mai 14 2008

Mille 283 à mille 0 – De Wrightsville à Norfolk - du 4 au 14 mai

Published by Guy at 16:39 under Le voyage

Elizabeth City Ã�lizabeth City Park Ã�lizabeth City Park Dismal Swamp Canal Dismal Swamp Canal Dismal Swamp Canal Dismal Swamp Canal Dismal Swamp Canal Dismal Swamp Canal, une écluse Dismal Canal Vin et fromage avec les Rose Buddies d'Ã�lizabeth City Ã�lizabeth Ciy Park Avion Tom Cat - Top Gun Bateau de guerre Stealth Barnaches, Ã�lizabeth City Park L’Intra-costal est bordée de  belles propriétés en Caroline du nord. Nous revoyons les balcons meublés de chaises berçantes qui nous avaient déjà charmés l’automne dernier. La météo n’est jamais favorable pour une sortie en mer, donc nous continuons notre route par la voie intérieure. Cela nous permet de voir des sections de l’Intra-costal que nous n’avions pas vues en descendant parce que nous avions fait des passages par l’Atlantique. En cours de route, lorsque nous longeons des secteurs particulièrement peuplés, j’essaie avec succès des connexions Internet qui durent quelques minutes, le temps que nous passions. Je suis ravie de pouvoir poster mon dernier article sur le blogue. Nous en profitons aussi pour lire notre courrier.

Le samedi, 3 mai, alors que nous sommes ancrés à Wrightsville, Stéphane et Mylène réussissent à nous rejoindre via Skype! Nous sommes vraiment très heureux d’avoir de leurs nouvelles. Cependant, ils nous annoncent qu’ils ont eu un problème de moteur. Ils sont présentement en attente de recevoir un nouvel arbre de l’hélice qu’ils ont fait usiner. Ce pépin les oblige à demeurer plusieurs jours dans la petite ville de Georgetown, en Caroline du sud. Comme ils sont très proactifs, ils semblent profiter de leur séjour terrestre pour explorer la région et trouver des choses intéressantes à faire. Mais, comme dit Stéphane, nos bateaux sont fatigués et ont besoin d’un bon entretient. Bonne chance, Fière Allure! Nous nous reverrons à Châteauguay. Quant à nous,  nous poursuivons notre route vers Beaufort, où nous ferons une pause d’une journée pour essayer de remédier à nos propres problèmes de moteur.

Réflexion sur nos choix de parcours 

Lorsque nous réfléchissons au temps que nous avons consacré à chaque segment de notre parcours, il y a des changements que nous ferions si c’était à refaire.

D’abord, si possible, il faudrait partir plus tôt à la fin août, début septembre pour mieux profiter de la chaleur de l’automne et avoir le temps de descendre suffisamment au sud pour ne pas avoir froid. Cela permettrait aussi de passer plus de temps dans la baie le

la Chesapeake, ce que nous n’avons pas pu faire à notre goût. Ce plan d’eau est vraiment hors de l’ordinaire pour les amateurs de voile, avec ses vastes étendues d’eau, ses grandes rivières qui permettent de s’abriter et ses villes accueillantes qui s’échelonnent sur son littoral.

C’est aussi une bonne idée de prendre son temps dans l’Intra-costal pour profiter des nombreux endroits à visiter. Les villes de New York, Annapolis, Norfolk, Beaufort, South Port, Georgetown, Charleston, Savannah, St-Augustine valent bien que l’on mette quelques jours à les visiter. Notre coup de cœur est Charleston, suivi de près par St-Augustine et Annapolis.

Aux Bahamas, nous n’avons pas visité les îles Berries, sauf pour Chub Cay, mais nous aurions aimé le faire au moment de notre arrivée. Notre passage à Nassau de deux semaines était trop long. C’est une très bonne idée de nous attarder dans les Exhumas, surtout le long des îles jusqu’à Farmer’s Cay. Notre arrêt de plus d’un mois à Georgetown était beaucoup trop long.

C’était très agréable de commencer notre voyage de retour en passant par les Out Islands, soit, Long Island, Rum Cay, Conception Island, Cat Island, Éleuthera et Spanish Wells. Nous aurions pu passer encore plus de temps à visiter ces îles.

Puis, il faut vraiment garder plus de temps pour visiter les Abacos. Un mois à six semaines ne seraient pas de trop. Nous y avons passé seulement deux semaines.

