mai 03 2008

Du 23 avril au 3 mai

Published by Guy at 10:27 under Le voyage

Kennedy Space Center Le souper aux fruits de mer avec Maya X, Coxily et Daniel et Lise et Céline Kennedy Space Center L'aigle américain, blanc et noir de L' L'aigle américain Osprey, Waccamaw River Un cyprès Osprey, rivière Waccamaw Aligators, dans les marais Du mille 885 au mille 500 de l’Intra-costal – Départ de Cap Canaveral

Il est 5h :30 du matin et il fait encore noir dehors. Nous sommes à l’ancre près d’une voie ferrée, juste au nord de Titusville. Nous avons le temps de déjeuner en vitesse avant de partir : gruau, rôtis, café, thé.

Guy démarre le programme de navigation Fugawi sur l’ordinateur.

Il met la batterie du moteur à ON.

Il monte sur le pont et tourne la clé du moteur qui ronronne comme un moine.

Running lights : ON

Electronics : ON

Je prends ma tasse de thé et je file sur le pont pour prendre la barre.

Guy se déplace vers la proue pour lever l’ancre.

Il est 6h :15 et c’est un départ.

Coxily et Maya X sont avec nous. Nous voulons profiter des heures d’ensoleillement pour couvrir le plus de distance possible. Nous avons tous convenu que maintenant, nous sommes déterminés à avancer rapidement vers notre destination. Nous ne pourrons pas nous arrêter trop souvent pour visiter en cours de route. Le plus souvent, nous serons à l’ancre dans des endroits sauvages et déserts. Le but, pour nous, est de nous rendre à New York pour la longue fin de semaine de mai, où nos enfants pourront venir nous rejoindre. Les deux premiers jours de cette cadence soutenue sont plus difficiles. Mais nous retrouvons la qualité particulière de la fraicheur du matin avec une brise tiède sur les joues et les levés de soleils exhilarants.

Depuis notre arrivée à Cap Canaveral, nous avons été très accaparés par les préparatifs pour ce départ. D’abord, nous avons eu besoin du reste de la journée du 21 avril pour récupérer de la fatigue de notre traversée du Golfe Stream. Une bonne douche, puis nous nous retrouvons tous au resto-bar, The Grill,  pour fêter notre arrivée. Guy passe chez le  coiffeur pour retrouver une apparence plus soignée qui lui vaut des remarques approbatives de tous! Fini le look  «peace and love» des vacances! Il faut admettre que je n’ai pas de talent de coiffeuse et que celles qu’il a rencontrées en cours de route en manquait lamentablement aussi! Nous nous couchons tôt ce soir-là et nous dormons d’un sommeil de plomb.

Le lendemain matin, nous rejoignons Lise et Daniel, nos amis de Victoriaville, par téléphone et ils acceptent de venir souper avec nous à la marina. Nous avons décidé de profiter du gazebo avec tables de pique-nique et BBQ pour faire un souper aux fruits de mer auquel participeront les trois équipages. Nous en profitons pour souligner la fête de Jonathan qui a treize ans aujourd’hui. Nos joyeuses retrouvailles se déroulent durant une partie de l’après-midi jusque tard dans la soirée. Un vrai party! Nous sommes vraiment très heureux d’avoir pu rejoindre Lise et Daniel, ainsi que Céline, une amie qui fait le voyage avec eux. Ils nous quittent pour refaire l’heure et demi de route qui les séparent de leur condo; puis, Guy et Christian ferment le bal vers 2h :00 du matin. Ils ont tous les deux mal aux cheveux le lendemain!!

Nous nous offrons un deuxième jour de congé pour louer une auto, faire des courses et ensuite, faire la visite du Kennedy Space Center.

La Floride a pour effet de ramener à notre mémoire nos voyages antérieurs avec les enfants. La chaleur, les palmiers, le paysage urbain, les odeurs de crème solaire à noix de coco sont très typiques et nous sont curieusement familiers. Déjà, notre souvenir des Bahamas s’estompe comme dans un nuage blanc. Notre traversée houleuse et le choc de notre arrivée dans l’abondance et le brouhaha du continent nous donne une étrange sensation comme si nous revenions de Shangri La. Notre expérience était-elle bien réelle?

