nous donne du courage. Très bientôt, le calme du banc fait place à une longue houle que nous attaquons par le travers bâbord. Nous avons, nous aussi toutes voiles dehors pour stabiliser le bateau dans la vague. Le vent fait à peine dix nœuds. De chaque côté de la passe nous apercevons les vagues qui se brisent sur les hauts fonds et sur la plage des deux îles entre lesquelles nous devons nous faufiler. La passe n’est pas très large. Et ça commence à brasser. D’abord la houle se forme de plus en plus : deux pieds, quatre pieds, huit pieds, neuf pieds! Le bateau est littéralement propulsé par la  force vertigineuse de la vague de surf! Le moteur et les voiles n’ont presque plus d’effet. Nous avons un petit répit lorsque nous longeons les deux milles près de la côte avant de revenir sur le banc. Puis, c’est la traversée de Whale Cay Channel. Cette fois, c’est franchement du sport. Le bateau se met à planer, d’une vague à l’autre, alors que la houle nous frappe par trois quart arrière. Je suis à la barre et au début j’adore la poussée d’adrénaline que procure cette sensation très forte de surf. Whoo hoo! Mais, bientôt, je deviens bouche bée lorsque je me sens littéralement propulsée contre la barre par une vague monstrueuse et que j’ai peine à ramener le bateau sur sa trajectoire. Je cède ma place à Guy pour les prochaines minutes. Les autres bateaux défilent devant nous dans la vague : parfois je les vois, parfois je ne vois que leurs mâts! Le vaillant petit voilier de 22 pieds suit toujours le groupe! Je crois que nous vivons là le moment le plus fort de notre voyage! Je descends en vitesse dans le bateau chercher la caméra. Je réussis à filmer la progression de Maya X, puis, celle de Coxily. Ça m’occupe un peu et je parviens à rester plus calme.

Puis, au bout d’une heure environ, c’est fini. Nous sommes passés de l’autre côté et plus rien ne nous empêche maintenant de parcourir les 60 milles qui nous séparent de notre point de départ vers

la Floride. Quelle joie! Nous sommes vraiment très fiers de notre exploit.

La poussée d’adrénaline nous anime pendant le reste de la journée. Les gars badinent sur

la VHF. L’atmosphère est à la fête pendant tout le reste de l’après-midi. Nous convenons de nous arrêter à Spanish Cay, une petite île privée où nous pourrons faire le plein pour la dernière fois. Le lendemain, nous coucherons à Great Sale Cay, mais cette île est inhabitée, donc aucun service n’y est disponible, si ce n’est de permettre à Christian d’y amener son chien à terre une dernière fois avant de repartir vers

la Floride. 

Vers six heures, nous sommes les derniers à nous ancrer et nous nous dirigeons vers la marina, inquiets, en pensant que nous serons trop tard pour faire le plein. Si c’est le cas, nous devrons attendre l’ouverture des lieux demain et partir à une heure plus tardive que prévue. Les autres ont réussit à  faire le plein et sont déjà revenus à leur bateau.

Il y a de ces moments de grâce parfois que l’on n’attend plus. Malgré l’heure tardive, j’insiste pour aller avec Guy afin de pouvoir prendre au moins quelques photos. Arrivés au quai, nous avons la chance de rejoindre les responsables de la marina avant qu’ils ne ferment boutique pour la journée. Quelle chance! Les gens sont très sympas et acceptent de nous dépanner.

Ils nous expliquent qu’il n’y a pas autre chose sur cette île que ce centre de villégiature. Seulement environ 10 personnes y habitent en permanence. On peut y accédé par bateau, mais aussi par avion, via la petite piste d’atterrissage située à l’ouest de l’île. Il s’y trouve seulement quelques maisons qui sont de luxueuses résidences secondaires. C’est un site offrant des services haut de gamme que nous découvrons, nous rappelant un peu Emerald Bay et Abaco Resort Marina.

Non seulement nous réussissons à avoir du diesel, mais aussi à avoir accès à un vaste magasin général. Puis, comble de chance, nous découvrons un resto bar où nous décidons de faire notre dernière sortie aux Bahamas. Les deux autres équipages décident de rester à bord de leur bateau. C’est donc en tête-à tête que nous finissons cette journée mémorable. Encore une fois, nous ne sommes pas déçus, car c’est un repas 5 étoiles qu’on nous sert, soit le meilleur que nous ayons dégusté dans ce pays. Nous commençons par un potage à la langouste, suivi d’une assiette de Nassau Grouper, ce poisson très prisé que les gars ont vainement essayé d’attraper depuis le début de la saison de pêche qui est ouverte depuis le 1 avril. Pour dessert, un morceau de tarte à la lime, spécialité des Bahamas. Quel festin! Avant de partir, je réussis à capter quelques photos du coucher de soleil sur notre ancrage. C’est vraiment en beauté que nous mettons fin à cette journée et, du coup, à notre périple aux Bahamas. Demain, c’est notre avant-dernière journée de voile sur le banc avant de quitter définitivement en direction de  

la Floride.

Donc, tôt  le matin, nous levons l’ancre et nous faisons route vers Great Sale Cay. Nous rejoignons Fière Allure, Mer et Monde II et Victoria’s Secret une dernière fois par radio VHF pour leur souhaiter une belle traversée. Ils ont créé une autre flottille depuis qu’ils se sont rejoints à Treasure Cay et vont tenter de faire une traversé de trois jours qui les amènera à Beaufort, en Caroline du Sud. Cette flottille est très compatible car il y a des enfants sensiblement du même âge sur deux des bateaux. Ils ont beaucoup d’intérêt à faire route ensemble. Nous leur souhaitons une traversée sans problème et beaucoup de moments agréables ensemble. Nous continuerons à communiquer avec eux via Skype. Au revoir, Stéphane, Mylène, Catherine et Camille! Nous, nous reverrons peut-être en route, mais très certainement à Châteauguay!