Pour ce qui est du voyage de retour aux États-Unis, je pense que beaucoup de gens ressentent le besoin de le faire plus rapidement. Le goût de revoir la famille et les amis se fait plus pressant et les conversations démontrent un intérêt pour les projets une fois revenus au Québec.  Par ailleurs, nous ressentons l’urgence de profiter encore des quelques semaines qui nous restent. Il y a encore beaucoup de moments pour apprécier ce que l’on a déjà vu et aussi pour découvrir d’autres endroits, d’autres curiosités régionales. C’est un peu avec regret que nous passons devant St-Augustine, puis Charleston sans y retourner faire une visite. Mais, nous avons très hâte de voir nos enfants à New York, et nous devons avancer rapidement pour y être à la date prévue.

Nous arrivons à Beaufort, en Caroline du nord, dimanche, le 4 mai, et nous demeurons au quai de la marina Beaufort Docks, jusqu’au mardi matin. C’est une pause bien méritée car nous sommes épuisés de nos dix jours de navigation à dix heures par jour! Guy fait les achats requis pour avoir les morceaux dont il aura besoin si le moteur flanche à nouveau. Épicerie, lavage, soirée 5 à 7 au bar de la marina, puis souper au resto : de quoi nous changer les idées et relaxer un peu. Puis, je visite les  nombreuses petites boutiques pendant que Guy fait le changement d’huile, et finalement, nous allons faire un tour d’une heure environ au petit musée de la ville, situé juste en face de la marina.

Quel beau petit musée qui valait amplement le détour. Merci, Caro, pour nous en avoir parlé. Entre autres, nous y découvrons une invention ingénieuse utilisée autrefois pour sauver les gens d’un naufrage. Il s’agit d’un contenant cylindré étanche, effilé aux deux bouts, qui fait peut-être 12 pieds de long par 4 ou 5 pieds de diamètre et muni d’une porte et d’un système de deux très long câbles. Un sauveteur était propulsé dans ce contenant par un canon jusqu’au naufragés. Il fixait alors un deuxième câble à l’épave, et il faisait ensuite la navette entre la plage et l’épave en empilant jusqu’à neuf personnes dans ce contenant. En tirant ce cylindre de part et d’autre entre la plage et l’épave, ils réussissaient à sauver les gens. Ce cylindre flottait sur l’eau, mais aussi pouvait être submergé dans les vagues déferlantes de la côte. Quelle invention bizarre, mais combien ingénieuse! Je trouve cela fascinant de lire les descriptions détaillées de sauvetages, mais aussi de voir ces spécimens véritables qui subsistent encore. Comme cette autre invention qui permettait d’enrouler les câbles sur une planche munie de nombreux gougeons, ce qui permettait de le dérouler sans qu’il ne s’emmêle. Guy et Christian font le tour et s’intéressent aussi aux animaux typiques de la région, surtout les six sortes de serpents vénéneux. Comme Christian doit sortir matin et soir avec sa chienne, Channey, il est particulièrement intéressé à savoir que ces serpents rôdent le long de la berge, dans les hautes herbes des marais… il doit faire gaffe!

Puis, en regardant bien le trajet qu’il nous reste à parcourir jusqu’à New York, il faut bien nous rendre à l’évidence que ce sera trop serré pour encore espérer y être pour la longue fin de semaine du 17 mai. Nous proposons alors à nos enfants, Vincent, Tammie et Alexis, de venir nous rejoindre plutôt à Annapolis. Cela leur demandera de faire trois heures de route de plus, mais ils découvriront une très jolie ville et ils pourront faire de la voile avec nous plus facilement dans la baie de

la Chesapeake. Nous aviserons lorsque nous serons plus près de cette destination, mais, au moins, nous avons un plan de rechange si nous prenons un peu de retard.

Mardi matin, nous reprenons notre route pour nous ancrer en fin de journée dans le port de la petite ville d’Oriental, que nous avions laissée de côté en descendant. Un saut à terre nous fait découvrir une jolie petite ville paisible, avec de grands arbres qui agrémentent les belles propriétés riveraines. Nous y apercevons même l’un de ces arbres avec un immense tronc qui enserre deux anciens bancs de pierre, placés comme des balançoires de jardin. La pancarte explique qu’il y avait une source près de ces bancs et que nombres de couples sont venus s’y assoir pour se chanter la pomme au fil des ans.

A cet ancrage, nous retrouvons l’équipage de Coxily, et un nouvel équipage, Marc et Debbie, de Rose des vents. Ceux-ci naviguent sur un Morgan de 58 pieds de long dont l’intérieur est un chantier de construction. En effet, ils ont comme projet de terminer la finition intérieur de leur bateau, tout en naviguant vers le lac Champlain. Marc est québécois avec la double nationalité américaine et canadienne. Debby est américaine. Les deux habitent

la Floride depuis plusieurs années.

Ce sont de longues journées de navigation qui suivent pour les prochains deux jours, histoire de profiter du beau temps pour traverser les grandes étendues d’eau peu profondes que sont

la Neuse River,

la Punga and Alligator River, le Pamlico Sound et l’Albermarle Sound.