Lentement, nous captons les visions, les bruits, les odeurs de la civilisation américaine : dans le supermarché,  nous faisons face à aux rangés sans fin d’aliments, surtout aux comptoirs de fruits et légumes, des viandes et de produits laitiers. Je ne sais plus quoi mettre dans notre panier d’épicerie! C’est trop! Quelle différence lorsque nous passons à la caisse! Puis, nous faisons le plein de propane. A la caisse, c’est $5.00 au lieu de $15.00 la dernière fois que nous avons fait le plein aux Bahamas! Puis, une petite halte à West Marine, où Guy fait l’acquisition d’un GPS portable et d’une batterie à décharge profonde. Nous voulons être en mesure de faire autant de passages en mer que la météo nous le permettra lors de notre voyage de retour. Nous avons senti la nécessité d’avoir un peu plus de marge de sécurité en cas d’une panne de notre ordinateur. Finalement, nous passons au comptoir de DVD et nous trouvons la saison 6 de la télésérie, 24 Hours. Quelle chance! Voilà plusieurs heures de divertissement pendant les soirées tranquilles dans l’Intra-costal. Je crois que nous sommes l’équipage qui avait le moins de DVD à bord durant ce voyage. Tous les autres équipages étaient constamment à la recherche de nouveaux DVD. L’échange  de DVD était beaucoup plus populaire que l’échange de livres.

C’est le cœur léger que nous passons la matinée au Kennedy Space Center. Notre passage dans le simulateur de décollage d’une navette est assez mémorable! Nous sommes impressionnés par les films IMAX relatant les faits saillants du programme Apollo, et de la construction de

la Station Spatiale Internationale. Un présentateur nous explique ensuite les projets qui sont en cours présentement et les projets futurs. Sommes toutes, une visite bien agréable et instructive.

Puis, le lendemain, soit le 24 avril, nous quittons Cap Canaveral en direction nord, via l’Intra-costal. Nous sommes accueillis par les merveilleux pélicans qui valsent autour du bateau. Parfois, ils survolent en rase-motte, parfois ils se précipitent d’une hauteur vertigineuse pour plonger vers leur proie. Puis, durant un passage dans une écluse, c’est un lamantin qui vient faire un tour près du bateau. Et bien sûr, les dauphins apparaissent régulièrement pour vérifier si nous sommes toujours là! Le soir, lorsque nous sommes à l’ancre, c’est le bruit familier des coquillages qui viennent s’incruster sur la coque du bateau que nous percevons. Cela ressemble à un cliquetis de dentiers! Cette faune qui habitait notre environnement lors de notre premier passage nous confirme que nous sommes vraiment sur la route du retour…

http://www.plongeetech.com/foto326.html

 

Les jours qui suivent sont de longues journées de navigation dans l’Intra-costal, soit près de 14 heures le premier jour, et un peu moins le deuxième jour. Puis, le rythme est pris. A un moment donné, nous avons un pépin : lors d’un moment d’inattention de ma part, je passe du mauvais côté d’un marqueur du chenal et j’échoue le bateau d’aplond pas à peu près dans 5 pieds d’eau. Nous essayons plusieurs techniques : le moteur au bout, toutes voiles dehors nous réussissons à tourner le bateau. Puis en faisant une motion de va et vient avec la barre à roue, nous louvoyons vers plus de profondeur d’eau. Mais le courant nous tire dans le mauvais sens. Finalement, Guy descend dans l’annexe et  tire le bateau de toutes ses 4 forces. Par chance, la marée est montante, et après une demi-heure de ces manèges, nous nous sortons de là. Ouf! Les quelques badauds attroupés sur la berge pour nous observer applaudissent lorsque nous reprenons notre cap. Nous aussi!!

Comme nous sommes le plus petit bateau de la flottille, nous sommes toujours à la queue et nous arrivons aux ancrages après les autres. Mettons que ce soir-là, lorsque nous sommes finalement ancrés vers 8h :00 du soir, après le coucher du soleil, nous sommes exténués.

Le 28 avril, nous arrivons à Savannah, tout près de la frontière de la Caroline du sud. Nous décidons d’aller à la marina Thunderbolt, d’où nous pourrons faire un saut en soirée dans le centre-ville de Savannah. Maya X nous suit, mais nous disons au revoir à Coxily qui décide de poursuivre plus loin encore et plus rapidement que nous. C’est avec un petit pincement au cœur que nous les quittons, car nous avions développé une franche camaraderie avec tous les membres de cette petite famille sympathique. Mais nous sommes persuadés que nous les reverrons probablement plus tard. Nous sommes poursuivis par de gros nuages noirs lorsque nous arrivons, puis l’orage éclate et une pluie torrentielle nous asperge. Les marinas affichent complet. Mélanie et Simon, du voilier Allégoria, nous aperçoivent à partir de leur quai de la marina Thunderbolt. Ils intercèdent alors en notre faveur auprès du préposé qui fini par accepter que nous accostions à leur quai de service pour la nuit. Il nous avoue par la suite qu’il se sentait mal à l’aise de nous laisser ainsi à la merci des éléments.  Après être installés, nous sommes heureux de retrouver nos amis pour avoir de leurs nouvelles. Comme il reste quelques heures de clarté, nous sautons dans un taxi pour aller faire un tour au centre ville de Savannah.