Quant à nous, c’est une mer d’huile que nous naviguons pour les prochaines huit heures. Notre ancrage près de Great Sale Cay est confortable. Nous y sommes bientôt sept bateaux. Nous profitons des dernières heures d’ensoleillement pour aller à terre une dernière fois pour un quatre à six sur la plage. Nous échangeons nos projets pour le trajet aux États-Unis. Il semble que Maya X et Coxily soient pressés de rentrer au Québec. Ils commencent déjà à penser à leurs projets lorsqu’ils seront de retour. Christian veut profiter de la saison estivale pour donner un coup de main à son frère qui gère une compagnie de recouvrement d’édifices. Caro réfléchit à son avenir professionnel. Elle ne semble pas encore fixée sur des projets définis. Quant à Martin et Chantale, ils veulent s’installer de nouveau avec maison, autos, boulot possiblement dans la région de Sherbrooke, et définir plus tard ce que sera leur prochain défi. Pour l’instant, leur bateau est à vendre. Roxanne s’inscrira au Cégep, Jonathan commencera son secondaire II et Lily Mai commencera en maternelle à l’automne. Quant à nous, et bien ce sont surtout des échéanciers familiaux qui nous incitent à accélérer la cadence. Par ailleurs, nous désirons séjourner quelques jours à Cap Canaveral afin de voir nos amis, avant de poursuivre notre route. Cependant, si une bonne fenêtre météo s’annonce, nous serons très tentés d’en profiter pour faire un autre bout en mer. Il s’agit pour nous aussi de ne pas trop s’attarder. Comme dit l’expression commune, si l’on laisse aller le cheval, il rentrera au galop à l’écurie!!

De retour sur le bateau, nous soupons sur le pont et nous avons droit à un coucher de soleil magnifique. Au petit matin, Guy fait un dernier tour à terre pour brûler un petit sac de vidange et aussi, préparer deux noix de coco pour la route. Nous offrons celles qui nous restent à nos deux partenaires, histoire de ne pas avoir à les déclarer aux douanes. Puis, il faut remonter le moteur hors bord sur le balcon arrière du bateau et remonter l’annexe sur le pont avant. Nous sommes maintenant prêts à partir. Il est 9h :20 et c’est parti!

Il fait un temps magnifique. Les prévisions météo en provenance du Réseau du capitaine indiquent toujours des vents faibles et variables de moins de 10 nœuds. Il n’y a pas un nuage sur le firmament. Bientôt, nous ne voyons plus que cette mer bleu émeraude à perte de vue à l’horizon. Notre direction est 292 degrés, nord-ouest jusqu’au way point de Matanilla Shoal, c’est-à-dire pour une distance d’environ 55 milles. Nous naviguons sur le banc toute la journée, jusqu’à 7h :00 le soir. Notre vitesse sur le fond est d’environ 6.3 nœuds. Nous installons le pilote automatique et profitons de la journée.

Nous sommes progressivement distancés par nos deux partenaires qui sont plus rapides que nous. Nous restons cependant en contact radio. Notre réserve de carburant est d’environ 72 litres de diesel, ce qui devrait être suffisant, car cela représente 36 heures de fonctionnement. Nous estimons faire une traversé d’entre 24 a 28 heures.  Nous naviguons toutes voiles dehors, avec le moteur toujours en marche.

Comment se sent-on lorsque l’on quitte un petit coin du paradis?  Nous sommes un peu nostalgiques, mais c’est surtout un sentiment de satisfaction qui nous habite. Satisfaction d’avoir fait ce voyage, satisfaction d’avoir relevé le défi que représentait pour nous cette navigation exigeante, satisfaction, aussi, d’avoir vécu un soupçon de ce que sera pour nous la vie de retraités. Ce voyage était pour nous une occasion de nous retrouver en situation de vie commune, jour après jour, après des années de vie presque parallèle, de par les exigences de nos carrières respectives. Nous avons beaucoup appris sur nous-mêmes, nos besoins et ceux de l’un, l’autre. Nous avons acquis de l’assurance et beaucoup de sérénité face à nos projets d’avenir. Ceux-ci ne sont pas définis, mais nos horizons sont tellement plus vastes. Nous connaissons mieux aussi, maintenant, les limites du bateau et nos propres limites.

BREAK! BREAK!

Alors que j’écris ces lignes, il y a un appel radio VHF:

SECURITY, SECURITY, SECURITY

Le voilier, Ten X, fait un appel à tous pour faire le relais aux autorités bahamiennes. Il vient de rescaper trois bahamiens des eaux du banc! Ces bahamiens étaient a la dérive depuis trois jours après que leur bateau ait coulé près de Freeport.  Le ton de ce message est très urgent, mais la personne insiste pour confirmer que ce n’est pas un appel May Day. Il confirme que les personnes sont saines et sauves et que son appel a pour but de rassurer les familles. Les trois bahamiens sont sains et sauf à bord du voilier.

Nous sommes ahuris! Nous suivons la conversation avec le garde côte américain et un autre voilier qui fait le relais.

Ce voilier était au même ancrage que nous hier soir. Il est parti ce matin en direction de Fort Pierce. D’après sa position annoncée, il est à quelques milles de nous.

N : 27.13.74  

O : 79.08.78

Wow!

Par la suite, nous obtenons l’information que les trois rescapés sont exténués et en grand besoin d’eau, de nourriture et de repos. Pour une raison que nous ne connaissons pas, le voilier a décidé de faire demi-tour pour les ramener chez-eux plutôt que de continuer sa route. Nous sommes assez surpris que personne ne  soit venu les chercher, ou, à la limite, ils auraient pu prendre l’avion pour retourner chez eux à partir de Fort Pierce. Mystère.