La traversée des Sounds ne se fait pas aussi tranquillement que nous l’avions fait la première fois. En effet, nous effectuons ce trajet dans des vagues de deux à trois pieds et du vent de travers de 20 à 30 nœuds. Nous sommes très contents lorsque nous arrivons à destination, non sans avoir reçu quelques vagues dans la figure au passage! Comme un front froid agrémenté de tornades s’annonce, nous décidons de nous installer au quai gratuit d’Élizabeth City, petite ville située à l’embouchure de la rivière Pasquotank. A cet endroit, nous avons le choix de deux routes possibles, soit continuer vers

la Virginia Cut, ou de suivre la voie scénique du Dismal Swamp Canal. A l’automne, ce canal était fermé, mais ce n’est plus le cas.

Nous passons deux soirs à Élizabeth City. Cette petite ville est célèbre pour son accueil chaleureux et notre expérience confirme cette réputation. Les Rose Buddies, une équipe de retraités qui sont au poste chaque matin sur le quai, se donnent comme mandat d’aller accueillir les équipages de chaque nouveau bateau, de leur remettre des dépliants d’information sur leur ville, et, comble de bonheur, de les inviter à un vin et fromage servi en soirée en leur honneur, et présidé par Monsieur le maire!! Puis, ils remettent une rose à chaque équipage. C’est à ce moment que nous faisons connaissance avec Bob, un rose buddy particulièrement loquace et articulé et dont le père était membre fondateur de ce rite d’accueil pour le moins singulier. Il nous charme par les nombreuses histoires, parfois grivoises, qu’il nous raconte avec brio, malgré son âge avancé. Cet ancien pilote et officier de la marine est une source intarissable d’information et il partage volontiers ses opinions réfléchies et son savoir sur toutes sortes de sujets, incluant la politique américaine de l’heure. Un personnage coloré, pour dire le moins!

Durant la journée, j’en profite pour visiter le petit musée, et les quelques boutiques sur la rue principale. Je fais aussi un tour chez une coiffeuse, histoire de rafraichir ma coloration et ma coupe de cheveux. Ça fait du bien! Tranquillement, je redécouvre mes anciennes habitudes de terrienne, que je reprends une à une. A quand celle du bain tourbillon chaud et mousseux qui dure de longues minutes??!!

Puis, le lendemain, à 7h :30, c’est toute une flottille qui se met en branle. Nous sommes maintenant cinq bateaux pour faire cette balade dans le Dismal Swamp Canal. Nicole et Laval du voilier Océanite,  nous accompagnent.   

Voici quelques mots du dictionnaire spécial que nous créons au fil des conversations sur le VHF lors de nos longues journées de navigation :

Benoît, de Victoria’s Secret, s’inquiète de la qualité du mouillage des équipages…

Chantale parle de traverser l’Orgie au lieu de

la Georgie.

Martin et Christian sont à la recherche de leur fusée depuis leur visite au Kennedy Space Center.

De temps en temps, Maya X sort ses turbos, ce qui impressionne beaucoup Martin de Coxily!

Laval, d’Océanite, raidit sa voile au réveil et la ramollit quand il se couche!

Toujours en parlant de sa voile, il explique que quand t’es jeune, même à deux main, t’es pas capable de la plier, mais quand tu vieillis, si tu commences trop vite, t’as de la misère à la finir!!

Caro et Christian voient les soldats enfilés sur le pont!

Pendant ce voyage, nous aurons été tellement plus sollicités par des éléments de vie communautaire que nous l’avions imaginé! Nous réalisons qu’une très grande part de l’intérêt de notre voyage est l’occasion que nous avons eu de connaître des gens dans leur vie quotidienne pendant de longues périodes de temps, de partager des préoccupations de tous les jours, d’apprécier l’expérience très diversifiée de chacun et surtout de développer des liens d’amitié qui nous sont vraiment très précieux. En y réfléchissant bien, nous constatons que cet aspect de notre voyage nous fait découvrir la valeur des relations humaines significatives. Trop souvent, dans notre vie antérieure, j’ai l’impression de ne pas avoir consacré assez de temps à développer nos amitiés, et si ce voyage nous enseigne quelque chose, c’est bien de cultiver les gens plutôt que les horaires et les contraintes que l’on s’impose au fil de notre vie supposément moderne.