C’est une ville historique, que nous découvrons, où l’on peut passer plusieurs jours. Mais, c’est quelques heures seulement dont nous disposons pour marcher dans les vieux quartiers où nous flânons dans les parcs rectangulaires typiques de cet endroit. De grands arbres majestueux avec de longues mousses qui retombent vers le sol créent une pénombre permanente. Plusieurs monuments historiques rappellent des moments importants de la fondation de la ville et aussi, ceux de la guerre de l’Indépendance et de la guerre de Sécession. Guy est particulièrement fasciné d’y retrouver les personnages historiques du livre de David McCullough, 1776, qu’il vient de lire. Quant à moi, je retrouve la maison où habitait Juliette Bow, la fondatrice du mouvement Scout pour fille.  Nous n’avons pas assez de temps en une soirée, c’est évident. Mais nous pouvons capter  l’atmosphère de cette ville du sud et l’ampleur des attraits culturels qu’elle offre. Nous terminons la soirée dans un pub anglais où nous dégustons un bon steak et une bière, tout en regardant sur écran géant une partie de hockey des Canadiens de Montréal contre Philadelphie.

La Géorgie ne nous déçoit pas. Les cours d’eau de l’Intra-costal sont beaucoup plus large que nous l’avions imaginé. Nous sommes chanceux de voyager avec une marée qui est haute à midi, donc nous avons assez de profondeur dans les passes plus difficiles. En soirée, dans des ancrages le plus souvent isolés, nous entendons parfois le souffle caractéristique des crocodiles qui rôdent autour du bateau. C’est Christian qui nous fait remarquer ce phénomène. Cela ressemble au bruit de gorge que font des wawarons. Mais, nous ne réussissons pas à les apercevoir. Ce n’est que plus tard, le long des petits canaux que nous avons enfin notre premier aperçu de ces bêtes à l’allure un peu rassurante. Ils sont le plus souvent immobiles, juste à fleur d’eau, avec seulement leur museau et leurs yeux qui dépassent la surface de l’eau. 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alligator_d’Am%C3%A9rique

Le matin du 29 avril, lorsque nous partons de l’ancrage de Mosquito Creek, en Caroline du sud, il fait très froid. Nous devons ressortir nos vêtements chauds, remisés dans des grands sacs Zip-loc. C’est donc avec tuque, gants, pantalons longs que nous poursuivons notre route aux aurores, jusqu’à l’heure du midi. Les prochains jours sont plus chauds, mais le soir, c’est frais et confortable pour dormir. Malgré le fait que cette route semble un peu monotone, la navigation est loin de l’être. Nous devons être constamment aux aguets pour ne pas nous échouer et pour bien suivre les différents cours d’eaux. C’est que l’Intra-costal n’est pas un seul canal; parfois, c’est une large rivière, parfois un bras de mer peu profond, parfois un canal creusé, parfois un lac. Les bouées de différentes couleurs guident notre route et nous sommes constamment à leur recherche. Ce n’est pas un voyage de tout repos. Le soir, nous sommes très fatigués! Pour l’instant, c’est fini les Happy Hours, de 5 à 7! Plus souvent qu’autrement, nous préparons notre souper en cours de route pour ne pas trop se coucher tard.

Puis, le 2 mai, nous avons une longue journée de navigation pas comme les autres. D’abord, la veille, en arrivant au pont près de Charleston, nous arrivons quelques minutes avant sa fermeture pour l’heure du souper, soit de 4 à 6 heures. Nous sommes trois voiliers qui attendons pour l’ouverture du pont, mais nous sommes les derniers. Guy met le génois pour accélérer notre allure afin d’y être en temps. Notre estimé est une arrivée au pont quelques minutes avant son ouverture prévue pour 4 heures. Mais voilà, la préposée nous informe que nous sommes trop loin et qu’elle ouvre le pont maintenant, soit environ 10 minutes avant l’heure! Nous ne ralentissons pas et nous lui demandons de bien vouloir nous attendre. Le pont commence à tourner. L’autre voilier américain et Maya 10 s’apprêtent à passer, mais ils ralentissent leur course, dans un effort évident d’augmenter nos chances d’arriver à l’heure. La préposer ne daigne plus répondre à mes appels répétés pour vérifier si elle nous laissera passer. Nous passons, par la peau des fesses!! La préposée nous observe du haut de sa tour et ne répond pas à mes remerciements, pourtant chaleureux… Ouf! Nous sommes donc passés et nous continuons notre route encore pour quelques heures. Puis, le lendemain, lorsque nous levons l’ancre, le voilier américain nous rejoint et manœuvre pour nous dépasser, mais, il calcule mal le niveau d’eau et il s’échoue royalement. Nous allons lui prêter main forte en tentant de le remorquer, mais c’est peine perdue, car son 48 pieds est trop lourd pour l’effort que peut fournir notre moteur. Il appel Tow Boat US pour se faire remorquer. Nous le saluons avant de partir, un peu déçus de ne pas avoir pu lui rendre service plus efficacement.