Je disais donc… Nous aurons eu notre lot d’aventures durant ce voyage! Les moments fort, à date, auront été nos deux traversées du Golfe Stream, la passe de Whale Cay Channel, celle de Gun Cay, à notre arrivée en décembre,  la pêche à la sling pour Guy, la pêche à la ligne sur le bateau et surtout nos magnifiques prises! La visite de la caverne sous-marine de Thunderball avec palmes, masque, tuba nous a émerveillés. La visite de la caverne terrestre à Cat Cay, et celle du célèbre Blue Hole ont été aussi des moments inoubliables. Nous aurons été éblouis par les couchers et les lever du soleil et de la lune. Nous aurons été charmés par les gens qui nous ont prêté main forte en cours de route. La simplicité et la générosité des bahamiens nous aura surpris à mainte reprise. Mais surtout, nous aurons été accaparés, sollicités sans relâche par la vie de tous les jours. Malgré le fait que nous ayons un peu ralenti le rythme durant nos quatre mois aux Bahamas, il n’en reste pas moins que nous changions constamment d’environnement avec ce que cela comportait d’exigences nouvelles.  Et que dire des nouvelles rencontres, des précieuses amitiés que nous avons développées au fil des jours. Ce voyage nous aura permis de vivre en communauté beaucoup plus que nous ne l’avions soupçonné.  Cette convivialité, cette possibilité de partage aura ajouté une joie de vivre, un rythme beaucoup plus intense à notre expérience. Nous avons été sur le party presque sans arrêt, même que nous soupçonnons tous avoir des symptômes de sevrage lors de notre retour au Québec!! Toute farce à part, nos souvenirs de notre vie au Bahamas resteront gravés dans notre mémoire comme étant des plus vifs et des plus colorés.

Il est maintenant, 10h :00 du matin et c’est aujourd’hui notre deuxième journée à Cap Canaveral. Nous sommes arrivés le 21 avril, vers deux heures, exténués. La nuit a été houleuse, beaucoup plus que prévu, car les vents sont tournés à l’ouest, nord-ouest autour de 20 nœuds! C’était vent de face avec comme résultat que le bateau tapait dans la houle comme un tambour! On a donc pris un cap plus au nord, pour avoir un trajet plus confortable. Avec le courant du Golfe Stream qui nous ajoutait 3 nœuds de vitesse, nous faisions presque 9 nœuds, toutes voiles dehors! Belle voile! Mais il a bien fallu revenir sur notre cap, et finalement, rentré au port. Notre drapeau bahamien a tenu le coup mais il est très amoché. Il a finalement cédé sa place au drapeau jaune, le temps de passer aux douanes, ce qui a été une courte formalité. Maintenant,  nous avons un drapeau américain tout neuf et nous voilà revenus sur le continent!

 

Une réponse à date

avr 16 2008

Treasure Cay – du 12 avril au 16 avril

Publié par Guy sous Le voyage

Ma fête sur Kerguelen Ã�toile de mer à Man-O-War Cay La méthode bahamienne de voyager en zodiac Un des dix plages les plus belles au monde! Un passe-temps favori sur la plage Session Internet au bar de Treasure Cay Notre petite visite à Man-O-War aura été de courte durée, mais cette petite île nous a charmés par ces plages magnifiques, son ancrage peu achalandé. Nous n’avons pas le temps d’aller voir le village car nous choisissons de faire une sortie en mer en zodiac du côté de l’Atlantique pour tenter de voir l’épave du U.S.S. Adirondack. C’était un gros bateau à voile et à vapeur tout neuf qui s’est échoué par douze pieds d’eau près de cette île en 1862. Il pourchassait un bateau confédéré durant la guerre de sécession américaine. Cependant, après avoir contourné l’île, nous découvrons des vagues de plus de dix pieds le long du banc de corail qui nous empêchent d’aller plus loin. Nous restons un moment pour observer un groupe de surfer qui s’amusent sur ces vagues avec leur planche. Quelle poussé d’adrénaline doit provoquer ce sport!

De retour sur le bateau, nous constatons qu’il est trop tard pour aller au village. Dommage. Nous devons partir maintenant pour arriver à marée haute à Treasure Cay, où le chenal d’entrée fait à peine six pieds à marée basse. Une fois à l’intérieur du port, la protection est presque totale pour passer les quelques jours de grands vents qui sont annoncés, provoqués par la rencontre d’un zone de haute pression et d’une zone de basse pression.

Les quatre heures de navigation pour nous rendre à Treasure Cay se déroulent par vents portants à voile seulement. Nous prenons grand plaisir à nous déplacer ainsi sans bruit autre que celui du bateau qui fend la vague par cette belle journée ensoleillée. Nous voilà donc à l’abri une autre fois. Stéphane de Fière Allure nous rejoint par radio VHF. Il est maintenant en compagnie de deux autres équipages : Mer et Monde II et Victoria’s Secret, à quelques milles de notre port. Ils ont traversé la passe en mer pour aller se réfugier à Turtle Cay, où ils sont installés à la marina. Il semble que le mouillage de cet endroit n’est pas sécuritaire. Semper Vivens a continué sa route et est maintenant rendu aux États-Unis, car ils  doivent être revenus à Halifax au début de juin. Ils ont le bateau pour faire de la route sérieuse. Bon voyage, Steve et Judy! Quant à Stéphane et les deux autres équipages, ils ont comme projet de faire une longue sortie en mer de trois jours pour la traversée du Golfe Stream, ce qui les rendrait possiblement à Charleston en Caroline du sud. Pour ce qui est de notre groupe, nous confirmons notre désir de nous rendre au nord de

la Floride seulement, ce qui exige une traversé de moins de vingt-quatre heures. C’est le maximum que peuvent faire Christian et Caro à cause des besoins de leur chien. Nous privilégions aussi ce trajet parce que nous avons donné rendez-vous à nos amis, Lise et Daniel, qui sont là en vacance. Possiblement aussi, nous pensons voir nos voisins de Châteauguay, Louis et Suzanne,  qui sont en vacance dans ces parages.

Nous ressentons l’urgence de profiter de ces quelques jours qui restent à passer aux Bahamas. Les Abacos se révèlent être un magnifique terrain de jeu, invitant les visiteurs à profiter d’un environnement de vacanciers. Les quelques jours que nous passons à chaque ancrage nous permettent de découvrir des villages aussi pittoresques l’un que l’autre. La navigation protégée dans la mer des Abacos, qui est en fait un banc, permet des sorties confortables, même par temps moins clément. Nous comprenons maintenant pourquoi certains bateau, surtout des cruisers, décident de passer ici la totalité de la période hivernale.  Ici, beaucoup plus qu’ailleurs, nous nous sentons en vacance. Ailleurs, c’était plus la découverte d’un pays exotique, plus isolé avec beaucoup moins de services. Aux Abacos, nous retrouvons des installations confortables, faciles d’accès, où vit une population mieux organisée.