La Dismal Swamp Canal vaut le détour, malgré le fait que nous avons touché le fond à maintes reprises. Par chance, Christian navigue en position de tête et nous indique vers quel côté du canal nous acheminer afin de profiter de quelques pouces d’eau supplémentaires. Une fois, le mât frôle les hautes branches des arbres lorsque nous tentons de louvoyer dans une passe particulièrement peu profonde. Par ailleurs, l’endroit est assez féérique avec ses immenses arbres feuillus et ses conifères qui atteignent des sommets vertigineux. Parfois, les branches retombent en cascades sur l’étroit canal où deux bateaux auraient peine à se croiser. Parfois le sous bois est recouvert d’une sorte de haie fleurie qui sent les lilas. Un endroit paisible et idyllique.

Nous poursuivons notre route vers Norfolk, où nous accostons tard dans la journée au quai gratuit d’Élizabeth City Park. Coxily et Océanite vont s’installer à une marina à Hampton. Nous sommes donc trois équipages à passer les deux prochains jours d’un cold front particulièrement sévère à l’abri, attachés à un quai fixe près d’un parc municipal. Le vent se maintient entre 20 et 30 nœuds, avec de fréquentes rafales entre 35 et 50 nœuds. Nous sommes très protégés dans cette petite baie, mais nous ne sommes pas épargnés par l’inondation qui submerge le quai d’un pied et demi à marée haute. Un froid assez intense s’installe pour la période du front froid. Le thermomètre descend à moins de 52 F, ce qui nous incite à sortir notre chaufferette à l’alcool et nos vêtements chauds. À un moment donné, il y a même quelques minutes de neige et de grêle! Nous sommes inquiets car les prévisions de la météo annoncent des possibilités de tornades. Celles-ci se matérialisent tout autour de nous, à quelques milles, mais nous sommes épargnés.

Pendant les deux jours que nous sommes à quai, nous faisons une location d’auto, ce qui nous permet entre autre, de faire une visite guidée de la base navale. Nous y apprenons que Norfolk est la plus importante base navale aux États-Unis. Il y a plus de 3000 personnes qui travaillent sur les lieux afin de faire l’entretient des plus gros porte-avions et autres bateaux de guerre de la marine américaine.  Sur la rive nord, il y a aussi un chantier de construction de ces bateaux. Cette visite guidée d’une heure et demie environ nous a bien impressionnés par ce que nous avons pu voir et aussi par les informations pertinentes que notre guide nous a fournies. Entre autre, j’ai pu photographier un bateau stealth, qui échappe aux écrans radar et qui ressemble à un char d’assaut futuriste. En soirée, Guy et moi retournons seuls au centre ville de Norfolk pour faire une dernière randonnée. Nous avons la chance de voir le destroyer Wisconsin, mis en réserve près du musée naval. Sommes toutes, nous apprécions ce milieu urbain propre et très animé, avec un bord de l’eau aménagé de façon très agréable. Puis, nous passons à un centre de conditionnement physique pour prendre une douche avant de terminer notre visite par un arrêt sushi au resto avant de retourner au bateau.

Le lendemain matin, soit le mercredi 14 mai, nous passons le mille 0! Nous avons ainsi complété une majeure partie de notre voyage de retour. Nous entrons dans la baie de

la Chesapeake par une belle journée ensoleillée avec des vents portants de 10 nœuds environs, et comme bonus, une dernière visite d’un banc de dauphins. Ils sont des dizaines à virevolter autour de nos bateaux, comme pour nous dire au revoir. Ça nous fait chaud au cœur de les voir et du même coup, nous sommes un peu nostalgiques.

Nous apprenons que l’équipage de Victoria’s Secret fait aujourd’hui sa dernière journée de voile avant de repartir vers le Québec. En effet, ils laisseront leur bateau à Deltaville et ce sera d’autres personnes qui le ramèneront au lac Champlain. Nous avons eu aussi d’autres nouvelles de l’équipage de Fière Allure, celle-là, un peu moins réjouissantes. Leur problème d’arbre de l’hélice s’est avéré plus important; ils ont donc décidé de faire remorquer leur bateau au Québec pour effectuer les réparations. C’est avec regrets qu’ils terminent ainsi plus tôt que prévu ce voyage épique d’une petite famille de quatre voyageant sur un voilier de 27 pieds. Mais, qu’à cela ne tienne; ils ont atteint leur but principal qui était de passer l’hiver aux Bahamas. De plus, ce dernier mois de navigation n’était pas pour eux une nouveauté puisqu’ils l’ont fait l’automne dernier. Quant à nous, nous rejoindrons les équipages de Mer et Monde II et Victoria’s Secret ce soir à Deltaville. La météo est incertaine pour les prochains jours. Ce soir, nous devrons rejoindre nos visiteurs afin de confirmer le lieu de notre rencontre en fin de semaine. Ce n’est pas certain que nous pourrons naviguer jusqu’à Annapolis avant le prochain cold front!

A suivre…

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