Nous continuons notre route en faisant du bon temps car la marée montante ajoute quelques nœuds à notre vitesse. Puis, nous approchons d’une série de petits canaux dans les marais. De  grosses mouches nous importunent, mais nous oublions vite ce désagrément lorsque nous apercevons des alligators le long de la berge. A quelques reprises, nous ralentissons notre allure pour mieux les observer et tenter de les photographier. En après-midi, le paysage change lorsque nous entrons dans la rivière Waccamaw. Celle-ci est bordée d’une forêt mixte, très dense, dont les abords semblent être inondés par la marée montante. Ces grands arbres ont un tronc élargi à la base ce qui me fait penser aux pattes de chevaux de trait. Ces troncs baignent dans l’eau salée sans que l’arbre semble en être trop affecté. Je ne connais pas le phénomène ici qui permet à ces arbres de survivre en eau salée. Ils sont recouverts d’une longue mousse grise qui pend aux troncs et aux branches. Cela rappelle des barbichettes grises qui balancent au vent. J’ai pris cette mousse dans mes mains. Les filaments ressemblent à des cordes entremêlées, assez raides, mais tout de même douces au toucher. Je comprends que les oiseaux s’en servent pour fabriquer leurs nids.

Il n’y a presque plus de palmiers, maintenant. Le printemps semble être bien installé ici, avec le gazouillis des oiseaux, la verdure bien établie et les gens qui grattent leur cour au râteau. Ce qui attire bientôt notre attention, à part l’atmosphère paisible et calme de l’endroit, ce sont les énormes nids d’oiseaux occupés par des oisillons et leur mère. Ces oiseaux ont certainement l’allure de rapaces; nous pensons que ce sont des aigles. Les nids sont situés haut dans les arbres et, aussi, parfois sur les bouées qui indiquent notre route. A quelques reprises, nous ralentissons et nous passons tout près pour mieux  observer et  photographier ces oisillons curieux.  Ils s’étirent le cou pour voir qui vient les déranger, au grand dam des mères au caractère orageux, qui tentent de nous éloigner par leurs cris et leurs manèges belliqueux!! Qu’à cela ne tienne, nous sommes heureux de notre chance de voir ces oiseaux magnifiques. Plus tard, à l’ancrage, j’apprends que ce sont des osprey, sorte d’aigle brun à tête blanche et aux flancs blancs.

http://www.oiseaux.net/oiseaux/balbuzard.pecheur.html 

 

Nous avons aussi vu des aigles noirs à tête blanche,  qui seraient l’aigle emblème des États-Unis.

http://www.oiseaux.net/oiseaux/pygargue.a.tete.blanche.html

 

Cette journée de plus de 13 heures de navigation aura été des plus divertissante!

Ce soir-là, nous ancrons à Bucksport, au mille 377 de l’Intra-costal. Tôt le lendemain, nous pensons lever l’ancre pour continuer la cadence de notre parcours. Mais, cette fois, nous serons freinés. Ce sont les difficultés de moteur qui occuperont notre attention. Notre moteur arrête quelques minutes après notre départ. Deux heures plus tard, Guy a diagnostiqué un problème dans l’alimentation du moteur en diesel, cause inconnue pour l’instant. Possiblement, une saleté qui a bloqué la ligne, ou le filtre. Il vérifie le tout avec l’aide de Christian vient lui prêter main forte. Il change un tuyau de caoutchouc qui semble couler. Enfin, le moteur repart après avoir effectué toutes les vérifications dont les gars sont capables. Cependant, plusieurs indices semblent indiquer qu’il y a un problème sous-jacent. Guy pense que le pré-filtre est peut-être plus sale qu’il n’y parait, mais il n’a pas de filtre de rechange. Ce filtre n’est pas facilement disponible aux États-Unis parce que notre moteur est un moteur français. Il faudra peut-être le faire venir du Québec, ou, possiblement changer de système pour adopter un système américain, plus commun. Puis, c’est Christian que hésite à partir parce qu’il y a de l’eau sous son moteur! Il pense devoir changer un morceau de la pompe à eau. Quelle matinée! Nous repartons après le dîner en direction de l’ancrage de Calabash Creek, au nord de Myrtle Beach. Nous voulons nous rendre près d’un grand centre avant  d’investiguer plus à fond ces problèmes. Entre temps, il ne faut pas trop pousser nos moteurs!

Le 3 mai, nous passons la frontière de

la Caroline du nord.

     

Un commentaire à “Du 23 avril au 3 mai”

  1. Vinceon 11 mai 2008 at 10:23

    Bonne fête des mêres, M’man!

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