Et que dire de notre environnement?  Nous passons du temps sur des plages magnifiques, digne de figurer parmi les plus belles au monde. Nous faisons la recherche de coquillages. Nous faisons de grandes marches sur le sable blanc et fin comme de la poudre. L’eau de la mer est chaude et propre. Nous y apercevons des animaux marins de toute beauté, comme ces grosses étoiles de mer d’un ton rougeâtre, ou ces tortues qui viennent nous voir autour du voilier. Il fait presque toujours une brise qui nous rafraichit, soit lors de nos randonnés pédestres, soit en soirée, lorsque nous sommes à l’ancre. L’aération du bateau est excellente et nous permet de dormir confortablement. Parfois, nous sortons notre carte des étoiles et nous essayons d’identifier les constellations dans le ciel étoilé qui nous accompagne depuis notre départ. Nous reconnaissons facilement,

la Grande Ourse,

la Petite Ourse, l’étoile Polaire, et Orion. Les autres sont plus difficiles, et nous ne sommes pas toujours certains de les identifier, comme Pégase et les signes du zodiaque. Nous sommes très conscients de notre bien-être total et de cette chance inouïe de pouvoir vivre de tels moments qui n’en finissent pas. Mais, une petite voie commence à se faire entendre qui nous explique que notre temps est maintenant compté et que le vrai voyage du retour s’amorcera bientôt.

Nous sommes toujours en excellente compagnie, avec Martin et Chantale et leurs trois enfants, et Caro et Christian. Nous passons des cinq à sept des plus agréables, comme notre soirée pizza, chez Coxily, où tout le monde apporte une garniture préférée pour agrémenter chaque pizza. Je pense que jamais dans notre vie nous aurons partagé notre quotidien en compagnie de gens avec qui nous aurons tant rigolé.   À titre d’exemple, voici une conversation entre Stéphane, Guy et Christian. Un matin, avant de partir de notre ancrage, Guy et Stéphane se rejoignent sur la radio VHF après avoir essayer leur équipement radar pour fin de localisation d’un orage. Il faut dire que cet équipement ne sert pas trop souvent, même que le nôtre ne fonctionnait pas bien. Guy venait de le réinstaller et il voulait vérifier s’il interprétait bien ce qu’il voyait à l’écran.

Guy : Est-ce que tu vois les trois barres à tribord et en avant? Sur bâbord, je vois aussi de quoi de foncé qui se déplace.

Stéphane : Moi, je ne vois pas les trois barres, seulement le nuage en avant et à bâbord.

C’est peut-être l’amplification qui est ajusté trop haut. Je vais ajuster la mienne aussi.

….

Guy : Bonne idée, je vais l’ajuster…

Stéphane : Je ne vois toujours pas autre chose.

Guy : Il me semble que mon amplification est bonne, mais je vois toujours les trois barres à tribord.

Stéphane : Écoute, je ne vois toujours rien. Peut-être que mon radar ne fonctionne pas comme il faut. Es-tu sûr que ce n’est pas la terre que tu vois?

Guy : Sapristi… c’est ça! Me semblait aussi que les barres ne bougeaient pas!

Christian : Break, Break, lâchez le radar les gars. Moi, je regarde dehors, et je le vois le grain. Il est rendu presqu’au dessus de nous!

Et les trois gars, de pouffer de rire!!

Et les quatre équipages de pouffer de rire en écho derrière eux!! Nous avions tous suivi un peu d’une oreille distraite la conversation de Guy et de Stéphane, chacun dans notre bateau. Cette conversation ressemblait un peu à la conversation de deux jeunes avec un nouveau jouet. Puis, l’intervention de Christian…

C’est avec humour aussi que nous dédramatisons beaucoup de situations. Par exemple, chaque couple a vécu l’expérience des sorties en zodiac dans des conditions de mer un peu agitée, ce qui cause des vagues qui aspergent les occupants du zodiac, mais surtout les passagers. Le conducteur a souvent le réflexe de voir venir la vague et de manœuvrer pour qu’elle ne l’atteigne pas trop. Alors, souvent ce sont les autres passagers qui écopent la vague, et qui sont parfois aspergés des pieds à la tête. C’est très insultant de recevoir une vague d’eau salée dans la face lorsqu’on s’en va à terre prendre un verre au bar… Alors, il va sans dire que les conducteurs coupables se font rabroués vertement! Je pensais que j’étais la seule à m’être emportée de la sorte jusqu’à ce qu’une conversation sur le sujet vienne à découvrir que chaque couple a vécu cette épisode avec les mêmes réactions plus ou moins vives des partenaires maltraités!! Rigolade… J’ai maintenant réglé cette situation en me promenant toujours debout dans le zodiac. Comme ça, je n’ai que les jambes de mouillées.

Nous restons à l’ancre dans le port de Treasure Cay pendant plus d’une semaine. Il n’y a pas grand-chose à faire, sauf profiter de la plage et des installations confortables de la marina : douches, piscine, bar avec chanteur bahamien qui présente son répertoire de musique calypso ou autre, presque tous les soirs.  Quelle vie, quelle vie!!

Mais, ce soir, la veille de ma fête, le vent annoncé se lève, avec des rafales de plus 45 nœuds. C’est le plus que nous eu à date. Le vent siffle dans le gréement. Nous sommes frileux, car la température est tombée à environ 15, 17C. Guy a même froid aux genoux!! Puis, vers 10h, l’alarme du GPS sonne, ce qui veut dire que le bateau bouge! Le temps de monter dans le cockpit, et nous confirmons que le bateau chasse! En quelques minutes, nous touchons presque le bateau derrière nous; il faut mettre une défense entre nous et Guy pousse sur l’autre bateau pour nous éloigner. Nous partons le moteur et, tant bien que mal, nous nous éloignons en trainant notre ancre jusqu’à un endroit plus sécuritaire. Nous nous ré-ancrons, et cette fois, nous laissons filer plus de 110 pieds de chaine. Pous le reste de la nuit, c’est la veille, en alternant aux deux heures. Je prends la période de 2h à 4h :30 du matin que je choisis de faire dehors avec le moteur en marche, pendant que Guy sommeille un peu. Le reste de la nuit est sans histoires, puis, au matin, c’est ma fête!! Nous avons invité Coxily et Maya X pour souper. Au menu : un gros jambon au sirop d’érable, des patates au gratin, une purée bahamienne de patate sucrée, crème et autres bonnes choses. Pour dessert… un gâteau, spécialité de Guy! Une autre belle soirée en perspective, pendant, que dehors le vent se calme un peu autour du 20 nœuds.

Nous pensons donc naviguer la passe de

Whale Cay Cut vendredi matin, lorsque les conditions sur l’Atlantique auront diminué d’intensité. Puis, il nous restera à parcourir 60 milles vers Great Sale Cay, d’où nous quitterons pour traverser le Golfe Stream quelque temps la semaine prochaine.

Les prévisions météo nous annonce une très belle semaine!

  

  

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avr 11 2008

Les Abacos – du 5 avril au 11 avril

Publié par Guy sous Le voyage

La piscine de l'Abaco Resort and Boat Harbour Marina Dans les rues de Hope Town Une rue de Hope Town Vue sur la mer à partir du bar à Hope Town Marsh Harbour Le mouillage vu du phare de Hope Town Une rue dans Hope Town Paysage de Hope Town Kerguelen et le phare de Hope Town La famille de Coxily Une rue de Hope Town L'ancrage de Hope Town Deux dorades en une journée!! Sans trop nous en rendre compte sur le moment,  lorsque nous quittons Royal Island le samedi, 5 avril, c’est une période très intense de notre voyage qui commence.

La veille, les prévisions météo indiquaient des vents de 15 à 20 nœuds avec une houle de 5 à 6 pieds sur l’Atlantique. A cela s’ajoutait 50 %  de chances de quelques grains «squalls», soit des orages avec pluie intense et éclairs qui durent quelques minutes puis se calment. La direction prévue du vent était sud-est, ce qui veut dire que nous aurions du vent arrière ou trois-quarts arrière. Avec un départ vers 7h du matin, notre heure probable d’arrivée à Little Harbour aux Abacos, était estimée entre 16h :30 et 17h :30. Donc, pour cette traversée de 55 milles sur l’Atlantique, nous pouvions nous attendre à un mouvement de roulis assez inconfortable, surtout pour ceux qui ont tendance à avoir le mal de mer. De plus, cette amure exigerait un travail constant de la part du barreur afin de ramener le bateau sur sa trajectoire après chaque vague.  

Lors d’une rencontre cinq à sept organisée à la dernière minute sur Coxily, nous avons fait un tour de table pour savoir si c’était prudent de partir. Il y avait de la réticence chez les femmes, mais les hommes étaient unanimes à voter pour un départ.

Il est maintenant cinq heures trente du matin et il fait encore nuit. Le vent siffle dans les cordages, malgré notre situation protégée dans cet ancrage. Je suis un peu anxieuse. Il y a de la lumière sur Maya X, alors Guy appelle Christian pour savoir quelle est la vitesse du vent sur son anémomètre : 15 à 18 nœuds, comme prévu. Puis, Coxily décide de faire un appel à toutes les stations pour avoir un rapport météo du matin. Cette information nous vient alors de l’équipage du bateau, Another Adventure, qui nous lit le rapport météo qu’il vient d’obtenir par fax : rien de nouveau à signaler, les prévisions n’ont pas changées. Chaque bateau dans notre flottille exprime alors à tour de rôle s’il est prêt à partir. Oui, oui, oui, oui, oui, et oui! C’est donc un départ!!

Lorsque nous négocions la passe pour sortir sur le banc, nous découvrons une mer assez formée, qui nous secoue car nous devons garder une amure plutôt ouest pour quelques milles, le temps de traverser la passe vers l’Atlantique. Puis, nous voilà traversés et nous réglons le cap direction nord-ouest pour les prochains 55 milles, soit vers le way point de Little Harbour. Ce sont bien les conditions météo prévues qui nous attendent du côté de l’océan. Des vents de 15 nœuds environs, qui vont en diminuant un peu vers l’après-midi, et un roulis de 5 à 6 pieds aux 10 secondes. Nous naviguons au moteur avec génois seulement. Sur le VHF, nous badinons avec les autres équipages. Nous sommes en grande forme! Cependant, quelques membres d’équipage développent le mal de mer et commencent à trouver l’expérience un peu pénible. Je constate que j’ai vraiment pris du métier, car ce trajet ne me cause pas l’anxiété que j’avais anticipée. Au contraire, nous y prenons tous les deux beaucoup de plaisir.

Puis, vers midi, le voilier Ariel nous communique un message météo qui nous avertis qu’un grain s’est développé à l’ouest et se dirige droit vers nous à la vitesse de 32 milles à l’heure. Il nous rejoindra vers 2h :00 cette après-midi. Nous préparons les vêtements de pluie et les harnais de sécurité. Nous observons le ciel qui s’assombrit graduellement et le grain nous frappe à l’heure prévue. C’est une pluie intense qui  s’abat sur nous avec vents plus accentués. Nous réduisons le génois à la grandeur d’une voile de tempête afin de mieux assoir le bateau. Ça ne dure pas longtemps, puis c’est fini. Une heure plus tard, un deuxième grain nous rejoint, cette fois un peu moins intense. J’en profite pour filmer l’océan autour de nous.

L’équipage de Coxily nous annonce, les premiers, que durant ce grain un poisson a mordu à leur ligne : c’est un beau maquereau de 34 pouces. Ils sont fiers, pas à peu près! Nous leur devons donc $4 pour avoir gagné le pari du premier poisson comestible pris durant cette traversé. Mais ce n’est pas tout, nous remarquons que l’élastique de notre ligne bouge pas mal. Guy ramène la ligne et voilà : c’est une belle dorade de 33 pouces qu’il hisse à bord! Il procède à l’abattage selon les règles de l’art et nous la laissons reposer la tête dans un seau d’eau de mer dans le fond du cockpit. Nous remettons la ligne à l’eau, car cette dorade ne suffit pas pour partager avec les autres équipages. Puis, comble de chance, notre élastique se remet à bouger. Lorsque Guy tente de ramener la ligne, il constate que cette fois, c’est beaucoup plus difficile. Il décide alors d’enrouler la ligne sur le cabestan pour faciliter la tâche. Puis, au loin, il identifie notre prise : une autre énorme dorade! J’annonce cette nouvelle aux autres équipages qui suivent les événements, minute par minute. Guy devient vite fatigué et arrête d’enrouler la ligne. C’est une bonne idée de fatiguer le poisson. Puis, il reprend la manœuvre de l’approche finale du poisson près du bateau. La dorade se débat vaillamment. Nous décidons qu’elle est trop grosse pour tenter de la ramener à bord au bout du fil de pêche. Elle est trop lourde et pourrait s’échapper. Alors, c’est avec la gaffe que Guy la saisie par une branchie. Ça fonctionne! La voilà dans le cockpit qui se débat violemment. Elle donne un coup de queue qui produit longue éraflure sur le mollet de Guy. Mais nous devons la laisser de côté pour un moment, car, par mégarde, Guy a laissé tomber la gaffe à l’eau, puis ses lunettes! Pour les récupérer, il saute dans l’annexe pendant que je tente de faire ralentir et tourner le bateau. Ceci se passe dans le roulis que j’ai décrit plus haut. Après presque une demi-heure plus tard, nous récupérons la gaffe et les lunettes! Ouff! Ouff!!

Maintenant, c’est le temps de s’occuper de notre monstrueuse dorade qui se débat encore dans le cockpit. Voici donc les étapes selon les règles de l’art :

  1. Linge sur les yeux pour la calmer.
  2. Alcool dans les branchies pour l’intoxiquer mortellement
  3. Sectionner la colonne vertébrale sur les deux côtés à partir d’un point mou situé juste au dessus des branchies. Cette manœuvre se fait avec un couteau coupant d’un mouvement sec et rapide vers le haut. Cela provoque le saignement du poisson et confirme l’abattage final.

Rendus à cette étape, Guy est épuisé… et moi aussi! Cette dorade mesure 56 pouces et pèse environ 45 livres!! Nous reprenons notre route vers l’ancrage où nous attendent Maya X, Semper Vivens et Coxily. À peine arrivés, les voilà qui viennent voir en zodiac les prises magnifiques que nous exhibons fièrement. Guy décide de remettre la plus petite dorade à Christian. Avec l’aide de Martin, il termine le travail de filetage et les deux se les partagent  par la suite. Guy s’installe sur le pont et procède méthodiquement au filetage de la plus grosse dorade. C’est vers 10h :00 le soir qu’il termine ce travail et nettoie le pont. Nous avons assez de filets pour partager avec toutes les équipages au mouillage, incluant Ariel et Another Adventure, qui nous avaient donnés l’information météo en cours de route. Quelle palpitante journée!! Et que nous sommes fatigués! 

Ce soir-là, nous soupons vers 10h :00. Au menu : des filets de dorade, une salade et du riz. Puis c’est dodo….nous sommes morts…

Pendant la nuit, nous sommes tous les deux trop surexcités pour bien nous reposer. Un moment donné, je me réveille en riant! C’est que je fais un rêve tellement loufoque que je me dis que je dois le raconter aux autres le matin venu. Le lendemain, les autres ont bien rigolé lorsque je partage avec eux mon drôle de rêve :  je voyais Christian qui expérimentait une nouvelle méthode de pêche. N’aller pas imaginer un rêve érotique, comme nos compagnons de voyage l’ont fait!! Non, je disais donc, qu’il expérimentait une nouvelle méthode de pêche. Il marchait à grande enjambées sur le fond de la mer, sans aucun équipement autre qu’une gaffe. Il attrape alors un énorme hogfish rouge avec sa gaffe et se le place sous le bras, puis, avec un large sourire il s’en revient vers le bateau, toujours avec de grandes enjambées sur le fond marin avec sa prise sous le bras. Quelle vision rocambolesque. Les autres se roulent de rire…

Ce n’est que deux jours plus tard que nous sommes remis de nos émotions. Stéphane et sa famille, par ailleurs, ont eu eux aussi une fin de traversée spéciale.  Ils ont eu droit à un spectacle de dauphins d’une demi-heure environ, qui sautaient hors de l’eau autour de leur bateau. Puis, c’est une énorme tortue de mer qu’ils aperçoivent nageant non loin d’eux. En fait, Stéphane pense pendant un instant que c’est plutôt un homme à la mer! L’énorme bête de plus de 300 livres ressemble un peu à un humain avec ses pattes avant qui nagent et sa petite tête qui sort de l’eau.

Notre prochain arrêt ce jour-là, est Marsh Harbour. Nous découvrons une grande surface d’ancrage très peu profonde, mais elle est déjà remplie à capacité. Les autres bateaux de notre flottille y trouvent une place, mais nous ne prenons pas de chance. Avec nos 6 pieds de tirant d’eau, nous décidons de nous installer à la marina, Abaco Beach Resort & Boat Harbour.

http://www.vfmii.com/exc/aspquery?command=invoke&ipid=1060217&ids=40435

 

A trois dollars du pied, nous découvrons une marina cinq étoiles, avec encore plus de services qu’à Emerald Bay. C’est donc dans le luxe que nous passons le deux prochains jours. La petite ville, qui est la troisième en importance aux Bahamas, nous impressionne parce que nous voilà revenus dans la civilisation nord américaine. Fini le tiers-monde. C’est un choc lorsque nous arrivons à l’épicerie avec un choix de denrées comme le Maxi chez nous. Nous flânons dans les petites boutiques et finalement, en fin de journée,  nous nous retrouvons tous autour de la piscine à notre marina, un verre à la main. Quelles installations luxueuses et quel bonheur d’en faire profiter nos amis, car nous avons le

droit d’avoir des invités. ( neuf, en tout!) Après ce happy hour relaxant, tout le monde passe aux douches, chaudes et super propres. Ce sera un au revoir pour les visiteurs de Christian, car ils partent le lendemain. Céline et Richard auront été des vacanciers bien sympathiques qui se sont bien intégrés à notre groupe. Merci, Céline, pour la super recette de Dorade Fingers dont nous nous sommes tous régalés la veille sur Maya X.

Stéphane et sa famille décident de partir avec l’équipage de Semper Vivens pour vivre des activités en famille avec leurs enfants. C’est donc un au revoir pour eux aussi. C’est un peu un deuil que nous vivons lorsqu’ils nous annoncent leur décision. Bonne chance, nos amis de la première heure!

Nous restons donc trois équipages, soit, Maya X et Coxily avec nous. Nous poursuivons notre route vers Hope Town, qui se révèle être incontestablement un coup de cœur. Quelle belle petite ville! L’ancrage ressemble à un petit lac entouré de maisonnettes de couleurs pastelles entassées sur des petites collines autour du lac. C’est une ville sans autos, donc les rues sont étroites et ombragées d’une verdure luxuriante. Nous avons l’impression d’évoluer dans une scène de tableau colorée. L’ancrage d’un côté, l’Atlantique de l’autre. Nous découvrons plusieurs petites boutiques, puis, nous nous rencontrons au bar où les enfants peuvent passer du temps dans la piscine où à la plage en face pendant que nous sirotons un pina colada! Quelle vie! Quelle vie! En soirée, nous allons assister à l’allumage de la lampe du phare par le gardien. C’est l’un des trois derniers phares au monde qui est allumé au gaz manuellement tous les soirs par un gardien. Il brille comme 325 milles chandelles et se voit à 17 milles au large. Il est 120 pieds au-dessus de l’eau et l’on accède à sa lumière par 101 marches. Donc, petite visite très intéressante et accueil chaleureux du gardien bahamien qui fait ce travail depuis quatre ans et dont le père a fait le même travail pendant 36 ans avant lui.

Nous quittons Hope Town pour nous rendre à Man-o-War Cay vers midi le lendemain, soit le 11 avril.

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avr 04 2008

Du 24 mars au 4 avril – Eleuthera et Spanish Wells

Publié par Guy sous Le voyage

Governor's Harbour Spanish Wells La plage rose d'Eleuthera Les vagues qui refoulent dans des trous dans le roc sur la plage rose Un plage rose d'Eleuthera à Governors Harbor Governors Harbor Un BBQ au parc à Spanish Wells Les bateaux de pêche dans le port de Spanish Wells Un bananier dans la cour d'une maison à Spanish Wells Les jardins fleuris de Spanish Wells Un cocotien à Spanish Wells Une rue à Spanish Wells  Eleuthera est bordée sur son littoral est par des plages rosées qui sont particulières à cet endroit. Cette couleur serait due au broyage de coquillages en sable fin, action produite par la puissance des vagues qui déferlent sur les côtes. Nous allons voir ce phénomène à Rock Sound et aussi à Governors Harbour. Nous y découvrons effectivement des plages roses désertes où les vagues viennent se briser avec beaucoup de violence. Elles valent notre longue marche pour s’y rendre sous un soleil torride. Heureusement, un bahamien s’arrête et nous offre d’embarquer dans la boîte de son camion pour le trajet du retour. Ce n’est pas de refus.

 

Finalement, l’équipage de Coxili et celles de Beau Fixe, Sea Mysty, et White Whisper décident de bifurquer leur route vers les Exumas afin d’y refaire des îles qu’ils ont manquées lors de leur voyage vers George Town. Stéphane et Mylène ont aussi le goût de les suivre, car ils craignent d’avoir trop de difficultés d’approvisionnement dans les îles Abacos. Nous persistons dans notre décision de poursuivre notre route vers le nord et l’équipage de Maya X décide aussi de continuer vers cette destination. Après mûre réflexion, Stéphane et Mylène décident de continuer avec nous. Nous  sommes enchantés de constater que nos amis vont poursuivre encore un bout de chemin avec nous, car c’est très agréable de voyager en flottille  avec eux. Notre prochaine étape est Governors Harbour où nous rejoignons l’équipage de

Wy’ East, Preston et Sheenie. Nous y resterons seulement une journée avant de poursuivre notre route vers Spanish Wells, où nous réservons une place à la marina, Spanish Wells Yacht Haven, pour les prochains trois jours. Il s’agit de se mettre encore une fois à l’abri d’un système de basse pression particulièrement intense qui s’annonce avec des vents de 30 à 40 nœuds. Ça nous prend plus de dix heures de navigation sur une mer d’huile pour nous rendre à destination. Il n’y a pas de vent et il fait une chaleur écrasante qui nous oblige à faire une pause baignade pour nous rafraichir en cours de route. Puis, en arrivant dans la passe du port, nous apercevons des tortues de mer qui détalent sous le bateau. Il y en a une énorme de plus d’un mètre de diamètre.

 

Spanish Wells est vraiment très différents des autres villages parce qu’il est très propre, fleuri et surtout parce qu’il est peuplé de bahamiens blancs. Les gens ont l’air beaucoup plus prospère. Beaucoup de jeunes familles habitent ici et le travail ne semble pas manquer. On nous dit que c’est le plus gros port de pêche des Bahamas. Nous assistons au retour des chalutiers qui reviennent après plus de six semaines au large. Le 1 avril, c’est la fin de la saison de pêche aux langoustes. Nous avons un peu l’impression d’être dans un village côtier américain, ou même, à la limite, dans un village de la Gaspésie. Fait un peu curieux, les gens nous informent que cette petite ville s’est votée une loi qui interdit l’alcool. Alors, il faut s’en tenir à nos réserves de bord. Ces bahamiens blancs sont descendants d’anglais qui se sont établis ici parce qu’ils fuyaient la persécution religieuse.  Alors,  il n’y a aucun commerce d’ouvert le dimanche, mais les nombreuses églises sont occupées.

 

Le soir de notre arrivée, nous allons tous au resto. Au menu, je remarque que c’est un plat à la tortue qui offert en tout premier lieu. Curieuse, je décide de l’essayer. La tortue est servie panée et frite, avec les accompagnements traditionnels bahamiens, soit,  riz frit aux pois et salade de chou, que Guy affectionne particulièrement. J’en offre une bouchée à tout le monde et nous déclarons que le goût ressemble un peu au poulet. Cependant, j’exprime ma réticence à manger ce mets, car je suis persuadée que la tortue est un animal en danger de disparition. Par contre, le fait que nous en ayons vues plusieurs à notre arrivée, me fait penser que peut-être il  existe une variété ici qui est plus commune. Mais, je me sens un peu coupable, surtout lorsque Christian me fait remarquer que si j’en ai vues quatre ou cinq en arrivant,  maintenant que j’en ai mangée une, il en reste donc trois ou quatre… Humm. Je vais essayer d’en savoir plus à ce sujet.

 

Pendant les prochains jours, nous explorons cette petite localité qui est d’abord une île d’environ quatre milles de circonférence. Les routes sont pavées et les gens circulent principalement à bord de voiturettes de golfe. Les services offerts par la marina sont complets, donc nous sommes installés très confortablement pour $30 par jour. Au fil des jours, d’autres équipages viennent nous y rejoindre : l’équipage de Coxili a changé d’idée et ont rejoint notre petite flottille pour poursuivre leur route vers les Abacos. Puis, c’est Judy et Steve et leurs deux filles sur Semper Vivens qui nous rejoignent. Comme ce bateau d’Halifax se déplace très rapidement, nous les avions perdus de vue à Nassau. Ce sont donc de joyeuses retrouvailles, particulièrement pour les filles qui retrouvent leurs amies de Fière Allure. Ce soir-là, nous avons organisé un BBQ au parc près de la plage. Au menu, il y a hamburgers et steaks, selon les goûts de chacun. Le parc est aménagé avec des installations pour BBQ, l’eau courante, des salles bains publiques très propres. Nous y sommes dix-neuf! Nous sommes maintenant cinq, possiblement six bateaux dans notre flottille! Une bande de joyeux lurons.

 

Comme nous sommes amarrés un peu à l’écart des autres bateaux canadiens, nous passons du temps avec deux autres équipages, américaines celles-là : Wy’ East et Mary T. Nous passons une soirée avec Amy et Kenny à bord de leur bateau pour appéros, puis pour un souper. Amy est une photographe professionnelle qui a pris une année sabbatique, tandis que Kenny, un libraire au service d’une université d’Annapolis, a pris sa retraite cette année. Amy parle couramment le français qu’elle a appris en France, puis en Afrique.  Puis, un autre soir, nous invitons Preston et Chennie et leur invité, John, pour un café et digestif à bord de notre bateau. Nous les avons côtoyés à de nombreuses occasions au cours de notre voyage, mais l’occasion n’était jamais propice pour les connaître mieux. Ce sont des gens de l’Orégon qui ont acheté leur bateau, un Tartan 37, à New York pour faire ce voyage qui devait durer indéfiniment. Ils ont 49 ans, sont mariés depuis cinq ans et ont quitté leur emploi, loué leur condo pour partir à l’aventure. Cependant, depuis quelques temps, Cheenie  a le goût de retourner chez elle. C’est qu’ils sont devenus grands-parents depuis quelques mois et elle a le goût de revoir ses enfants. Fait un peu inusité, au moment de leur mariage, leurs enfants se sont rencontrés et la fille de l’un et le garçon de l’autre sont par la suite devenus un couple! Donc, Preston et Chennie sont vraiment grands-parents, tout les deux! Cette soirée était malheureusement une soirée d’adieu, car la veille, ils avaient pris la décision de suivre une autre route, plus expéditive vers les États-Unis. Donc, le lendemain, nous les avons salués, alors que leur bateau est passé près du nôtre se dirigeant vers la sortie du port, pour ensuite se diriger vers Nassau, les îles Berries et finalement, les É-U. Pour la rondelette somme de $7000, ils feront remorquer leur bateau chez eux, sur la côte ouest américaine. Ce couple aura été l’une des très belles rencontres de ce voyage.

 

Les gars se donnent rendez-vous pour aller à la pêche parmi les coraux au large. Pendant ce temps, j’accompagne Chantal et ses deux filles, Amy et Céline pour une visite au musée. Cette visite n’est pas bien longue et rappelle les faits saillants qui ont marqués l’histoire de l’île. Puis, la dame bénévole nous invite chez elle pour consulter son livre d’oiseau. Effectivement, les oiseaux que nous avions vus sur l’île de Conception sont bien des Long-Tailed Tropicbirds : http://www.encyclopedia.mu/Nature/Fauna/Birds/Oceanic/PailleEnQueue.htm

 

Cette dame nous parle de sa vie sur l’île, nous fait même visiter sa maison qui est presqu’à l’état original et qui date de plus de 120 ans. Puis elle nous offre de gouter à sa crème glacée à la noix de coco, faite maison. Mmmm. Lorsque nous quittons cette demeure, sur notre trajet de retour, nous nous arrêtons à une autre maison où est annoncée la vente de coquillages. Nous découvrons effectivement une très grande collection de coquillages dans le garage d’une dame qui nous explique que son fils est pêcheur et qu’il lui apporte ces spécimens. Entre autres, elle vend des carapaces et des têtes de tortue! Je suis horrifiée! Elle me précise que ce sont bien des « green turtles» et qu’il vend ses prises aux restos de l’île. Amy croit savoir qu’il y a une controverse ici à ce sujet et qu’un groupe d’environnementalistes essaie de faire interdire la pêche des tortues de mer.

http://www.bahamas.gov.bs/BahamasWeb/VisitingTheBahamas.nsf/Subjects/Endangered+Species+&+Ec0

A mon retour au bateau, j’entreprends de faire la lessive et le grand ménage du bateau. Il pleut une bonne partie de l’après-midi; le vent est tombé et je dois installer les filets sur les écoutilles et devant la porte, car nous serons bientôt envahis par les «no-see-em», ces moustiques désagréables qui piquent, mais qui sont si minuscules qu’ils sont presqu’invisibles. Guy revient peu après, bredouille de sa  matinée de pêche, mais heureux de cette sortie avec les gars. Finalement, Christian est le seul qui a réussit une prise : un Hogfish, comme celui que Guy avait pris, mais un peu plus petit.

 

Il semble que demain nous pourrons partir vers Royal Island, à une heure de navigation d’ici, pour ainsi être prêts à partir le  lendemain pour faire notre traversée vers les îles Abacos. Notre petite flottille est composée de six bateaux, soit Coxily, Maya X, Fière Allure, Mary T, Semper Vivens, et nous-mêmes. A suivre….

      

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